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Domaine Jean-Marc Burgaud - Morgon
 
 
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 Le domaine, adossé à la grandissime Côte du Py, vu du secteur Grands Cras.
 
Le domaine :
 
Stakhanoviste ? Le terme provient du nom du mineur Alexeï Stakhanov qui, dans la nuit du 30 au 31 août 1935, aurait abattu cent-deux tonnes de charbon en six heures, soit plus de dix fois le quota demandé à chaque mineur. C’est un peu ça Jean-Marc Burgaud : un drogué du travail, effectuant des journées de « trop d’heures », mais œuvrant avec une grande méticulosité, dans la bonne humeur, avec une générosité inégalable. Ne nous en cachons pas, nous sommes devenus amis avec lui, et comment pourrait-il en être autrement ?
 
Le domaine compte aujourd’hui près de 20 hectares de vignes, tenus par trois personnes ! Jean-Marc, son ouvrier Laurent, et sa femme, la discrète mais énergique Christine. Quand on sait que la vigne en beaujolais est traditionnellement cultivée en gobelet, un mode de taille qui rend le travail des parcelles non mécanisable et surtout fastidieux, on comprend rapidement que ces trois là ne sont pas des fainéants.
 
Le domaine a été créé en 1989, suite à l’obtention par Jean-Marc de son diplôme de viticulture et d’œnologie. Il est situé à l'entrée du hameau de Morgon, à même la Côte du Py. Pour synthétiser sa façon de travailler, on peut résumer ainsi :
- tenue impeccable des vignes sur notamment les plus belles parcelles du plus grand terroir de Morgon, le Py ;
- matériel végétal de qualité, avec nombre de plants naturellement peu productifs, donnant de petites grappes serrées et régulièrement beaucoup de millerand ;
- des vinifications traditionnelles, semi-carboniques, en grappes entières (toujours), et un grand soin pour élever, notamment sous bois.
 
C’est même certainement ce souci de l’élevage en fûts qui le démarque de ses compères. Nous tenons à rappeler ici, pour faire taire les esprits ronchons, que les grands vins du beaujolais ont longtemps été élevés sous bois, notamment lors de la première moitié du siècle dernier. Jean-Marc est convaincu des bienfaits des élevages longs et appliqués sur les grands Morgon, et quand on goûte ses vins, on ne lui donne pas tort.
  
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Sol dur et pauvre du Py, la roche affleure par endroits : ici, impossible de planter des piquets ! 
 
Vins et terroirs :
  • Beaujolais-Villages « Les vignes de Thulon » : sur Lantignié, village proche de Régnié/Morgon réputé pour ses coteaux et ses sols granitiques. La vinification, l’élevage et la mise en bouteilles ont lieu dans les caves de ce château du XIIème siècle, propriété de la grand-tante de Jean-Marc. Age moyen des vignes : 50 ans. Macérations pendant 5 à 6 jours, élevage en cuves 4 à 5 mois.

  • Régnié « Vallières » : sol sablonneux et caillouteux (granit décomposé). Age moyen des vignes : 40 ans. Macérations pendant 6 à 8 jours, élevage en cuve 6 mois.

  • Morgon « Les Charmes » : sol granitique du lieu-dit « les Charmes » situé au nord-ouest du cru Morgon. Age moyen des vignes : 75 ans. Vinification beaujolaise, macérations pendant 8 à 10 jours, élevage en cuve 6 mois.

  • Morgon « Vieilles Vignes » (terroir de Grands Cras) : sol alluvionnaire pour ce climat méconnu situé au sud du cru Morgon, en contrebas du domaine, à une altitude de 250 mètres environ. Il s’agit des dernières vignes en appellation Morgon reprises par le domaine. Age moyen : 60 ans. Vinification beaujolaise, macération pendant 10 jours. Élevage en cuve 6 mois.

