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Les vins du moment
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Coups de coeur, découvertes ponctuelles, vins d'émotion, vins rares, anciens, singuliers : voici sous forme de simples compte-rendus quelques bouteilles qui nous ont beaucoup plu !


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Fleurie : Julie Balagny « Cayenne » 2010
 
fleurie_balagnyOriginaire de Paris, Julie Balagny a d'abord fait ses armes dix années durant dans les Costières de Nîmes, à Terre des Chardons. Puis en 2009, elle pose ses valises à Fleurie, pour y travailler un peu plus de 3 hectares situés sur les hauteurs du cru, dans le secteur  méconnu et tardif nommé « En Rémont », proche du pic éponyme. La topographie locale très accidentée induit, lorsqu'on veut le réaliser, un travail des sols à la charrue et au piochon. La culture se veut biodynamique et les vendanges se font à pleine maturité. Elle vinifie selon les protocoles prônés par Jules Chauvet, c'est à dire en levures indigènes, via macération carbonique, tout en contrôlant les températures vers le bas afin de ralentir les processus intracellulaires et d'extraire le plus lentement et délicatement possible le tanin et les parfums. Sa cuvée « Cayenne », au nom se référant au côté sauvage de la parcelle en question, est issue de vignes d'une trentaine d'années plantées sur sol d'origine basaltique. Elle est élevée en cuves de résine et mise en bouteilles au printemps qui suit la récolte. Ce vin est complètement sans soufre, de la vendange à la mise. Pour en savoir plus sur Julie Balagny, lire l'excellent article qui lui est consacré sur Wineterroirs.
De teinte violine et peu colorante, ce vin présente un premier nez légèrement réduit sur le caoutchouc brûlé et la viande crue. Très rapidement, cette petite réduction de mise en place laisse poindre des arômes infiniment plus nobles et complètement définis de pivoine, de framboise et de végétal noble. Au fil des secondes, le nez ne cesse de prendre de l'ampleur et de la profondeur aromatique, jusqu'à développer un profil complètement floral, subtil et raffiné. Dès la mise en bouche, on apprécie cette intégration complète du tanin, invisible au palais et coulé dans un jus extrêmement frais, fruité et à la saveur évoquant la menthe poivrée. Ce vin dessine en bouche une forme allongée et effilée mais ne manque pas de chair, bien au contraire : c'est bien sa définition tannique qui lui donne ce profil et non une prétendue minceur.
Un Fleurie de très belle évidence, et une cuvée qui illustre à merveille l'adage « bouteille ouverte, bouteille bue ». Très bien. Et l'on se réjouit de goûter prochainement ses cuvées supérieures en 2010, « En Rémont » et « Simone » A suivre...
 
 
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Saumur-Champigny : Clos Rougeard « Le Clos » 2006
 
