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Mas Bruguière – Pic Saint Loup
   
 
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Xavier Bruguière, vigneron bourru ? Non, vigneron penseur !

Le domaine :
  
Au Mas Bruguière, niché dans le vallon séparant le Pic Saint Loup du massif de l’Hortus, on pourrait presque se sentir oppressé. Pourtant, on s’y sent bien, parce que celui-ci semble comme choyé par ces deux géants de calcaire. C’est dans cet océan minéral, où la pierre constitue jusqu’au bâti même du mas, que les Bruguière se sont construits une histoire vieille de plusieurs siècles. Si la famille est présente depuis le XIIIème siècle dans la région, l’histoire du Mas débute sous (ou dans !) la Terreur, lorsque en 1793 Louis Durand son propriétaire, et premier maire de Montpellier, fut guillotiné. En 1801, et après une mise sous séquestre, sa veuve vend le mas à Antoine Bruguière qui est le premier de la famille à y pratiquer, entre autres, la culture de la vigne.
  
De génération en génération, le domaine évolue au fil des restructurations, jusqu’en 1956 quand de terrible gelées détruisent l’intégralité du vignoble. Albert Bruguière replante alors des raisins de table sur une dizaine d’hectares situés tout autour du mas. En 1974, Guilhem, le père de Xavier reprend l’exploitation alors qu’il n’était pas destiné à la viticulture. Il arrache, replante des cépages traditionnels et réoriente le domaine vers la production qualitative de vin. Quelques années supplémentaires seront nécessaires pour sortir progressivement de la coopération et produire dans les années 90 des vins en tant que vigneron indépendant. La dernière, et actuelle, génération prend naissance en 2003 lorsque Xavier Bruguière lui succède après quatre années de travail en commun. Un millésime qu’il marquera par la création d’une nouvelle cuvée appelé « le Septième », comme la 7ème  génération de viticulteur sur le domaine. Dés lors, il entamera de nombreuses replantations (dés 2001) et la reconversion de l’exploitation en agriculture biologique (certifié en 2008).

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Au pied de l’Hortus (on distingue le Pic Saint Loup en arrière plan) sol d’éboulis calcaire fraichement labouré.

Aujourd’hui constitué d’une vingtaine d’hectare (une configuration qui convient bien à Xavier), le domaine est scindé en deux secteurs principaux :
  • La partie « historique » du mas est composée de plusieurs petites parcelles situées tout autour de la propriété sur une dizaine d’hectares. Les plus qualitatives sont principalement plantées en cépages grenache et mourvèdre sous le massif de l’Hortus sur des sols d’éboulis et glacis d’éclat calcaire du causse (exposition sud-ouest). Elles composent les cuvées « La Grenadière » et « La Septième ». De l’autre coté de la route, sous le Pic, on trouve plusieurs parcelles de syrah plantées sur des sols plats d’alluvions et de colluvions récents. Elles composent les cuvées « La Grenadière » et « Calcadiz » (ainsi que le rosé). La roussanne est située à l’arrière du Mas, contre le Pic Saint Loup, sur des sols gras de colluvions.
  • La deuxième partie est constituée d’une grande parcelle d’un seul tenant située entre les villages de Valflaunès et de Lauret (en forme de petit vallon, exposition est et sud-est). Il s’agit principalement des dix nouveaux hectares plantés par Xavier en 2001, avec des jeunes vignes de syrah sur des sols argilo-calcaires. Elles composent aujourd’hui la cuvée « L’Arbouse ». De jeunes plantiers de vermentino attendent l’âge de la maturité pour compléter la cuvée de blanc, « Les Muriers ».
On remarque donc que le domaine dispose d’une belle panoplie de terroirs, à la fois différents et complémentaires pour la construction des cuvées.
 
Toute l’exploitation est conduite en agriculture biologique avec respect du calendrier lunaire pour les divers traitements. Les sols sont labourés deux fois par an, en avril lors du débours et en octobre après vendanges. Les autres travaux d’entretien des sols se font à la griffe ou au piochon. Néanmoins, sur les jeunes vignes de syrah, un rang sur deux est enherbé de manière à contenir sa vigueur naturelle. Les ceps sont ébourgeonnés, effeuillés et rognés « serré » dans le but de disposer d’une bonne surface foliaire sans que celle-ci « pompe » toute la sève et l’énergie de la plante. Les rendements sont maîtrisés autour de 25 à 35 hl/ha en fonction des cépages. La densité de plantation est de l’ordre de 4000 pieds/hectare. Les vignes sont taillées en cordon de Royat ou en forme de chandelier (gobelet court palissé). Le mourvèdre est conduit en gobelet.
 