  • Morgon « Côte du Py » : issu d'une résurgence volcanique, le sol de la colline du Py est composé d'éléments volcaniques en décomposition, avec présence d'oxyde de fer et manganèse. Les vignes sont exposées sud, tournant vers l’est. Plusieurs parcelles (le bas, plateau est, milieu de la pente, la gaine, etc) sont vinifiées séparément et participent à l’assemblage final. Age moyen : 50 ans. Macérations de 12 à 15 jours, élevage en cuves et une petite partie de fûts non neufs.

  • Morgon « Côte du Py – Réserve » : sélection de beaux lots de la Côte de Py, élevés en totalité en fûts non neufs pendant 12 mois. Parfois austère dans la jeunesse, ce vin acquiert race et raffinement au vieillissement.

  • Morgon « Javernières » : parcelle exposée est, au pied du Py et isolée pour composer une cuvée à part entière depuis le millésime 2007. Le sol comporte plus d'argile et d'oxyde de fer. Elevage uniquement en fûts, non neufs. Elle dégage en général plus de finesse et d’élégance que la cuvée de Py, avec des tanins qui rappellent le pinot.

  • Morgon « Côte du Py – James » : produit uniquement les plus belles années. Elevage 100% en fûts (non neufs) sur les plus belles sélections de Py du millésime : en général il s’agit du haut du Mont, juste sous la croix, orientation plein sud : le sol n’est ici que « caillasse » bleue. Un environnement austère à souhait pour la vigne, qui accouche de raisins régulièrement parfaits. Un vrai Grand Cru de Morgon.

Le domaine produit également un rosé (R'osez), un mousseux issu d’une méthode traditionnelle (Bull’GO) et une unique « cuvée 357 – Magnum » issue de raisins provenant de la côte de Py et élevée pendant 18 mois dans un demi-muid, uniquement disponible en magnum et dans le millésime 2006.
  
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Dégustation de raisins aux Grands Cras, 20 août 2009. Un grand millésime va naître…
  
Nos dernières dégustations :
 
Le Beaujolais-Villages « Vignes de Thulon »  n’a peut être jamais été aussi abouti - depuis que nous le goûtons - qu’en 2011, et pour cause : le vin affiche seulement 12.4° mais pourtant la maturité phénolique est parfaite, car elle permet au vin de décliner des arômes fruités exquis de cassis écrasé, de framboise, avec une touche d’abricot et d’agrumes ; la bouche est détendue, bâtie sur un très bon tanin mûr, le vin est franc, rond, légèrement solaire en rétro-olfaction et l’ensemble délicieux. Un coup de cœur, surtout quand on connaît le prix ! Et coup de chapeau au papa de Jean-Marc qui bichonne cette vigne afin de lui donner un coup de main. Sur les deux mises du 2010 (l’une au 15 mars, l’autre le 15 mai),  nous préférons comme souvent la seconde, prouvant le besoin de ces vins à être un peu plus élevés. La seconde mise présente un très joli nez plus floral qu'à l'accoutumée, avec une pointe d'agrumes et de musc. Bouche vive mais pas mince, accomplie, énergique. A boire dans les deux prochaines années. Le 2009 est définitivement réussi, parfaitement mûr mais sans excès, structuré comme un cru, réglissé, de grande tenue. Il en remontrerait à bien des Régnié ou Brouilly du millésime. Le 2008 était le plus simple, light, à boire de suite sur le fruit. 2006 et 2007 étaient dans un style similaire mais plus garni, le 2006 charmant, le 2007 un poil sévère. Ils sont à boire. Nous n'avons pas regoûté récemment les millésimes antérieurs, notamment le 2005, très bon en son temps. Un manque à combler..
 
Concernant le Régnié « Vallière », en 2011, le vin s’exprime de prime abord sur un cassis peu diversifié, la bouche est vive, simple et tendue, d’allonge correcte. On notera un 2010 surprenant de charme aromatique, sur les agrumes et fruits exotiques. Bouche détendue, toucher plus raffiné que d'ordinaire, tanins subtils, parfumé, souple et gourmand. Se boira vite et avec pas mal de plaisir. Si le 2009 ne répond peut-être pas aux attentes que l'on pouvait peut-être avoir dans ce millésime superlatif, gageons qu'à l'instar du Beaujolais-Villages, 2006, 2007 et 2008 étaient d'assez bons millésimes de fruit. Mais c'est le 2005 qui coiffe tous les autres au poteau, parfait de maturité, densité et plénitude ; un Régnié aux faux airs de Morgon, extra à boire actuellement (2011), et pour on ne sait encore combien de temps.
 