clos_rougeardDomaine mythique s'il en est, bien plus à la hauteur de sa légende que d'autres propriétés abusivement (à mon goût) réputées de Touraine et d'Anjou en blanc. A ce jour,  j'avoue qu'en rouge le Clos Rougeard ne m'a pas encore déçu. L'histoire, on la connaît tous ou presque. Une  longue tradition familiale (huitième génération aux commandes), un grand-père qui a contribué largement à la légende par ses vins encore vivants et son charisme, un père qui fut un des seuls à refuser les produits de synthèse dans les années 70, et deux fils, Charly et Nady, l'un gouailleur et l'autre plus posé, mais à la culture du grand vin et de l'excellence chevillée au plexus. Des tronches, des uniques, des innommables, des sacrés, avec leurs moustaches d'une autre époque. Et donc toujours pas de chimie dans les vignes, des sols travaillés, des rendements bas, des vinifications classiques et de longs élevages, deux hivers durant dans des caves fraîches de tuf, qui ne varient tout au plus que de deux degrés sur une année. C'est tout. Et ça donne ?
A l'ouverture, pour la première cuvée de rouge, celle que l'on nomme le Clos, en 2006, un grand nez fumé-épicé, rehaussé d'un élevage top classe complètement mêlé au vin, évoluant sur des nuances de pivoine, de poivron grillé, de bois de santal et d'encens. Le lendemain le vin évoluera sur des notes archétypiques de graphite et d'écorce d'orange séchée, d'une noblesse de parfum assez saisissante. La bouche est ce que l'on peut appeler une grande bouche, en ce sens que le vin est complètement fini, comme son tanin, mûr, raffiné par le fût. Vin vraiment long, langoureux, très savoureux, civilisé, d'une force d'expression contenue mais présente, avec une densité qui ne trompe pas sur les rendements du domaine. La douceur tactile, la grâce, n'ont d'égaux que la noblesse du goût. Il se suffit à lui même et on le savoure complètement dans un grand verre, le buvant autant au nez qu'au palais. C'est presque trop bon, et l'on n'ose imaginer les Poyeux et le Bourg de la même année.
Chapeau bas, et bien heureux que de telles bouteilles et vignerons existent encore, car ça, c'est du vin de garde qui sera toujours bon !

 
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Clos de Tart 2001
 
clos_de_tartChanceux invité d’une dégustation horizontale de Premiers et Grands Crus bourguignons du millésime fêtant sa première décennie, la navigation entre cruelles déceptions et élégances m’a fait rencontrer ma première bouteille de Clos de Tart, toisant là ses voisines depuis le fond de mon verre.
Le choc premier est celui de sa foisonnance aromatique. Très expressif en effet - au regard de certains Grands Crus frères de millésime dont on se demande s’ils sortiront un jour de la gangue de leur élevage - il présente truffe, fraise, agrumes s'alliant autour de subtiles notes de tabac évoquant un élevage adapté. L’ampleur est marquante, le vin est déployé, donnant de l’espace à des tannins précis constituant une solide ossature. Leur maturité semble parfaite et leur adéquation avec la richesse du jus les accueillant est splendide. Le fond en apparaît longtemps velouté mais sensiblement relevé par la pointe tonique de notes d’agrumes finales. En préservant un superbe équilibre, sans dominance mais avec une grande complexité, il se montre à la hauteur de sa réputation.
J’aimerais voir ce qu’il a dans le ventre à table, comme il se doit. Excellent
 
 
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Griottes-Chambertin Grand Cru : Joseph Roty 2000

RotyDe Joseph Roty, quasi inconnu du public oenophile français contemporain, on sait bien peu de choses. Pourquoi ? Je ne sais pas. Sans doute les anglo saxons et leurs importateurs ont vu et bu son talent avant nous. Pour avoir lu quelques rares lignes de Michel Bettane à propos « du Joseph », on apprend que ce dernier avait un prétendu sacré caractère, qu'il fumait comme un pompier, qu'il vouait une passion sans bornes à Bonaparte l'Empereur, qu'il possédait un patrimoine de vieilles vignes non négligeable, et surtout, qu'il avait un sacré coup de patte pour vinifier le pinot. Tout cela - conjugué à l'effet de rareté - avait notamment fait accéder ses cuvées de Charmes, Griottes et Mazy-Chambertin, ainsi que son Gevrey 1er Cru Fonteny (le terroir qui donne des pinots « anisés »), au rang de Vins Cultes. Seulement dans les oenothèques françaises, du Roty, on en trouve...  quasi nenni ! Pour en boire, il faut donc avoir des amis dotés, amateurs de vin depuis quelques années et possédant de belles caves bourguignonnes, comme c'est mon cas ; et je les remercie de leur générosité et sens du partage. Car eux le savent depuis longtemps : le Joseph en question était capable du meilleur, avec un style bien à lui !
Voir ce Griottes 2000, qui à l'aveugle m'a bien fait hésiter dix minutes entre un pinot bourguignon d'année chaude et un grenache castelneuvien d'année tempérée. Passé dix ans, on se fait facilement avoir, en tout cas moi, oui. La robe est toujours rubis sombre. Le nez ne s'exprime pas dans la floralité mais plutôt dans le fruit, un beau et gros fruit de cerise très mûre et épicée, tirant vers le kirsch (voir la griotte, il va sans dire). Comme si l'on devinait et goûtait dès les arômes une présupposée rondeur du vin. Le style se veut moderne, même dix ans après la mise, mais résolument respectueux du dit fruit, et donc du raisin. Le travail d'élevage - qui enrobe le tout pour lui donner ce « corset » stylistique sexy - est à citer en exemple, car il sert indubitablement le vin. Et donc en bouche, une grosse cerise épicée et son jus éclatent, dans un mouvement sphérique, avec des tanins doux et pulpeux, à peine vanillés, à la manière des célèbres Griottines.
Incontestablement un superbe pinot, qui plaira aux amateurs de versions sensuelles plus que spirituelles, un vin de jouisseur et de bouche. Mais il est bon parfois de troquer la rose contre la baie...

