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Cornas : quand la syrah et le granit fusionnent…
  
 
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Situation et histoire
 
Signifiant terre brûlée en celte, la « petite » appellation Cornas est située sur la rive droite du Rhône, à la hauteur de Valence, entre la presque fin du vignoble de St-Joseph (commune de Chateaubourg, s'il on met de côté celle de Guilherand-Granges) et l’AOC St-Péray. Dans les premiers temps, on raconte que Cornas produisait du vin blanc, peut être plus propice à véhiculer la notion de pureté lors des services religieux. Ce n’est qu’à partir du début du XVIème siècle que les écrits commencent à mentionner la couleur rouge du vin local. L’âge d’or du XVIIIème siècle va progressivement laisser place à un véritable déclin lié à la crise du phylloxéra, au terrible gel de 1938 qui détruisit les trois quarts du vignoble (nombre de ces vignes n’ont pas été replantées de nos jours), et enfin aux méfaits de la guerre (130 ha en 1939 et seulement 60 ha en 1970).
 
Après celle-ci, le vin était vendu en vrac dans les cafés, le niveau de prix avoisinant dit on celui du lait. Les producteurs n’avaient pas les moyens de mettre leur production en bouteilles et les négociants ne leur achetaient pas ou plutôt plus de vin. Par ailleurs, le Cornas était aussi utilisé comme vin de coupage pour d’autres appellations, on le sait. En 1956, les choses changent : à l'instar de leurs cousins bourguignons (familles d'Angerville, Gouges, etc), les domaines Clape, Juge, Michel, Lionnet et Voge décident de sauter le pas et seront les premiers à mettre en bouteille à leur nom. Cornas sera finalement « sauvé » grâce à la fin de la crise de mévente (qui dura tout de même jusqu’en 1965), par l’intérêt d’étrangers pour les vins des Côtes du Rhône Nord, la disparition du négoce en manque d’argent et le classement de l’appellation en patrimoine national, donc en zone protégée. Aujourd’hui on dénombre près de 60 adhérents au syndicat des vignerons, avec près de la moitié vivant uniquement de cette activité.
 
 
Le vignoble
 
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Jeunes vignes sur le plateau, au fond le Château de Crussol...
 
Cornas est avant tout 1 seule commune, 1 seule AOC (rouge) et 1 seul cépage (la syrah). L’appellation couvrait 500 ha au XIXème siècle, elle en représente le cinquième - un peu plus de 100 ha - actuellement. Et s’étend ces dernières années avec quelques plantations récentes sur le plateau et en sa direction. Le vignoble est constitué de 3/4 de vignes en coteaux et 1/4 en piémont ou plateau. Une partie est plantée en terrasses soutenues par des murs de pierre sèche alors que le restant repose sur des pentes rocailleuses abruptes variant de 30 à 60%. Les altitudes de plantation sont comprises entre 150 mètres (pour les parcelles touchant le village) et 350 mètres environ pour les nouvelles plantations au sommet du plateau, à côté de la chapelle qui servait de lieu de pèlerinage, jadis, du temps des grêles ravageuses. Les limites de l'appellation allant sur le papier jusqu'à 500 mètres. Cette zone est plantée et cultivée depuis peu et les maturités y sont sensiblement plus tardives que les parties historiquement réputées : la zone est balayée de vents froids, l’ensoleillement est moindre, le risque de gel plus élevé, ce qui conduit à des décalages de maturités allant jusqu'à une semaine, voire davantage. Mais on peut - paraît-il - y faire de jolis vins assez frais. Pourquoi pas ?!
 
Les meilleurs coteaux historiques de Cornas fournissent à la vigne des conditions exceptionnelles : orientation est et sud avec toutefois passage d’un vent du nord sec et froid qui crée un microclimat bénéfique aux vignes exposées au sud (Reynard, Geynale). En général, cette appellation connaît un été chaud et une maturité relativement précoce : parfois 1 semaine d’avance par rapport à l’Hermitage, situé à 15 km au nord.
 
