Domaine Jean-Marc Burgaud - Morgon
Le domaine, adossé à la grandissime Côte du Py, vu du secteur Grands Cras.
Le domaine :
Stakhanoviste ? Le terme provient du nom du mineur Alexeï Stakhanov qui, dans la nuit du 30 au 31 août 1935, aurait abattu 102 tonnes de charbon en six heures, soit plus de dix fois le quota demandé à chaque mineur. Voilà, c’est un peu ça Jean-Marc Burgaud : un drogué du travail, faisant des journées de “trop d’heures”, mais oeuvrant avec une grande méticulosité, dans la bonne humeur, avec une générosité inégalable. Ne nous en cachons pas, nous sommes devenus amis avec lui, et comment pourrait il en être autrement ?!
Le domaine compte aujourd’hui près de 20 hectares de vignes, tenus par 3 personnes ! Jean-Marc, son ouvrier Laurent, et sa femme, la discrète mais énergique Christine. Quand on sait que la vigne en beaujolais est traditionnellement cultivée en gobelet, un mode de taille qui rend le travail des parcelles non mécanisable et donc assez fastidieux, on comprend rapidement que ces trois là ne sont pas des fainéants…
Le domaine a été créé en 1989, suite à l’obtention par Jean-Marc de son diplôme de viticulture et d’œnologie. Il est situé à l'entrée du hameau de Morgon, à même la Côte du Py. Pour synthétiser sa façon de travailler, on peut résumer ainsi :
-
Tenue impeccable des vignes sur notamment les plus belles parcelles du plus grand terroir de Morgon, le Py ;
-
Un matériel végétal de qualité, avec nombre de plants naturellement peu productifs, donnant de petites grappes serrées, et régulièrement beaucoup de millerand (peaux épaisses) ;
-
Des vinifications traditionnelles, semi carboniques, en grappes entières (toujours !), et un grand soin pour élever, notamment sous bois.
C’est même certainement ce souci de l’élevage en fûts qui le démarque de ses compères. Nous tenons à rappeler ici, pour faire taire les esprits ronchons, que les grands vins du beaujolais ont longtemps été élevés sous bois, notamment lors de la première moitié du siècle dernier. Jean-Marc est convaincu des bienfaits des élevages longs et appliqués sur les grands Morgon, et quand on goûte ses vins, on ne lui donne pas tort.
Sol dur et pauvre du Py, la roche affleure par endroits : ici, impossible de planter des piquets !
Vins et terroirs :
-
Beaujolais-Villages « Château de Thulon » : sur Lantignié, village proche de Régnié/Morgon réputé pour ses coteaux et ses sols granitiques. La vinification, l’élevage et la mise en bouteilles ont lieu dans les caves de ce château du XIIème siècle, propriété de la grand-tante de Jean-Marc. Age moyen des vignes : 40 ans - macération pendant 5 à 6 jours - élevage en cuve 4 à 5 mois.
-
Régnié « Vallières » : sol sablonneux et caillouteux (granit décomposé). Age moyen des vignes : 40 ans - macération pendant 6 à 8 jours - élevage en cuve 6 mois.
-
Morgon « Le Charmes » : sol granitique au lieu dit « les charmes » situé au nord-ouest du cru Morgon. Age moyen des vignes : 75 ans - Vinification beaujolaise, macérations pendant 8 à 10 jours - élevage en cuve 6 mois.
-
Morgon « Cote du Py » : ancien volcan, le sol de la colline du Py est composé de schistes en décomposition, avec présence d'oxyde de fer et manganèse. Les vignes sont exposées sud. Age moyen : 50 ans - macérations pendant 12 à 15 jours - élevage en cuves et en fûts non neufs.
-
Morgon « Javernière » : parcelle exposée est, au pied du Py : plus d'argile et d'oxyde de fer. Elevage uniquement en fûts, non neufs.
-
Morgon « Cote du Py – Réserve » : idem « Cote de Py », mais avec un elevage 100% en fûts non neufs.
-
Morgon « Cote du Py – James » : produit uniquement les plus belles années. Elevage 100% en fûts (non neufs) sur les plus belles sélections de Py du millésime : en général il s’agit du haut du Mont, juste sous la croix, orientation plein sud : le sol n’est ici que “caillasse” bleue. Un environnement austère à souhait pour la vigne, qui accouche de raisins régulièrement parfaits.
Visite du 14 mai 2008 :
Sur fût...
Morgon « Grands Cras » 2007 : (Synthèse de 3 fûts. Parcelle reprise il y a 3 ans). Grande souplesse de fruit, un Morgon fin, svelte, élancé, velouté, tramé, très élégant, bonne maturité de fruit, un côté un peu Piémont italien dans ce vin. Très beau. Et méritera peut être une mise séparée afin de faire connaître et reconnaître ce terroir ?
