
Délitement manuel du granit Roche fortement altéré et sables
Culture de la vigne
Les « Traditionalistes » : comme Clape, M. Juge, R. Michel, F. Balthazar : pas ou peu d’égrappage, cuvaisons longues sans augmenter artificiellement la température, fermentation via levures indigènes, pas d’acidification, pas ou peu de chaptalisation, élevages avec peu ou pas de bois neuf, et relativement longs (jusqu’à 24 mois), sulfitage à la mise, pas de filtration.
Les « Modernistes » : comme J. Lionnet, Colombo, Courbis, Voge : égrappage, contrôle des températures vers le haut, remontages et pigeages, bois neuf présent en quantités plus ou moins importantes, sulfitage à la mise, collage et légère filtration.
Les « Nature » : comme Th. Allemand, M. Barret : culture de la vigne bio ou s'en rapprochant, travail des sols sur toute ou partie des parcelles, vinifications sans SO2 et sans intrants, zéro chaptalisation, élevages discrets au niveau du bois, en réduction, pas ou peu de filtration, sulfitage à la mise léger.

Chaillot : la vigne terrassée a longtemps été exploitée par Robert Michel qui l'a plantée et façonnée (Cuchet-Béliando propriétaire).
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2000 : été sec, mais récolte abondante, avec parfois un peu de dilution. Profil difficile à généraliser.
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1999 : millésime facile, sain, mûr, abondant. Grande année, les meilleurs ont tout !
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1998 : été chaud et sec, petite récolte, stress hydrique possible. Vins concentrés et structurés, sans concession, mais parfois un peu secs.
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1997 : style proche du millésime 2000, à boire.
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1996 : été frais, maturités compliquées, les meilleurs ont vendangé le plus tard possible, avant que la pourriture ne s’installe. Mais vins souvent durs.
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1995 : récolte modérée, belles concentrations dès le raisin. Les vins sont complets et commencent à s'assagir.
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1994 : assez bon millésime méconnu, à boire.
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1991 : vins indestructibles, concentrés, resplendissants aujourd'hui.
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1990 : grande année généreuse, mûre et opulente, se goute très bien.
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1989 : un millésime solaire, très mûr, très expressif !
S'il est une vertu que nous souhaiterions faire entrevoir quant à cette appellation, c'est celle d'identité, de personnalité, d'âme forte qu'elle possède. Ce qui ne veut pas dire que le (grand) vin de cornas doit être dur, noir, et demander des années avant de s'ouvrir et d'être buvable. Bien au contraire. L'image qui colle à la peau de l'appellation semble davantage correspondre à un profil de vins d'un autre temps, issus de raisins vendangés précocement, et vinifiés et élevés approximativement. Puis dans les années 90 est venu le temps des bêtes à concours, des monstres chauds, extraits et maquillés comme des camions volés. Que nenni ! Le grand cornas peut être bien mieux et meilleur que cela : un vin capable de réaliser la quadrature du cercle, comme seuls les plus grands terroirs - lorsqu'ils sont mis en contact avec un cépage qui leur colle à la peau et interprétés par des gens sensibles - peuvent le permettre : qu'ont en commun un Geynale 2002 de Robert Michel, un Reynard 1991 de Thierry Allemand, un 2007 de Guillaume Gilles, ou encore un 2006 de Clape ? La complexité du bouquet, la délicatesse du grain, la force du vin, la fraicheur du jus, la tension d'ensemble, et surtout une sacrée personnalité. A notre sens, s'il est une AOC où subsiste aujourd'hui un vrai et noble esprit vigneron et de grandes expressions de syrahs pures et burinées par leurs (grands) terroirs, à des prix encore humains, peut être plus que partout ailleurs dans le couloir rhodanien, c'est ici à Cornas. En tout cas nous nous plaisons à le croire.