Formation naturelle du gore                                                            Aperçu du « résultat »
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Délitement manuel du granit                                                   Roche fortement altéré et sables
 
Les sols sont constitués en grande majorité de granit décomposé (le gore), mais aussi d’éléments calcaires, marno-calcaires et sableux plus ou moins présents et mêlés aux éléments granitiques. Le nord de l’appellation contient plus de calcaire et d’argile, il est réputé pour ses vins colorés, assez « solides » et au vieillissement long. Le sud de l’appellation composé de sols plutôt granitiques et sableux donnerait des vins plus fins. A titre personnel, nous pensons que cette assertion demande des nuances supplémentaires, car la réalité du terrain est bien plus complexe, comme toujours ! Par contre il est certain que les pieds de coteaux sont des sols profonds constitués d’alluvions provenant de la décomposition des coteaux, donnant des vins moins nuancés, moins complexes et donc plus simples, vite ouverts.
 
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Parcelles planes du « bas », palissées et mécanisables.
 
Culture de la vigne
 
Cornas est déclaré AOC depuis 1938. Le vin doit être issu d’une vigne de syrah d’au minimum 4 ans et justifier un degré alcoolique naturel d’au moins 10.5°. Le rendement de base est fixé à 40 hl/ha. Les travaux du vignoble en coteau sont faits à la main, seules les parties planes proches du village peuvent être mécanisées, mais ce ne sont pas les plus beaux quartiers. A Cornas, on dit qu’un homme seul ne peut pas cultiver plus de 2 ha de vigne. Les sols sont rarement travaillés sur les parcelles de coteau, les risques d’érosion étant élevés et les coûts en main d'œuvre vite prohibitifs. A notre connaissance les domaines Allemand et Barret les travaillent (piochon et treuil, chenillard dans les parties peu pentues). Les autres vignerons désherbent chimiquement ou thermiquement, l’herbe arrêtant naturellement de pousser à partir du mois de mai (influence du climat). Signalons que dans les années 70 et 80 les vignerons avouent avoir commis des excès en matière d'usage de produits de synthèse, bien encouragés par les marchands de produits phytosanitaires. Au fil du temps, les doses ont été réduites et nombre de producteurs n’utilisent aujourd’hui que le minimum utile pour juguler l’herbe trop concurrentielle pour la vigne sur ces sols pauvres.
 
Les sols généralement superficiels de Cornas sont peu structurés. Ils ont peu de capacité de stockage en eau notamment, et les racines sont en contact direct avec la roche, elle même très proche de la surface, voire affleurante. Des caractéristiques qui peuvent favoriser le stress de la vigne pendant la période finale de maturation, notamment en année de canicule. Pour compenser ces phénomènes, certains vignerons choisissent d’augmenter la surface foliaire pour apporter, en plus d’une meilleure maturité, un peu de l’inertie dont le sol manque : moins de réactivité aux variations climatiques grâce à la protection de l’écran végétal et donc plus d’harmonie dans le cycle de maturation du raisin. C’est ainsi qu’on voit des vignes reliées en « pont » végétal. Si le domaine Clape a été un peu l’instigateur de cette technique, de jeunes vignerons tels Matthieu Barret ou Stéphane Robert la pratiquent.
 
Cornas6
Vignes « en pont », quartier Sabarotte, Domaine Clape.
 
Les densités de plantation vont de 4400 (pieds de coteaux) à 10'000 pieds par ha. Sur les coteaux on trouve principalement 7500 à 8000 pieds/ha. Si les clones de syrah qualitatifs sont aujourd’hui bien connus et utilisés (de nombreux ont été développés sur place), on louera le fait que de nombreuses vieilles sélections massales aient été sauvées. Les plus vieilles vignes encore en culture proviennent d’ailleurs de ce type de plant, avec une population d'individus très diversifiée, et des raisins légèrement ovoïdes qui correspondent au profil historique de la serine décrit… et pourtant réputée davantage présente en Côte-Rôtie. Dans les faits, il semblerait que ce soit l’inverse : ce sont des professionnels de l'ampélographie qui l'affirment !
 
