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Le Pic Saint Loup, une appellation, des terroirs…
 
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Le Pic Saint Loup est un monument façonné et sculpté par la main de la nature et du temps. Ce monolithe calcaire surgissant du sol, se dresse au milieu des garrigues pour mieux nous guider. Le Pic Saint Loup, on le respecte et on l’admire, il est le gardien immuable des terres que nous lui empruntons. Du haut de ce massif, 200 millions d’années nous contemplent…

Un peu d’histoire…
 
Des fouilles dans la grotte de l’Hortus ont permis de mettre à jour un site exceptionnel où vécut il y a environ 55 000 ans avant notre ère l’homme de Néandertal. Les Néandertaliens vivaient de la pêche, de la chasse et de la cueillette. Il a été retrouvé sur ces lieux, des restes de renard polaire, de bouquetin et d’ours qui témoignent des rigueurs du climat sur la région à cette époque. Tour à tour, l’ours et les Néandertaliens utilisèrent cet habitat temporaire. Plus tard, la grotte servit de refuge au cours des périodes d’invasions et guerres de religions.
 
On peut observer les traces d’une activité humaine vivant dans la région au cours de la préhistoire et de la protohistoire. Sur la commune de Saint Matthieu de Treviers, par exemple, ont été découverts quatre villages fortifiés datant de l'âge de cuivre, dont Lébous, qui sera agrandi et réaménagé par les Gallo-Romains au IVème siècle. A Cazevieille également, il est possible de visiter le dolmen du Grand Juyan bâti il y a 5000 ans environ et qui serait, selon la légende, la tombe d’un géant. Sur cette même commune, 94 tumuli ont été recensés sur une nécropole du premier Age de fer. Aux Matelles, la densité des sites préhistoriques sur les collines environnantes a conduit à l’aménagement d’un musée de la préhistoire. Aujourd’hui on trouve sur les flancs encore préservés du Pic de la vigne sous sa forme sauvage, la Lambrusque. Se pourrait-il que nos lointains ancêtres aient déjà bu du vin du Pic Saint Loup ?
 
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Le château de Montferrand, « posé » sur une crête du Pic
 
C’est en 1102 qu’il est fait pour la première fois mention du Château de Montferrand, construit sur la crête longeant le Pic et sur l’emplacement d’une ancienne forteresse romaine. En réalité « Mont Ferrand » serait le nom d’origine du Pic St-Loup. Ce nom proviendrait d’un grand chemin qui traversait le massif et dont la couleur rouge-rouille rappellerait le fer. Dés le Xème siècle, des documents écrits attestent de la présence de la vigne dans la région, même si celle-ci demeure assez marginale. En premier lieu et comme très souvent à cette époque, se sont les monastères qui en pratiquent la culture. A la fin du XIXème siècle, le phylloxera ravage le vignoble. C’est l’heure de la reconstruction et de la création des caves coopératives sous l’impulsion de la crise de 1907. Cépages ultra-producteurs, rendements extrêmes, vins coupés, trafiqués, sucrés, rien ne tend à glorifier le vignoble Languedocien au début des années 1900. Malgré cela les vins du Pic Saint Loup obtiennent régulièrement des récompenses lors de concours régionaux et nationaux (comme en 1911 à l’exposition universelle de Turin). En 1931, un syndicat viticole est créé avec 6 communes. En 1955, 3 communes supplémentaires se rattachent au syndicat des vignerons du Pic Saint Loup, puis 4 de plus en 1966. Après avoir été AOVDQS pendant prés de 40 ans, « Coteaux du Languedoc » devient une AOC en 1985 à laquelle peut être adjoint, en 1994, le secteur de « Pic Saint Loup ». Avec le souhait de faire reconnaitre le statut qualitatif du cru, le syndicat a déposé auprès de l’INAO (institut national des appellations d’origine) une demande d’AOC spécifique en 2001. Début 2009, le projet était encore à l’étude…
 

Formation du Pic Saint Loup :
  
Faisons un rapide bond en arrière. Avant de détailler chacun des terroirs présents dans la région, il est intéressant de revenir sur leur origine et leur formation. D’un point de vue géologique, la région du Pic Saint Loup présente en effet un relief diversifié, fruit d’une lente formation.
  
picsaintloup5Il y a 190 millions d’années (Jurassique) la mer recouvre entièrement le territoire. Tout au long de l’ère secondaire, une longue période de sédimentation va conduire à la formation de la très grande majorité des terrains visibles aujourd’hui dans la région (marnes noires, dolomies, calcaires durs et alternance de calcaires tendres et marnes).
  
