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Domaine de La Grange des Pères - Aniane
  
 
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 Laurent Vaillé
 
Le domaine :
 
A l’origine la Grange des Pères est une grange bénédictine (la Bourgogne n’a pas le monopole des hauts lieux vinicoles monastiques !) dans laquelle toute la famille Vaillé s’installe en 1963. Alain et Marie-Thérèse, les parents de Laurent, possèdent des vignes d’Aramon qui sont destinées à la coopérative communale, des céréales et diverses autres cultures tout autour du domaine. Laurent Vaillé est issu d’une génération de viticulteurs pour qui le travail à la vigne ne rapportait pas suffisamment pour vivre normalement. A la sortie de l’école, il se lance alors dans des études de kinésithérapie et obtient son diplôme. En parallèle, et après une courte pratique du métier, il passe puis réussi le BTS viti-oeno à Montpellier. Il effectue alors un premier stage à l’âge de 24 ans chez Eloi Dürrbach au domaine de Trevallon, qui deviendra son ami. Chez lui il va apprendre le métier, et certainement découvrir sa véritable vocation qui le conduira à reprendre l’exploitation familiale, après un détour chez Gérard Chave (Domaine Chave en Hermitage), Jean-François Coche-Dury à Meursault et Seppi Landmann en Alsace.
   
Pour Aubert de Villaine « il n’existe pas de grands vignobles prédestinés, il n’y a que des entêtements de civilisation » ; si l’entêtement des bourguignons remonte déjà à plusieurs siècles, l’entêtement des Vaillé date de la fin des années 80. C’est ainsi qu’ils vont faire l’acquisition de plusieurs parcelles de garrigues, situé au dessus du village d’Aniane dans le massif de l’Arboussas, au lieu-dit Tourtou. Plus de trois ans de travaux seront nécessaires pour défricher et « préparer » ce massif sur environ huit hectares, et pour y créer l’essentiel du domaine d’aujourd’hui (qui en compte onze). Situé entre 250 et 300 mètres d'altitude sur un massif venté, l’Arboussas est une garrigue de chênes blancs et d’arbousiers en forme de mamelon, reposant sur une dalle de calcaires lacustres, blanche comme un désert de sel. Plusieurs années de travail auront été nécessaires pour rendre le massif arable, des premiers coups de bulldozer jusqu'à la mise en terre des jeunes plantiers en 1988. Après tant d’années de travail et d’abnégation, Laurent Vaillé accouche de son premier millésime en 1992. La valeur n’attend pas le nombre des années, celui-ci sera unanimement reconnu par les professionnels dès sa sortie. Le train Vaillé est en marche, il ne s’arrêtera plus…
   
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Vous êtes bien dans les vignes de la Grange des Pères...
 
La conduite de la vigne est ici, assez singulière. La taille est très basse (à quelques centimètres du sol, pour que le trajet depuis la racine soit le plus court possible) et constitue une espèce de gobelet très court sur laquelle sont laissés quatre à six coursons à deux yeux. Il faut imaginer la pénibilité de la taille du cep, toujours réalisée par les Vaillé, celle-ci devant se faire presque à genoux. En revanche le palissage est conduit haut, sur quatre fils. La vigne n’étant pas rognée, les baguettes doivent être régulièrement « rabattues » sur le fil pour éviter qu’elles ne retombent dans le rang. Au printemps, au moment où la vigne est la plus dense, celle de Vaillé ressemble à de grandes haies ou s’entremêlent et s’enchevêtrent de long rameaux feuillus. Seul le bas du pied est éclairci, laissant apparaitre les quatre à cinq grappes protégées et soigneusement couvées par la plante nourricière. Les sols sont travaillés : buttage, débuttage, griffage et labours. Pas de désherbant, aucun produit chimique si ce n’est ceux autorisés par l’agriculture biodynamique, pratiquée mais non revendiquée par le domaine. Les sols sont également amendés par divers fumiers et composts.
      
