Domaine Robert Michel - Cornas

Comment avons-nous fait cette rencontre inoubliable ? Nous souhaitions avant de commencer dire quelques mots sur ce qui aura peut-être été notre plus belle visite en 2009. Un jour d'août, Laurent Garlin et moi même (Nicolas Herbin) avons en effet eu la chance d'être reçus par ce grand vigneron - aujourd'hui retraité - pour une demi-journée unique. Afin de préparer une dégustation sur l'AOC Cornas, rendez-vous avait été pris avec cet homme, afin de découvrir en sa compagnie les meilleurs quartiers et panorama cornassiens. Au final nous passerons près de deux heures trente avec lui en immersion totale en Reynard, Sabarotte et Chaillot, avec un final sur les hauteurs cornassiennes, à deux lancers de caillou de la chapelle historique qui surplombe le vignoble et la vallée. Ce temps très précieux fut ponctué de nombreuses anecdotes et permis surtout à Bob - comme nous aimons à le surnommer - de nous raconter l'histoire de Cornas, de l'après-guerre à aujourd'hui. On imagine bien que de tels moments n'ont pas de prix et nous insufflent une sensation de privilège et un fort souffle d'humilité dont on ne peut raisonnablement se lasser ni se passer. Pas une fois il ne parla de ses vins, pas un instant il ne se mit en avant, ni ne remit en cause les pratiques ou les vins de ses confrères. Il ne fut question que des terroirs et de l'histoire de ce vignoble et pays qu’il aime tant.
Il ne restait ensuite qu'à rejoindre la cave du domaine pour une dégustation des vins choyés par ce monsieur qui nous touchait déjà par son humilité, sa pudeur et sa passion. Nous découvrîmes alors une dimension du cornas et de la syrah que nous ne connaissions pas : celle de la délicatesse et du parfum, le plus raffiné qui soit. Les voilà donc dans notre verre ces senteurs de violette et de rose fanée dont on parlait dans les livres. Les voici ces syrahs de velours aux tanins satinés mais fermes que nous attendions de boire depuis longtemps. Ce jour là fût un véritable jalon dans notre vie de dégustateurs, en ce sens que nous eûmes accès à un « monde » dont nous ignorions alors l'existence. Mais avant d'arriver à produire de si beaux vins, vrais et singuliers, quel fût le parcours de Robert, homme capable sans faux-semblants de mettre en valeur par la parole le travail de chaque vigneron de son village
Le domaine :
Situé à Cornas, au centre du village, plus précisément au 8 impasse de l'Équerre, il est situé à quelques mètres du domaine Voge. Une simple plaque en bois gravée indique l’entrée. Reprenant les vignes et l'exploitation de son père Joseph, Robert Michel a bien évidemment connu cette période de vaches maigres qui succéda au second conflit mondial. Jusqu'à cette période, le viticulteur cornassien vend en effet ses vins en vrac au négoce. Seulement voilà, le conflit passé, le commerce du vin change. Les négociants payant en effet très mal, inéluctablement, certains vignerons baissent les bras. Et de nombreuses vignes et parcelles sont alors logiquement délaissées ; chose compréhensible dans un vignoble âpre à exploiter. On descendra même en dessous des 50 ha cultivés sur la commune, dix fois moins qu'à la grande époque (XVIIIème siècle). Robert décide alors avec ses collègues Auguste Clape, Alain Voge, Marcel Juge et Jean Lyonnet de cesser de brader ses vins au négoce périclitant pour commencer à faire un peu de bouteille, comme l'on dit. A l'instar de ce qui se passa il y a des années dans nombre de régions viticoles historiques (Bourgogne, Piémont, Beaujolais, et plus récemment Languedoc, à titre d'exemple), le vigneron particulier se détache des grandes structures collectives pour valoriser - au sens premier et étendu du terme - davantage son travail. C'est ainsi que Robert commença alors par mettre en bouteille une pièce, puis deux, et au final l'intégralité de sa production. L'histoire était lancée, la légende discrète pouvait naître...

Vieux plants tordus de Geynale : en "massale", chaque pied est un individu différent contribuant à la complexité finale du vin...