Sols du Grands Cras : mélange de sable et granit grossièrement décomposé, avec présence de manganèse
Morgon « Javernière » 2007 : (Synthèse de 3 fûts). Peu de couleur, robe hyper classique, note de framboise mûre d'un grand raffinement, velouté idéal, matière grasse, remarquable volume, finesse, élevage sous bois qui sublime le tanin déjà très fin et dense, quelle délicatesse, quelle classe ! La finesse et l'élégance du Py. Quelques bouteilles isolées seraient les bienvenues pour les amateurs éclairés ! (depuis il l'a fait ! et 2007 est le premier millésime revendiqué, mais un seul fût mis !)
Morgon « Côte du Py - Le Bas » 2007 : expo Sud, autour du domaine. (Synthèse de 4 fûts). Vin bourré de fruit, attaque grasse et pleine, tanin bien lisse et fin, très bel équilibre, de la rondeur, de la souplesse, bonne densité. Le fruit du Py.
Morgon « Côte du Py - Plateau Est » 2007 : au sommet donc. (Synthèse de 3 fûts). Un tanin incroyable, grande sève, du « Jus de Py » : c'est croquant, épicé, « schisteux », avec beaucoup de gnac. La race du Py éclate en bouche. Rien à redire, c'est du grand morgon.
Morgon « Côte du Py - Pente plein Sud » 2007 : (Synthèse de 2 fûts). Tanin fin mais surtout une haute densité, un grain très bien défini, une très bonne structure, c'est charpenté... et mûr ! Le corps du Py
Morgon « Côte du Py - La Croix » 2007 : Plein Sud, haut de pente, devient souvent la cuvée « James ». (Synthèse de 3 fûts, dont un de 400 litres qui a déjà vu 1 millésime). Les notes de réglisse font très « Côte de Nuits », celles de violette davantage « Côte Rôtie », origine excessivement puissante, racée, avec une grande évidence du fruit, beaucoup de vin, une forte densité, une haute maturité, tout en s'exprimant dans la pureté la plus totale, avec un tanin ultra-fin et serré. C'est grand ! L'âme et le cœur du Py
Dégustation de raisins aux Grands Cras, 20 août 2009. Un grand millésime va naître ?
En bouteilles....
Beaujolais-Villages « Château de Thulon » 2007 : Fruit frais, fraise, framboise. Bouche souple, ronde et fruitée. Bien
Régnié « Valliére » 2007 : S’ouvre sur le cassis avec une légère pointe animale et des épices. Belle franchise en bouche avec un retour sur un fruit net. Tanins rond et soyeux. Bien
Morgon « Charmes » 2006 : Joli nez de fruits rouges simples, agréables. Attaque fine et bouche souple, soyeuse, avec une matière enrobée et des tanins fins et bien enveloppés sur la finale. Bien +
Morgon « Côte du Py » 2006 : Nez plus réservé, en retenue, autour de la griotte, des épices, de la mûre. Attaque franche et grasse donnant à la matière une sensation de rondeur et de maturité, ciselée par une superbe fraîcheur. Finale tendue, sur la framboise, typique du secteur par son caractère racé et schisteux. Très bien
Morgon « Côte de Py - Réserve » 2006 : Nez intense, marqué d’un léger cassis, épices, panier de petits fruits rouges. Attaque ample, précise qui donne toujours cette sensation de volume et de maturité. Tanins fins, nets et doux. Longue finale, réglissée et fruitée. Très bien
Morgon « Côte de Py - James » 2006 : Le nez de cette grande cuvée s’ouvre sur les épices, le poivre, le jus de cerise noire, les fruits noirs. L’attaque est franche et déjà puissante. Gros volume en bouche, autour de tanins racés, denses, arômes de cerise burlat. La finale est encore serrée et l’ensemble imprégné de son terroir par une belle amertume schisteuse. C’est long, comme son avenir ! Très bien+
Et puis petit retour sur la cuvée « classique » (élevage cuve de 6 mois) pour une inoubliable verticale :
Morgon « Côte du Py » 2000 : Bouteille ouverte la veille. Très belle année en Beaujolais. Légère évolution au nez, due à une longue aération. S’ouvre sur le pruneau, les fruits secs et le tabac. La bouche présente une belle maturité, grâce à une trame soyeuse, ample et marquée par des fruits compotés et de la cerise burlat. Beau tanins, grain encore marqué. Finale longue, fumée et dense. Belle évolution avec encore du potentiel.