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Les vignes ne sont pas rognées : les longs rameaux sont rabattus sur le palissage pour éviter de retomber dans le rang.
  
Au chai, le domaine travaille en parcellaire (neuf parcelles au total, situées d’une part sur « Tourtou », au cœur du massif, et d’autre part dans la plaine d’Aniane sur « les Brousses »). Après égrappage et foulage, les parcelles sont vinifiées dans neuf cuves inox de 50 hectolitres. Les rouges sont entonnés après la fin de la fermentation alcoolique. Laurent Vaillé ne conçoit pas de faire du vin sans élevage sous bois. Ainsi, dès l’entonnage et jusqu’à l’assemblage finale, le vin est élevé en fût, en milieu réducteur et sur ses lies. Le parc est composé de barriques bourguignonnes de la maison François frères et Saury pour les rouges, et de demi-muid Seguin-Moreau pour les blancs. Ce sont des barriques de très grande qualité, réalisées à partir de bois longuement séchés (jusqu'à cinq ans !), acquises directement à la tonnellerie. Un tiers du parc est renouvelé tous les ans, mais il arrive que Laurent conserve quelques vieilles pièces qui, par leurs qualités spécifiques, apporte de la complexité au vin.
  
En automne, après 24 mois d’élevage, les vins sont goûtés et assemblés pour former l’unique cuvée de rouge et de blanc. Les rares barriques non satisfaisantes sont écartées et ne prennent pas part à l’assemblage ; celles-ci sont alors destinées à la distillation. Le vin non assemblé n’est pas commercialisé. La mise se fait alors en au cours du premier trimestre, au moment de la lune descendante (à noter que beaucoup de travaux se font en suivant le calendrier lunaire). Le vin n’est ni collé, ni filtré. Dans chaque carton envoyé aux particuliers, cavistes et restaurateurs, il est placé une branche de thym et de laurier. L’ouverture du carton délivre alors déjà les premiers effluves de garrigue, comme une invitation à découvrir ce vin merveilleux aux parfums sudistes.   
 
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Un champ de cailloux blancs (calcaire), saupoudrés sur le sol comme du sucre glace.
 
Vins et terroirs :
  • Vin de Pays l’Hérault « Blanc » : : la Grange des Pères blanc est un assemblage de roussanne (forte dominante) et chardonnay, complété par de la marsanne et du gros manseng,  issus du  massif de l’Arboussas. Les deux ans d’élevage se font en demi-muid Seguin Moreau.
  • Vin de Pays de l’Hérault « Rouge » : assemblage de syrah et mourvèdre (35 à 40% chacun environ) complétés par du cabernet sauvignon (plantée en 1990 et assemblé à partir du millésime 1994) et un peu de counoise (5% environ). Élevage en fûts neufs, d’un vin et de deux vins (1/3 de chaque). Les vignes de syrah, cabernet sauvignon, plantées sur le massif de l’Arboussas sont exposées nord/nord-est. Le mourvèdre et la counoise sont plantés en plaine, exposés sud sur un terroir de galets roulés leur permettant une meilleure maturation. Depuis 2006, quelques ares de petit verdot, planté en plaine avec le mourvèdre, sont destinées à l’assemblage des prochains millésimes, afin de gagner encore plus de fraîcheur.  

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 Gobelet « serré », au ras du sol, la base protégée par les pierres, palissage haut, longueur importante des bois de l'année afin de jouer sur une importante surface foliaire.
 
Nos dernières dégustations :
  • Vin de Pays de l’Hérault blanc : 

Nov. 2008 : Blanc 2008 : (Malo non faite, sur demi-muid). Très joli nez flatteur, évoquant les fleurs blanches et les agrumes. La bouche est fraîche, franche, bien tendue et soutenue par un beau gras. La finale révèle un grillé plus marqué.