Tel. : 04 75 81 06 50
Voilà bien un vigneron secret, mais proche de réunir tous les suffrages quant à ses vins, en tout cas sur les derniers millésimes. Son parcours est atypique : ancien électromécanicien, il a derrière lui presque 30 années de labeur avant d'en arriver là. De 1982 à 1997 il travaille à plein-temps chez Robert Michel, tout en se gardant du temps tôt le matin, tard le soir, et pendant les week-end pour ses vignes à lui : Chaillot et quelques arpents extrêmement bien situés dans l'immense Reynard, mais pas uniquement (Saveaux, Génale, Tézier, Le Bois, Lily le Haut, le Pigeonnier). Pour être digne de ces grands terroirs et faire des vins qui leurs ressemblent, la recette est simple : travail des sols sur une bonne partie du vignoble, culture aussi "propre" que possible, vinifications en grappes entières, pigeages en douceur aux pieds, élevage 24 mois en barriques et zéro bois neuf. Alors pourquoi ses vins sont-ils si bons ? Sans doute parce que chaque geste est effectué avec adresse et assurance, l'intelligence du geste ni plus ni moins, et l'effet d'expérience qui joue à plein. De nos dégustations récentes, nous louerons un très joli Chaillot 2005, ciselé et aérien ; un grand Reynard 2006, parangon d'expression de son terroir, tout en muscle mais sans perdre le raffinement des plus belles syrahs de granit ; et un idéal Reynard 1991, aujourd'hui à point, ne faisant pas son âge et dispensant du menthol et du poivre noir à qui veut bien le sentir. Adresse bien évidemment incontournable et que nous ne contournerons donc pas !
Tel. : 04 75 80 01 72 - Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Domaine peu connu et pourtant de véritable antériorité - l'oncle de Franck, René, est de la génération de Bob Michel, et faisait du vin depuis longtemps -. On est ici complètement « traditionaliste » dans la vision du vin de Cornas. L'unique Chaillot provient d'une parcelle de 1.4 ha de vieilles vignes replantées après le phylloxera. Les traitements ne sont réalisés qu'avec des produits certifiés conformes AB. Franck travaille les sols sur les parties mécanisables, les autres sont désherbées une fois dans l’année. Il vinifie en raisins entiers sans ajout de tanins ni de levures, et élève en fûts de 600 litres pendant 18 mois, sans bois neuf. Puis met sans collage, ni filtration. A mille lieues des cuvées ++++ que l'on peut (malheureusement) encore goûter sur l'appellation, son vin, quand il est pur, brille par une finesse toute granitique et toute « Chaillotine » : sapidité, tanins dentelés, en nuance et retenue. Le 2008 gouté au Marché aux vins était un des meilleurs vins dégustables sur le millésime. Une visite s'impose.
Tel. : 04 75 40 33 64
Notre expérience des vins de Clape est toute récente, nous l'avouons. Mais nous confessons sans complexes que les 2006 et 2007 goûtés récemment nous sont apparus d'une complétude et d'un niveau d'aboutissement qui plaçait le domaine (sur sa grande cuvée de Cornas) dans le peloton de tête de l'AOC, confirmant donc la réputation qui est la sienne. Une visite in situ et d'autres vins dégustés ne manqueront pas de compléter cet a priori très positif. En attendant, pour les curieux, on peut peut être rappeler ces quelques points sur le domaine : il possède des vignes (pontées) sur de nombreux quartiers de l’appellation, mais ce sont régulièrement celles issues de Sabarotte (0.6 ha de vignes de 60 ans), 0.5 ha situés entre Geynale et Reynards, 1.5 ha de vignes de 50 ans sur Côte et Petite Côte, et surtout 1 ha de vignes de 60 ans d’âge moyen sur Reynards qui font le Cornas du domaine. Les vinifications sont très traditionnelles, sans égrappage, elles se font sans acidification, via levures indigènes, la chaptalisation est minime ou nulle, les cuvaisons durent en moyenne 12 jours avec 2 pigeages par jour et 1 léger remontage. Les FML se font souvent avant Noël, l’élevage dure 20 mois en foudres de 11 à 13hl complétés d’une série de petits foudres de 7hl. Après 16 mois d’élevage, les lots sont assemblés en masse et retournent quelques mois en foudre. Les vins ne sont pas filtrés, un léger collage au blanc d’œuf est réalisé à la mise, l’usage du soufre est modéré. La suite au prochain épisode...
