Domaine de Montcalmès - Coteaux du Languedoc

Le domaine :
Le domaine est situé à Puechabon, dans l’Hérault, en plein cœur du Larzac, à proximité du désormais célèbre village d’Aniane. Pour info, Montcalmès est le nom d’un hameau de Puechabon. La propriété compte 16 hectares de vignes en rouge (dont 48% syrah, 31% grenache, et 21% mourvèdre) et 3 hectares en blanc (60% de roussanne et 40 % de marsanne), dont une partie est située sur la commune de Puechabon et l’autre sur Aniane. Avant de reprendre le domaine familial officiellement et de sortir de la coopérative locale, Frédéric Pourtalié a travaillé chez Vaillé (Grange des Pères), Olivier Jullien (Mas Jullien) et Alain Graillot (du domaine éponyme, pape du Crozes Hermitage). Leur premier vin revendiqué « Montcalmès » est le 1999.
Leur philosophie est très simple : produire des vins typés, frais et purs, qui donnent envie de les boire et de finir la bouteille à table. Pour atteindre ce but, tout commence par le travail à la vigne. Le moins qu’on puisse dire est que les deux cousins ne rigolent pas avec ça : compte tenu de la relative jeunesse des vignes (une vingtaine d’années), on maximise la surface foliaire et on réduit – via les vendanges en vert très strictes – au maximum le nombre de grappes par pied (en moyenne 4 à 5 mais ça peut descendre jusqu’à 2, 3). Le but : peu de raisins mais de belles baies concentrées en arômes et sucres. La conduite de la vigne est assez semblable à celle de la Grange des Pères, gobelet avec palissage haut des rameaux. Rendements moyens de l’exploitation avoisinant les 25 hecto/hectares.
Concernant les vinifications, on extrait peu ici (les pigeages sont doux), juste ce que les beaux raisins de l’année ont à donner de mieux ; de toute façon ils donnent ce qu’ils ont de meilleur dans les premiers jours de cuvaison. Le reste… A noter que leurs installations techniques sont idéales pour produire du grand vin : cuverie assez spacieuse, travail par gravité, chai d’élevage adapté à la taille de la production (ce qui n’est pas toujours le cas), tout est impeccable. Ils viennent même de faire l’acquisition d’une embouteilleuse qui permettra de maîtriser le tout dernier maillon de la chaîne (livrée le jour de notre venue). Les baies sont entièrement égrappées. Les rendements sont tellement bas qu’une bonne partie des presses est assemblée au jus de goutte avant entonnage. Mais même celui-ci ne tend pas à assombrir les robes qui restent d’une grande clarté.
Les élevages se font en barriques de 1 vin achetées à 2 domaines bourguignons (DRC, Joblot). F. Pourtalié dit rechercher la finesse et le serré du grain du bois afin de polir le tanin en finesse, en évitant autant que faire se peut de marquer les vins. L’élevage dure 24 mois environ, l’assemblage se fait en automne pour une mise en janvier. Les soutirages sont rares, l’élevage se fait en milieu réducteur, mais rigoureusement contrôlé par les vignerons pour éviter de donner aux vins des notes irréversibles de réduction. A noter que le domaine préfère racheter des bons fûts à des domaines bien servis plutôt que de passer en direct par des tonnelleries car il redoute la qualité des bois qu’on pourrait lui proposer, et ne veut prendre le risque de « gâcher » une récolte en toute ou partie. Apparemment, ses craintes sont vraiment justifiées…
Vins et terroirs :
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Coteaux du Languedoc blanc : On est donc sur 2 cépages, marsanne et roussane, avec peu de vignes cultivées. Le domaine a tout pour produire quelque chose de grand dans les années qui viennent avec ce vin. A suivre de près mais il n’y en aura que très peu.
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Coteaux du Languedoc rouge : 3 cépages, 2 types de terroir (galets roulés plutôt situé sur Puechabon et calcaires plutôt situés sur Aniane) à chaque fois, sauf pour le Mourvèdre qui mûrit ici uniquement sur terroir de galets roulés.