La majorité des plantations en coteau est conduite en gobelet à 2 ou 3 (plus rarement 4) portants et 2 yeux chacun. Mais certaines vignes des parties basses (Voge), en coteau (Matthieu Barret) ou sur le plateau (Colombo), plantées sur des parties davantage planes ou en terrasses, peuvent être tenues en Cordon de Royat, taille utilisée sur presque toutes les vignes sur fil de fer avec d’assez bon - voire excellents - résultats, notamment dans la gestion de la surface foliaire et du port. Enfin, nous rappelons à toute fin utile que les vendanges à Cornas se font bien souvent et logiquement dans la pente, elles sont évidemment manuelles et très physiques, les organismes étant mis à rude épreuve !
 
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Vignes de Matthieu Barret (Domaine du Coulet) sur fil.
 
Sensibilités vigneronnes et styles
 
En schématisant très grossièrement, on peut distinguer aujourd’hui 3 grands « courants », avec toutes les nuances intermédiaires possibles et imaginables :

Les « Traditionalistes » : comme Clape, M. Juge, R. Michel, F. Balthazar, Lionnet : pas ou peu d’égrappage, cuvaisons longues sans augmenter artificiellement la température, fermentation via levures indigènes, pas d’acidification, pas ou peu de chaptalisation, élevages avec peu ou pas de bois neuf, et relativement longs (jusqu’à 24 mois), sulfitage à la mise, pas de filtration.

Les « Modernistes » : comme Colombo, Courbis, Voge : égrappage, contrôle des températures vers le haut, remontages et pigeages, bois neuf présent en quantités plus ou moins importantes, sulfitage à la mise, collage et légère filtration.

Les « Nature » : comme Th. Allemand, M. Barret : culture de la vigne bio ou s'en rapprochant, travail des sols sur toute ou partie des parcelles, vinifications sans SO2 et sans intrants, zéro chaptalisation, élevages discrets au niveau du bois, en réduction, pas ou peu de filtration, sulfitage à la mise léger. 

 
Les principales parcelles et quartiers
 
Reynard : le quartier le plus réputé de tous, coteau abrité des vents froids, exposé plein sud, amphithéâtre granitique avec présence d’un peu d’argile. Des vins réputés pour leur charpente, leur ampleur et leur côté épicé/poivré. Le vin du domaine Allemand est très recherché. Ce climat entre pour beaucoup dans la composition du Cornas du domaine Clape.
 
Tézier : c’est peut être la partie visuellement la plus connue du vignoble, exposition qui tourne autour du sud. Ce quartier est une avancée de granit dans le coteau, avec des sols relativement sensibles à l’érosion. Les vins qui en résultent sont fins mais n’ont pas la densité de Reynard. Par contre ils peuvent avantageusement compléter des assemblages.
 
La Ge(y)nale : quartier mis en valeur par Robert Michel, le premier à l’avoir revendiqué : la dénomination Geynale a d’ailleurs été déposée par lui même (voir ses étiquettes). Noter que le PH des sols de ce climat est neutre, alors que sur d’autres parcelles l’acidité élevée oblige à changer les piquets en bois tous les 7 ans, ou alors opter pour les piquets PVC (blancs, pas très beaux mais résistants aux intempéries si correctement réalisés). Vin dense, mais non dénué de finesse, pouvant délivrer beaucoup de parfum, notamment des notes de violette inoubliables. Les vignes de Robert ont été reprises par Vincent Paris. Thierry Allemand et Matthieu Barret en possède aussi quelques arpents.
 
Chaillot : autre grand terroir réputé, et à juste titre, le Chaillot bénéficie en grande partie d’une exposition au levant. Quartier situé derrière la partie la plus connue du vignoble, dans une vallée assez large et ouverte. Les vins qui en résultent sont généralement très fins et brillent par leur ampleur et leur souplesse. De nombreux très bons vignerons ont la chance d’y posséder des vignes. Noter que ce quartier est aussi un des plus vastes.
 
Ruchets (dans Chaillot) : revendiqué par le Domaine Colombo.
 