Vin dont la valeur est souvent amputée car dégusté avant les Côte-du-Py, le Morgon « Charmes » est régulièrement plus qu'intéressant, et issu - rappelons le - d'une vieille vigne. Le 2011 qui a été mis en bouteilles assez tôt dans la saison a tendance dans sa jeunesse à réduire un peu au nez et en bouche (la faute peut-être au grands froids de février qui ont précédé la mise en masse puis bouteilles) ; sa bouche est pointue, dotée d’une importante vivacité. Quelques mois de patience ne lui feront pas de mal. Le 2010 présente des notes florales et réglissées, autour d’une bouche toute en chair, constituée de tanins fins et soutenue par une belle fraîcheur ; un millésime d’équilibre, incontestablement, et sans doute un des meilleurs « Charmes » bu à ce jour avec le 2006, bravo. Le 2006 était extra à goûter jeune, avec ses tanins et son profil quasi pinotant. Nous n'avons pas regoûté le 2007, mais par contre, le 2008 offre un nez de gamay de roche épicé et une bouche pleine de saveurs, sapide, toute en subtilité. Le 2009 n'est pas facile à déguster depuis sa mise, nous avons besoin de temps pour affiner notre jugement. Mais il ne manque ni de matière, ni de trame, ni de profondeur. Il est juste un peu muet et réservé. A suivre. Dans les vieilles bouteilles, le 2001 morgonne à fond (orange, pain d'épices, fruits à l'eau de vie), c'est un vin très élégant, à la finale juste un peu pauvre, le défaut de cette année là. Et le premier millésime de l'histoire du domaine, le 1989, est toujours vivant, nu, éthéré, à boire pour lui même. Un bon vin !
 
Le premier millésime (2011) de Morgon « Vieilles Vignes » est plus que prometteur car à l’exception des cuvées issues du terroir du Py ou Javernières, il est pour nous le meilleur Morgon de fruit de la cave, cette année là : très belle maturité de raisin qui permet de décliner une palette de cerise et d’abricot ; les tanins délicats lui donnent de l’ampleur, du velouté et de la rondeur. Il s’allonge sur les agrumes, très agréable. A l’aération dans le verre, il « morgonnerait » même presque déjà !
 
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Elevage en fûts de beaujolais de grande garde.
 
Pour les cuvées issues du Py, voici l'historique quasi complet de nos dégustations :
  • Morgon « Côte du Py » : 
Juin 2011 : Py 2010Deux mises prévues sur le ce millésime. La première, en bouteille depuis la 15 mai 2011, développe un fruit croquant, juteux, avec du gras et une belle rondeur. Assez classique dans la structure, il fait preuve d’une belle saveur. La seconde mise, goutée sur cuve, est plus ouverte sur le plan aromatique. La bouche est riche, mais le grain n’est pas encore complément formé. A voir en bouteille.
 
Oct. 2010 : Py 2009 : Sans doute un des plus mûrs et épicés jamais produit par Jean-Marc, seul le 2003 lui passe devant dans le registre de l'éloquence. Nez sanguin, tabacé, très épicé. La bouche est à la fois suave, épaisse, et en même temps serrée, séveuse, profonde, très sérieuse finalement. Dans la verticale, il sera sans doute un must. Très bien
 
Août 2009 : Py 2008 : Bouteille ouverte la veille. Caractère sauvage et épicé du Py, on reconnait la note de griotte immédiatement, vin mentholé, réglissé. Bouche généreuse, texturée, franche, bonne définition de terroir, malgré la difficulté de l'année (nombreux épisodes de grêle). Assez bien
 
Août 2009 : Py 2007 : Ferme, on a moins le côté végétal qu'on ne l'avait jeune, il a évolué sur des arômes typiques de pêche/agrumes, réglisse, zan, réséda. La bouche demeure un poil austère et rêche comme le millésime, mais c'est un bon Py d'année froide, assez acidulé et vif dans la saveur, il finit juste un peu sec. Bien
 
