order augmentin kamagra without prescription buy plavix
 

Vin Terre Net

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille
Suivez_VTN_sur_twitter 
Accueil Visites de domaines Suisse Domaine de Beudon
Envoyer Imprimer
Domaine de Beudon, les vignes dans le ciel...
 
 
beudon
Jacky Granges
 
On ira en Valais m'avait il dit, voir Jacky Granges, à Beudon, ça sera sympa... c'est un des premiers à avoir travaillé en biodynamie en Suisse... je te préviens, il faut prendre le téléphérique pour aller chez lui, c'est haut perché... et moi qui me voyais prendre un téléphérique comme les rares que j'avais pu prendre dans ma vie, un truc public, spacieux... Ah ça il a dû rigoler Michel Grisard, en voyant ma tête quand nous sommes arrivés là bas, accompagnés de Béatrice et Louis Magnin, deux grands de Savoie !
 
beudon1
Passé l'effet de surprise, nous comprenons que le téléphérique est privé, et qu'il est la propriété de l'homme que nous allons voir, Jacques Granges, un Monsieur, comme il n'en existe presque plus.
 
beudon2
Bref ! Il faut bien monter, et ce sera là dedans !
 
beudon3
Un regard plus haut...
  
beudon4 
Un coup de bigo (remonté à la main, à l'ancienne) à notre hôte, et hop, en voiture Simone !
   
 beudon5
On prend place dans la benne (comme on dit chez les gens de montagne), et c'est parti. Comment ?! Même les Magnin ne rigolent pas ?! Ah tiens...
 
Nous arrivons finalement en haut (oui forcément... mais en haut c'est à 700 mètres d'altitude !), où le barbu Jacky nous accueille chaleureusement avec ses petits enfants, en vacances chez leur grand-père. Et eux aussi prennent la benne, mais à roulette celle là ! A ce moment là, il est 10h30, et mon esprit quitte le temps des hommes, pour s'envoler ailleurs, je déconnecte... adjieuu !
 
beudon6
 
Je ne vous explique même pas le panorama quand on a là bas, dominant l'entrée du Valais, sous un temps radieux... Bon si juste un coup d'œil alors...
beudon7
 
Jacques commence par nous faire faire un tour de la propriété, unique, qu'il a rachetée en 1971. Beudon veut dire bidon, ventre, et fait référence à cette avancée de montagne dans la vallée, avec une exposition au soleil mais aussi aux vents assez fabuleuse. La propriété avait été créée de toutes pièces lors de la première moitié du XXème par un riche homme d'affaires de la vallée, un original, qui aurait pu se payer ce qu'il voulait « en bas ». Mais il avait le projet fou pour sa retraite de créer un domaine viticole là haut, dans les arbres, à même la montagne, une idée pas raisonnable pour un sou, comme seuls les vrais poètes peuvent en avoir. Las, arrivé à l'âge de la retraite, son bébé enfin prêt, il décède, et ne pourra en profiter. Ironie ultime de la vie. Jacques tombe donc au sortir de ses études d'ingénieur sur ce lieu, amoureux il deviendra, et n'écoutant que son cœur il décidera de s'y installer. A cette époque il est célibataire, jeune, et on le traite de fou. Et lui, il s'en fout ! (ça commence souvent comme ça, les destins de grands hommes...)
 
beudon8
Jacky et Michel, des "vrais".
 
Jacky Granges est un passionné de la nature, plus qu'un vigneron dans l'âme, un fou de botanique, proche du vivant, de la faune et de la flore valaisanne, un amoureux de la Terre qui milite pour une diversité préservée. En plus de ses vignes, il cultive aussi des légumes et diverses variétés de plantes médicinales, et autres herbes aromatiques, tels le thym citron, la verveine, etc...
 
beudon9
 On voit ci dessus un muret qu'il refait avec les pierres de la montagne, et plus haut, sous des bâches les cultures de plantes et d'herbes aromatiques.
 
beudon10
La richesse géologique à Beudon est grande, avec des sols très variés. On y trouve notamment des veines de lœss, ces sables éoliens compacts que l'on voit émerger par endroit. Donc des sols très fins, de faible granulométrie. Un brin de vent dans la main et pfiouttt...
 
Les parcelles constituant le domaine agricole se situent à trois niveaux différents : 1. dans la plaine, où les Granges cultivent des pommes, des poires, des herbes médicinales et aromatiques, et des légumes, sur trois parcelles au lieu-dit "Grand-Blettay" ; 2. sur le premier coteau de Fully, au départ de l'installation de téléphérique, au pied des lilloises de Beudon, avec deux vignes ; 3. et enfin à l'étage supérieur, le Domaine de Beudon proprement dit. Le vignoble est orienté plein sud, sur un plateau qui domine la plaine du Rhône, s'étirant sur environ 6 hectares, de 740 à 890 m d'altitude entre les chênes pubescents, les pins, les châtaigniers et les amandiers. Le coin est particulièrement nanti en espèces végétales et animales (on y trouve, par exemple, la plus grande diversité de papillons de Suisse).
 
