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Azienda Agricola Sottimano - Barbaresco

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Le domaine:
 
Au cœur de l’océan de vignes palissées des Langhe, une cantina familiale surplombe le superbe cru Cottà (commune de Neive) en plein Barbaresco. Gardiens de cet éden Rino Sottimano et Andrea, son fils vous reçoivent le plus souvent encore tout poussiéreux du travail à la vigne ou ils effectuaient une ultime vendange en vert, un palissage ou une taille … On n’oublie jamais qu’ici, on fait du vin.
 
Rino fit l’acquisition de la Cascina Cottà en 1975, propulsant rapidement le cru éponyme comme fleuron de sa gamme. Il est rejoint en 1994 par son fils Andrea, après ses études d’œnologie, et le tandem acquière progressivement de petites parcelles qualitatives (par leur situation mais tout autant  leur matériel végétal) sur les communes de Neive et Treiso avec l’idée directrice de révéler au maximum les singularités de ces terroirs aux expressions finement variées. L’ambition ne manque pas ici et le travail paye, le domaine se hisse, année après année, plus haut dans la hiérarchie locale. On admire la remarquable constance de ses réussites et la définition de la vision de terroir, conférée aux vins par un travail abouti respectant une certaine idée de la tradition locale tout en intégrant un questionnement poussé sur l’apport de la modernité.
  
La réflexion sur le travail à la vigne est volontiers mise en avant comme le but premier chaque année. Sans beaux raisins, point de salut. Le Nebbiolo est un cépage extrêmement exigeant, son cycle végétatif est parmi les plus long et expose donc la vendange aux aléas climatiques les plus divers. En outre, son exubérance oblige à un contrôle strict de sa production ; de multiples vendanges en vert, un travail du feuillage régulier, palissage, rognages … étant le lot commun face à cette liane folle. On comprend donc toute l’implication, les connaissances approfondies et les capacités d’adaptation qu’il exige lorsqu’on souhaite le voir exprimer le terroir dans lequel il puise avec vigueur. Tout cela ne peut voir le jour sans une réflexion primordiale sur chaque étape de la vie de la vigne … ici on est vigneron avant d’être vinificateur. Ajoutons opportunément que si aucune revendication n’a cours, tout est ici travaillé sans chimie.
  
D’équilibre entre tradition et modernité il est donc question dans la philosophie d’Andrea et son père. Tradition par le refus de la nouveauté quand elle n’est là que par facilité, sans apport concret dans la quête de ces expressions des crus de Barbaresco ou, pire, quand elle s’y oppose par une standardisation du résultat. On réfute évidemment l’idée de la sélections des levures mais, plus rare ici (et Andrea passe parfois, pour cela, pour trop téméraire) on refuse aussi le contrôle des températures pour démarrer les fermentations malolactiques qui se font sur lies, au cœur de la cave et à leur rythme. Certes, on y perd en sécurité et la vigilance s’impose mais Andrea y dit gagner grandement en finesse aromatique et en définition du tannin plutôt qu’un soyeux et un fruité certes  indéniables, mais égarant un peu d’âme, quelque chose d’une exigence perdue au profit d’une certaine immédiateté.
  
Loin de refuser toute évolution, le domaine travaille aujourd’hui avec des futs (pour partie neufs), délaissant les traditionnelles Botte Grande pour ces barriques récemment arrivées dans l’histoire piémontaise. Andrea y a trouvé un outil essentiel pour adapter à chacun des ses crus des contenants étudiés, façonnés et sélectionnés pour lui dans une optique très précise, en fonction de la nature même des jus issus de chacun de ses terroirs. La modernité est donc loin d’être absente de l’esprit du domaine. Dernièrement d’ailleurs, la cuverie s'est agrandie, non pour pouvoir faire plus de vin, mais pour y travailler mieux, avec plus de confort. La cave de pierre, elle, ne change toujours pas, refuge des jus en élevage qui constitueront les grands vins de demain. Tout est question de réflexion et d’équilibre…
  
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Le Fausoni au petit jour, au loin Neive.