Nov. 2008 : Blanc 2007 : (Malo faite, sur demi-muid). Un vin retenu et qui « grille » assez nettement avec des notes de pierre à fusil. En bouche, il est très gras, ample et soyeux. L’attaque se fait sur des arômes citronnés, puis évolue dans un registre plus grillé et noisetté. L’acidité est peu perceptible. De fait le vin en impose mais sans paraître lourd.

Nov. 2008 : Blanc 2006 : (Sur cuve, avant mise). C’est un privilège d’avoir pu goûter ce millésime qui ne sera peut être pas commercialisé. La majorité des raisins ayant été mangée par des sangliers avant les vendanges, la production est infime (moins de 1000 cols). Autant la bouche est généreuse, ample et ciselée par une belle fraîcheur en finale, autant le nez reste marqué par des notes de miel, d’épices, de raisin de Corinthe et de fruits à l'eau-de-vie. Il nous faudra certainement rester sur cette impression.

Août 2009 : Blanc 2002 : Nez complexe, grillé, fumé, raisins de Corinthe, note de pierre à fusil. Bouche ample, puissante, profonde, avec droiture et harmonie, mais un brin démonstrative. Belle longueur.

Mai 2008 : Blanc 2000 : Robe légèrement évoluée. Le nez s’ouvre sur le fumé, avec des aromes de pierre à fusil, puis évolue sur le champignon, le toasté et les fruits compotés. Superbe bouche, complète, puissante et profonde, avec cependant une certaine évolution. Finale persistante, fraîche sur des arômes de citron confit.
 
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  • Vin de Pays de l’Hérault rouge :

Fév. 2014 : Rouge 2012 : sur fûts. La counoise « abricote » et kirsche avec délicatesse ; la matière est souple et soyeuse en attaque, avec toutefois un grain de tanin qui se raffermit en finale. Le cabernet sauvignon se montre épicé et poivré ; bouche très droite, rectiligne, avec un tanin à la fois fin et ferme, mais sans austérité. Comme souvent, la syrah parait plus sombre, avec ses notes de fruits noirs et graphite au nez, et une prise de bois moins accomplie à ce stade : la bouche est riche et solaire, avec une pointe d’amertume. Le mourvèdre est le plus discret des quatre, malgré son expression sanguine et viandée. La bouche est en revanche sapide et saline, superbe de toucher et d’équilibre, c’est un nectar !

Fév. 2014 : Rouge 2011 : sur cuve d’assemblage, avant mise. Le vin se montre particulièrement ouvert et expressif. Aux notes d’anchois caractéristiques, se mêlent des arômes d’agrumes, de tabac, de fruits noirs et d’élevage finement grillé. L’attaque est ample, grasse et vive, avec une belle acidité ciselée. Superbe d’équilibre, entre maturité et fraîcheur, les tanins se montrent déjà particulièrement fins et flatteurs. Fin de bouche intense et précise. C’est beau !

Avril 2013 : Rouge 2010 : le nez est bien ouvert, franc, relativement profond, sur des arômes de fruits noirs (mûres) associés à des parfums toastés, épicés et une pointe saline caractéristique. Il reste très contenu, « rangé » et n’a pas, ce jour, l’explosivité qu’on lui connait habituellement. La bouche est sur le même registre, assez sérieuse, droite, soyeuse, avec des tanins suaves, mais avec un petit coté lactique qui rappelle la jeunesse du vin et un élevage pas totalement intégré. Bonne allonge, parfaite entre maturité et fraîcheur. Beau potentiel, il sera intéressant de le suivre.
 
Juin 2012 : Rouge 2009 : complètement ouvert, le vin s'exprime sur des nuances sauvages d'une très grande personnalité avec des herbes aromatiques (thym, romarin, garrigue), des notes animales (musc, cuir frais) et végétales (tabac brun, bâton de réglisse) nobles, puis enfin des fruits confits (abricot, fruits noirs). L'ensemble est impressionnant de netteté et de précision, qui plus est pour un millésime chaud. L'attaque offre une très grande maturité de tanin, laissant dans la bouche une sensation de sucrosité des tanins. Le vin s'allonge sur un corps dense, ferme mais moelleux, et finit sur les arômes du nez. L'allonge est interminable et accentue la sensation de race et de « sud » perçue. Le suivre au vieillissement sera passionnant, mais c'est déjà un Grand Vin.