Sabarotte : revendiqué par le domaine Courbis. Exposition sud majoritaire, avec des nuances est et ouest. Profil de vins denses, burinés, fermes, « masculins ». Le granit est peu décomposé, la pente est appuyée, c'est un coin relativement accidenté idéal pour observer la formation du gore via l'érosion. Une petite placette en son centre permet un point de vue idéal sur le vignoble et le village. C'est aussi là que l'hélicoptère qui effectue des traitements sur les vignes vient parfois se poser.
 
La Côte et Grande Côte : secteurs de granit pur, sensibles au stress hydrique, expositions sud-est, donnent des vins fins, élégants. Prolongement et style proche de Tézier, même si l’exposition est différente et le type de maturité également. Clape y possède deux vignes de 50 ans.
 
Les Mazards : n’étant pas réputé être un des secteurs les plus qualitatifs, les Mazards est connu pour être le quartier de bas de coteau qui a récemment failli être arraché en vue de projets d’urbanisme. C’est l’ancien maire de la commune qui était à l’origine de cette idée. Toutefois, celle-ci n’a pas été concrétisée et ce dernier a été « éjecté » par les cornassiens aux dernières élections. On ne rigole pas avec ces choses là !
 
Les Eygats : revendiqué par le domaine Courbis. Secteur de coteau, exposition sud/est et est, à 250 mètres d’altitude.
 
Champelrose : revendiqué par le domaine Courbis. Secteur de pied de coteau connu pour ses vins précoces et relativement vite ouverts, souples.
 
Patou : sud de l’AOC, en allant sur St Péray, exposition au levant. Quartier peu revendiqué.

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Vue d'ensemble de la partie la plus connue du vignoble, et quelques quartiers connus...
 
Millésimes
 
Notre expérience personnelle ainsi que nos sources et échanges avec Robert Michel - mémoire du vignoble cornassien - nous permettent ces quelques mots :
 
2006 : été tempéré, cycle de maturation sans à coups, belle arrière saison. Tanins souples, fins, mais bien mûrs, une sorte de compromis entre 2004 et 2005. Les meilleurs sont ravissants et ne manquent pas de fond : une année que nous aimons beaucoup !
 
2005 : millésime très sain, avec une faible récolte de petits raisins, parfois du stress hydrique. Vins denses, puissants, l’écueil étant la dureté (sous-maturité phénolique) et la lourdeur alcoolique (surmaturité).
 
2004 : temps frais en août avec un mistral assainissant début septembre. Beaux, voire parfois très beaux vins croquants, élégants, très « syrah », très « septentrionaux » dans l'équilibre. Mais certaines cuvées possèdent des finales amères de raisins mal mûris, il faut trier !
 
2003 : millésime caniculaire, hors normes, avec des vendanges s’étalant du 24 août au 6 septembre. Nombreuses maturités bloquées qui ont pu reprendre avec le rafraîchissement de début septembre. Vins de profil atypique, baroques, souvent chaleureux (15°), parfois verts (blocages de maturités).
 
2002 : millésime marqué par un été froid plus que par une dilution liée à la pluie. Des vins souvent trop pauvres en maturité, durs, mais les meilleurs peuvent être prodigieux de fruit et d’expressivité (Geynale 2002 de R. Michel est la plus grande syrah que nous connaissions dans ce millésime).
 
2001 : grand millésime, haute maturité avec une très légère faiblesse d’acidité. Vendange abondante, pas de soucis particuliers. Des vins mûrs, denses, complets, de grande garde, peut être difficiles à goûter en ce moment.
 