Au chai, la vinification reste très classique et adaptée à chaque cuvée. Vendange 100% égrappée, pré-fermentaire à froid, pigeage quotidien, remontage si nécessaire et cuvaison de vingt à trente jours. Les extractions restent douces pour préserver au maximum le fruit et la finesse des tanins. Les grandes cuvées sont élevées sous bois, avec l’utilisation progressive, depuis quelques années, de demi-muids et de foudres, en limitant le part de bois neuf.

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Jeunes vignes de vermentino sur sol argilo-calcaire typique, entre Valflaunès et Lauret.

Vins et terroirs :
  • Coteaux du Languedoc Blanc « les Muriers » : assemblage de roussane (80%) et marsanne (20%), auquel s’ajoutera de jeunes vignes de vermentino dans quelques millésimes. Le vin est vinifié en fût puis élevé pour moitié en cuve et en foudre. La fermentation malo-lactique est bloquée afin de conserver de la fraicheur. C’est un vin fringuant, assez tendu, jamais très complexe sur le plan aromatique, mais toujours ouvert, sincère et droit. Assez représentatif de ce qu’il est possible de faire de bon en blanc sur l’appellation. On peut le boire jeune.
  • Coteaux du Languedoc Rosé : issu des vignes les plus jeunes de la propriété, le rosé est généralement vinifié pour moitié par pressurage direct et l’autre moitié par saignée (cela peut changer en fonction des millésimes).

  • Coteaux du Languedoc « Calcadiz » : ex-cuvée « Vinam del Calcadiz » c’est le petit vin de la propriété, vendu uniquement au caveau et issu des terroirs les moins qualitatifs du domaine (alluvions situés dans le lit à sec du Terrieux, au creux du Pic St Loup). Petit vin, souple et fruité, sans grande prétention, à boire dans la jeunesse.

  • Pic Saint-Loup « L’Arbouse » : assemblage de syrah (majoritaire) et grenache. Sols alternant calcaires tendres et marnes. « L’Arbouse » est en quelque sorte l’entrée de gamme des Pic, et quelle entrée de gamme ! Un vrai vin plaisir, accessible dans sa jeunesse par son fruit franc, tendre et soyeux. Il supporte un peu de garde.

  • Pic Saint-Loup « La Grenadière » : assemblage de syrah (60%), grenache (20%) et mourvèdre (20%) issu de sols d’éboulis et de colluvions. Le vin est élevé de quinze à dix-huit mois dans trois types de contenants différents : en cuve tronconique de 30hl, en demi-muid et en barrique bordelaise. C’est la cuvée emblématique du domaine, toujours très régulière (petit bémol sur le 2002), qui s’apprécie dans sa jeunesse mais aussi avec un peu de vieillissement. Le nouveau style donné par Xavier depuis 2003 devrait en faire un vin plus complexe au vieillissement et certainement moins aimable dans sa jeunesse. A suivre...

  • Pic Saint-Loup « La Septième » : la grande cuvée du domaine produite depuis le millésime 2003. Forte dominante de mourvèdre associée à une faible proportion de syrah (indispensable pour pouvoir revendiquer l’AOC) et issu d’une parcelle de vieilles vignes située sous l’Hortus, sur des sols d’éboulis calcaires. Initialement associées à la cuvée « La Grenadière », ces vieilles vignes y sont maintenant réincorporées dans les millésimes plus faibles. Dans ce cas, « La Septième » n’est pas produite (ex : 2004). Elevage de vingt-quatre mois en fût et demi-muid. Nous avons assez peu de recul sur cette cuvée, en terme de vieillissement et de régularité, mais le mourvèdre produit de grandes choses chez d’autres vignerons sur l’appellation, alors nous sommes confiants quand à sa capacité à devenir ici aussi un vin de référence.