 
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Côtes du Rhône : Domaine Gramenon « Ceps Centenaires » 1990

gramenonA l'époque elle ne s'appelait pas encore « Mémé », mais pourtant ce sont bien des mêmes très vieilles vignes de grenache dont ce vin est issu. En 1990, Philippe Laurent était encore des nôtres. Il cessait progressivement de fournir en raisins les grandes maisons de négoce rhodaniennes  et commençait à faire parler de lui par des vins à nul autre pareil, d'un niveau encore jamais vu pour de simples Côtes du Rhône. Gramenon est un domaine paradoxal, sis au nord des Côtes du Rhône méridionales, en altitude. Viscéralement « bio », la culture se fait sans pesticides ni autres désherbants, les sols sont labourés. Les vins sont vinifiés « nature » et embouteillés avec un peu de co2.
Servi à l'aveugle, ce vin m'a longtemps « promené » avant que je commence à lui trouver de faux airs de vieux grand Chateauneuf-du-Pape en vendange entière. Il faut dire que sa belle couleur acajou peu appuyée, sa robe encore brillante, ses arômes de kirsch, de havane, d'épices, de laurier et de poivre formaient avec d'autres fragrances que je ne suis pas parvenu à isoler - comme dans tout grand bouquet qui se respecte - un premier abord follement séducteur. La bouche se laissait croquer à pleine dents avec sa rondeur, son velouté de grand style, ses tanins ultrafins, complètement spirituels et sa saveur décadente de raisin très mûr, mais tenu et vinifié avec un talent  quasi artistique.
Du grand vin, que l'on a bu d'abord pour lui même, puis qui a merveilleusement accompagné des quartiers d'oranges sanguines arrosés d'huile d'olive et d'ail frais pressé. Un accord sudiste à en attrapper la chair de poule !

 
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Barolo : Comm.G.B Burlotto « Vigneto Monvigliero » 2007

barolo_burlotto
Ce fut le 79ème et avant dernier vin de ma première journée sur le salon Vinitaly, à Vérone. Autant dire qu'après une journée de dégustation fatigante et avec un palais l'étant tout autant, rien ne prédisposait à ce que ce vin (et même toute la gamme du domaine) me fasse une telle impression. Si l'on précise, de plus, que cette cuvée fait partie des très très rares nebbiolo à être vinifiés en vendange entière, et connaissant la propension du cépage à donner naturellement des tannins austères, alors je me dis qu'il y a chez ce vigneron quelque chose qui touche au génie. Sans vouloir être démesurément dithyrambique, et en gardant bien à l'esprit les conditions de dégustation, je dois reconnaitre avoir été singulièrement touché par ce vin.
Le nez, par ses parfums complexes et envoutants, rappelle sans équivoque les plus belles cuvées de pinot en vendange entière de la Côte d'Or. Il esquisse, note après note, de subtils arômes floraux de violette, de rose, de truffe, de jus de fraise, de miel et d'agrumes confits. La bouche est d'une telle évidence qu'elle en devient difficile à décrire. Les tanins sont simplement beaux, très fins, racés, savoureux, comme infusés dans le vin. Il s'en dégage une impression de puissance contenue et maîtrisée, jouant sur un caractère flatteur et charmeur (peut-être lié au millésime) mais sans jamais tendre vers la facilité. Ce vin, c'est une rencontre avec un Barolo profond et complet, d'une douceur enchanteresse.
Plus « spirituel » qu'intellectuel, c'est un « vin d'âme », comme je l'ai simplement résumé sur mon carnet de note. Grand vin