De façon plus succincte :
  • 2000 : été sec, mais récolte abondante, avec parfois un peu de dilution. Profil difficile à généraliser.
  • 1999 : millésime facile, sain, mûr, abondant. Grande année, les meilleurs ont tout !
  • 1998 : été chaud et sec, petite récolte, stress hydrique possible. Vins concentrés et structurés, sans concession, mais parfois un peu secs.
  • 1997 : style proche du millésime 2000, à boire.
  • 1996 : été frais, maturités compliquées, les meilleurs ont vendangé le plus tard possible, avant que la pourriture ne s’installe. Mais vins souvent durs.
  • 1995 : récolte modérée, belles concentrations dès le raisin. Les vins sont complets et commencent à s'assagir.
  • 1994 : assez bon millésime méconnu, à boire.
  • 1991 : vins indestructibles, concentrés, resplendissants aujourd'hui.
  • 1990 : grande année généreuse, mûre et opulente, se goute très bien.
  • 1989 : un millésime solaire, très mûr, très expressif !
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Chaillot : la vigne terrassée a longtemps été exploitée par Robert Michel qui l'a plantée et façonnée (Cuchet-Béliando propriétaire). 
Et c'est Guillaume Gilles qui a repris la location en métayage de Robert  !
   
Nos domaines préférés (par ordre alphabétique)
 
THIERRY ALLEMAND - 22, impasse des Granges 07130 Cornas
Tel. : 04 75 81 06 50
Voilà bien un vigneron secret, mais proche de réunir tous les suffrages quant à ses vins, en tout cas sur les derniers millésimes. Son parcours est atypique : ancien électromécanicien, il a derrière lui presque 30 années de labeur avant d'en arriver là. De 1982 à 1997 il travaille à plein-temps chez Robert Michel, tout en se gardant du temps tôt le matin, tard le soir, et pendant les week-end pour ses vignes à lui : Chaillot et quelques arpents extrêmement bien situés dans l'immense Reynard, mais pas uniquement (Saveaux, Génale, Tézier, Le Bois, Lily le Haut, le Pigeonnier). Pour être digne de ces grands terroirs et faire des vins qui leurs ressemblent, la recette est simple : travail des sols sur une bonne partie du vignoble, culture aussi "propre" que possible, vinifications en grappes entières, pigeages en douceur aux pieds, élevage 24 mois en barriques et zéro bois neuf. Alors pourquoi ses vins sont-ils si bons ? Sans doute parce que chaque geste est effectué avec adresse et assurance, l'intelligence du geste ni plus ni moins, et l'effet d'expérience qui joue à plein. De nos dégustations récentes, nous louerons un très joli Chaillot 2005, ciselé et aérien ; un grand Reynard 2006, parangon d'expression de son terroir, tout en muscle mais sans perdre le raffinement des plus belles syrahs de granit ; et un idéal Reynard 1991, aujourd'hui à point, ne faisant pas son âge et dispensant du menthol et du poivre noir à qui veut bien le sentir. Adresse bien évidemment incontournable et que nous ne contournerons donc pas ! 
 
FRANCK BALTHAZAR - 8, rue des Violettes (dom.) / 1, imp. Des Basses Rues (cav.) 07130 Cornas
Tel. : 04 75 80 01 72 -
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Domaine peu connu et pourtant de véritable antériorité - l'oncle de Franck, René, est de la génération de Bob Michel, et faisait du vin depuis longtemps -. On est ici complètement « traditionaliste » dans la vision du vin de Cornas. L'unique Chaillot provient d'une parcelle de 1.4 ha de vieilles vignes replantées après le phylloxera. Les traitements ne sont réalisés qu'avec des produits certifiés conformes AB. Franck travaille les sols sur les parties mécanisables, les autres sont désherbées une fois dans l’année. Il vinifie en raisins entiers sans ajout de tanins ni de levures, et élève en fûts de 600 litres pendant 18 mois, sans bois neuf. Puis met sans collage, ni filtration. A mille lieues des cuvées ++++ que l'on peut (malheureusement) encore goûter sur l'appellation, son vin, quand il est pur, brille par une finesse toute granitique et toute « Chaillotine » : sapidité, tanins dentelés, en nuance et retenue. Le 2008 gouté au Marché aux vins était un des meilleurs vins dégustables sur le millésime. Une visite s'impose.
 
