
Le domaine :

Au domaine, le travail des sols a toujours été important et considéré comme tel. Pour ce faire, Bernard emploie à temps plein trois ouvriers. Néanmoins, il faut parcourir ses vignes à pied pour comprendre les problèmes liés au ravinement et à l’entretien des sols : l’exploitation de vignes en terrasses, sur une fine couche de terre arable - voire inexistante - est contraignante, voire impossible si on n’a pas recours à une main d’œuvre importante et coûteuse. Sur les secteurs les plus difficiles, c’est donc un peu par nécessité que le domaine use de désherbant car l’enherbement ne constitue pas non plus la meilleure des solutions (trop de concurrence avec la vigne). Toutefois, un seul passage est effectué sur la propriété au printemps, car les sols pauvres, acides et secs permettent de largement contenir la vigueur de l’herbe à la belle saison. Les vendanges sont manuelles, comme tous les travaux à la vigne d’ailleurs. Les rendements peinent à dépasser les 20-25 hl/ha sur les Banyuls (moitié moins sur le millésime 2010, le grenache noir ayant particulièrement coulé). En rouge, les baies sont entièrement égrappées. Les vinifications ont lieu avec contrôle intégral des températures. Ici, on privilégie le mutage sur grains pour la production des Vins Doux Naturels. A l’origine, les différentes cuvées étaient toutes élevées en foudres, puis Bernard a imposé petit à petit le demi-muid dans l’élevage des rancios. Le domaine produit une très large et éclectique gamme de vins dont les détails sont repris ci dessous.

Les vins :
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Collioure blanc Armen « Le Petit Couscouril » : les vignes destinées à cette cuvée sont toutes situées en bord de mer. L’assemblage est constitué à parts égales de grenache blanc et gris. Ce vin est produit depuis le millésime 1991, d’abord revendiqué en VDP des Côtes Catalanes lorsque l’appellation Collioure blanc n’existait pas. Après quelques essais en barriques, le vin est aujourd’hui entièrement vinifié et élevé (6 à 8 mois) en cuve inox, avec fermentation malolactique achevée avant la mise en bouteilles.
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Collioure « les Espérades » : dominante de grenache noir (80 à 90% en fonction des millésimes) complété par de la syrah et du carignan. Dans ce vin, Bernard recherche surtout la finesse et le fruité. De ce fait, les cuvaisons sont assez courtes (une quinzaine de jours) et sans extraction (délestage). Après décuvage, le vin est élevé 6 mois en barriques non neuves. Le nouveau millésime est vendu l’année qui suit la récolte. Bernard estime, qu’en terme de vieillissement, ses Collioure blanc peuvent aller plus loin que les rouges, ce qui n'est pas forcément notre avis.
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Banyuls blanc « rivage » et « rivage ambré » : inspiré par Bernard, le Banyuls blanc voit le jour en 1986. Les vignes qui constituent cette cuvée sont situées en bord de mer (même parcelle que pour le Collioure blanc). Ce VDN est vinifié comme un vin blanc traditionnel, en pressurage direct sans macération pelliculaire. Après mutage, une partie de la cuvée sera élevée de façon oxydative, à la manière d’une solera (l’intégralité de la récolte n’est pas soutirée pour la mise en bouteille), pour constituer la cuvée « rivage ambré » qui n’est donc pas millésimée. La cuvée « rivage » est élevée pendant 8 à 10 mois en fûts (en réduction) avant mise en bouteilles.
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Banyuls « rimage » : le rimage correspond au vintage, mais dont le terme est déposé et ne peut pas être utilisé à banyuls. Il s’agit d’un VDN élevé en milieu réducteur, en cuve inox et mis en bouteille après moins d’un an, sur son fruit et sans le goût de rancio. La cuvée est 100% grenache, issue d’une sélection parcellaire.
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Banyuls « tradition » : le « tradition » fait partie des cuvées historiques du domaine. Aujourd’hui, c’est la petite cuvée de banyuls, issue des premières récoltes et des parcelles les plus précoces. Vinification traditionnelle et élevage oxydatif dans de grands foudres. Le vin est élevé 3 à 4 ans en fonction des millésimes, puis assemblé avec des vins de réserve avant la mise en bouteilles.
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Banyuls « Gaby Vial » : les meilleures cuves du « tradition » sont plus longuement élevées (7 ans en moyenne) pour constituer la cuvée « Gaby Vial ». Le vin n’est pas millésimé car plusieurs années peuvent être assemblées. Cette cuvée pourrait prétendre à l’appellation Banyuls Grand Cru.
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Banyuls Grand Cru « André Magnères » : sélection de vieilles vignes (50 ans en moyenne) de grenache noir (80%) assemblées avec du carignan et du grenache gris, issues des meilleurs terroirs et des parcelles les plus tardives. Pour concentrer la cuvée, il peut être pratiqué, en fonction du millésime, une saignée dans les moûts. Vieillissement en vieux foudres pendant 7 à 8 ans environ, puis encore deux ans en bouteilles.
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Banyuls « Al Tragou » : assemblage de grenache noir, gris et blanc, avec une faible proportion de carignan. Les raisins sont ramassés en légère surmaturité et totalement égrappés avant vinification. Le mutage peut se faire sur grain ou sur moût en fonction des années. Le vin est élevé pendant plus de 20 ans en demi-muids de chêne, lui conférant sa « mémoire aromatique ».

Visite du 19 aout 2010 :

Nous garderons un vrai beau souvenir de cette visite. Pas que pour les vins, car ici, il y a des choses que nous avons beaucoup aimées, d’autres un peu moins - mais la gamme est tellement large qu’elle trouvera forcement un amateur pour apprécier le style d’au moins un de ces vins ; en revanche, les deux heures passées dans l’univers Vial-Magnères ont été assez magiques. Dès l’arrivée dans ce chai, nous avons été touchés par une sensation de rapport direct à l'histoire, à la tradition, au pays et à l'âme catalane. Un chai dans lequel Bernard a eu la bonne idée d’installer une sonorisation et des enceintes, chose rare, diffusant quelques grands moments de musique, dont ce jour là un Stéphane Grappelli en grande forme. Un chai aux allures de musée, qui semblait héberger l'histoire du cru, avec ses vieilles photos en noir et blanc, ses foudres peints en rouge rayés de craie, ses fûts de rancio collés au plafond et ses bouteilles aux formes et étiquettes sans âge ou presque, posées ça et là. Et au delà de l'endroit, nous avons eu l'impression que tout ce que l'on pouvait entendre, voir et ressentir là bas était un peu emprisonné dans Al Tragou. Un vin de gens assis au bord du monde, témoignage du temps, ode au soleil catalan qui tirera toujours plus vers le vermeille que l'or. Bref, pour comprendre un peu, pour ressentir banyuls, il faut aller voir ce gardien du temple qu'est le domaine Vial-Magnères.
Domaine Vial-Magnères
Clos Saint-André
14, rue Edouard Herriot
66650 Banyuls-sur-Mer
Tél : 0033 (0)4 68 88 31 04
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Les grands crus du Languedoc Roussillon – Michel Smith – éditions Renault