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Xavier Bruguière (au centre) explique à une équipe attentive sa conduite de la vigne.
 
Nos dernières dégustations :
  • Languedoc « Les Muriers » :
Fév. 2012 : Muriers 2011 : Brut de cuve. Le nez est sur des notes fermentaires de pomme et fruits frais. La bouche est assez gourmande, vive, tendue, d’un volume contenu mais reste droite et équilibrée. Dans son style.
 
Avril 2010 : Muriers 2008 : En magnum : ce blanc s’est révélé très franc, tendu et gourmand. Soutenue par une attaque perlante et une noble amertume, la structure est droite, la saveur pure et nette. L’ensemble dévoile des notes de fruits mûrs, d’abricot et de pêche blanche. De la tenue et du plaisir en bouche. Bien
 
Nov. 2009 : Muriers 2007 : Vin assez simple dans son expression aromatique, sur des notes anisées, citronnées et florales. Bouche pure, naviguant entre un joli gras sur l’attaque et de fins amers en finale qui renforcent sa sensation de fraicheur. Assez Bien
 
  • Pic Saint Loup « L’Arbouse » :
Fév. 2013 : Arbouse 2011 : arômes assez fermentaires, vin encore très jeune, sur la cerise, la pomme, une touche métallique. Plus d’expression en bouche, avec un vin flatteur dès l’attaque, des tanins ronds, soyeux, et des notes florales. C’est assez dense en milieu de bouche, mais plus contenu en finale. Belle entrée de gamme sur ce millésime. Bien
 
Fév. 2012 : Arbouse 2010 : Nez sur le zan, la cerise avec un fruit encore très primaire qui évoque l’acétate d’isoamyle. La bouche possède un fruit croquant, beaucoup de droiture et de fraîcheur mais elle reste simple et poivrée. L’ensemble s’exprime dans un registre assez « techno » à ce stade. Il devra se détendre. Assez Bien
 
  • Pic Saint-Loup « La Grenadière » :
Fév. 2013 : Grenadière 2010 : vin retenu, serré, austère, avec un nez qui se livre peu. On sent de la profondeur toutefois, avec des notes de graphite et de cerise noire qui se distinguent à l’aération. La bouche est ample dès l’attaque, puis l’ensemble se resserre sur des tanins présents, un brin rugueux, presque austères. La matière est nettement en retenue et le manque d’ampleur aromatique lui confère une certaine chaleur alcoolique. Il aura besoin de temps. A suivre.
 
Fév. 2012 : Grenadière 2009 : Expression de fruits noirs, de poivre noir, avec une petite touche coquillée au nez. La bouche est très franche dès l’attaque, avec une matière droite et un joli jus. Les tanins sont bien présents, structurés, mais encore stricts, avec une fin de bouche qui reste un peu ferme. Il aura besoin d’un peu de bouteille. Bien +
 
Avril 2013 : Grenadière 2008 : Nez moyennement complexe, s’ouvrant sur la cendre, le tabac, le cassis, avec une pointe toastée. Il évolue sur des notes poivrées et fruits noirs mais sans grande intensité. L’attaque est relativement souple, puis la bouche présente des tanins fins, bien intégrés à la matière. L’ensemble n’est pas d’une grande densité, plutôt monolithique et, avec une finale un peu raide et serrée, se présente plutôt en demi-corps. Ca reste néanmoins bien équilibré et le vin se comporte plutôt bien à table. Bien +
 
Avril 2010 : Grenadière 2007 : C'est peut être - avec 2001 - la plus grande Grenadière produite par le domaine, un parangon de Pic St Loup, construit sur une majorité de syrah (80%) sur ce millésime. Toute la palette aromatique que le cépage peut prendre localement y passe : menthol, eucalyptus, peau d'orange grillée, arbouse, thym, etc. La bouche ne souffre d'aucune rudesse ni brutalité, le vin se livre en ce moment avec une évidence qui force le plaisir, chaque composante étant à sa place : il y a ce qu'il faut de maturité, suavité, finesse, allonge, sauvagerie et fruit, le tout étant bien évidemment supérieur à la somme des parties, comme un grand vin. Superbe !
 
