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Domaine Coudert, Clos de la Roilette - Fleurie 
 
 
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Le domaine :
 
Lorsque l'appellation Fleurie fût créée dans les années 20, l'ancien propriétaire du domaine, un dénommé Crozet - lui même successeur des héritiers Dupessy, et détenteur également du Domaine de la Grand Cour - furieux de perdre l'appellation Moulin-à-Vent sous laquelle son terroir avait précédemment été classé décida de créer sa propre marque en utilisant l'image représentant un de ses chevaux de course nommé Roilette. Il mit alors en avant la marque « Clos de la Roilette » (dépôt et publication au Journal Officiel en 1924) au détriment de la mention du cru Fleurie. Crozet avait même promis à l'époque de ne pas vendre une goutte de son vin sur le marché français, disséminant sa production en Suisse, Allemagne et Angleterre !
 
Vers le milieu des années 60, ses héritiers ayant perdu tout intérêt pour le Clos, une grande partie des terres est à l'abandon. C'est dans ce contexte qu'en 1967 Fernand Coudert rachète la « belle endormie » : les vignes n'avaient pas été taillées depuis 2 ans ! Progressivement, avec le fort tempérament qui le caractérise, Fernand reprend la main sur le vignoble et la propriété et redore le blason de l'étiquette à tête de cheval.
 
Le domaine Coudert compte aujourd'hui 13 hectares, et réalise toujours un nombre important de ses ventes sur le marché anglais et américain, embouteillant près de 75% de sa récolte. L'actuel vigneron, Alain Coudert, fils de Fernand, vinifia son premier millésime - le difficile 84 - avec l'aide de son père, puis vola définitivement de ses propres ailes à partir des millésimes 1987 et 1988.
 
Pour la petite histoire, le « Clos » n'a de mémoire d'homme jamais eu de murs. Ce qui n'empêche pas le terroir de la Roilette d'être un beau et vaste coteau exposé à l'est, et composé bien évidemment de granit plus ou moins décomposé complété d'argile et de manganèse en quantités non négligeables. Si l'appellation Fleurie a été créée en 1936, la Roilette a été reconnue officiellement comme un climat à part entière par les responsables de la nomination des crus (en fait les propriétaires beaujolais eux mêmes, principalement) en 1956.
 
Alain Coudert conduit son vignoble en lutte dite raisonnée, c'est à dire le plus proprement possible, en fonction de ce que l'année permet. L'intégralité des vignes est cultivée en gobelet, à l'exception de quelques essais de palissages sur de jeunes plantations. Mais « le Marquis » reconnaît volontiers que la taille historique en gobelet est très bien adaptée à la région et au cépage. Il aime à rappeler enfin qu'à la Roilette on travaille les sols, et signale même que le cru fût labouré au cheval (sic !) jusqu'en 1980. Les vinifications pratiquées à la propriété se veulent bibliques, semi-carboniques, classiques donc, avec recours aux fameuses grilles en bois utilisées dans le nord des crus afin d'immerger complètement le chapeau et d'homogénéiser au mieux la masse de grappes lors du cuvage. Un peu d'égrappage a été réalisé en 2008, mais autant que faire se peut, tout se passe en grappe entière. Enfin, il le cherche.
 
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 Fernand Coudert, une « figure » locale, et surtout une sacrée gueule !  [source image]
 
Vins et terroirs :
  • Brouilly: nouvelle cuvée dont 2005 est le premier millésime, 80 ares sur terroir de plaine proche Saint Lager, sols sableux avec à certains endroits des parties quasi graveleuses. Élevage 6-7 mois en cuve et foudre.
  • Fleurie Clos de la Roilette: composé d'une grande majorité de « Roilette ». On trouve ici les vignes les plus jeunes (mais d'un âge déjà respectable) auxquelles le domaine peut éventuellement adjoindre tout ou partie d'autres vignes situées sur les climats « Déduits » et « Champagne » (vignes de 50 ans). Élevage en cuve et foudre.

  • Fleurie Clos de la Roilette, cuvée Tardive : adjonction à la parcelle de vignes de 80 ans d'une sélection de vignes de 50/60 ans. Élevage en foudre, mise sans filtration. Prénommé Tardive car plus lente à se faire que la cuvée ci-dessus. Elle existe depuis le millésime 1995.

  •  Fleurie La Griffe du Marquis : une cuvée réalisée depuis 2009, issue de vieilles vignes (les mêmes que celles de la cuvée Tardive) et élevées dans des fûts d'occasion rachetés en Côte de Beaune. L'élevage dure environ une année. 

 
Nos dernières dégustations :
  • Brouilly :
Août 2009 : 2008 : ramassé le 16 septembre. Nez un peu fermé, opaque, puis épicé, petite note de vieux bois. Joli gras, très classique de facture et de construction, un poil limité en milieu de bouche (le millésime ?), longueur acceptable, bien fait, pas trop végétal dans la saveur, et pas de thermo, ce qui est rare à Brouilly ! A bien++
 
Août 2009 : 2007 : nez un peu animal, un peu réduit, très souple de corps, mais un peu cuit de saveur, finale légèrement décharnée, moins convainquant que le reste. Manque de pureté et de fruit sur cette bouteille. A revoir.
 