 
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Crozes-Hermitage : Domaine Les Bruyères « Les Croix » 2009
 
bruyeres-reynaudDavid Reynaud a repris le domaine familial voilà un peu plus de dix ans. Il parvient désormais à un niveau de régularité remarquable. Fervent adepte d’une agriculture propre et partisan des préceptes biodynamiques, millésime après millésime, il met en avant ses terroirs argilo-calcaires surmontés de galets roulés de la plaine du Chassis, sur l’appellation Crozes-Hermitage. Il produit trois cuvées de rouges sur cette appellation. La cuvée « Les croix » est issue de vignes de plus de 55 ans. Les raisins sont triés sur table, puis égrappés, avant une longue macération d’environ un mois avec pigeages réguliers. Un an d’élevage sur lies fines en barriques non neuves est réalisé avant la mise en bouteilles. (NB: commentaire réalisé après une journée d'ouverture.)
Les vins de David Reynaud se caractérisent toujours par des équilibres idéaux, ils sont particulièrement aériens sans que les vins ne manquent de fond pour autant. C'est un véritable tour de force car ils ne sont pas vinifiés en vendange entière, et proposent une pureté qui laisse s’exprimer pleinement la syrah dans une gamme aromatique qui la valorise à mon goût (floral, agrumes, épices). Le nez est encore sur la retenue avec des épices, une touche de cacao et d'agrumes, dans un ensemble pur. On sent une concentration importante, sans lourdeur, qu’une note florale à l’aération vient équilibrer. La bouche possède une densité assez étonnante pour l’appellation, c’est un pur jus de syrah de grande douceur tactile et d’un équilibre magistral, sans surextraction aucune. La richesse n’est pas pénalisée par un élevage parfaitement intégré. Le vin se goûte déjà très bien malgré sa jeunesse, sur de légères notes poivrées. Longue finale épicée, salivante.
Un gros potentiel pour ce très beau vin, peut-être le plus beau crozes jeune que j’ai bu.
 
 
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Barolo : Az. Agr. Falletto di Bruno Giacosa « Le Rocche del Falletto » 2000