Avril 2008 : Grenadière 2004 : Robe rubis légère. Début d’évolution sur le disque. A l’ouverture, le nez est retenu, avec un peu de fruit et d’épices. L’ensemble gagne en intensité à l’aération, le vin prend des accents de cerise burlat, de toasté et de poivré. Bouche ronde, soyeuse, équilibrée, qui joue plus le registre de la finesse que de la puissance. Belle acidité donnant à l’ensemble une sensation de plénitude. Très Bien
 
Nov. 2009 : Grenadière 2003 : Nez riche, mur, un peu confit. Joli volume en bouche avec des tanins assez fins qui commencent à s'enrober. Belle allonge, mais un peu sec sur la finale. L’alcool parait bien intégré et ne déséquilibre pas le vin. On peut le boire. Bien
 
Avril 2009 : Grenadière 2001 : Superbe nez aromatique très « Pic » avec ses notes de violette, de café, d’orange sanguine et d’herbes aromatiques. Attaque nette et harmonieuse qui laisse présager d’une bouche équilibrée et suave. Belle matière, tout en rondeur et en finesse. Tanins doux et profonds. Longue finale linéaire sur de fines notes grillées. Très beau vin du Pic, incontestablement. Très Bien +
 
  • Pic Saint-Loup « La Septième » :
Fév. 2013 : Septième 2009 : nez ample, dégagé, relativement intense, sur des notes fumées, tabac, herbes aromatiques et épices. Superbe bouche, équilibrée entre puissance et fraîcheur, dévoilant une grande densité de texture et des tanins encore jeunes mais complets. C’est soyeux, salivant et cela se resserre légèrement en finale, signe d’un vin qui appréciera un peu de garde. Fin de bouche sur des notes mentholées. Un superbe mourvèdre. Très Bien +
 
Fév. 2012 : Septième 2008 : A ce stade, le nez est plutôt en retenu, légèrement « réduit » avec des notes toastées, de café et fruits noirs compotés. En bouche les tannins sont doux et fins, très soyeux, bien polissés par l’élevage. La matière est équilibrée même si elle ne développe pas un volume conséquent. Le fruit, plus présent qu’au nez, est assez croquant et confère au vin une belle persistance finale et salivante. Très Bien
 
Nov. 2009 : Septième 2005 : Nez assez confit, mais beau corps relativement frais, tanins stylés, c'est velouté, mais aussi un peu marqué par l'élevage. Néanmoins du style, et un vin prometteur. Bien +
 
Avril 2009 : Septième 2003 : Un peu de volatile au nez, puis il évoluera vers le cassis, le musc et le chocolat. Attaque douce et nette. La bouche présente une matière profonde, avec des tanins soyeux et gourmands et une belle fraicheur circonstancielle. Le premier millésime de cette nouvelle cuvée (à dominante de mourvèdre) est une réussite. Très Bien
 
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Nous avons toujours pensé que les vins du Mas Bruguière étaient de fidèles représentants de l’esprit singulier des terroirs du Pic Saint Loup. C'est-à-dire, des vins construits sans esbroufe, sans excès et reflétant avec personnalité le caractère fruité, suave et flatteur – mais aussi robuste – des vins de cette région. Cependant, et malgré cette longue histoire qui l’honore, le Mas Bruguière est un tout jeune domaine, comme bon nombre sur l’appellation. D’autant plus jeune qu’avec la prise en main de Xavier en 2003, le domaine s’inscrit dans une nouvelle génération de vigneron. Celle-ci marque aussi un petit tournant, opéré avec douceur et discernement, dans le style des vins : de nouvelles plantations qualitatives, une conduite de vigne en agriculture biologique, la création d’une nouvelle cuvée, des élevages plus longs mais avec des apports de bois limités, etc. Un virage qui, nous en sommes convaincus, ne perdra en rien la signature classique des vins produits ici, mais leur donnera encore plus de fond, de force et de conviction. Alors n’hésitez pas à vous arrêter au caveau du mas pour déguster et découvrir, sous le sourire bienveillant d’Isabelle ou de Marjorie, l’excellente production d’un vigneron incontournable…
 

Mas Bruguière
Xavier et Marjorie Bruguière
La Plaine 34 270 Valflaunès
04 67 55 20 97
 
 
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Mise à jour le Mardi 23 Avril 2013  

Le 21/05/2013 à 15h08
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