Août 2009 : 2005 : forte couleur, nez confit, réglissé, un peu pruneau, cassis, menthol, bouche de texture un peu lâche, saveur légèrement chaude, de l'évolution, mais peu de Brouilly gagnent à vieillir... et c'est la première année de la cuvée. Pas ridicule pour une première fois. A bien
 
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Alain Coudert, dit « le Marquis » : le vigneron beaujolais comme on l'aime !
  • Fleurie Clos de la Roilette : 
Août 2011 : 2010 : servi à température de cave, l'ouverture dans le verre va lui permettre de quitter une petite scorie de réduction pour se diriger rapidement vers une explosion de notes florales (rose, violette, iris) archétypiques du millésime. D'abord un peu pointue et abrupte, la bouche va progressivement se détendre et prendre forme pour gagner en ampleur et harmonie. Le vin possède une acidité présente, mais bien enrobée par son corps. L'aération apporte une nette ouverture aromatique et beaucoup de nuances à la saveur et aux impressions tactiles. Après un 2009 hors norme, voilà un très bon 2010. Très bien
 
Nov. 2011 : 2009 : nez complexe et profond de cerise, tabac, épices, pêche, figue, prune et de menthe fraiche à l’aération. La bouche est riche, impressionnante de maturité et d’équilibre, avec un peu plus de tout que 2010. La douceur tannique surprend tant les tannins sont enrobés. Très longue finale gourmande sur le tabac et les épices. Très Bien +
 
Août 2009 : 2008 : arôme un peu savon (note typique de l'année), puis fruits rouges, groseille, bouche plutôt veloutée (le style Coudert), tanin enrobé mais peu de saveur délivrée, ensemble monobloc même si bien garni. S'ouvre menthol/eucalyptus. Un 2008 sérieux, ne manquant pas de vin, propre et net. Finale retenue pour le moment, mais attendre en confiance. Bonne maturité pour l'année. Bien+ à ce stade
 
Août 2009 : 2007 : belle couleur. Léger réduit, petit manque de pureté qui part à l'aération, mais c'est à confirmer. Belle chair, on retrouve le côté Roilette avec une saveur légèrement épicée, toujours ce milieu de bouche garni qui semble signer le cru, avec une touche de réglisse, vin vraiment original. Perception de 50% du potentiel du vin ce jour. S'ouvre kirsch, et on retrouve l'originalité du cru. Bien++
 
Août 2009 : 2006 : nez épicé mais avec une pointe poussiéreuse, mais bouche élégante, veloutée, prête, saveur manquant peut être légèrement de netteté sur cette bouteille, mais le vin allie bien la densité à l'élégance. Les épices demeurent. Pas une grande année mais un beau millésime classique. Un peu bourguignon dans le type. Bien
 
Août 2009 : 2003 : puis Alain part ouvrir un millésime normalement très compliqué, qu'il n'aime pas beaucoup car ce dernier lui a donné beaucoup de fil à retordre (grêle violente le 16 juillet), mais nous lui soutenons qu'une dégustation il y a un an et demi de ce vin nous a plus qu'agréablement surpris (même si nous avons aussi eu auparavant des expériences plus difficiles avec cette cuvée). Tenue de la couleur, même si le disque est légèrement orangé, arôme de noyau de pêche incroyable, vin impressionnant de puissance aromatique et d'ouverture de bouquet, agrumes dominantes, jamais eu un nez pareil sur un gamay ! Fondu de tanin sur l'attaque, beaucoup de volume, de gras, de générosité, d'alcool, de maturité, très savoureux façon « liqueur de pêche », vin étonnant de singularité, mais finissant évidemment un peu sec (grêle). Complètement atypique, mais assez génial dans l'excès.
 
Août 2009 : 1999 : récolte très abondante, vendanges en vert nécessaires, les charges étaient incroyables. Nez un peu musqué, fruits noirs, un poil de café et d'évolution. Bouche assez évoluée, joli fond, belle personnalité, mais il semblerait avoir vieillit assez vite, légère dissociation en bouche, finale un peu sèche. Puis évolution épicée, très zan, la saveur demeure évoluée, mais la vinosité reste bonne, un peu chaud en finale. On devine quand même le léger caractère généreux en rendements de l'année. Mais demeure honorable. Assez Bien++
  
Août 2009 : 1996 : couleur foncée pour l'âge, café. Notes de vieux cuir, bois ancien, rose fanée, cacao, truffe, terre, zan, s'ouvre sur de la violette discrète, pain d'épices, velouté impressionnant en bouche, le vin a de l'âge mais on est surpris par sa douceur (aucune agressivité alors que le millésime est réputé pour ses acidités tranchantes) et sa non violence. Il n'est peut être pas le plus vigoureux mais il apparaît ici complètement décontracté, apaisé. Evolution en finale sur le noyau de cerise, la griotte à l'eau de vie. Un vin troublant, mieux qu'une relique ! 
 