Tel. : 04 75 80 08 25 ou 06 28 05 69 27 ou 06 84 13 19 30 - http://domaineducoulet.site.voila.fr/ - Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Matthieu est une tête de lard ! Talentueuse ! Mais une tête de lard ! Et c'est peut être ça au fond qui le rend attachant, un caractère entier, une vision jusqu'au-boutiste, des coups de sang, mais au milieu de tout cela semble brûler la flamme du vigneron qui « sent le vin » et qui le fait avec instinct. Son grand-père - qui livrait ses raisins à la coopérative - lui a transmis ses vignes en 1998, lors de son départ en retraite. Jean Lionnet lui a également restitué le reste de son domaine en 2006, mais ces vignes appartenaient déjà à la famille Barret. Matthieu est en culture biodynamique depuis 2001 et est un des rares à travailler tous ses sols. Aujourd'hui il arrive à 13.10 ha de vignes, ce qui n'est pas rien là bas. Ses terroirs ne sont pas forcément les plus connus, mais pour avoir vu l'intégralité des vignes, ils sont d'un intérêt premier, très diversifiés du point de vue géologique, topographique et microclimatique. Et portent les doux noms de Patronne, Arlettes, Coulet, Le Serre, Le Bois, Le Pigeonnier. Dans la partie plus connue du vignoble cornassien, il possède également quelques pieds en Reynard, Mazards, Eygas, et Genale. Les vinifications se font sans soufre et les élevages en œufs d'argile ou vieux fûts. Il sulfite quand même légèrement à la mise. Au final 4 cuvées, bientôt 5 : le Côtes du Rhône No Wine's Land (fluide et précoce, pour boire), et la trilogie cornasienne : Brise Cailloux (le plus précoce des trois mais déjà un fort beau vin) ; Terrasses du Serre (solide, dense, droit) ; Billes Noires (peut à son meilleur être de l'essence de terroir, et donc de syrah sur « le caillou »). A tout cela il va falloir ajouter une grande cuvée mise uniquement en magnum et nommée Gore, mais le bougre de Matthieu doit encore nous la faire taster. Quoi qu'il en soit, il fait aujourd'hui partie des vignerons que l'on ne peut ni ne doit ignorer...
Tel. : 04 75 55 38 26 ou 06 71 29 03 65 - Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Rencontré pour la première fois cette année au marché des vins de Cornas, nous devons confesser que nous avons été plus qu'enthousiasmés par le bonhomme et ses vins : avec ses 2007, Guillaume frappe fort ! De la pureté, du style et de l'humilité dans la construction, le tout en égrappant le moins possible, mais sans dogme. Juste faire le meilleur vin possible, et surtout celui qui a le plus la gueule de l'endroit. La gamme est simple : deux cuvées : un Côtes-du-Rhône issu de vignes centenaires, la Pérouse, qui en remontrerait à bien des crus d'AOC prestigieuses ; et un Cornas, issu en partie du Chaillot (vigne il y a encore peu exploitée par Bob Michel, un de ses meilleurs "profs"), mais aussi de Mazards et Saveaux, et simplement étiqueté du nom de son appellation. Impeccable sur tous les plans, qu'on a juste envie de boire ou garder (le 2008 est du même tonneau). Une adresse à suivre et à garder précieusement dans son carnet. Il paraît qu'il a même été stagiaire chez Chave et que Jean-Louis dit le plus grand bien de lui...
Tel. : 04 75 40 38 70
Si une grande partie des meilleurs jeunes vignerons actuels est passée chez lui pour apprendre, ce n'est sans doute pas un hasard. Qui n'a pas dégusté ses derniers millésimes, sa géniale Geynale 2002, cette dernière sur 1988 ou même le Chaillot (cuvée des Coteaux) sur le non évident millésime 1994 passe à côté de vins qui sont - pour nous - l'essence même de deux des plus grands terroirs de la commune. Robert a cessé son activité et transmis les vignes qu'il exploitait à deux jeunes très talentueux (La Geynale à Vincent Paris, son neveu, et le Chaillot à Guillaume Gilles, sans doute un de ses meilleurs « disciples »), mais il commercialise encore les millésimes 2004, 05 et 06 ; et a même remis à la vente quelques Geynale 2002 récemment. Une visite chez lui est tout à fait envisageable : vous serez alors extrêmement bien reçu par un des plus grand monsieur du vin que nous connaissions. Un monument d'humilité, de passion et de malice. Qui vous fera alors taster des vins « à l'ancienne » (pas de bois neuf, vendange entière) mais nets et surtout qui transpirent le granit : les cornas qui fleurent la violette, c'est ici. Immanquable, adresse favorite.