Aout 2012 : Rouge 2008 : robe profonde, violacée, très jeune. Grande complexité aromatique au nez, avec des parfums épicés, de fruits noirs variant sur le burlat, des notes balsamiques et animales, le tout soutenu par l’expression d’un boisé fin et délicat. La bouche est d’une énergie folle ; les tanins sont fins, soyeux, délicat. La matière est ciselée, le vin est bâtit sur une acidité vive, mais parfaitement maitrisée. Elle donne au vin une grande profondeur et une longueur intense. Beaucoup de fougue, comme l’est souvent le cru jeune, mais avec une plénitude déjà de haut niveau. Grand.

Avril 2010 : Rouge 2007 : un nez charmeur, presque « macho » sur des parfums floraux, petits fruits rouges, fumé/salin complétés par un léger vanillé. La bouche n’est pas encore totalement disciplinée. L’attaque est franche, fraîche et droite. Puis la matière se fait plus grasse et ample, soutenue par des tanins pointus et marqués de quelques notes d’élevages. Enfin la finale s’allonge et s’étire sur des notes salines, vanillées et légèrement chaleureuses. Tous les éléments sont là, le temps ne demande qu’à les assagir. Fougueux

Avril 2013 : Rouge 2006 : nez assez complexe, riche, mentholé, tabac, pointe saline et avec quelques notes furtives d’acétate d’éthyle. La bouche possède une belle rondeur avec une matière parfaitement équilibrée et des tanins suaves et bien enrobés. Petite pointe d’austérité toutefois avec encore quelques notes acescentes évanescentes. Il y a dans ce vin une belle signature typique du domaine, mais sans approcher ce qui fait ça singularité et son caractère indicible sur d’autres millésimes. Aimable

Avril 2010 : Rouge 2005 : le 2005, c’est une Grange dans ce qu’elle a de plus stylé : bouquet complexe, intense charmeur, s’axant autour d'arômes d’anchois, de fumé noble, de myrtille, d’herbes aromatiques, de garrigue. La bouche est elle aussi, l’archétype d’une Grange : indescriptible ! Grande harmonie de texture ; grain de tanin acidulé et sapide ; matière à la fois mûre, puissante et fine ; et belle allonge sur de petites notes végétales rafraichissantes. Distingué

Avril 2010 : Rouge 2004 : joli nez qui renoue avec des arômes de syrah typés sans se dénuer de ses notes de mourvèdre complémentaires. Variation autour du parfum de violette, de cassis, de viande grillée, de fumé, d’épices. En bouche, le vin semble à parfaite maturité. Totalement fondu et soyeux, il développe de fins amers qui lui apportent une agréable fraîcheur salivante. Beau volume global, on apprécie sa justesse d’expression. Délicat

Avril 2010 : Rouge 2003 : nez mûr de fruits confits, de crème de cassis, de cuir, de cerise noire. Vin large, aux épaules carrées, à la structure robuste et aux tanins plus anguleux qu’à l’habitude. On relève toutefois une remarquablement colonne vertébrale acide qui tranche la matière de l’attaque à la finale et lui apporte une solide charpente. Bonne finale, qui « mâche » un peu mais sans sécheresse. Il ira loin. Prometteur

Avril 2010 : Rouge 2002 : nez assez discret, fin, sur des notes épicées et fruitées, délicatement fumées. Même si le vin ne développe pas un volume monstre, on apprécie en bouche sa structure précise, nette, propre et épurée. L’ensemble ne manque pas de chair et développe sa trame acidulée/salivante avec encore beaucoup d’aisance. Gracieux