Morgon « Côte du Py » 1998 : L'année ingrate par excellence. Premier nez de sous bois, léger fumé, tabac et de cigare. L’attaque est souple, franche. La matière est enrobée, élégante avec un beau fruit acidulé. Bonne longueur, pour un retour sur la cerise. On peut le boire.
Morgon « Côte du Py » 1996 : Une année normalement très difficile, avec énormément de vins acides et maigres. Comme une grosse claque ! Le nez intense s’ouvre sur des notes de viande mijotée, de boite à cigares et de fruits compotés, avec une grande complexité. L’attaque est dense, la matière gourmande, les tanins soyeux, profonds et racés. L’ensemble est toujours très complexe et harmonieux. Finale sur les épices, avec la douceur de la cannelle et le charme d’un fruit mûr. Grande longueur, puissante, élancée, déroutante, simplement magique. Grand morgon !
Morgon « Côte du Py » 1995 : Bouteille ouverte la veille. Très beau millésime en Beaujolais. Assemblage des parcelles de La Croix et du Plateau. Un vin profond, qui parait encore bien jeune. Notes de kirsch avec toujours cette trame de tabac, de léger sous bois, d’épices nobles. Matière grasse, faisant preuve d’une belle maturité. Tanins fins, à la trame charnue et au caractère "minéral". Grande fraîcheur en finale donnant de l’allonge au vin. Excellent.
Morgon « Côte du Py » 1992 : Déjà 16 ans que ce « simple petit » beaujolais à été mis en bouteille. Et le millésime n’a pas été choisi par hasard. Un des plus mauvais des 20 dernières années… mais le premier millésime de Jean-Marc ! Sur les embruns maritime, l’iode, les agrumes, le lard fumé. Attaque souple et matière fine. Très fondu, l’ensemble fait son âge, tout en restant droit dans ses bottes et relativement gourmand. Finale délicate, assez complexe. Evolution honorable.
Morgon « Côte du Py » 1974 Etienne Jambon : Et comme si nous n’en avions pas assez vu, il a fallu que Jean-Marc plonge dans la cave de son beau père (dont il a repris les vignes) pour nous sortir ce vieux flacon recouvert de poussière. Et comme si nous n’avions pas vraiment compris la quintessence d’un grand terroir, conduit par de grands vignerons, nous voilà le nez sur ce vin plus vieux que nous. L’instant est inoubliable dans ce chai où même les vins en élevage ont stoppé leurs malos pour nous écouter savourer. Un nez tertiaire, comme il se doit, avec du chocolat à l’orange, des pétales de fleurs fanées, notes de cèpe. La bouche est souple, parfaitement harmonieuse, avec des tanins soyeux, gras, et d’une jeunesse délicate. La trame droite semble nous narguer du haut de sa trentaine révolue. La finale est toute en finesse, d’une grande pureté et d’une longueur délicatement fumée. Inimaginable !
Morgon Côte du Py 1963 d'Etienne Jambon : un autre flacon de légende, et la perfection faite Py !
Dégustation du 01 fevrier 2008 : dégustation professionnelle sur Paris
R’osez 2007 : (tiré sur cuve, le rosé du Domaine). Nez de fraise écrasée, agrumes (pamplemousse). Attaque grasse, enveloppante, fruit de pomelos très désaltérant. Un vin parfait pour soigner cette maladie qu’on appelle la soif. Plus que correct...
Beaujolais-Villages "Chateau de Thulon" 2007 : (tiré sur cuve). Couleur de pinot noir « classique ». Peu d’extraction vraisemblablement, juste un beau rubis translucide et brillant. Nez de petits fruits rouges acidulés, framboise fraîche, une pointe de menthe (typique de ce millésime assez frais). La maturité semble être bonne au nez, sans être très poussée non plus. Attaque souple, très belle qualité de fruit, bonne allonge, expression ultra-classique, ne paie pas de mine mais c’est un vrai bon villages. Bon !
Regnié "Vallières" 2007 : (tiré sur cuve). Robe plus marquée que le vin précédent. Nez un peu chahuté. Supplément logique de corps, le vin est assez corsé pour un Regnié, il fait davantage penser à un Morgon. Belle structure, qui le tient bien debout. Il semble que cette cuvée monte en puissance dans les derniers millésimes (05 hors-normes, 06 très bien) mais elle a par contre besoin d'un peu de temps pour se mettre en place... Prometteur.
Morgon "les Charmes" 2006 : Belle robe rubis. Intensité du fruit mûr au nez, pinote déjà, épices, concentration du raisin de gamay bien mûr, aucune note artificielle. Grande sève en bouche, fruit causant, évoque de beaux Chambolle. Sera au top dans 2 ans. EXTRA !