Bruno_GiacosaBruno Giacosa est un vrai personnage et ses plus grands vins sont des mythes. Plusieurs choses peuvent expliquer cela. Traditionnaliste impénitent au caractère digne des bourguignons les plus bougons (je pense notamment à la famille Confuron-Cotetidot à Vosne), il a construit sa réputation sur un style de vins hyper traditionnels, qui parfois le sont trop (!), mais qui - pour les meilleures bouteilles et les derniers millésimes - peuvent confiner au chef d'œuvre absolu, trônant au sommet de la hiérarchie Langhese au côté des plus grandes réussites des Giacomo Conterno, Bartolo et Giuseppe Mascarello et autres Beppe Rinaldi. Ses meilleures cuvées sont issues de ses propres vignes, détenues sous le nom d'Azienda Agricola Falletto, du nom de son grand terroir sis à Serralunga d'Alba, extrémité sud-est du vignoble de Barolo. Pourtant le domaine est basé à Neive, au cœur  du Barbaresco. Sur Barolo, Bruno produit trois vins : Croera (sur La Morra), Falletto et le mythique Rocche del Falletto, produit même en Riserva les grandes années, c'est à dire avec un an supplémentaire d'élevage en foudre. Les prix des grandes cuvées sont stratosphériques, mais quand on tombe sur les grandes bouteilles, on les oublie vite !
Millésime bâtard coincé entre deux années mythiques, 1999 et 2001, 2000 a finalement laissé peu de souvenir, si ce n'est celui d'une année plutôt chaude, généreuse, mais sans caractère mémorable. Il faut monter haut dans la hiérarchie des terroirs et vignerons pour tomber sur des réussites probantes. Mais avec le vin dégusté ici, le challenge a été relevé. Goûté à l'aveugle, le premier coup de nez m'a envoyé directement en Piémont avec ses notes de prune, de tabac brun, de quinine et de menthol. L'opulence du nez (sic) oriente le vin directement dans les Langhe et si c'est un Barolo, je pense aux secteurs de Monforte d'Alba ou Serralunga, capables de donner les barolo les plus mûrs, riches, opulents donc. Il s'agit apparemment de Serralunga d'Alba, un de mes villages préférés. Les arômes évoluent sur des notes de thé, de zan, de fruits à l'eau de vie, sa complexité et grande personnalité éclatent. A peine mis en bouche, au delà de l'ampleur et de la densité considérable, je suis saisi par deux choses : 1. le vin est finalement peu évolué et très jeune, mais je crois reconnaître un 1999 ; et 2. les tanins sont par-faits ! C'est la marque de fabrique des maîtres piémontais, capables d'affiner par le jeu des dates de vendanges, durées de cuvaisons et longs élevages sous bois (en foudre de préférence) des tanins parmi les plus formellement beaux qui soient. Comme si partant d'un bloc de marbre rugueux, ils arrivaient à faire naître la poudre calcique la plus fine et légère qui soit. Bref, des tanins de rêve, caressant mais charnus, goûteux, épicés et entremêlés qui allongent, gonflent et suavisent le vin à l'extrême. C'est un régal de jouer avec lui en bouche, tant ses qualités plastiques et tactiles sont grandes. Il se montre évidemment très long et surtout, prend une dimension fantastique à table sur une cuisine italienne de grande saveur.
Un vrai grand cru, à goûter au moins une fois dans sa vie pour se construire des repères et idéaux utiles afin de juger tout grand vin rouge dans un cadre de perfection digne de ce nom.

 
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Morgon : Domaine Joseph Chamonard « Le Clos des Lys » 1999
 
ChamonardVigneron discret, fuyant les guides et les salons, Jean Claude Chanudet dirige ce petit domaine de 4,5 ha situé sur le hameau de Corcelette, à Villié-Morgon. « Le Clos des Lys » est sa seule cuvée de Morgon (il produit également un Fleurie) issue d’un assemblage de 11 parcelles situées sur des sols de granit décomposé riche en manganèse. Vinification beaujolaises traditionnelle (inspirée des travaux de Jules Chauvet) et élevage d’environ 10 mois avec environ 1 tiers de fûts de chêne. 1999 est une année généreuse en Beaujolais qui semble aujourd’hui dans la force de l’âge pour les meilleurs d’entre eux. 
Je ne prétends qu'à de modestes connaissances sur les vins du Beaujolais, mais indiscutablement, comprendre et appréhender les vins de cette région passe par la dégustation de telles bouteilles. Il y a en effet ici, tout ce que l'on est en droit d'attendre d'un grand Beaujolais. Une robe élégante, encore brillante et intense et qui se pare de jolis reflets tuilés. Un nez fin, comme s'il se doit, mais surtout d'une complexité folle, révélant des notes finement poivrées, mentholées, fumées et d'orange sanguine, évoquant cette noble signature « granitique » que l'on retrouve dans les très belles syrah issues de l'école cornassienne traditionnelle (Clape, Robert Michel, Allemand…). La bouche vient parachever avec délectation ces premières impressions : onctuosité, suavité, finesse, élégance suprême et grande délicatesse de texture. Belle allonge aromatique, en harmonie avec l'ensemble du vin. Certes, il est loin de jouer la carte de l'opulence, mais son équilibre parait tellement abouti qu'il n'a besoin de rien de plus. 
Nicolas m'avouait avoir eu le coup de coeur pour cette région après avoir dégusté ce même vin. Aujourd'hui, je comprends plus encore son engouement et le partage pleinement. Grand vin
 