Avril 2010 : Rouge 2001 : et là, on touche au sublime. Nez complexe, intense, charmeur, paraphé de notes d’anchois, de viande grillée, de violette, de fleurs séchées, de fruits rouges mûrs épicés. Vin d’une grande harmonie, qui se pose sur le palais et le flatte dès l’attaque. Difficile à décrire précisément tellement l’ensemble parait d’une grande évidence. Caressante, profonde, salivante, la finale laisse un grand goût de « reviens-y ». Magique

Avril 2010 : Rouge 2000 : nez stylé, dominé par la syrah sur des notes de violette, de bouquet garni, de poivre et de fumé doux. Même si l’ensemble parait relativement chaud et gras, le vin se structure autour d’une trame tannique salivante et précise. Toucher noble et grain sapide. Il montre le chemin au millésime suivant… Masculin

Avril 2010 : Rouge 1999 : il est vrai que ce nez un peu évolué de champignon et bouillon de légume peut rebuter. Toutefois la bouche est signée et soulignée, comme toujours, d’une grande rondeur ciselée par une belle acidité qui rend l’ensemble juteux, gourmand et frais. Petite pointe chaleureuse en finale mais qui lui confère aussi un supplément de chair. Contrarié

Avril 2010 : Rouge 1998 : nez de fruits mûrs, avec une touche saline/fumée caractéristique, et de jus de cuisson. En bouche, le vin est doux, ample, suave, gras et mûr sans excès. Ensemble plaisant est bien équilibré même si l’on pourrait s’attendre à un peu plus d’intensité. Seule la finale se pare de quelques notes végétales. Il passe sans brusquer. Modeste

Avril 2010 : Rouge 1997 : encore un nez diffus, enrobé, presque un peu confus sur des notes lardées, fumées, truffées et mentholées. Attaque plus grasse et plus pleine que sur le 96. Le vin développe des tanins coulants, bien intégrés dans une matière qui ne manque pas de corps. La finale se tend et s’étiole légèrement, l’ensemble parait franchir un cap tout en restant satisfaisant. Evolué

Avril 2010 : Rouge 1996 : léger réduit cassis, truffé, un peu herbacé et frais. Tendu dès l’attaque, avec une bouche droite, précise, mais dont la perception de fruit tend à décliner. Si la finale présente une belle allonge elle reste aussi tenue par une acidité dominante. L’ensemble demeure net et plaisant, plus en droiture qu’en volume. Svelte

Avril 2010 : Rouge 1995 : nez un peu moins ouvert mais également plus mûr dans l’expression avec des notes kirchées, cassis, poivre et fumé évoluant sur le cigare. Attaque raffinée, fraîche, ample qui développe une belle matière acidulée, soyeuse mais un peu stricte dans le grain de tanin. Finale fine. Mature

Avril 2010 : Rouge 1994 : nez fin, diffus, bien évolué, sur des notes de chocolat, cacao, menthol, herbes aromatiques et léger viandé. Attaque franche, à la fois structurée, enrobée et soutenue par une belle acidité. Frais et fringuant avec des tanins légèrement pointus. Bonne allonge. Serein

Sept. 2012 : Rouge 1993 : le nez est assez long à se faire à l’ouverture avec des notes d’humus. A l’air, il développe des arômes mentholés, épicés et de fruits cuits avec une légère trame végétale. La bouche est plutôt ample dés l’attaque avec un gras assez généreux. La matière est complète, douce, caressante, avec des tanins parfaitement lissés et surtout une belle fraîcheur qui confère à l’ensemble une vraie gourmandise. Malgré le millésime, il faut preuve après presque 20 ans d’âge, d’une très belle tenue. Beau vin.