Morgon "Côte du Py" 2006 : Très belle couleur un poil plus marquée que la précédente. Nez épicé superbe, rappelant des Gevrey-Chambertin du cône de déjection, long, puissance aromatique, intensité du goût de Py, de la mâche, très intègre. Très bien
Morgon "Côte du Py - Réserve" 2006 : On monte encore d’un cran sur l’intensité de la couleur. Très beau nez de confiture de cerise, nuances florales (pivoine). Matière satinée mais fruit un peu en retrait, le vin donne 30% de ce qu’il a dans le ventre pour le moment. On sent beaucoup de réserve derrière ce fruit un peu discret, austère. Encaver et être patient au moins 2-3 ans…
Morgon "Côte du Py - James" 2006 : Robe ultra classique qui encore une fois rappelle des pinots. Nez fermé. La bouche est à l’avenant du Réserve, avec encore plus d’austérité. Même conseil qu’au dessus, avec encore plus de garde prévisible (concentration supérieure).
Ce jour là il nous est apparu que les grands 2006 étaient à laisser tranquille pour le moment, semblant un peu faire leur "maladie de bouteille". D'autre part, nous trouvons cette année très bourguignonne dans les expressions. Les vins sont assez purs, les terroirs bien marqués. Un millésime qui semble idéal pour apprendre le Beaujolais.
Au milieu des vignes qui font "James"...
Visite du 22 Aout 2007 :
Beaujolais-Villages « Château de Thulon » 2006 : Attaque fruitée, fruit plein, fort sérieux, il tient bien son rang. Le parfait “vin quotidien”. BIEN +
Morgon « Les Charmes » 2006 : Le 2006 qui se goûtait le mieux ce jour là (les mises étaient récentes, et les vins ici ont absolument besoin d’un peu de garde). Fruité absolu, finesse transcendante de la vieille vigne, grande gourmandise. TRES BIEN
Morgon « Cote du Py » 2006 : Belle attaque fruitée mais les tanins reviennent dès le milieu de bouche.Vin très typé “Py” : expression “sauvage” et pure, sans concession. Une réussite majeure du millésime et surtout un vin à attendre. TRES BIEN
Morgon « Cote du Py » 2003 : Grand vin hédoniste aux arômes bluffants de framboise et de groseille fraîche. Le nez est une véritable corne d’abondance de fruits rouges mûrs et croquants. On frôle l’extravagance fruitée avec un côté “gratin de cerises” étonnant. Vin très “tasty” : la bouche prolonge ce registre avec une pureté de fruit et une rondeur vraiment délicieuses. Jean-Marc est le seul vigneron du beaujolais que nous connaissions à aimer ses 2003 (non pas que les autres aient loupé, ils n’aiment juste pas le côté solaire du millésime) et à “y croire” pour la garde… et il doit avoir raison ! UN BIJOU DE FRUIT
Morgon « Cote du Py – Réserve » 2006 : Tanins plus accessibles que la cuvée “classique”. Ce vin a de la suite dans les idées : le milieu et la fin de bouche sont d’une grande austérité aujourd’hui mais on devine franchement un sacré potentiel. En le regoûtant, le milieu de bouche s’étoffe, “gonfle”. Il ne faudra pas être pressé… GRANDES PROMESSES
Morgon « Cote du Py – Réserve » 2005 : Grand vin aux tanins plus polis et polis par le fût que la version classique de la même année. Attention, il cache bien sa force d’expression, il va falloir lui laisser du temps mais le terroir devrait violemment s’affirmer au vieillissement. GRAND VIN.
Morgon « Cote du Py – James » 2006 : Grand et “gros” vin volumineux pas encore totalement formé mais “important”, gras très impressionnant pour l’année. Il faut que tous les éléments s’équilibrent et se mettent en place mais une sacrée force émane de cette cuvée. Potentiellement GRAND et surtout à suivre attentivement !
Il n’y a pas grand chose à ajouter sur le niveau de la cave. Pour le situer un peu par rapport à son appellation et ses confrères, nous dirons qu’il est certainement le vigneron le plus dynamique, progressiste et avant-gardiste du Py. Il a plus d’une idée dans son sac, vous verrez. Jean-Marc œuvre au quotidien pour exploiter au maximum les possibilités de ses terroirs. Surveillez bien ce qui se passe ici aujourd’hui et dans les années à venir, vous y regretterez pas… comme on dit là bas...
Jean-Marc BURGAUD
La Côte du Py - Morgon 69910 Villié-Morgon
Tél. 04 74 69 16 10 – fax : 04 74 69 16 10
www.jean-marc-burgaud.com - Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
La Côte du Py - Morgon 69910 Villié-Morgon
Tél. 04 74 69 16 10 – fax : 04 74 69 16 10
www.jean-marc-burgaud.com - Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.