Mai 2008 : Py 2006 : Nez réservé, retenu, autour de la griotte, des épices, de la mûre. Attaque franche et grasse donnant à la matière une sensation de rondeur et de maturité, ciselée par une superbe fraîcheur. Finale tendue, sur la framboise, typique du secteur par son caractère racé et schisteux. Très bien
 
Août 2010 : Py 2005 : En magnum. Grand contenant oblige, ce vin nous est paru sensiblement plus austère que la version bouteille. Il aura fallu beaucoup de temps et d'air pour que l'on entrevoie son caractère, mais une fois ouvert, c'est très sérieux ! Nez kirsché, mat, le bouquet n'est pas encore formé. Petit à petit, la bouche s'arrondit et prend de la longueur, du parfum, de l'expression. Trame serrée, sérieuse, grandes promesses, même si on aurait pu rêver d'un peu plus de plaisir, nous sommes sans doute toujours un trop pressés avec le magnum. Très bien
 
Août 2007 : Py 2003 : Grand vin hédoniste aux arômes bluffants de framboise et de groseille fraîche. Le nez est une véritable corne d’abondance de fruits rouges mûrs et croquants. On frôle l’extravagance fruitée avec un côté « gratin de cerises » étonnant. La bouche prolonge ce registre avec une pureté de fruit et une rondeur vraiment délicieuses. Jean-Marc est le seul vigneron du beaujolais que nous connaissions à aimer ses 2003 et à « y croire » pour la garde… et il doit avoir raison ! Un bijou de fruit. Hors classe pour l'année.
 
Juin 2011 : Py 2001 : Nez enveloppé, sur le kirsch, le sous bois, le tabac, la truffe et la rose, avec élégance et finesse. Attaque soyeuse, douce, flatteuse, sans grande exubérance mais toute en allonge. Les tanins sont finement intégrés, encore pointus, mais toujours très fins. Bonne allonge, fraîche, sur des notes florales. Il est prêt à boire. Pas mal pour un « mauvais millésime ».
  
Mai 2008 : Py 2000 : Bouteille ouverte la veille. Très belle année en Beaujolais. Légère évolution au nez, due à une longue aération. S’ouvre sur le pruneau, les fruits secs et le tabac. La bouche présente une belle maturité, grâce à une trame soyeuse, ample et marquée par des fruits compotés et de la cerise burlat. Beaux tanins, grain encore marqué. Finale longue, fumée et dense. Belle évolution avec encore du potentiel.
 
Oct. 2009 : Py 1999 : Superbe nez complexe et complet, développant des arômes de fruits noirs et de poivre complétés par quelques notes cacaotées (encore signe d’une maturité poussée). Bouche ample, toujours très généreuse et soutenue par des tanins fermes. Longue finale, fraîche et mûre. Un beau Py.
 
Juin 2011 : Py 1997 : Le nez « kirsche » comme les plus beau Py, avec une touche de végétal « noble », de tabac, d’épices douces. Grande ampleur, dés l’attaque, avec une superbe vinosité. La bouche est toujours très structurée et franche, avec des tanins présents et surtout par une acidité qui cisèle l’ensemble. Finale assez longue, tendue, sur des notes viandées. Bien
 
Mai 2008 : Py 1998 : L'année ingrate par excellence. Premier nez de sous bois, léger fumé, tabac et cigare. L’attaque est souple, franche. La matière est enrobée, élégante avec un beau fruit acidulé. Bonne longueur, pour un retour sur la cerise. On peut le boire.
 