Jan. 2012 : Rouge 1992 : le tout premier nez sème un petit doute par une légère touche liégeuse/coquillée. Une rapide aération confirme qu’il s’agit d’une simple réduction car le vin ne souffre d’aucune altération. Dans le verre, le nez se dévoile alors par sa complexité et ses arômes viandés, de fruits compotés, de menthol, de chocolat et de tabac vieux. La bouche est totalement enrobée, délicieusement suave, comme l’est toute Grange des Pères de n’importe quel âge. L’ensemble reste néanmoins puissant, très sudiste dans l’esprit, mais avec une matière domptée par les années. Très bel équilibre global, avec toutefois, une petite rusticité dans le grain de tanin. Belle allonge, aromatique mais contenue. Si nous étions totalement honnêtes, nous dirions que ce vin devrait être bu aujourd’hui car sa phase d’apogée nous semble dépassée. Mais face à l’âge des vignes et le niveau du millésime dans la région, on ne peut que s’incliner devant le tour de force génial du vigneron qui a produit un tel vin. Grande émotion
 
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Si l'on devait faire un « portrait robot » d’une Grange des Pères, définir une trame récurrente millésime après millésime - mais dont chacun présente aussi sa propre personnalité - voilà ce que nous pourrions dire : La robe est souvent rubis pourpre, prenant des reflets grenat puis rapidement tuilés avec un peu de garde. Elle est profonde, mais rarement étincelante car le vin n’est pas filtré. Le nez est expressif, souvent complexe et intense. D’abord il dévoile des notes giboyeuses, de fumé, de musc, de boisé noble, parfois accompagnées par des embruns maritimes, des notes salines et d’anchois sur les millésimes chauds. En vieillissant, le bouquet gagne en charme, se faisant plus féminin. C’est du fruit évidemment, de la cerise, du cassis, des arômes de garrigue, d’herbes aromatiques d’épices et parfois de truffe. En bouche, dés l’attaque, on sait à quoi s’attendre. Jamais puissante, elle est douce, fraîche, élégante, suave. Sur les beaux millésimes, sa force se révèle dans un corps doté de tanin au toucher soyeux et racé. La Grange des Pères est un vin d’équilibre. Un équilibre sudiste, certes, mais un équilibre que peu de vins du Sud peuvent obtenir. Et elle l’atteint grâce à une remarquable fraîcheur qui cisèle la matière et donne de la profondeur au vin. La finale est longue (entre huit et douze caudalies en moyenne), et complète l’ensemble avec harmonie et délicatesse. C’est souvent au travers de la finale que l’on retrouve les 24 mois d’élevage par des notes grillées, finement toastées. Chacun des trois cépages apporte sa typicité. D’abord la Syrah, par son velouté, sa finesse, sa fraîcheur et son fruité. Le Mourvèdre ensuite, par son caractère, ses tanins, sa structure et parfois son austérité. Et enfin le Cabernet, qui ne domine jamais le vin mais qui lui apporte aussi sa typicité et son potentiel à la garde.
 
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Laurent Vaillé est un vigneron hors du commun. Toujours en quête d’excellence, c’est aussi un véritable paysan, rigoureux et travailleur. Un taiseux qui mesure chacune de ses paroles, une sorte d’ermite qui élude les questions avec le sourire malicieux - mais jamais suffisant - de celui qui tient à garder ses secrets. Un moment, une rencontre, une discussion avec cet homme au visage buriné et à la casquette perpétuellement vissée sur la tête est rare. Il s’en préserve, mais ce moment est intense et inoubliable. Si la rencontre avec son vin est plus fréquente, c’est au travers de celui-ci que l’on se doit de comprendre l’esprit Vaillé. La grange des Pères est un vin généreux, volubile, diablement charmeur, remarquablement suave, terriblement exquis, parfois un peu loin de l’image que se donne son géniteur. Et pourtant si proche de lui dans le fond, car la Grange des Pères est un vin hors du commun, empli de mystère. C’est un vin d’esthète qui procure un indéfectible plaisir à celui qui tente de le cerner. Le déguster, c’est un moment intense et inoubliable…
  
 
 Domaine de la Grange des Pères
34150 Aniane
 
 
 
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A lire :
- Dégustation : Rayas vs Grange des Péres

 
Mise à jour le Lundi 05 Mai 2014  

Le 23/11/2014 à 10h09
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