 
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IGP Hautes-Alpes : Domaine du Petit Août 2009 - cépage Mollard

agostini_petit_aoutDe cette bouteille, offerte par un de mes maîtres, Michel Grisard, je n'attendais rien ou pas grand chose, pour la simple et bonne raison que je ne connaissais presque rien du cépage et de la dite appellation. Quand je dis rien, il ne faut pas entendre quelque chose de négatif, mais plutôt une absence d'attente, un "flou artistique". Tant mieux, en fait ! Je savais seulement que le mollard est un vieux cépage de l'arc alpin, mais pas où se trouvait Théüs, village de Yann de Agostini, à la tête de ce Domaine du Petit Août. En cherchant un peu, j'apprends qu'il est vigneron dans la Vallée de la Durance. L'exploitation a été créée en 2009, ce dernier travaillant en étroite collaboration avec le Domaine Allemand. Ensemble, ils produisent des vins rouges et rosés des Hautes-Alpes, en Indication Géographique Protégée (IGP). Orientés vers l'élaboration de vins de cépages autochtones, ils vinifient entre 500 et 700 hectolitres par an, pour 15 ha de vignes au total. Concernant le mollard à proprement parler, il serait le cépage historique du vignoble haut-alpin. Au XVIIIème siècle, on le trouvait déjà dans la vallée de la Durance, le Gapençais et l’Embrunais. Apprécié pour sa bonne adaptation au climat et aux sols du pays, il est réputé rustique, vigoureux, de débourrement tardif, assez fertile, peu sensible à la coulure, facile à défendre contre l’oïdium et le mildiou. Sa maturité est de deuxième époque : à Théüs, on le vendange de fin septembre à début octobre. Dans ses Etudes sur les vignobles de France parues en 1868, le docteur Guyot apprécie son vin qu’il trouve "frais, moyennement alcoolique, d’une bonne couleur grenat, facile à digérer et très alimentaire". Il le situe entre les vins de Mondeuse dont il a un peu le bouquet et ceux de Gamay. 
Et j'avoue que sans connaître les écrits du Dr Guyot (je les ai seulement découverts en rédigeant ce petit billet), la robe brillante aux reflets violet, les arômes d'épices, de fruit à noyau (griotte), de poix et de poivre, le côté sauvage, m'ont fait penser à la mondeuse (et aux descriptions de l'antique vitis allobrogica) ; alors que la nervosité de la bouche, la personnalité aromatique, le faible alcool perceptible (seulement 12.5°, alors que la maturité phénolique semble atteinte), m'ont davantage rappelé certains cépages valdôtains de type Mayolet ou Petit rouge. Corps de bonne densité, végétalité noble et "alpine", saveurs qui retrouvent les fragrances du nez, allonge aromatique, excellente tenue dans le verre et donc à l'air. Et très bon comportement à table, avec une touche vin de montagne originale en prime. Pas de doute, ce vin a de la personnalité, il est bon et témoigne sans doute d'un passé viticole régional à redécouvrir.
Voilà une bouteille qui invite à en savoir plus et à rencontrer les gens qui l'ont engendrée. Chapeau !
 
Coordonnées du domaine : Domaine du Petit Aout, Yann de Agostini - 05190 La Plaine de Théüs - Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. .

 


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Le 20/10/2017 à 01h43
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