
Avant-propos :
Le domaine :

Arrivés à maturité phénolique complète (en 2008 et 2010, Fabien était le dernier vigneron de la zone des crus du beaujolais à vendanger), les raisins sont ramassés manuellement, sous son œil sourcilleux qui impose de ne cueillir et sélectionner que ceux qui pourraient donner envie d'être mangés. A l'arrivée au cuvier, un passage systématique (même en 2009) de la vendange sur table de tri est réalisé, afin d'éliminer notamment sur une même grappe les quelques raisins qui pourraient présenter un petit défaut de maturité, des impacts de grêle ou des traces de maladie. Le tri final permet de cuver des raisins complètement mûrs et sains, quel que soit le temps nécessaire à l'opération de sélection. Sur le sujet, nous passons les anecdotes de tris d'années délicates qui se finissent à la lampe, ciseaux en main, tard dans la nuit.

Terroirs :
-
La Chapelle des Bois, à Fleurie : deux vignes ici : une de 60 ans environ, proche du village, sur un secteur en pente assez prononcée ; et une très vieille, de 140 ans, plantée sur porte-greffe Viala, dans une pente moins forte et située légèrement plus en altitude, vers la Madone. Sur ces deux vignes, exposition majoritairement au sud avec des variations est et ouest. C'est un des climats les plus précoces de Fleurie, connu pour donner des vins fruités, vite ouverts, opulents. Classé en 1ère classe par Danguy & Vermorel*.
-
Les Moriers, à Fleurie : une seule vigne d'environ 70 ans possédée sur ce grand terroir, après rachat au Dr Lombard. Contrairement à la famille Chignard, il s'agit ici du secteur de plein coteau des Moriers, anciennement dénommé Muriers. Il regarde le haut de l'appellation Moulin-à-Vent, avec une exposition sud-est. Malgré le fait qu'il soit beaucoup plus tardif que Chapelle-des-Bois par exemple (10 jours d'écart en 2010), on y trouve une végétation de type méditerranéen, avec également la présence de cigales aux beaux jours. C'est un climat réputé pour ses vins corsés, épicés et profonds, rappelant certains Moulin-à-Vent. Classé en 1ère classe par Danguy & Vermorel.
-
Corcelette et Les Micouds, sur Morgon : deux parcelles issues de terroirs distincts récemment repris. Corcelette donne des vins surprenants de finesse et de fraîcheur (impact de l’altitude élevée), aériens quand ils sont bien vinifiés et cueillis. Fabien croit beaucoup en cette origine, qui permettra selon lui de dompter, en quelque sorte, la rusticité et chaleur des Micouds, climat donnant des vins plus rustiques, solaires et « carrés ».
-
Sur Chénas : le domaine vient de reprendre des vignes sur la commune afin de proposer un vin plus « simple » que les autres crus du domaine, abordable dans la jeunesse. Informations à venir.
-
Les Burdelines (bas), sur Romanèche-Thorins (appellation Moulin-à-Vent) : la vigne de Fabien n'est pas dans la meilleure partie des Burdelines, mais elle permet tout de même de vinifier un moulin-à-vent fin, dans cette zone peu éloignée de la Roilette (cette dernière est sise plus haut dans le coteau, côté Fleurie).
-
La Grande Charrière, sur Romanèche-Thorins (appellation Moulin-à-Vent) : excellent climat presque inconnu, pourtant situé à une centaine de mètres du véritable moulin, sous ce dernier, mitoyen du climat La Roche.
-
Les Maisons Neuves (dessus), sur Chénas (appellation Moulin-à-Vent) : très bon terroir méconnu situé dans le secteur proche du moulin, coté Chénas/Chapelle-de-Guinchay. Classé en 2ème classe par Danguy & Vermorel.
-
Chassignols, sur Chénas (appellation Moulin-à-Vent) : vieilles vignes de 90 ans sises sur un superbe coteau granitique riche en quartz, extrêmement bien exposé et trop peu connu.
-
Les Michelons, sur Chénas (appellation Moulin-à-Vent) : deux vignes sur ce terroir : une de 60 ans, l'autre plus que centenaire. Grand terroir de coteau privilégié et proche du village, qui entrait avant son rachat dans la cuvée de Vieilles vignes d'Hubert Lapierre. Classé en 2ème classe par Danguy & Vermorel.
-
Les Vérillats, sur Chénas (appellation Moulin-à-Vent) : nouvelle acquisition du domaine en 2011. Parcelle de 30 ares sur un des plus grands terroirs de l'appellation, au sol granitique décomposé (gore), située sur un petit promontoire qui domine le véritable moulin. Classé en 1ère classe par Danguy & Vermorel.