picsaintloup6A la fin du crétacé (-65 millions d’années, extinction des dinosaures), la mer se retire et des terres commencent à émerger. Les lacs occupent alors des dépressions formées dans le relief. De nouveaux sédiments, continentaux cette fois, vont se former au fond des lacs. Ces formations sont de type lacustre et palustre (marnes, conglomérats, grès continentaux).
  
picsaintloup7Il y a 45 millions d’années, d’importants plissements sur la plaque continentale vont contribuer à la formation d’une grande chaine montagneuse s’étendant des Pyrénées à la Provence. Suivant une faille orientée est-ouest, le Pic saint Loup s’arc-boute en formant un pli anticlinal dissymétrique. Au plus haut, le sommet du Pic atteignait les 1000 mètres.
  
picsaintloup8S’ensuit une longue période d’érosion (40 millions d’années) toujours active aujourd’hui et qui use le sommet du Pic. Au sud, l’érosion creuse la combe de Mortiès et met à jour les formations les plus anciennes du Pic (Jurassique inférieur - Lias). Au Nord, la combe de Fambetou creuse la dépression qui sépare aujourd’hui le Pic Saint Loup et l’Hortus.
  
picsaintloup9Ainsi, contrairement aux idées reçues, le Pic Saint Loup et l'Hortus n’ont jamais été reliés et ne sont donc pas formés de roches du même âge : fin du Jurassique supérieur d'un côté (vers 135 millions d'années) et Crétacé inférieur (Valangien, vers 125 millions d'années) de l'autre. Au quaternaire, les périodes glaciaires sont à l’origine des dernières formations géologiques visibles: Eboulis et glacis d’éclats calcaires sous les causses et dépôts alluviaux, colluviaux et fluviaux dans les lits de rivières.
  
On remarque donc que si les roches calcaires et marno-calcaires formées durant l’aire secondaire sont dominantes dans la région, des formations géologiques des aires tertiaires et quaternaires y sont également bien représentées. Ceci explique la grande diversité de la pédologie du Pic.
 

Les terroirs du Pic Saint Loup :
 
De nombreuses études ont permis d’identifier sur l’aire de production 6 terroirs principaux :
  • Alternances de calcaires tendres et de marnes
  • Calcaires durs
  • Combe de Mortiès : dolomies massives et marnes noires
  • Conglomérats, marnes conglomératiques et grès continentaux
  • Eboulis d’éclats calcaires du causse
  • Dépôts récents : alluvions et colluvions
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    Alternance de calcaires tendres et de marnes  
     
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    Vue en coupe d’un sol d’alternance de calcaire et de marne (à gauche) et sol fraichement travaillé argilo-calcaire typique de l’appellation (à droite)
      
    Les sols développés sur des alternances de calcaires tendres et de Marnes sont originaires de sédiments marins du crétacé inférieur (Berriasien et Hauterivien sur la commune de Sauteyrargues et entourant les reliefs de Claret et Lauret) ou de sédiments lacustres et palustres du Paléocène (Eocène moyen sur la commune de Valflaunès). C’est la formation pédologique la plus représentée sur l’AOC. On la dénomme plus vulgairement « terroir argilo-calcaire ». Ces sols communs forment généralement les collines et les plaines de l’appellation qui n’auraient pas été recouvertes par des formations plus récentes. Il est difficile de retenir un profil type car la nature pédologique de ses sols reste très diversifiée (proportion d’argile - rouge ou blanche - épaisseur et densité des marnes, profondeur de la couche tendre, etc.). Les vignerons recherchent généralement des sols pierreux et profonds, permettant un bon enracinement de la vigne et un bon drainage de l’eau de pluie. La pluviométrie relativement élevée de la  région favorise également une bonne recharge en eau et limite le stress hydrique. Les expositions sud et sud-est sont particulièrement adaptées aux cépages aimant le soleil, tel le mourvèdre ou le carignan, mais ce dernier doit être planté sur des secteurs plutôt secs.
     

    Calcaires durs
      
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    Calcaire dur de l’Hortus (à gauche) – Vigne plantée sur un sol de calcaire qui à du être façonné afin d’être exploité. Les blocs à droite en témoignent !
      
    Les Calcaires durs sont datés de l’Oxfordien et Kimméridgien (Pic St-Loup et plateau de Cazeveille) et du Berriasien et Valangien (L’Hortus et autres reliefs et causses de la région). Ces calcaires sont issus d’une longue sédimentation (prés de 100 millions d’années) consécutive à l’immersion complète de la région au cours du Jurassique et du Crétacé. On retrouve assez peu de zones classées dans l’AOC car ce sont des terroirs exigeants. En effet, ces sols superficiels se révèlent favorables en année humide mais la vigne peut y souffrir en année très sèche. On préférera les cépages rustiques et adaptés aux sols extrêmement pauvres. Généralement les vieilles vignes de carignan ou de grenache qui s’y comportent plutôt bien.
     