Visite du 23 novembre 2007 :
Coteaux du Languedoc blanc 2006 : (Malo en cours, tiré sur demi-muid). Nez fermentaire, expression fraîche renforcée par la malo, très buvable, évoque par sa matière de beaux Meursault, mais il est encore un peu tôt pour juger. A suivre…
Coteaux du Languedoc blanc 2005 : (Reste encore qqes sucres, tiré sur cuve inox). Sur le fenouil et l’ail, typé « Sud », savoureux, gras, opulent, mais pas d’une grande complexité. Doit achever son élevage et prendre un peu de temps pour se « poser ». Généreux
NB : il reste assez proche du 2004 (premier millésime en blanc) goûté en bouteille en Mars. Le 2004 étant un millésime plus frais, il y a fort à parier que les blancs de Montcalmès gagneront en fraîcheur (cf le 2006).
Coteaux du Languedoc rouge 2006 : (Les vins goûtés ci dessous sont tous tirés sur fûts non neufs de 1 à 4 vins)
Grenache galets roulés : Vin pinotant à l’extrême, très croquant, il « Chambolle » à fond, très frais, équilibre septentrional... superbe fruit !
Grenache terroir calcaire : On est plus sur les agrumes, sur qqch de solaire, c’est davantage structuré, supplément de mâche, fait un peu « Chateauneuf ». Très belle expression de grenache du Sud
Syrah galets roulés : Sur le zan, réglisse, cacao amer noble, assez « Rhône Nord » dans l’expression, racé, frais, très beau grain de tanin ! De la classe
Syrah terroir calcaire : Plus exotique dans son expression, un côté un peu oriental, sur les épices mais avec davantage de confit, plus « chaud » - dans le bon sens du terme - dans l’esprit. La touche solaire de l’assemblage.
Mourvèdre galets roulés : Etonnant d’équilibre et de fraîcheur, tout en étant bien mûr, évoque les deux échantillons de grenache avec un supplément de corps, superbe. Un mourvèdre civilisé, classieux.
Coteaux du Languedoc rouge 2005 : (tiré sur cuve inox d’assemblage, le vin y repose 3 mois avant la mise). Très belle robe rubis intense et brillant. Vin excessivement complet : fraîcheur, vinosité, plénitude du fruit, longueur. Incrachable. Le soyeux de texture est merveilleux. Un vin qui donne soif. Pureté du fruit.
Si on devait dégager une influence des terroirs, on pourrait dire que les galets roulés apportent fraîcheur et finesse et que les calcaires donnent de la couleur (et encore...) aux vins mais surtout un supplément de gras et de corps. Rien n’est encore assemblé mais on peut dire une chose : toutes les facettes d’un grand vin sont à la disposition du vigneron qui pourra composer - par sa science de l’assemblage - une très belle cuvée, à n’en pas douter. On peut se poser la question « comment font ils pour produire des cuvées si différenciées sur un même cépage (syrah, grenache) ? » La réponse paraît simple : en travaillant comme des fous à la vigne afin de produire des raisins aussi beaux et marqués par leurs terroirs que possible.
Frédéric Pourtalié – qui nous a fait la visite – est quelqu’un d’une humilité et d’une simplicité confondante. Ce qui n’empêche d’ailleurs pas qu’il sache parfaitement où il veut aller : il veut faire le vin qu’il a rêvé et qu’il aime boire, tout en respectant ses terroirs. Production à découvrir en priorité pour les amateurs qui pensent ne pas aimer les vins du Languedoc. Si vous aimez l’équilibre dans les grands rouges, Montcalmès vous tend les bras. Sauf qu’il n’y a que peu de bouteilles à vendre...
Domaine de Montcalmès
1 rue de la Grotte 34150 PUECHABON
tel-fax : 04 67 57 74 16
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