-
Fleurie « La Chapelle-des-Bois » :
-
Fleurie « Les Moriers » :
-
Morgon :
-
Chénas :
-
Moulin-à-vent :

Dégustation des 2010
-
Moulin-à-vent « Cuvée Ronde » :
-
Moulin-à-Vent « Vérillats » :
-
Moulin-à-Vent « Les Michelons » :
-
Moulin-à-Vent « Chassignols » :

L'aventure dans laquelle s'est lancée Fabien Duperray est franchement excitante à suivre. Surtout lorsque l'on est comme nous passionnés par le beaujolais, et convaincus que l'on ne mesure pas encore totalement le potentiel ultime de la région, de ses plus grands terroirs et de ses meilleurs millésimes. Avec ce projet, on se plait à rêver que l'on va peut-être apercevoir un des versants du graal. En tout cas nous sommes certains d'avoir là un vigneron qui place son idéalisme et sa passion avant le souci mercantile de rentabilité à court terme, tout en se donnant les moyens de ses ambitions (avec tout ce que cela peut avoir de fou et déraisonnable). Bien sûr, notre foi en ce projet ne repose pas sur rien. Nous avons pu mesurer, sur la base de ses six premiers millésimes, la vitesse étourdissante des progrès réalisés chaque année. Six années, six années de gains qualitatifs essentiels, des gains de nuances, de détails, de profondeur, de pureté, de justesse. Le travail dans les vignes est déjà grandement abouti. Si l'on devait voir un potentiel de progression encore réalisable sur le sujet, il serait sans doute dans la capacité des sols et du matériel végétal à se régénérer après les agressions chimiques subies dans les années qui ont précédé le rachat et la reprise en main des vignes. De ce point de vue là, la biodynamie a beaucoup de bonnes choses à apporter, quand elle est réalisée intelligemment et positivement ; et les progrès sont souvent plus rapides qu’on ne le pense !. Fabien pourra peut-être aussi aller encore plus loin dans le dosage du stress infligé à la plante via l'enherbement, par exemple. En cave, nous n’avons pas vraiment de commentaire à faire, nous ne sommes pas vinificateurs et n'avons de ce fait pas de conseils à lui donner. De plus, nous n'avons jamais gouté de vins trop extraits ou totalement « déconnants ». Il reconnaît néanmoins que vinifier son premier millésime a été riche d'enseignements, afin d’apprendre à gérer les notions de turbidité, filtration et stabilité. Il y a encore quelques mois, nous pensions que la principale voie de perfectionnement à court terme pourrait peut-être se situer du côté des élevages, et notamment dans le choix des fûts et fournisseurs. Mais nous avions presque un temps de retard, car le bougre avait déjà entrepris d’affiner la chose en privilégiant le travail avec un tonnelier de pointe, avec qui il entretient des liens étroits et qui est animé - comme lui - par la quête de l’excellence. Une anecdote, pour finir. Dernièrement, nous l'interrogions sur ce que ses amis vignerons lui disaient lorsqu'ils goûtaient ses vins ? Et Fabien de répondre, dans un éclat de rire spontané, mêlant gêne et excitation : « Va chercher une caisse, on va échanger des bouteilles ! ». L'histoire est en marche…
Domaine Jules Desjourneys
Fabien Duperray
75 Rue Jean Thorin
71570 La-Chapelle-de-Guinchay
03.85.33.85.88