Mais comment Robert « faisait » il ses vins ? Comme depuis le début, ou presque. A l'instar de ce qui était pratiqué empiriquement et depuis des années, il a de tout temps réalisé lui même ses sélections massales ; sans doute à partir des meilleurs vieux plants de la Geynale, on peut le penser. Pour des raisons économiques et techniques - forts risques de ravinement et donc érosion -, il ne travaillait pas ses sols (cas de 95% des vignerons de l'AOC et pour les mêmes raisons). Un désherbage était fait au printemps et suffisait pour éviter la concurrence de l'herbe sur ces terroirs pauvres. Signalons à nouveau qu'à Cornas, à partir de mai, climat et granit aidant, l'herbe ne pousse plus. Robert avoue durant les années 60 et 70 avoir succombé aux sirènes des vendeurs de produits phytosanitaires, qui abreuvaient les vignerons locaux de « réclames » toutes plus alléchantes les unes que les autres, mais il en est revenu.
Avec des densités de 8'000 à 10'000 pieds par hectare, les rendements moyens du domaine étaient de 35 à 40hl/ha sur la Cuvée des Coteaux, et de 30 à 35hl/ha pour la Geynale. La vendange était généralement non égrappée, sauf sur les jeunes vignes. Les macérations duraient environ 3 semaines avec remontages, brassages à l’azote et délestages. Le contrôle des températures s'étalait entre 16° (début de macérations) et 30 degrés (fins de fermentations). Ces dernières se faisaient via levures indigènes. Les 6 premiers mois de l'élevage, le vin les passait en cuve émaillée ; puis il reposait un an sous bois non neuf (pièces et demi-muids de plusieurs vins), sans soutirage. Il était bien évidemment mis enfin sans collage ni filtration.
Août 2009. Robert surplombe les terrasses de Chaillot qui l'ont tant occupé. De grandes années de sa vie...
Terroirs et vins :
-
Le rare Saint Joseph Bois des Blaches est issu d'une unique parcelle de 0.6 ha située dans le village de Sarras, et plantée en petite serine.
-
Le Cornas Cuvée des Coteaux est issu en grande partie de vignes du quartier Chaillot. Il s'agit d'une parcelle granitique plantée en terrasses de 1976 à 1981, exposée plein sud (ce qui n'est pas le cas de l'ensemble du Chaillot qui regarde plutôt le levant), et dont il disposait pour partie en fermage (Cuchet-Béliando propriétaire). Si elle n'était pas totalement sienne, c'est tout de même lui qui, aidé d'ouvriers qu'il a « usés » bien malgré lui, l'a rendue cultivable par un travail de forçat : défrichage, arasement, terrassement et plantation. Des heures de sueur.
-
Le Cornas La Geynale est issu en majeure partie du lieu dit éponyme (Génale), que l'on pourrait inclure dans le quartier Reynard et qui en constitue à peu près l'extrémité sud, en contrebas, à deux pas de Tézier. Ce lieu-dit a historiquement été mis en valeur par Robert qui le premier l'a revendiqué en 1984 sur une étiquette : cette année là, la différence de maturité entre les vignes de la cuvée des Coteaux et du lieu dit Geynale est telle (prés de 2°) que Robert décide de vinifier et élever isolement cette parcelle. La nouvelle cuvée venait de naître. La dénomination Geynale a même été déposée (le « y » ne faisait pas partie de la première orthographe connue). Le PH du sol est quasi neutre, et la présence de granit décomposé en surface est complétée de gneiss qui donne ici une couleur légèrement plus claire en surface et, paraît-il, davantage de finesse aux vins. Mais la roche mère n'est pas très loin, comme toujours à Cornas. La vigne ici cultivée est très vieille, plus de 80 ans en moyenne. Et « Bob » lui adjoignait quelques rangs de la partie haute du Reynard.

Un jour de novembre 2009...
Dégustations :
- Cornas « Cuvée des Coteaux »
Déc. 2009 : 2006 : Le nez d'apothicaire mêlant genièvre, écorce d'orange, poivre et menthol, est une pure splendeur. Bouche fabuleuse de race et de profondeur avec des tanins de velours noyés dans un jus bourré de fruit et de tonus. Toujours cette fraîcheur dynamique et désaltérante, qui accompagne l’ensemble dans une longue finale. Incroyable pour le « simple » coteaux déjà grand… Excellent.
