Domaine Chignard – Fleurie
Le domaine :
Le domaine est situé dans le bas du village de Fleurie, au lieu dit le « Point du Jour ». Michel Chignard représente la quatrième génération de Chignard exploitant des vignes à Fleurie. Installé à proximité de ses 8 ha de vignes, il peut garder un œil attentif et permanent sur ses nombreuses parcelles de « Moriers ». La culture se fait en taille basse de type gobelet et les sols sont travaillés. Tout comme Claude Geoffray du Château Thivin, il est un grand défenseur des vinifications beaujolaises traditionnelles qu’il pratique et défend depuis toujours. Ici donc, pas de « thermo », uniquement de beaux raisins triés sur pied, vinifiés en grappe entière par un des maîtres de la discipline (peut être même le plus doué d’entre tous), et élevés avec autant de talent, y compris lorsqu’il faut maîtriser le bois comme sur la cuvée spéciale. Michel travaille aujourd’hui avec son fils Cédric, qui prend progressivement la suite de son père.
Vins et Terroirs :
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Fleurie « Les Moriers » 2006 : le Terroir des Moriers est un des plus réputés de l’appellation (qui est d’ailleurs assez vaste, comparée aux autres crus). Il est situé à proximité de l’appellation Moulin à Vent. On est ici sur des sols de sable granitique conférant aux vins beaucoup de finesse et un merveilleux goût de gamay mûr. Attention, quand nous disons un merveilleux goût de gamay mûr, oubliez les saveurs primairement fruitées : là on entre dans un monde d’épices, de fruits à l’eau de vie, avec un goût un peu indéfinissable qui évoque « la roche ». L’exposition est idéale : sud / sud-est sur des coteaux à faible pente. Age moyen des vignes : de 10 à 70 ans. Elevage en foudre pendant 6 mois.
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Fleurie « Cuvée Spéciale » 2006 : il s’agit d’une sélection de vieilles vignes occupant 1ha dans les Moriers. Age moyen des vignes : de 70 à plus de 100 ans ! Elevage en fûts de chêne de Tronçais - avec une petite proportion de bois neuf - pendant 11 mois dans des bois de grande qualité, M. Chignard insiste là dessus.

Les deux seules cuvées du domaine !
Nos dernières dégustations :
Août 2011 : Moriers 2010 : bonne teinte de la robe, nez évanescent, très floral, sur les fleurs, le sureau, la violette, la rose ; en bouche, tanin infusé et très « vendange entière », touche de rafle qui apporte une saine austérité et en même temps on sent que le vin va bien venir, moins de maturité alcoolique que 2009 mais la forme est très classique et le tanin est mûr. Evolution poivrée. Bien
Mai 2010 : Moriers 2009 : 1er mise en bouteille : nez de fruits frais, fleurs blanches et abricot. Matière ample dés l’attaque grâce à un beau volume et une trame enveloppée. C’est fin, charmeur et assez immédiat tout en faisait preuve d’une belle race. Structure plus serrée sur la fin de bouche. Allonge convenable. Bien+
Mai 2010 : Moriers 2009 : 2ème mise sur foudre : la future seconde mise parait encore plus flatteuse et riche. Matière harmonieuse et superbe équilibre. Maturité nette et trame gourmande. Donnera un vin plus profond que sur la première mise. A ne pas rater.
Mai 2010 : Moriers 2008 : nez fin et floral soutenu par des notes d’épices et de poivre. Attaque encore vive, fringante et fine. Trame soyeuse et structure souple, sur des notes de bonbons réglissés. Petite amertume en finale. Ensemble de bonne tenue même si la maturité globale reste moyenne. Bien
Mai 2009 : Moriers 2007 : joli nez, franc et ouvert sur des notes de fruits noirs, de ronce, d’herbes humides. Belle maturité en bouche qui accompagne un vin ample, rond et d’une belle expression fruitée. Plus en largeur qu’en longueur, l’ensemble ne manque pas de corps et de tenue. Bien+
Mai 2010 : Moriers 2006 : nez épicé, cerise noire et poivre. Attaque franche et fraiche. Matière tendue, droite avec des tanins très fins et bien intégrés dans la structure. Finale épicée, poivrée et soyeuse. Un vin totalement abouti et qui parait parfait à boire aujourd’hui. Bien+
Mai 2009 : Moriers 2005 : la robe est sombre. Nez complexe sur la pâte de fruit, la violette, la réglisse et la rose. Très mûr dès l’attaque, avec un gras enrobant, le vin développe des tanins amples et presque sirupeux. Finale croquante, juteuse et longue. Déjà bon à boire pour un fruit immédiat, il dispose néanmoins d’un très bel avenir. Très Bien