Févr. 2011 : Py 1996 : C'est la seconde fois que nous le goûtons, et franchement, il nous plait presque encore plus que la première, surtout quand on sait que l'année était globalement acide, fraiche et pas facile à mûrir. Ici, passé cinq minutes de réduction propre à tout vieux beaujolais ayant bien vieilli, on entre dans un univers d'épices, de kirsch, de tabac brun, d'abricot et de fleurs séchées. La bouche est bien dans les tonalités vives de l'année, mais pas uniquement : le tanin est enrobé et parfumé, l'allonge est bonne et pas seulement due à l'acidité, vin très honorable. Très bien
 
Mai 2008 : Py 1995 : Bouteille ouverte la veille. Très beau millésime en Beaujolais. Assemblage des parcelles de La Croix et du Plateau. Un vin profond, qui parait encore bien jeune. Notes de kirsch avec toujours cette trame de tabac, de léger sous bois, d’épices. Matière grasse, faisant preuve d’une belle maturité. Tanins fins, à la trame charnue et au caractère « minéral ». Grande fraîcheur en finale donnant de l’allonge au vin. Excellent
 
Juin 2011 : Py 1993 : Ce millésime est un peu particulier, au delà du fait qu’il fut bien compliqué à gérer sur le plan climatologique, c’est aussi le premier de Jean-Marc sur le Py. Le nez est d’une finesse superlative avec ses arômes délicats de feuilles mortes, pot pourri et de tabac. A la prise en bouche le vin est fin, délicat, savoureux, bien anobli par le temps. Sur la finale, il se retend, se raidit et laisse une finale marquée par une pointe d’amertume. L’ensemble reste honorable, mais il doit être bu.
 
Mai 2008 : Py 1992 : Un des plus mauvais millésime des 20 dernières années… mais le premier de Jean-Marc sur le Py ! Sur les embruns maritimes, les agrumes, le lard fumé. Attaque souple et matière fine. Très fondu, l’ensemble fait son âge, tout en restant droit dans ses bottes et relativement gourmand. Finale délicate, assez complexe. Evolution honorable
 
  • Morgon « Cote du Py - Réserve » : 
Avril 2012 : Réserve 2010 : Il y a longtemps que nous n’avions pas goûté de « Réserve » chez Jean-Marc et gageons que cette bouteille a été une très bonne surprise ! Le premier nez pinote avec une touche boisée plutôt sexy en soutien du fruit, comme on en trouve souvent en Côte d’or chez nombre de bons vignerons. Impeccable vin aux tanins stylés et raffinés, parfaitement concentré et harmonieux dans le déroulé, ample, hédoniste et semblant capable d’une bonne garde. Très beau morgon. Très bien +
 
Août 2009 : Réserve 2007 : Légère note de toast/café, le fruit du Py jeune est un peu masqué à ce stade. Plus de volume, de velouté et de densité sur l'attaque que la cuvée de base ceci dit, beaucoup plus d'allant, de gras, de milieu de bouche. Se goûte assez bien, très charnu, belle chair, vraiment bon, il y a du raisin. Très bien.
 
Mai 2008 : Réserve 2006 : Nez intense marqué d’un léger cassis, épices, panier de fruits rouges. Attaque ample, précise, qui donne toujours cette sensation de volume et maturité. Tanins fins, nets et doux. Longue finale, réglissée et fruitée. Très bien
 
Août 2007 : Réserve 2005 : Grand vin aux tanins plus polis et enrobés par le fût que la version classique de la même année. Attention, il cache bien sa force d’expression, il va falloir lui laisser du temps mais le terroir devrait violemment s’affirmer au vieillissement. Excellent
 
Févr. 2011 : Réserve 2004 : Avec la cuvée de Vieilles Vignes de Daniel Bouland, ce vin est la plus belle réussite que nous ayons pu goûter dans ce très difficile millésime. Il est le fruit d'un travail minutieux à la vigne et jusqu'au tri de la vendange, qui jamais ne fut aussi lent, long et fastidieux. Il n'y a pas de James 2004, les meilleurs raisins bénéficièrent à cette Réserve. Ici pas de moisi terreux, pas de verdeur, pas de dilution. Notes de poivron grillé et kirsch, beaucoup d'épices, le bouquet naissant rappelle certains grands cabernets ligériens. Bouche fine et élégante, mais dotée d'une véritable chair et d'une allonge aromatique remarquable. Il entame son plateau de maturité et pourrait surprendre à la garde. Très bien
  