Tel. : 04 75 40 13 04 - Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Vincent est le neveu de Robert Michel, et possède - au dela de la Geynale qu'il a rachetée à ce dernier par le système du GFA - de très belles vignes qu'il doit à son père, à son grand père et à lui même (quartiers Patou, Sauman, Reynard, Mazards, entre autres). Passé la ressemblance physique troublante qui le lie à son oncle, ces deux vignerons ne sont pas des copies conformes : Vincent se permet d'égrapper si le millésime ou le raisin le commande, pense ses vins de façon originale (Granit 30 et 60 qui correspondent aux pentes des différentes parcelles qui entrent dans la composition des deux vins, Elixyrah qui est une VT de syrah, la cuvée de Granit blanc produite via des vignes présentes sur les hauteurs), et les propose dans des habillages logiquement un peu plus contemporains. Sur 2008 nous avons gouté chez lui un Granit 30 pur, fin, très "granit" justement, un très joli vin frais ; un Granit 60 à l'acescence un peu haute mais doté d'une très belle matière ; et une Geynale qui une fois bien aérée affichait une grande personnalité, à la fois riche et tendue, sapide, avec des arômes de violette et kirsch qui rappelaient des choses ressenties chez le tonton sur des millésimes antérieurs. On choisira donc après dégustation, toujours en fonction de ses propres goûts, la gamme de Vincent permettant de largement trouver son bonheur. Ici aussi il faudra que l'on aille, et ce sera avec un plaisir non dissimulé, d'autant que ce vigneron semble être un personnage doté d'une vraie vision et exigence, avec une ambition qui lui fait honneur. Et qui plus est capable de donner de son temps pour son AOC et de s'investir pour la collectivité vigneronne, ce qui n'est pas rien !
Tél. : 04 75 80 04 66 - Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Nous ne suivons le travail de Stéphane que depuis 3 ans, ce qui est peu, mais dans ce laps de temps court, nous avons la sensation de voir ses vins d'un abord plutôt « moderne » - quand on compare à d'autres et ce n'est pas non plus un gros mot - s'affiner de millésime en millésime, avec des empruntes de bois réduites, des densités qui ne faiblissent pas, des définitions tanniques qui s'aiguisent, une identité cornassienne préservée, et surtout perdure l'idée que ces cuvées richement dotées n'auront pas peur du temps qui passe. Qu'il s'agisse du simple Cornas comme de la cuvée Vin Noir. Le « Pur Noir » n'étant à ce jour qu'un unique essai sur le millésime 2006, nous ne pouvons le juger avec recul, même si c'est un vin de forte enveloppe, très profond. Rappelons tout de même pour expliciter le profil des cuvées ici produites que Stéphane possède nombre de vieilles vignes dans différents lieux-dits réputés, qu'il effectue un gros travail d’épamprage, ébourgeonnage, enlève les entrecoeurs, effeuille raisonnablement, et cultive ses vignes en pont. Assez bas, ses rendements avoisinent souvent les 25hl/ha. Il vinifie en petites cuves inox thermorégulées, via levures indigènes, pratique des remontages et pigeages, extrait jusqu'à 35°C et élève en barriques de 4-5 vins jusqu'à 14 mois. Ajoutons enfin que c'est un vigneron d'une humanité et simplicité simplement réjouissantes. Si vous lui demandez de vous parler de la parcelle qu'il défricha puis planta sur des pentes terrifiantes, vous verrez même que derrière l'apparent « nounours » se cache un lion, un personnage à l'humilité consolidée par des heures de travail âpre. Une force tranquille.
- "Domaine Auguste Clape : cornas de pères en fils", Le rouge et le blanc N°87, par Franck Sauvey
- Dégustation « Cornas » dirigée et organisée en novembre 2009 par Nicolas Herbin : ICI