 
Vins et terroirs :
  • Dolcetto d’Alba « Bric del Salto » : Le Dolcetto du domaine, assurément un des plus qualitatifs de la région, les Sottimano appliquant leur exigence à cette cuvée pleine de vigueur comme au reste de la gamme. Ils sont bien aidés en cela par la grande qualité du matériel végétal (on n’en répètera jamais assez l’importance) et des terroirs, vieilles vignes sises sur la dorsale de Neive en trois parcelles assemblées. Sa relative puissance, obtenue par une longue macération, lui permet de tenir le choc d’une garde de quelques années. A boire selon Andrea, dans ses trois premières, sur le fruit caractérisant le cépage.
  • Barbera d’Alba « Pairolero » : La seule Barbera du domaine, qui ne souhaite pas multiplier les cuvées sur un autre cépage que le Nebbiolo. Provenant de parcelles Sud/Sud-Ouest de Neive (Basarin et Curra) cette cuvée se présente sous un jour concentré mais jamais outrancier, écueil majeur de ce cépage si facilement amolli par des extractions trop ambitieuses. Les 25% de bois neuf se ressentent parfois un peu sur les millésimes les plus difficiles mais tout cela reste très élégant. Une valeur sûre pour les amateurs de Barbera.
On attaque le cépage roi, le Nebbiolo et ses expressions si diverses.
  • Langhe Nebbiolo « Basarin » : Un OVNI issu de vignes jugées trop jeunes par Andrea et son père pour prétendre au titre de Barbaresco. 15 ans tout de même, je vous laisse juger de l’exigence maison. Sis en Basarin, aux confins de Neive et Treiso, sur un terroir calcaire assez sableux et surtout très frais car d’altitude élevée, conférant au vin beaucoup d’élégance. Le travail est le même que sur les Barbaresci avec pour seul bémol une durée d’élevage variable mais plus courte, offrant un supplément d’accessibilité au vin, plus gourmand en jeunesse. On comprendra aisément qu’un tout grand potentiel se cache derrière cette étiquette.
  • Barbaresco « Fausoni » : Issu de vignes de 35 ans sur un terroir calcaire orienté Sud-Ouest, juste sous la vieille-ville de Neive, le cru Fausoni offre une grande richesse au vin en même temps qu’une structure tannique très fine. Il trouve dans ces caractéristiques beaucoup d’équilibre et préserve toujours un grand raffinement : de la dentelle de tannins, sublimée par un patient élevage de 18 à 20 mois après des macérations de 14 jours et de longues malos sur lies.
  • Barbaresco « Pajoré » : Les vignes sont ici plus âgées, soit 45 à 55 ans et le terroir d’une extrême pauvreté diffère par son altitude élevée (autour de 400m). Cette fraicheur théorique se retrouve dans des vins plus colorés et riches en tannins (du fait d’amplitudes thermiques toujours importantes) mais régulièrement austères en jeunesse, d’un caractère affirmé. Une quinzaine de jours de macération précèdent la mise en barriques (neuves pour 25%) pour des fermentations malolactiques pouvant s’étirer sur une année complète avant l’élevage proprement dit.
  • Barbaresco « Currà » : On entre à mon sens dans le domaine du très grand vin avec Currà. Le terroir sis sur Neive doit son nom à une ancienne maison paroissiale. Il est parmi les plus exposés, en fond de combe, plein sud. Les vignes de 40 années portent des baies toujours très mûres qui délivrent des jus d’un équilibre splendide. La puissance tannique est toujours au rendez vous mais sans jamais d’excès, tempérée par les mêmes élevages longs de 18 à 20 mois en barriques partiellement neuves.
  • Barbaresco « Cottà » : La Grande Vigne du domaine. Situé directement sous l’azienda, Cottà expose en Sud/Ouest le plus beau patrimoine végétal des Sottimano ; tout y a plus de 50 ans et jusqu'à 70. Le terrain de marnes calcaires offre, tout comme le proche Currà, de belles maturités et préserve les vignes de la plupart des stress climatiques, par un sol complexe, de dépôts calcaires de surface très drainants, et d’argiles gonflantes sous-jacentes. Les cycles végétatifs y sont bien souvent les plus réguliers, cela ne peut être anodin. Tout à la fois généreux et sauvages, opulents et énergiques les vins y sont des diables de complexité. Les méthodes de vinification sont semblables à celles des autres crus de Barbaresco.
  • Barbaresco « Riserva » : le nouveau joyau de l’azienda, assemblage des jus des plus vieilles vignes de Pajoré et Cotta. Après de nombreuses années de recherches concernant l’assemblage, la conduite des vinifications et l’élevage, Andrea (dont c’était le projet) inaugure avec l’immense millésime 2004 ce qui deviendra à coup sûr un classique intemporel du Piémont. Ici, point de bouteille démonstrative, d’extraction poussée ou d’élevage luxueux, les vinifications sont identiques, seule la sélection des jus diffère au départ. Un choix judicieux de ceux-ci, entonnés dans des fûts (neufs à 25%) spécifiquement choisis, composés de douelles d’origines, sèches et chauffes différentes, à apporté toute la complexité qu’il était possible d’attendre. C’est dans la finesse tannique et la multiformité de l’expression aromatique qu’il décide de franchir la porte du grand vin. Assurément de l’orfèvrerie.