AUGUSTE CLAPE, Pierre et Olivier Clape - 146, avenue du Colonel Rousset 07130 Cornas
Tel. : 04 75 40 33 64
Notre expérience des vins de Clape est toute récente, nous l'avouons. Mais nous confessons sans complexes que les 2006 et 2007 goûtés récemment nous sont apparus d'une complétude et d'un niveau d'aboutissement qui plaçait le domaine (sur sa grande cuvée de Cornas) dans le peloton de tête de l'AOC, confirmant donc la réputation qui est la sienne. Une visite in situ et d'autres vins dégustés ne manqueront pas de compléter cet a priori très positif. En attendant, pour les curieux, on peut peut être rappeler ces quelques points sur le domaine : il possède des vignes (pontées) sur de nombreux quartiers de l’appellation, mais ce sont régulièrement celles issues de Sabarotte (0.6 ha de vignes de 60 ans), 0.5 ha situés entre Geynale et Reynards, 1.5 ha de vignes de 50 ans sur Côte et Petite Côte, et surtout 1 ha de vignes de 60 ans d’âge moyen sur Reynards qui font le Cornas du domaine. Les vinifications sont très traditionnelles, sans égrappage, elles se font sans acidification, via levures indigènes, la chaptalisation est minime ou nulle, les cuvaisons durent en moyenne 12 jours avec 2 pigeages par jour et 1 léger remontage. Les FML se font souvent avant Noël, l’élevage dure 20 mois en foudres de 11 à 13hl complétés d’une série de petits foudres de 7hl. Après 16 mois d’élevage, les lots sont assemblés en masse et retournent quelques mois en foudre. Les vins ne sont pas filtrés, un léger collage au blanc d’œuf est réalisé à la mise, l’usage du soufre est modéré. La suite au prochain épisode... 
 
GUILLAUME GILLES - 1, Grande Rue 07130 Cornas
Tel. : 04 75 55 38 26 ou 06 71 29 03 65 -
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Rencontré pour la première fois cette année au marché des vins de Cornas, nous devons confesser que nous avons été plus qu'enthousiasmés par le bonhomme et ses vins : avec ses 2007, Guillaume frappe fort ! De la pureté, du style et de l'humilité dans la construction, le tout en égrappant le moins possible, mais sans dogme. Juste faire le meilleur vin possible, et surtout celui qui a le plus la gueule de l'endroit. La gamme est simple : deux cuvées : un Côtes-du-Rhône issu de vignes centenaires, la Pérouse, qui en remontrerait à bien des crus d'AOC prestigieuses ; et un Cornas, issu en partie du Chaillot (vigne il y a encore peu exploitée par Bob Michel, un de ses meilleurs "profs"), mais aussi de Mazards et Saveaux, et simplement étiqueté du nom de son appellation. Impeccable sur tous les plans, qu'on a juste envie de boire ou garder (le 2008 est du même tonneau). Une adresse à suivre et à garder précieusement dans son carnet. Il paraît qu'il a même été stagiaire chez Chave et que Jean-Louis dit le plus grand bien de lui...
 
DOMAINE LIONNET, Corinne Lionnet – 160 route national 86 07130 Cornas
Tél. : 04 75 40 21 41 ou 06 24 39 02 84 http://www.domainelionnet.fr/
Nous avons rencontré Ludovic et fait la connaissance avec ses vins au Marché aux Vins de Cornas, avec un coup de cœur pour son travail et humilité. Le domaine Lionnet est une petite exploitation familiale qui ne compte que 2.5 ha, repartis en six parcelles sur quatre quartiers de l’appellation. Anciennement domaine Pierre Lionnet, la propriété est reprise un peu précipitamment en 2003, après le décès de ce dernier, par sa fille Corinne et son compagnon Ludovic. Cette épreuve marque un nouveau départ pour le domaine qui entame dés 2004 une reconversion en agriculture biologique. Aujourd’hui Corinne et Ludovic travaillent de manière très traditionnelle (vendange entière, vinification en cuves béton ouvertes, pas de levurage ni enzymage, macérations d'au moins 15 jours puis élevage en pièces et demi-muids d'au moins deux vins pendant 18 mois) et sont certifiés bio depuis le millésime 2009. Une seule cuvée, « Terre Brulée », est produite essentiellement avec de vieilles et très vieilles vignes. Nous n’avons, certes, pas beaucoup de recul sur sa production, mais tout le travail et la passion mis en œuvre ici nous incitent à croire qu’il peut rapidement devenir une valeur sûre de l’appellation. A suivre…
 