Déc. 2009 : 2005 : Nez plus mûr, plus confit évoluant de la mûre et la réglisse jusqu'à des notes méridionales de thym accompagnant un poivre très subtil. La trame est clairement celle d'un 2005, jonglant entre richesse du jus et austérité de tannins vigoureux et anguleux mais sans brusquerie. Un poil de chaleur en finale avec quelques notes épicées. Belle réussite porteuse d'avenir. Très Bien
Déc. 2009 : 2004 : Nez de cerise, de violette avec un léger toasté sans vulgarité. La bouche présente un beau volume avec des tannins serrés, un peu poudrés et déjà racés. Très équilibré, frais et fin comme attendu sur 04, mais sans manque de matière. Grande allonge en finale, sur la myrtille et la fraise. Une entrée en matière prometteuse… Très bien
Déc. 2009 : 1994 : Nez subtilement tertiaire offrant encore un fruit d'une belle fraîcheur se mêlant à des notes de girolles, du jus de viande, d'écorce d'orange et toujours de thym serpolet (un marqueur du terroir ?). La maturité est parfaite dans ce vin d'un équilibre tout simplement épatant, aux tannins fondus mais présents, à la fois diablement lampant et salivant, appelant la table. A point et Excellent.
Déc. 2009 : Geynale 2006 : Ambre, résine, abricot, de la rose en retrait et une touche de cèdre. Un parfum fait vin. Face à la puissance de la matière, la finesse des tannins paraît incongrue ; le toucher de bouche est somptueux, la trame parfaitement définie. S'il parait aussi pur qu’un simple jus de raisin, cela démontre un véritable exercice de style. Comment faire autant avec aussi peu ? Une question que ne se posent ni Robert Michel, ni Emmanuel Reynaud, par exemple... Nous en revanche, on se contente d'en faire une Référence.
Déc. 2009 : Geynale 2005 : le nez baroque trace son sillon entre safran, serpolet, pêche rôtie, menthol. Beaucoup d'épices donc, et un fruité très mûr comme révélateur de la richesse du millésime, que le terroir transcende en y conservant l'acidité adéquate. Les tannins sont denses, serrés croquants, nerveux et révélateurs du grand vin de garde qui se dessine. Excellent, à attendre.
Déc. 2009 : Geynale 2004 : Puissantes notes florales, brassées de pivoines, violettes et aubépine. Puis à l’aération se mêlent des notes terriennes superbes de betterave et de suie. Grande qualité de tannins qui laissent déjà percevoir tout le soyeux de la matière derrière une austérité très relative. Très riche mais toujours frais et fin, particulièrement en ce qui concerne l'impression finale. A attendre mais déjà bon, Excellent même.
Déc. 2010 : Geynale 2003 : Le nez est très atypique du style de la maison et développe des arômes de noyau, de figue, de pêche rôtie, de muscade, d’épices, dans un ensemble très suave et complexe. La bouche est plus confite avec ses notes de figue, de datte ; mais aucune sensation d’alcool n’est perceptible malgré les 14.5°, signe d’un équilibre plus sudiste et parfaitement abouti. Le vin garde une grande gourmandise, avec une finale de bonne longueur et un très léger manque d’ampleur. Très Bien.
Déc. 2009 : Geynale 2002 : Décrire ce genre de bouteille est bien difficile tant parfois les mots manquent... Nez d'une grande expressivité avec de la pêche, du jasmin, de la violette, des notes lardées et de tabac dans ce qu'il a de plus noble. En bouche, un ruban de soie parcourt votre palais. Le vin est indéfinissable, indescriptible tant les éléments qui le composent ne forment plus qu'un maelström ne pouvant être parfaitement défini. Reste un toucher majestueux, inoubliable, insondable, faisant « la nique » à ce millésime tant décrié. Un monde enclos dans le verre, un grand vin. Référence sur le millésime.
Juin 2011 : Geynale 1994 : Le nez est bien ouvert sur les épices orientales, le bois exotique, une note balsamique, la cannelle, puis il se développe à l’aération sur la cerise, la datte, et également un côté floral, formant un ensemble très délicat. La bouche est en pleine forme, d’une belle richesse avec de l’ampleur et des tannins suaves et doux. Des notes épicées dominent jusque dans la très longue finale, salivante, sur les épices et un retour floral. Très Bien +.