Mai 2010 : Cuvée Spéciale 2008 : nez épicé, poivré avec une pointe vanillée et sucrée. Attaque ronde et flatteuse. Bouche droite mais qui développe des tanins un peu boisés qui tendent à sécher la finale. Gagne en harmonie à l’aération. L’élevage ne parait pas totalement intégré à ce stade mais la matière pourrait le supporter dans le temps. Assez bien+
Mai 2010 : Cuvée Spéciale 2007 : nez de fraises épicées, de poivre, de menthol avec une touche de coco. En bouche, c’est franc et droit. L’élevage a bien civilisé le vin, la trame est enrobée, les tanins sont soyeux et gourmands. Finale sur l’orange grillée. Bien
Mai 2010 : Cuvée Spéciale 2006 : fruits noirs mûrs avec un léger toasté, grillé et café. Bouche franche qui développe des tanins marqués, strictes, avec un boisé moins bien enrobé. Le vin est tendu. Finale sur le biscuit. La prise de bois semble moins harmonieuse cette année là, à moins qu'il ne s'agisse d'une phase ou d'un bouchon imparfait. Assez bien+
Mai 2010 : Cuvée Spéciale 2005 : bouteille ouverte la veille. Si le nez semble un peu marqué par l’aération, la bouche est encore très droite, franche, un peu rigoureuse, avec une trame serrée sur des tanins fins. Bonne allonge, ensemble vineux. Il faudra être patient, il n’a pas encore passé le cap de l’adolescence. Très Bien
Mai 2010 : Cuvée Spéciale 2004 : légère évolution avec des notes de tabac, herbes coupées, sous bois, et champignon. L’attaque est douce et bien enrobée. Belle suavité globale même si l’ensemble se marque d’un peu d’amertume. Le vin à bien évolué et parait prêt à boire aujourd’hui. Bien
Mai 2010 : Cuvée Spéciale 1998 : la bouteille ouverte la veille développe des aromes tertiaires, de pruneau, chocolat, sous bois et jus de cuisson. Superbe tenue en bouche, avec un corps à la fois frais tendu et riche. Grand fond structuré par des tanins amples et polis par l’âge. Belle tension finale qui rend le vin salivant. Très bien +, un exploit pour un millésime aussi difficile.
Mai 2010 : Cuvée Spéciale 1996 : nez sur le tertiaire, dévoilant des arômes de pruneaux, fruits compotés, humus et sous bois. Attaque fraîche et tendue, très droite, sur une trame assez fine, aux tanins un peu fermes et marqués par l’âge. Même si l’ensemble présente encore de la tenue, le vin semble passer un cap, Il faut penser à le boire.
Mai 2010 : Cuvée Spéciale 1991 : ouverte la veille cette bouteille à remarquablement tenue. Le nez est frais autour de parfums truffés, mentholés, after-eight, bois de santal et tabac noble. Attaque vineuse, riche, glycérinée. Matière grasse, suave et douce. Grande trame aromatique, complexe, dynamique, volubile. Equilibre idéal, fin et voluptueux. Une claque… magnifique !
Cédric et Michel : une génération les sépare, mais pas la passion du beau vin !
La cuvée « les Moriers » est pour nous l’expression la plus pure et la plus respectueuse du terroir de Fleurie. En cela, les vins de Chignard en sont une très noble déclinaison. Sous leurs aspects simples et tendres, les vins ne manquent ni de matière, ni d’arômes, ni de fond pour en faire à la fois des bouteilles à boire jeune, mais qui évoluent favorablement avec de la garde. Bien abordé par le domaine, l’élevage bois de la « cuvée spéciale » s'intègre plus ou moins bien selon les millésimes, mais on veut aussi souvent le juger trop tôt. Ce n'est vraiment qu'à partir de 5 ans que l'on peut porter un jugement solide selon nous. On relèvera tout de même ici la volonté de produire des vins peu marqués, et surtout le souhait de leur apporter un supplément de définition dans le tanin.
Les Fleurie de M. Chignard (et de ses meilleurs collègues) rappellent inévitablement les plus fins des Chambolle. Ce n’est pas un raccourci « Bettanien » complaisant, c’est vrai. Faites l’expérience, vous verrez. Ici la délicatesse et la finesse des textures règnent en maîtresses. Si nous devions retenir qu’une seule image de Michel Chignard, ce serait celle d’un homme qui s’est fixé une conduite exigeante à un moment où le beaujolais se laissait aller car ça n'allait pas trop mal. Presque tous ses copains faisaient de la « thermo » pendant que lui perpétuait avec opiniâtreté la grande tradition des vrais Fleurie et bien lui en a pris. Il conçoit son métier sur le long terme, c’est un sage, un vrai. Nous pensons que Michel Chignard est un maître, en tout cas un maître discret et humble qui me glisse au bout d’une heure et demie de discussion, aussi sincèrement que possible : « je suis encore un apprenti, j’apprends tous les jours… ». Une adresse à conseiller à ceux qui disent : « j’aime pas le beaujolais ». Nous prenons les paris qu’on en reparle !
Notes :
- Mis à jour le 28 décembre 2011 : ajouts notes de dégustation, corrections diverses.