ROBERT MICHEL - 8, impasse de l'Equerre 07130 Cornas
Tel. : 04 75 40 38 70
Si une grande partie des meilleurs jeunes vignerons actuels est passée chez lui pour apprendre, ce n'est sans doute pas un hasard. Qui n'a pas dégusté ses derniers millésimes, sa géniale Geynale 2002, cette dernière sur 1988 ou même le Chaillot (cuvée des Coteaux) sur le non évident millésime 1994 passe à côté de vins qui sont - pour nous - l'essence même de deux des plus grands terroirs de la commune. Robert a cessé son activité et transmis les vignes qu'il exploitait à deux jeunes très talentueux (La Geynale à Vincent Paris, son neveu, et le Chaillot à Guillaume Gilles, sans doute un de ses meilleurs « disciples »), mais il commercialise encore les millésimes 2004, 05 et 06 ; et a même remis à la vente quelques Geynale 2002 récemment. Une visite chez lui est tout à fait envisageable : vous serez alors extrêmement bien reçu par un des plus grand monsieur du vin que nous connaissions. Un monument d'humilité, de passion et de malice. Qui vous fera alors taster des vins « à l'ancienne » (pas de bois neuf, vendange entière) mais nets et surtout qui transpirent le granit : les cornas qui fleurent la violette, c'est ici. Immanquable, adresse favorite.  
 
VINCENT PARIS - chemin des Peyrouses, 07130 Cornas
Tel. : 04 75 40 13 04 -
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Vincent est le neveu de Robert Michel, et possède - au dela de la Geynale qu'il a rachetée à ce dernier par le système du GFA - de très belles vignes qu'il doit à son père, à son grand père et à lui même (quartiers Patou, Sauman, Reynard, Mazards, entre autres). Passé la ressemblance physique troublante qui le lie à son oncle, ces deux vignerons ne sont pas des copies conformes : Vincent se permet d'égrapper si le millésime ou le raisin le commande, pense ses vins de façon originale (Granit 30 et 60 qui correspondent aux pentes des différentes parcelles qui entrent dans la composition des deux vins, Elixyrah qui est une VT de syrah, la cuvée de Granit blanc produite via des vignes présentes sur les hauteurs), et les propose dans des habillages logiquement un peu plus contemporains. Sur 2008 nous avons gouté chez lui un Granit 30 pur, fin, très "granit" justement, un très joli vin frais ; un Granit 60 à l'acescence un peu haute mais doté d'une très belle matière ; et une Geynale qui une fois bien aérée affichait une grande personnalité, à la fois riche et tendue, sapide, avec des arômes de violette et kirsch qui rappelaient des choses ressenties chez le tonton sur des millésimes antérieurs. On choisira donc après dégustation, toujours en fonction de ses propres goûts, la gamme de Vincent permettant de largement trouver son bonheur. Ici aussi il faudra que l'on aille, et ce sera avec un plaisir non dissimulé, d'autant que ce vigneron semble être un personnage doté d'une vraie vision et exigence, avec une ambition qui lui fait honneur. Et qui plus est capable de donner de son temps pour son AOC et de s'investir pour la collectivité vigneronne, ce qui n'est pas rien !
 