Juin 2011 : Réserve 2003 : Nez baroque de cerise confite, d’eau de vie de framboise, de menthol et de tabac. C’est chaleureux mais pas pesant car l’ensemble présente une trame fraîche qui soutient l’exubérance du millésime, sans déséquilibre aromatique. La finale possède des tannins affirmés mais elle est assez longue, sur des notes de foin. Un Py singulier, un peu déroutant, mais vraiment bon. Bien
 
Févr. 2011 : Réserve 2002 : Encore une année compliquée, mais qui aujourd'hui se goûte assez bien. Bouquet complètement formé de morgon à maturité, avec l'apparition de premières notes tertiaires qui, pour un vin de neuf ans, montre aussi les limites de l'année. Bon corps pour ce millésime difficile, petite touche poussiéreuse due à une vendange très compliquée à trier. Allonge convenable sur les épices et le tabac, il est à boire et rien ne sert de l'attendre davantage. Assez Bien
 
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Dans les vignes qui font James, février 2011. 
  • Morgon « Javernières » : 
Avril 2012 : Javernières 2010 : Boisé un peu « séveux » avec une touche amère en avant, mais beau fond de vin à l’aération. Il a besoin de temps dans le verre pour s’ouvrir et se mettre en place, et s’allonge encore un peu dur et astringent, même s’il est parfaitement corsé et les tanins sont nombreux sont très fins. On le regoûtera dans les prochains mois afin d’affiner notre avis. Mais pas de quoi s’alarmer car Javernières - par sa moindre puissance comparé à James - se goûte chaque année un peu en retrait de son aîné après la mise. La finesse vient plus tard en bouteille, et les choses se mettent progressivement en place. A suivre.
 
Févr. 2011 : Javernières 2009 : Les conditions climatiques exceptionnelles de l'année et les réglages trouvés en matière d'élevages ont mis ce vin sur orbite : le 2009 est un grand beaujolais qui, avec la cuvée de Vieilles Vignes produite par Desvignes, propulse le terroir de Javernières au rang des plus grands climats de la région. Très bel élevage qui sublime les arômes et le tanin de ce cru plus « bourguignon » et terrien que les vins de la Côte du Py stricto sensu. Notes de fruits rouges mûrs et épicés, soulignés par des nuances sanguines et marines. Grande bouche suave et élégante, tanins pulpeux, doux, goûteux, allonge hyper raffinée et interminable. Bien que différent de James, voilà un autre Grand vin.
 
Oct. 2010 : Javernières 2008 : Longtemps difficile à goûter après mise car l'année fut peu évidente à gérer, ce vin a finalement été mis à la vente en décalé, le temps que ses composantes s'harmonisent. Il se goûte encore un peu sur son élevage, d'autant plus que le fruit a tendance à se fermer à ce stade de sa vie. Il faut en fait pouvoir goûter une bouteille ouverte depuis plusieurs heures pour en apprécier toutes les qualités et subtilités. Notes de fruits rouges épicés, mûrs et frais, profondeur aromatique, corpulence hors classe pour le millésime, c'est un vin plein de promesses mais il va falloir savoir attendre. Il est urgent de ne pas se presser ! Très bien +
 
Août 2009 : Javernières 2007 : Premier millésime produit de cette cuvée. Petit toasté, épices, boisé chic. Tanins insoupçonnables, grande intégration à la texture, beaucoup de volume, de gras. Il serre un poil en milieu de bouche mais velouté comme un grand Fleurie, saveur légèrement sucrée, beau développement aromatique, très caressant n'était le petit bois un peu gênant. Très bien
 
  • Morgon « Côte de Py - James » : 
Avril 2012 : James 2010 : Grand nez sanguin (qui rappelle certains Barolo 2004 ou 2006), riche et profond, surligné d’un élevage intégré. Superbe goût sauvage typique de la cuvée et du cru. Le vin est ferme, plein, bâti sur des tanins sérieux mais bien définis par le fût, réservé dans l’allonge, mais donnant une grande sensation de structure, de fermeté et de race. Superbe dans sa constitution, il semble promis à une belle et longue carrière. Un des meilleurs que nous ayons goûté jeune à ce jour.
  