Pour en revenir à la vigne, pèle mêle on trouve ici des plants de chasselas (le fendant !), pinot noir, humagne rouge, müller thürgau (appelé là bas riesling x sylvaner), gamay, petite arvine, etc... donc une grande variété de cépages - ce qui est classique en Suisse -, et cultivés selon différents modèles de taille. Jacky a entre autres dû « remonter » des gobelets de gamay qui ne fonctionnaient pas bien taillés ainsi, ce qui donne ensuite des profils de « champs de cannes » assez cocasses. Voir ci dessous :
 
beudon11
 
Continuant notre petit tour à pied de la propriété, et donc notre entrainement de dénivelés (!), nous croisons entres autres des anémones sauvages. Je demande à Jacky si avec la chaleur et la sécheresse de Beudon des orchidées ne seraient pas à l'aise, Agathe Bursin m'ayant déjà raconté que ça proliférait au sommet du Zinnkoepflé en Alsace pour les même raisons ; et Jacky de me répondre que l'on en trouve beaucoup en été. Paradis sur terre ?
 
beudon12
 
Nous continuons la promenade, précautionneusement, en tachant de ne pas dévaler la pente (les parties les plus « plates » affichent « seulement » 30% !!!!).
 
beudon13
 
L'on arrive dans un coin un peu dégagé et l'on tombe sur « ça »...
 
beudon14
 On est si peu de choses...
 
Festival de vues "carte-postale"... 
beudon15
 
Au hasard de notre balade, je remarque 2-3 fois quelque chose qui me chicorne... mais bon sang qu'est ce que c'est que ces bouts de vignes qui plongent dans le sol et ressortent plus loin, quand même pas du marcottage si ?! Si. Jacques nous explique que l'environnement étant extrêmement austère pour de jeunes vignes, il préfère marcotter les anciennes pour renouveler les manquants, et apparemment cela donne de bons résultats (NB : j'ai vu ça récemment aussi en Mâconnais, mais chut, l'INAO n'aime pas ça !). Notez que Jacques n'est pas un illuminé, mais plutôt un grand empirique, qui nous répètera bien 20 fois lors des 6 heures passées en sa compagnie qu'il aime bien quand la pratique va de pair avec la théorie. Pas fou donc...
 
beudon16
 
Puis nous arrivons dans le bas de la propriété, surplombant le vide. Il ne nous reste plus qu'à remonter afin de goûter les vins qui naissent dans cet écrin sauvage fantastique.
 
beudon17
 
Un petit passage devant une vigne en lyre qui ne donne pas les résultats que Jacques escomptait, il l'avoue. Sur le papier ça devait bien fonctionner, mais la réalité est autre. Je vous rappelle son leitmotiv : "j'aime bien quand la pratique va de pair avec la théorie, sinon ça veut dire que la théorie n'est pas bonne !".
 
beudon18
 
Nous gagnons le chalet, pour une dégustation en plein air. Unique.
 
beudon19
 
Voici mes notes, qui se veulent sobres, prises sur un coin de carnet, sans prise de tête. Ah oui, avant de développer. Jacques et sa femme Marion (que j'ai honteusement oublié de vous présenter.... car oui Jacques a bien trouvé sa perle, malgré sa barbe et son paradis perdu dans les montagnes ! vertiges de l'amour...) cultivent les vignes, mais ne vinifient pas. C'est un ami à eux qui s'en charge. Jacques se décrivant bien volontiers davantage comme un paysan aimant cultiver la terre, ses plantes et soignant sa vigne. Donc les raisins de rouges sont descendus (via le téléphérique) et vinifiés en bas par un ami œnologue ; et accrochez vous bien, les blancs sont pressés en haut, puis descendent la montagne via un fin tuyau souple, que l'on voit (à gauche) sur la photo ci après. Les jus sont récupérés en bas, et ensuite les vinifs commencent. (là normalement les gens qui sortent de l'école d'oenologie font une syncope !
 
 
beudon20
 
A noter, pas de sélections clonales cultivées au domaine, que des vraies massales, Jacky ayant son propre conservatoire de cépages.
 
Donc les vins ! (tous issus d'une culture biodynamique exigeante, empirique et non dogmatique, depuis 1993)
 
Fendant 2007 (chasselas) : sur la poire et le citron vert, pour le moment le gaz (typique des vinifs suisses) lui donne beaucoup de pep's, mais empêche un peu la matière de s'exprimer clairement. L'on sent du vin derrière, il doit juste un peu vieillir, ou être carafé.
NB : à contrario des traditions locales, et à l'inverse du buveur suisse qui aime ses chasselas/fendants fringants et dès la mise, je suis peu fan de ces vins jeunes ; ils sont en général assez bulleux et peu diversifiés, racontant un peu tous la même histoire. Par contre entre deux âges (2-3 ans) ou plus évolués, je les trouve plus intéressants, causants. Voir mes notes ci-après...
 