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Currà, terre d’élection du Nebbiolo.

Visite du 01 mai 2009 :
 
Dolcetto "Bric del Salto" 2008 : D'une profonde couleur pourpre, il évoque par ses notes de mûre, de cerise et de zan un joli Morgon bien mûr. Frais, élégant dans sa définition de tanins, il offre une pointe d'amertume finale qui le serre un peu pour le moment. Très belle expression du cépage et, point essentiel, du terroir. Un dolcetto ambitieux. Très bien.
  
Barbera "Pairolero" 2007 : Subtiles, changeantes, les fragrances de fraise, de tabac, de goudron, pointent tour à tour leur nez. La richesse du vin est évidente et les fins tannins énergisent le tout pour conférer la gniac nécessaire. La tension finale parachève le plaisir par la fraîcheur prodiguée et invite à replonger dans ce fond de verre qui embaume le pain d'épices. Seul un boisé un peu trop perceptible entache la pureté du jus. Une Barbera structurée, d'une belle noblesse, rare. Bien.
  
Langhe Nebiolo "Basarin" 2007 : D'une grande nervosité, ce jus possède tous les accents orientaux et le fruit le rendant digne de figurer parmi les tout bons Barbaresci de la sotto-zona de Treiso. Très équilibré, pur dans ses arômes d'épices et de fruits rouges, de pastèque (ce n'est pas la première fois sur des Barbaresci), il est un parangon du Nebbiolo d'un registre accessible, pas trop monacal comme peuvent l'être certains jusqu'à la caricature. Exceptionnel à ce niveau d'appellation. A en boire des tombereaux. Très bien.
  
Barbaresco "Fausoni" 2006 : Le cru offre une définition de tanins exemplaire, surréaliste,  rappelant la conjoncture du soyeux et de l'aiguillonnant de la peau de pêche. De pêche il est encore question aromatiquement, mâtinée de cerise et du balsam (menthol/réglisse) typique de Neive. Tout est déjà prêt pour le grand voyage. L'allonge est superlative. On commence par un cru majuscule... pour amateurs de volupté. Excellent.
  
Barbaresco "Pajoré" 2006 : Goudronné comme il se doit sur Treiso, mais presque friand sur la fraîcheur de la fraise, il se révèle d'une précision horlogère. On ne sait plus qu'en dire si ce n'est remarquer la distinction de ses tanins poudrés et son caractère élancé. Encore busqué, il présente le vrai visage du cru, recte, sapide, plein d'énergie sous-jacente. Excellent.
  
Barbaresco "Currà" 2006 : Si le jus, visiblement d'une grande richesse, n'est pas tellement plus expressif en termes d'ampleur, la complexité semble à ce jour supérieur. Evoluant sur une délicate trame de framboise et de tabac, de plus surprenantes notes salines apportent de la profondeur aromatique. Le vin, fidèle à son caractère, est très fuselé. On le sent très mûr mais musclé dans son expression par un grain puissant et une sapidité prégnante. Encore muselé dans son expression, il constitue une véritable boule de tension ... Déflagration à prévoir. Excellent.
  
Barbaresco "Cottà" 2006 : Nez d'une grande pureté, mêlant cerise, cuir et truffe. Intensité aromatique hors canons pour un vin si jeune. La masse tannique est superbe, à la fois volumineuse et parfaitement élégante, l'extraction parait optimale. Entre richesse du jus et mâche, légèreté et fraîcheur, le seul mot convenant est équilibre. En 2006 encore, tout y est, ce cru offre à mon sens tout ce que l'on peut attendre d'un Barbaresco de grand style. Grandiose. Référence.
  