Août 2009 : 1991 :  le millésime de naissance du fils d'Alain, et c'est une chance qu'il soit né cette année là car il a du coup gardé de nombreuses bouteilles de ce superbe millésime ! Couleur rubis brillant, très brillante même. Notes racinaires, puis mangue, s'ouvre sur une réglisse digne de vieux bourgogne nuittons, orangette, épices douces, etc. Bouche assez évoluée dans la saveur, mais le goût inimitable de Roilette est là (épices), il y a du velouté, des tanins fins, denses et mûrs, le vin demeure corpulent, finale vive, rétro-olfaction noble. Comme inoxydable, tenue hors norme pour ce vin de 18 ans : notre plus beau 91 bu à ce jour avec le Moulin-à-Vent de Jean Georges et le Chiroubles d'Emile Cheysson. A mettre en face de bourgognes de grande origine issus de la même année... 
 
  •  Fleurie Clos de la Roilette « cuvée Tardive » :
Août 2011 : Tardive 2010 : vin encore plus dense et sombre dans la teinte que la cuvée classique. Le nez est par contre moins ouvert et développé, ce qui est tout à fait normal à ce stade. On devine tout de même une parenté de parfums mais avec sensiblement plus de profondeur, des nuances terriennes venant compléter la palette (l'impact du supplément d'argile de la parcelle de vieilles vignes autour de la maison ?). La bouche affiche elle aussi plus de densité, le tanin est poudré, truffé, volumineux et en même temps aérien. Sensation de moelleux de bout en bout et finale truffée, avec une très belle impression de terroir. Encore un must du millésime, la perfection du style traditionnel. Excellent
 
Juin 2011 : Tardive 2009 : joli nez fin, diffus, contenu, élégant, sur des touches florales à peine distillées. La bouche est tout ce que l’on recherche dans un jeune beau beaujolais. C’est à la fois croquant et gourmand, finement délié, mais avec beaucoup de saveur, de pureté et de profondeur. Finale flatteuse, presque délicate. Malgré cette accessibilité immédiate, nul ne doute qu’il ira loin. Superbe
 
Août 2009 : Tardive 2007 : 13.2 nature, 35hl/ha. Grande couleur, très sombre. Nez « sombre » également, réglisse comme un grand côté de Nuits, légères notes de café froid, bouche opulente, vineuse, du sang de vin, profondeur de saveur, sérieux, rempli, bien vineux, expression de terroir et de temps, le corps est digne d'un grand Bourgogne. Le gamay est si difficile à reconnaitre. Superbe !
 
Juin 2011 : Tardive 2005 : Nez nettement sur la fleur (comme se doit tout bon fleurie !) avec des parfums de pivoine, complétés par des fruits rouges, tabac et poivre. A l’image du précédent, la bouche est bien souple, soyeuse, sirupeuse, mais avec des tanins marqués, le grain présente encore une pointe de rusticité. On retrouve le millésime en final, avec une pointe de chaleur. Très belle personnalité dans l’ensemble.
 
Juin 2011 : Tardive 2000 : Nez sur des notes florales avancées, pot pourri, humus, tabac, avec une trame rémanente de bâton de réglisse. La bouche parait plus ciselée, plus fraîche que le vin précédent, et donne ainsi l’impression d’un volume moindre. L’ensemble reste néanmoins très cohérent, construit, précis et avec une très belle allonge, qui ne trahit pas de sa force.
 
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La Roilette vue du Château Portier, à deux pas du moulin-à-vent. Domaines Coudert (à g.) et Bernard Métrat (à d.) visibles.
 
Sans sourciller, nous affirmons ici que cette propriété fait partie des incontournables de la région et donc du top 10 à ne manquer sous aucun prétexte ! Quelle chance la Roilette a de posséder un tel vigneron pour mettre en valeur son immense terroir, sans doute un des plus beaux et grands de la région, un « grand cru » qui enfante - via la main bienveillante d'Alain - de bouteilles d'un classicisme et surtout d'une race prodigieuse. On touche ici à ce qui fait la qualité absolue des grands vins locaux, à savoir une originalité et singularité d'expression avérée, chevillée à un plaisir de boire incontestable. Les grandes Roilette sont des monuments de plaisir, et nous souhaitons à chacun de pouvoir en savourer un jour une à table avec une cuisine idoine : vous verrez alors que le paradis du goût n'est pas si loin. Allez rendre visite à la famille Coudert, vous prendrez une leçon d'humilité et de simplicité dans la cave aux vieux foudres, assis sur les grands tabourets, derrière un des « zincs » les plus courus de la région ! (et à deux pas de chez Michel Chignard, pour info !)
   
 
SCEA Coudert – Clos de la Roilette
Alain Coudert
La Roilette 6980 Fleurie
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Notes :
- Mis à jour le 29 août 2011 : notes dégustations, infos diverses.
- Mis à jour le 07 janvier 2011 : points divers
 

Le 15/02/2012 à 02h34
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