Fendant 2005 : notes d'anis, de chartreuse, beaucoup d'intensité en bouche, du gras mais sans mollesse aucune, avec une belle trame acide qui tend et tient tout cela. Vin complet, équilibré, tellement plus intéressant que nombre de fendants flotteux et acides que l'on peut déguster ça et là. Bien++
 
Fendant 2003 : un peu levuraire, mais s'ouvre vite sur une note de poire fraiche très « chasselas ». Belle harmonie de bouche, beaucoup de douceur aidée peut être par quelques sucres résiduels, à moins que ce soit la haute maturité qui m'induise en erreur. Vin très savoureux, sans grande droiture, mais gourmand en diable, franc de goût. Bien
 
Fendant 2000 : sur le coing confit et encore ces notes de vieille chartreuse, à la fois ample et tendu, l'acidité s'intègre très bien à l'ensemble, ensemble fondu, impression d'avoir un fil de fraicheur léger en bouche, très agréable et prêt à boire. Bien+, et à boire.
 
Riesling x Sylvaner  2007 (müller thürgau): sur les fruits exotiques, le nez évoque certains vins d'Alsace, expression très souple, facile, aromatique, mais moins de personnalité et d'originalité que les fendant. Plus un vin d'apéritif, charmeur. Assez bien+
 
Riesling x Sylvaner 2004 : le 2004 sent d'abord la mirabelle et le jasmin, avec ensuite des notes d'abricot et de poudre de cannelle qui rappellent certains viogniers. La bouche est grasse, aromatique aussi, fondante, finissant légèrement saline, sur une jolie énergie. Bien, et à boire.
 
Et puis arrive... 
beudon21
 
Je dis à Jacques, ah je suis heureux de goûter un gamay, c'est un cépage pour lequel j'ai une grande tendresse, je suis intéressé de voir ce que vous arrivez à en tirer (il me confiera ensuite que c'est son chouchou).
 
Gamay 2005 : passé une petite réduction pas bien méchante, woaw ! Notes de violette fugaces, de kirsch, de pêche de vigne, on se croirait en beaujolais sur des crus. Bouche mûre et très fraiche, avec un grain éminemment sapide et droit, une véritable originalité de goût qui pour moi signe les grands gamays, c'est très bon, et bon sang ce que ce vin a du caractère. Très bien+ COUP DE COEUR
 
Dôle 2004 (assemblage de gamay et pinot noir) : sur la cerise et l'iris, la bouche est souple, fruitée, toujours ce côté mûr et frais avec une droiture agréable dans l'expression, mais de la finesse. On retrouve les arômes du pinot au nez, mais la bouche évoque davantage le caractère du gamay qui semble bien se plaire sur ces terroirs. De toute façon c'est un cépage qui a besoin de souffrir pour s'exprimer pleinement. Bien, et à boire.
 
Pinot noir 2006 : magnifique nez de rose épicée, de cerise et de réséda, voilà la pureté et grandeur aromatique de ce grand cépage. Superbe bouche d'une intégrité aromatique exemplaire, au fruit net et diversifié dans la saveur, finissant droite. Il y a de l'amour et beaucoup de respect du cépage et du terroir dans ce vin. Bravo. Excellent, et COUP DE COEUR
 
Humagne rouge 2005 : très fermé au nez, la bouche délivre un côté sanguin, sur une saveur de cassis et de zan, le vin s'exprime encore plus droit et strict que les précédents, demeurant finalement fidèle au caractère de son cépage, l'austérité étant peut être renforcée par le caractère sauvage (que j'ai cru identifier dans les autres rouges goutés, en bouche) du terroir de Beudon. Beau vin qui ne fait pas du gringue. Bien, on peut l'attendre tranquillement, et surtout le mettre sur des gibiers.
 
Constellation 2007 (assemblage de pinot noir, gamay et diolinoir) : sur la cerise confite, la mélasse et des notes d'ambre que je connaissais surtout dans les vins de Morgon et du piémont italien. Bouche veloutée, intense, fruitée, avec beaucoup d'harmonie et de rondeur, de l'élégance dans le déroulé de tanins, très bien fait, même si peut être un poil moins original que les monocépages. Bien+/Très bien
 
 
Puis nous sommes passés à table, en plein air, invités que nous étions, pour un moment de convivialité unique, qui fait le sel de la vie. Ce que nous avons vécu là haut dépassait la simple visite de dégustation. Un moment extra-ordinaire, dans un cadre extra-ordinaire, avec des gens extra-ordinaires. Merci à eux, merci à Michel, merci la vie ! J'ai voulu voir Beudon, j'ai vu Beudon... et le retour « en bas » a été comme un atterrissage après un grand voyage. Pfiou !
 
 
Domaine de Beudon - Marion et Jacques Granges
1926 FULLY – Suisse
Tél. +41 27 744 12 75
 
 
 

Le 21/08/2017 à 10h14
Copyright © 2017 Vin Terre Net. Tous droits réservés.
Joomla! est un logiciel libre sous licence GNU/GPL.