Place désormais à un exercice de style, un cadeau qu'Andréa nous fait et se fait surtout à lui même, en ce millésime 2004. Après 10 années de tâtonnements et d'expériences, particulièrement en matière d'élevage  - ici toujours impeccablement discret et à propos -, la première Riserva du domaine est fin prête. Dix années de recherche donc. Vingt cinq jours de fermentation puis plus d'un an sur lies pour anoblir en bonnes et dues formes les fruits des crus Cottà et Pajoré.
  
Barbaresco "Riserva" 2004 : Cerise, menthol, fumée et fragrances iodées apportant de la fraîcheur quand de nobles effluves sanguines donnent leur contrepoint chaleureux. Noblesse d’un goût terrien, sauvage et élégant en harmonie avec un fruité dévastateur de cerise, de pastèque. Ce vin semble un fuseau d'énergie et de maturité, d'une présence incroyable, vibrante et pourtant sans poids. Le potentiel est clairement gigantesque. Réflexion, maîtrise du processus, complexité, équilibre ... Race et intensité d'exception. Référence absolue.
  
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Barbaresco Riserva 2004 chez lui, ou presque…
 
Visite du 05 juillet 2008 :
 
Barbera d’Alba « Pairolero » 2006 : En ce millésime généreux en fruit, la Barbera est ample comme attendu, prégnante, d’un fruit noir mâtiné de la réglisse si caractéristique de ces grands terroirs. La bouche offre donc un volume rebondi, pleins de tanins mûrs à souhait. L’acidité préservée donne du tranchant, la fraicheur adéquate. Long et fruité, plein, c’est une réussite indéniable. Très bien.
  
Barbaresco « Fausoni » 2005 : Ce Fausoni est un instantané, une icône du terroir de Neive. Rubis délavé de reflets d’ocre. Explosion droite, pure, sans fard, de balsam (menthol, camphre, réglisse) et de goudron, cortège de fruits rouges d’une grande ampleur. Tannins et puissance conjuguent leurs assauts pour préserver le vin de tout infanticide mais au delà de l’austérité (inhabituelle sur Fausoni) qui pourrait rebuter les non avertis, ou les plus pressés d’entre les dégustateurs, quelle élégance, quelle fraicheur. Très bien.
  
Barbaresco «  Cottà » 2005 : On admire le contraste entre la légèreté de ses tons Terre de Sienne, sanguins, et la volupté évidente du fluide. Cottà est frontal, audacieux, joueur. Sans se déparer d’une relative austérité juvénile, il esquisse une arabesque fruitée de pastèque (superbe), de cassis, évoluant avec grâce vers la rose séchée et le goudron. Plus généreux, il relance dans la suavité caractéristique du cru, enrobant délicatement des tannins ciselés, poudrés. L’équilibre est superbe, bon sang quel vin ! Abouti dans sa conception, ancré dans ses racines, c’est un vin évident. Excellent.
  
Barbaresco « Currà » 2001 : Nouvelle rencontre avec ce vin, visuellement plus dépouillé, laissant transparaître l’œuvre du temps dans le disque tuilé qui le borde. De dépouillement il n’est plus question ensuite, épicé à souhait, subtilement pimenté, il glisse sur une trame de réglisse (liquirizia rend mieux compte à oreille de ce dont il s’agit en bouche) et d’écorce d’agrumes. Le fruit est encore là, très mûr, tapi dans l’ombre du terroir, donnant au vin cette texture ample mais salivante, sachant associer richesse tannique et raffinement. Toujours Excellent.
 
  
Visite du 13 Aout 2007 :
 
Nous entamons par les quelques 2006 déjà mis en bouteilles :
 
Dolcetto d’Alba 2006 : (mise avril). Violine, très dense et presque opaque. Puissant et pur, sur la framboise on retrouve d’agréables notes de pain d’épices. Beaucoup de soyeux et pas trop de perturbation par la mise récente excepté peut être la finale un peu asséchante. Le joli corps du vin devrait lui permettre de se fondre rapidement. L’acidité marquée ne dénature en rien le plaisir réel que donne ce vin qui appelle charcuteries et autres réjouissances. Bien.
  
Langhe Nebbiolo «Basarin jeunes vignes » 2006 : (mise juillet). D’un rubis profond il reste assez fermé, sans doute en raison de la mise très récente. D’abord un peu réduit il évolue vers plus de fruit et d’épices à l’aération. Sa bouche est encore marquée par la sévérité de tanins à fondre mais leur définition est belle et ils sont bien en rapport à une certaine opulence. Ce vin est très nettement à attendre mais montre le puissant potentiel propre au cépage. Très bien.
 