Févr. 2011 : James 2009 : Le plus grand, complet et abouti dans le tanin que nous ayons vu naître. Comme du sang de Py, avec un domptage de la violence du terroir sans gommer ses accents originaux. Il n'est pas tellement utile à ce stade de décrire ses arômes, tant l'évolution au fil du temps sera grande. Le plus important à retenir, pour le moment, est peut-être l'intégration et le côté sublimant de l'élevage qui, plutôt que de dévoyer le caractère de la cuvée, l'accentue, le raffine et lui donne une dimension supérieure propre aux plus grands vins rouges de garde français. Très grand beaujolais
 
Oct. 2010 : James 2008 : A l'instar du Javernières de la même année, ce vin assez flamboyant après mise est en train de se recroqueviller sur lui-même. Ce qui n'occulte en rien le fait que James demeure le vin le plus dense, racé et corsé du domaine, et celui qui promet le plus. Sur un millésime difficile comme celui-ci, cette cuvée se démarque de toutes les autres par un supplément important de constitution, maturité et puissance maîtrisée. Il se pourrait même que son élevage intégral en fût prolonge sa vie. On la suivra avec intérêt dans le temps. Grandes promesses, un des vins du millésime.
 
Août 2009 : James 2007 : Nez boisé fin. Grain subtil, beaucoup de gras, le vin n'est pas écrasé, il a de la race mais surtout, le tanin présente un supplément évident de classe, on a une grande élégance de texture, de l'ampleur, beaucoup de soyeux. Il s'ouvre sur les fleurs, très caressant, avec la patte François frères perceptible dans l’élevage. Magistral.
 
Mai 2008 : James 2006 : Le nez de cette grande cuvée s’ouvre sur les épices, le poivre, les fruits noirs. L’attaque est franche et déjà puissante. Gros volume en bouche autour de tanins racés, denses, arômes de cerise burlat. La finale est encore serrée et l’ensemble imprégné de son terroir par une belle amertume schisteuse. C’est long, comme son avenir ! Très bien
 
Févr. 2010 : James 2005 : Couleur sombre, nez sur l'ambre, la pêche, les agrumes, bouquet encore discret et peu aromatique, mais vraie profondeur. Bouche veloutée, très « vendange entière », fraîche, croquante, beaucoup de peps, d'énergie. Vin de grand classicisme, à la finale encore retenue. Grande promesses
 
Oct. 2009 : James 2003 : Le nez est encore sur un fruit éclatant de jeunesse, c’est très mûr sur des notes de cerise amarena intenses - mais en aucun cas fatigantes - mêlées à des épices superbes. Nez magnifique dont on ne se lasse pas. La bouche n’est qu’équilibre, une sensation de maturité forte alliée à une fraîcheur remarquable s’en dégage. Le vin est gourmand et tendu à la fois. Il emplit la bouche de flaveurs de cerises très mûres, signe d’un vin de soleil alors même qu’une certaine austérité s’exprime, une sensation assez unique. Très belle longueur finale. On sent que ce vin n’en est qu’au début de sa vie. Grand vin.
 
  • Morgon « Côte du Py » - Etienne Jambon : 
Nota : Etienne Jambon était le beau-père de Jean-Marc et son premier et unique « maître ». Ce dernier a commencé à travailler avec lui, il a fait ses armes en sa compagnie, appris beaucoup et même repris ses vignes. Quand il ouvre une bouteille du « Thiénot » comme on l'appelait, c'est toujours avec un immense respect et une excitation non feinte.
 