DOMAINE DU TUNNEL, Stéphane Robert - 20, rue de la République 07130 Saint-Péray
Tél. : 04 75 80 04 66 -
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Nous ne suivons le travail de Stéphane que depuis 3 ans, ce qui est peu, mais dans ce laps de temps court, nous avons la sensation de voir ses vins d'un abord plutôt « moderne » - quand on compare à d'autres et ce n'est pas non plus un gros mot - s'affiner de millésime en millésime, avec des empruntes de bois réduites, des densités qui ne faiblissent pas, des définitions tanniques qui s'aiguisent, une identité cornassienne préservée, et surtout perdure l'idée que ces cuvées richement dotées n'auront pas peur du temps qui passe. Qu'il s'agisse du simple Cornas comme de la cuvée Vin Noir. Le « Pur Noir » n'étant à ce jour qu'un unique essai sur le millésime 2006, nous ne pouvons le juger avec recul, même si c'est un vin de forte enveloppe, très profond. Rappelons tout de même pour expliciter le profil des cuvées ici produites que Stéphane possède nombre de vieilles vignes dans différents lieux-dits réputés, qu'il effectue un gros travail d’épamprage, ébourgeonnage, enlève les entrecoeurs, effeuille raisonnablement, et cultive ses vignes en pont. Assez bas, ses rendements avoisinent souvent les 25hl/ha. Il vinifie en petites cuves inox thermorégulées, via levures indigènes, pratique des remontages et pigeages, extrait jusqu'à 35°C et élève en barriques de 4-5 vins jusqu'à 14 mois. Ajoutons enfin que c'est un vigneron d'une humanité et simplicité simplement réjouissantes. Si vous lui demandez de vous parler de la parcelle qu'il défricha puis planta sur des pentes terrifiantes, vous verrez même que derrière l'apparent « nounours » se cache un lion, un personnage à l'humilité consolidée par des heures de travail âpre. Une force tranquille. 
 
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Cornas : un village, une AOC, des vignerons et des vins... qui ont de la gueule !

S'il est une vertu que nous souhaiterions faire entrevoir quant à cette appellation, c'est celle d'identité, de personnalité, d'âme forte qu'elle possède. Ce qui ne veut pas dire que le (grand) vin de cornas doit être dur, noir, et demander des années avant de s'ouvrir et d'être buvable. Bien au contraire. L'image qui colle à la peau de l'appellation semble davantage correspondre à un profil de vins d'un autre temps, issus de raisins vendangés précocement, et vinifiés et élevés approximativement. Puis dans les années 90 est venu le temps des bêtes à concours, des monstres chauds, extraits et maquillés comme des camions volés. Que nenni ! Le grand cornas peut être bien mieux et meilleur que cela : un vin capable de réaliser la quadrature du cercle, comme seuls les plus grands terroirs - lorsqu'ils sont mis en contact avec un cépage qui leur colle à la peau et interprétés par des gens sensibles - peuvent le permettre : qu'ont en commun un Geynale 2002 de Robert Michel, un Reynard 1991 de Thierry Allemand, un 2007 de Guillaume Gilles, ou encore un 2006 de Clape ? La complexité du bouquet, la délicatesse du grain, la force du vin, la fraicheur du jus, la tension d'ensemble, et surtout une sacrée personnalité. A notre sens, s'il est une AOC où subsiste aujourd'hui un vrai et noble esprit vigneron et de grandes expressions de syrahs pures et burinées par leurs (grands) terroirs, à des prix encore humains, peut être plus que partout ailleurs dans le couloir rhodanien, c'est ici à Cornas. En tout cas nous nous plaisons à le croire.
 
Nous adressons enfin nos chaleureux remerciements à Robert Michel, Stéphane Robert, Matthieu Barret, Guillaume Gilles, Franck Balthazar et Vincent Paris pour le temps qu'ils nous ont consacré et leur oeil bienveillant.
 
 
 
 
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Notes et références :
- « Domaine Auguste Clape : cornas de pères en fils », Le rouge et le blanc N°87, par Franck Sauvey
- « Thierry  Allemand, l'authenticité à Cornas », Le rouge et le blanc N°93, par Yaïr Tabor
- « Le Cornas, un vin de légende », Le rouge et le blanc N°17, par Noëlla Chaillou & Vincent Valentino
- Dégustation « Cornas » dirigée et organisée en novembre 2009 par Nicolas Herbin : ICI 
- Mis à jour le 24 septembre 2011 : ajout domaine Lionnet - corrections diverses
- Mis à jour le 05 decembre 2011: suppression domaine du Coulet
 

Le 30/08/2014 à 04h25
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