Oct. 2011 : Geynale 1991 : Nez dément de violette, d’épices douces, de rose, de myrtille, un côté terrien, encens, puis agrumes et bois exotique. Le lendemain, les notes d’épices orientales et d’eucalyptus seront prégnantes. La bouche est suave, avec beaucoup de ressort, toute en finesse à l’ouverture ; elle prendra de la puissance et du volume avec un jour d'ouverture. Les tannins sont fins et fondus, l’ensemble est d’un grand équilibre avec une très longue persistance ; finale salivante sur les épices orientales et la prune. Un grand Cornas de millésime chaud au potentiel encore important, divin avec un tajine d’agneau.
Déc. 2010 : Geynale 1990 : Le nez présente des arômes de vieux cuir, de suc de viande, d’épices douces, puis évolue vers la viande et les fleurs séchées, le tabac, avec aussi des notes de rancio (tel un vieux grenache) et d’acajou. Le vin change beaucoup dans le verre. La bouche présente une attaque diabolique sur la peau d’orange, avec encore beaucoup de gras et un équilibre idéal sur des notes de fruits exotiques. L’ensemble est très puissant aromatiquement avec une amertume salivante en diable. Quelle classe, avec cette longueur finale énorme et une fois de plus une gourmandise terrible. On ne peut que s’incliner face à cette merveille.
Oct. 2011 : Domaine Robert Michel 1980 : trois heures de carafe n’auront pas permis à quelques tenaces notes de réduction, très fortes à l’ouverture, de disparaître, mais l’aération dans le verre y parviendra avec une tenue à l’air impressionnante. Le nez présente des arômes de musc, de bois exotique, puis de tabac, d’agrumes, d’orange sanguine. La bouche est pleine, très élégante, marquée par les agrumes aussi. Plutôt en demi-corps, elle déborde de vie. La fraîcheur d’ensemble domine, les tannins sont fondus et les papilles salivent face à tant de douceur acidulée. Une touche animale nous rappelle que ce vin de plus de trente ans nécessitait vraiment de l’aération, mais la belle longueur finale très fraîche prolonge le véritable plaisir de boire un tel vin sur un si faible millésime sur le papier. Fond de verre sur le tabac. Respect.
Oct. 2010 : Domaine Robert Michel 1975 : A l’ouverture le nez est très fin sur les agrumes (pomelos), mais l’aération prolongée à table lui apportera la complexité des vieux vins, avec ces notes à la fois terreuses, mentholées (vendange entière), de rose fanée, de feuilles mortes. La bouche a étonnamment repris vie à table. Evidemment les tannins sont totalement fondus, mais l’ampleur en bouche accompagne sa suavité et sa douceur, qui se marient très bien avec un coq au vin. L’acidité est suffisante en finale pour tenir ce trentenaire qui a gardé de bien belles ressources et qui est clairement délicieux. Respect.
Avril 2011 : Domaine Joseph Michel et Fils 1971 : Nez intense de rose fanée, de feuilles mortes, de havane, avec une touche animale difficile à définir. Egalement des arômes de bois de santal. Ce nez explosif retrouve un fruit important associé à des notes florales superbes lorsque l’on remue son verre, signe d'une profondeur qui a encore pas mal de choses à raconter, alors même que ce vin est un morceau d’histoire du grand terroir de Cornas. La bouche possède un gras comme nous en avons peu rencontré et qui lui confère une douceur digne des plus beaux liquoreux de méditation, alors bien sûr qu’il se goûte totalement sec. L’équilibre est magistral, sur des notes d’agrumes ultra salivantes. L’âge n’a pas eu de conséquences néfastes sur son dynamisme, quand bien même les tannins sont totalement fondus. Belle longueur finale qui s’évanouit doucement sur un côté floral délicat. Respect.