Mai 2008 : Etienne Jambon 1974 : Comme si nous n’en avions pas assez vu, il a fallu que Jean-Marc plonge dans la cave de son beau père pour nous sortir ce vieux flacon recouvert de poussière. Et comme si nous n’avions pas vraiment compris ce qu'était la quintessence d’un grand terroir conduit par de grands vignerons, nous voilà le nez sur ce beaujolais plus vieux que nous. L’instant est inoubliable, dans ce chai où même les vins en élevage ont stoppé leurs malos pour nous écouter savourer. Un nez tertiaire, comme il se doit, avec du chocolat à l’orange, des pétales de fleurs fanées, des notes de cèpe. La bouche est souple, parfaitement harmonieuse, avec des tanins soyeux, gras, et d’une jeunesse délicate. La trame droite semble nous narguer du haut de sa trentaine révolue. La finale est toute en finesse, d’une grande pureté et d’une longueur délicatement fumée. Inimaginable !
 
Mai 2009 : Etienne Jambon 1963 : La robe est rubis brillante, très jeune, peu évoluée. Le nez est d’une grande complexité d’arômes, sur des notes de fraises épicées, de cannelle, de menthe, de truffe, de pain d’épices, de griotte… une palette aromatique diablement jeune et sur laquelle nous plongeons avec délectation. En bouche, le vin est admirable, magique, déroutant. La matière dévoile un remarquable fruité acidulé épousant dans une délicieuse symbiotique de superbes tanins doucereux à souhait, caressants, enrobants, somptueux. La finale est infiniment grande, à la fois d’une complexe simplicité et d’une profondeur aérienne. La longueur est exponentielle et sa rémanence parfumée, envoûtante. Cette bouteille est immense de fruit, de fraîcheur, de longueur, d’harmonie, de… c’est le moment où les mots n’ont plus vraiment de sens et où la richesse d’un vocable universel montre ici toute sa limite face à l’immensité d’une sensation. Une référence absolue, un vin historique.
 
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Morgon Côte du Py 1963 d'Etienne Jambon : un autre flacon de légende, et la perfection faite Py ! 
 
Vingt-deux ans après avoir mis pour la première fois son nom sur une étiquette de Morgon, Jean-Marc Burgaud continue de travailler avec toujours autant d'application sur son domaine, qui s'est depuis 1989 bien agrandi. Pour son vingtième millésime, 2009, les feux de la rampe se sont même braqués sur la petite cave à fûts de sa maison adossée au Py. En effet, les critiques mondiaux les plus influents ont osé donner à ses grandes cuvées des notes de Grands Crus de Bourgogne et d'ailleurs. Porté par ce millésime et les critiques élogieuses, le domaine s'est donc fait dévaliser par nombre d'œnophiles, qui voulaient absolument mettre la main sur ces cuvées. Pourtant, et nos notes de dégustations en témoignent, le domaine n’a pas attendu 2009 pour vinifier des grandes expressions de Morgon. L'histoire avait commencé avec le père de Christine, Etienne Jambon, qui avait ouvert la voix et montré déjà que le potentiel de la Côte du Py était immense. Lui succédant, Jean-Marc s'était tout de suite démarqué par un style de vins sérieux, corsés, bâtis pour la garde, et surtout tenant leurs promesses dans le temps. Au fil des ans, il a affiné sa technique, son style, cuvant peut-être moins longtemps des raisins déjà forts en goût et terroir pour se diriger vers plus de délicatesse, sans dépouiller le fond et le potentiel de ses cuvées. Dans les derniers millésimes, les grandes cuvées atteignent une dimension qui les fait entrer dans le cercle fermé des plus grands vins rouges français. Le travail à la vigne et aussi en cave, grâce notamment au gain de précision des élevages, donne aux vins une dimension de sophistication tannique unique sur le vignoble de Morgon. Les suivre tout au long de leur vieillissement sera passionnant et sans doute source de grands plaisir à table. L'histoire continue, le prochain millésime patiente dans les pièces et cuves. Jean-Marc Burgaud a encore de nombreuses et nouvelles idées pour l'avenir. Il compte évidemment ne pas s'arrêter en si bon chemin !
 
 
Domaine Jean-Marc Burgaud
La Côte du Py - Morgon 69910 Villié-Morgon
Tél. 04 74 69 16 10
 
 
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Notes :
- Mis à jour le 02 juillet 2012 : CR visite mai 2012
- Mis à jour le 25 août 2011 : CR visite juin 2011
 

Le 22/05/2013 à 09h41
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