Passons au seul 2005 goûté ce jour :
 
Barbera d’Alba « Pairolero » 2005 : Robe grenat nette, brillante, très appétissante, assez peu colorée ce qui signe la salutaire modération de l’extraction. Nez déjà assez complexe sur le cassis mais aussi le réglisse de Neive et les notes de fleurs séchées caractéristiques de la Barbera évoluée. Un vin bien équilibré, entre des tannins présents mais poudrés, et un caractère ample donnant du corps a cette Barbera conservant la nécessaire acidité. Une bouteille élégante et au potentiel certain. Bien.
 
Nous arrivons avec envie aux Barbaresco, fleurons du domaine, aujourd’hui sur l’exceptionnel millésime 2004 :
 
Barbaresco « Fausoni » 2004 : La robe est assez typiquement déjà évoluée malgré le jeune âge, avec un beau grenat présentant quelques reflets tuilés. Aromatique d’une grande élégance, fruité de mûre, menthol, balsamique à souhait … se complexifiant de notes épicées à l’aération. Bouche superbe, équilibrée. Des tannins donnant une belle mâche, de la rondeur et une trame sapide très élégante. Superbe et certainement encore loin de son potentiel maximum. À oublier en cave quelques millésimes. Grand avenir. Excellent.
 
Barbaresco « Pajoré » 2004 : Robe colorée et intensément brillante, moins tuilée que « Fausoni » mais semblant surtout plus fluide. Nez plus frais, nettement fruité et avec un léger fumé mais sans les fougueuses notes balsamiques retrouvées dans le précédent vin. La bouche est très sapide, encore quelques tannins austères en finale mais une longueur immense sur les épices douces et les fruits noirs. Un bébé, avec une grande carrière à prévoir. Très bien.
 
Barbaresco « Cottà » 2004 : La robe est d’un grenat très foncé, brillante et riche. Le nez est déjà  d’un raffinement sans nom, associant élégamment, tout en puissance maîtrisée, de superbes arômes balsamiques, de fruit rouge et de pêche. A l’aération, une belle trame réglisse/mentholée se révèle, caractéristique selon Andrea des terroirs de Neive. L’ampleur est exceptionnelle. Vin à la fois énergique, soyeux et imposant, doté de superbes tannins poudrés. L’aspect chaleureux du millésime est équilibré par une sapidité bienvenue. L’allonge de ce jus est superlative, sur des notes de zan. Magnifique bouteille, déjà somptueuse mais à attendre impérativement pour lui permettre de révéler tout le potentiel qu’elle semble contenir. Référence.
 
Barbaresco « Currà » 2001 : On constate déjà une certaine évolution par rapport aux 2004 ; un peu tuilée sur le disque mais toujours d’une belle intensité colorante, la robe reste riche. Le nez discrètement boisé s’ouvre progressivement sur les fleurs séchées, la réglisse et surtout de superbes parfums d’écorce d’agrumes et de goudron. La bouche est très ample, les tannins fondus et la trame équilibrée, belle fraîcheur. Le jus semble provenir de baies récoltées à une maturité optimale dans ce millésime pourtant très changeant climatiquement. Excellent.
 
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Trois grands Barbaresci

Ce que l’on retient avant tout d’une rencontre avec Andrea c’est son bon sens, sa capacité à être tout à la fois dans son époque, réfléchi et actif, et dans une tradition paysanne et vigneronne qui lui donne l’assise de son travail : un raisin qui exprime vraiment, profondément, le terroir sur lequel il pousse.
 
Hommes de convictions autant que d’un permanent questionnement, Rino et lui poussent à l’extrême cette volonté de faire de leurs vins des crus. On devine leurs désaccords et leurs équilibres, leurs discussions âpres, leurs nuits intranquiles ; chacun de leurs vins porte avec évidence le filigrane de ces terres des Langhe avec une mention toute particulière à des Barbaresci si précis et subtiles dans leurs nuances qu’ils sont de véritables évidences. Andrea lui même se cache avec humilité. Il s’efface derrière ses terroirs, malheureux qu’il est lorsqu’on reconnaît une bouteille comme un de ses vins, avant d’en reconnaître le terroir.
 
 
Azienda Agricola Sottimano
Rino et Andrea Sottimano
 
Paul Lambert
 
 

Le 15/02/2012 à 02h31
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