Déc. 2011 : Domaine Joseph Michel et Fils 1969 : L’étonnante robe éclatante de ce vin, d’un léger orangé comme un vin de 15 ans, est de bel augure. Le nez est puissant et complexe aromatiquement sur le pain grillé, la rose, les agrumes (l’orange sanguine), le tabac. La fraicheur transparait et le vin évolue beaucoup dans le verre avec une impression de jeunesse insolente. La bouche est très droite, aérienne, fraiche, salivante. Elle est plus en longueur qu’en largeur, bien équilibrée, très vivante et vraiment délicieuse avec ses tannins fondus. Longue finale sur les agrumes. Superbe bouteille, à la conservation idéale.

Parce que nous apprendrons toujours de personnages de cette trempe...
Quelques mots en guise d'épilogue, comme s'il en fallait. En tout premier lieu, remercier Robert du nombre d'heures qu'il nous a données : aux vignes, à la cave, lors des marchés aux vins, au téléphone. Sûr que s'il lit ce texte, pour le connaître un peu, il rougira discrètement et écrasera un soupir d'humilité, vertu dont il est tant imprégné. Mais en fait, pourquoi est-il important d'évoquer un vigneron aujourd'hui à la retraite ? Parce qu'il est nécessaire de parler des gens qui font honneur à leur métier, à leurs terroirs, à leur village, à l'histoire des grands vins. C'est bien le minimum qu'on leur doit en retour de tout ce qu'ils sont capables de nous donner, quand bien même ils n'en sont pas conscients. D'autre part, tout « retraité » qu'il soit, Robert vend encore ses derniers millésimes, à savoir 2006, 2005, 2004 et quelques Geynale 2002. Compte tenu de ce que nous avons déjà goûté, il faudrait être bien égoïste pour taire de telles merveilles capables de réconcilier le plus indécrottable des buveurs exclusifs de pinot ou cabernet avec la syrah. Ces vins sont si formellement beaux, bons et pleins d'âme qu'il apparaît naturel que cela se sache et se boive.
De plus, et sans vouloir et pouvoir endosser quelque habit de Christophe Colomb, nous ne pouvons que regretter que la presse française spécialisée ait trop peu - voire quasiment jamais - parlé de lui, à l'exception du Rouge et du Blanc. Pendant que des producteurs de confitures noires enrubannées de planches brûlaient les feux de la rampe, Robert, dans son coin, continuait à travailler soigneusement et consciencieusement ses vignes, à l'abri de tout journaliste franco-français qui aurait pu avoir un minimum d'intérêt pour lui. Mais il ne faut rien regretter, car ce que la France du vin n'a pas - ou pas assez - été capable de lui prodiguer, les anglo-saxons, en vrais et grands amateurs de serine, lui ont donné. Oh, il n'attendait rien ou si peu, et d'ailleurs il ne se plaint jamais. Mais c'est tout de même justice que des gens comme Neil Rosenthal l'aient importé, ou que John Livingstone-Learmonth dans son ouvrage de référence (*) l'ai cité dès les années 70.
Mais au delà de vos vins qui frôlent tout de même la perfection du type, votre œuvre, Robert, ce que vous avez peut être fait de plus beau à nos yeux, c'est sans doute former des jeunes vignerons qui font aujourd'hui partie de l'élite cornassienne, rhodanienne et même française du vin. Nous sommes certains que les Thierry Allemand, Guillaume Gilles et Vincent Paris mesurent la chance qu'ils ont eu d'apprendre à vos côtés. En ce sens vous avez joué votre rôle de « passeur » et avez contribué à perpétuer la Civilisation du Vin. Enfin, avant de refermer ce texte, nous souhaitions juste porter à la connaissance du lecteur ce fait : cette année encore, malgré son grand âge, Louis Sozet tenait son stand au marché aux vins de son village. Et l'œil scrutateur, il alpaguait le badaud flânant verre en main d'un beau « hé, j'te l'fais goûter ?!». Quelle malice et quelle flamme ces vieux vignerons cornassiens. Il y a encore tant à apprendre d'eux. Tant...
Robert Michel
8, impasse de l'Equerre 07130 Cornas
Tel. : 04 75 40 38 70
Notes :
(*) The Wines of the Rhône, John Livingstone-Learmonth, 1992, 718 pages, Faber and Faber
- Avec les participations de Paul Lambert et Laurent Garlin
- Mis à jour le 20/12/11 : ajouts commentaires dégustations.