    Combe de Mortiés : dolomies et marnes noires
      
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    Dolomies massive (à gauche) – Marnes noires et colluvions (à droite)
      
    La Combe de Mortiès est une grande dépression située sous le Pic Saint Loup. Elle est le cœur, creusé par l’érosion, d’un pli anticlinal qui a contribué au redressement du Pic. Elle a mis à jour les formations géologiques les plus anciennes de l’aire d’appellation dont :
    Les dolomies : Elles se sont formées au Bathonien au cours du Jurassique Moyen. Cette roche sédimentaire est un mélange de dolomite (au moins 50%) et de calcite. Elle se différencie des calcaires par sa richesse en magnésium. A la cassure, elle revêt un aspect de sucre cristallisé.
    Les marnes noires : Ces dépôts marins correspondent à d’anciennes vases noires du Jurassique inférieur. On trouve dans ces sols de nombreux fossiles tels que des bélemnites, des petits gastéropodes et des ammonites. C’est le terrain de prédilection des géologues amateurs de la région.
    Uniquement représentées dans la combe de Mortiès, marnes noires et dolomies ont été largement érodées au cours de la formation du Pic. La zone d’AOC couvre une partie des sols de dolomies (du coté de Cazevieille, sur les bords de la combe) et tout le creux de la combe. Il serait quasiment impossible de faire pousser de la vigne directement sur les marnes noires tant ce sol est pauvre. Mais le creux de la combe est essentiellement constitué d’éboulis et de colluvions en surface. C’est donc en sous sol que la vigne rencontre les marnes noires affleurantes sur les flancs de la combe. Les sols développés sur dolomies sont en comparaison, relativement plus acides que les formations calcaires. Mais assez peu représenté sur l’appellation, il existe très peu de vignes plantées sur ce type de sol.
     

    Conglomérats, marnes conglomératiques et grès continentaux
      
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    Coupe d’un sol de conglomérat (gauche) – Sol argileux brun avec des éclats des conglomérats (droite)
      
    Les Conglomérats et grès continentaux sont des formations datant de l’Oligocène (aire tertiaire). Ce sont des roches détritiques constituées d’éléments grossiers liées par un ciment, riches en fossiles. Ces sols gras et moyennement filtrants sont relativement riches en argile et alternent avec des couches marneuses plus ou moins épaisses. On retrouve ces zones essentiellement dans la partie Sud de l’aire d’appellation. La zone d’AOC principale se trouve entre St Gély du Fesc et les Matelles, ainsi qu’une partie au sud de St Mathieu de Treviers. Ce n’est certainement pas le terroir le plus qualitatif de l’appellation (il contribue à marquer la différence entre la zone Nord et Sud), car souvent situé en plaine, dans des zones basses et humides.
      
      
    Eboulis d’éclats calcaires du causse
      
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    Sondage de Gravette à Corconne (à gauche) – Terroir caractéristique d’un sol de gravette (à droite)
      
    On appelle plus communément cette formation « la gravette ». Au cours du quaternaire, durant les périodes de grands froids, l’action du gel fractionne les roches du causse en petits éclats calcaires. A la fonte des glaciers du Massif central, des cours d’eau balayent la surface des causses et déposent ensuite des cailloutis anguleux sous forme de vastes cônes de déjection dans la périphérie des reliefs. Ce terroir est certainement le meilleur de toute l’appellation ou, en tous les cas, un grand nombre des meilleurs vins de l’AOC y prennent racine. A en croire l’étude géologique du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), le terroir de Corconne est « propice à la culture d'un vignoble réputé » (notice explicative de la carte géologie XXVII-42). En effet, les sols pauvres et profonds (plus de cinq mètres) permettent aux racines de descendre sans contrainte. Grace à sa fine couverture caillouteuse celui ci est particulièrement bien drainant. Quant aux argiles de décalcification (la terra rossa) elles gardent de l’humidité en profondeur et limitent le stress hydrique de la plante. L’exposition Nord de la zone située sous le Pic Saint Loup est favorable aux cépages aimant les terroirs plus frais, telle la Syrah, qui trouve ici une belle expression. Sur des expositions Sud, on préféra le Mourvèdre, cépage à la maturation plus difficile mais qui compose de façon magistrale quelques unes des plus grandes cuvées du Pic.
     

    Dépôts récents : alluvions et colluvions
      
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    Sol d’alluvions (Commune de Claret) à gauche et sol de colluvions au cœur de la combe de Mortiès à droite.
      
    De ces formations datant essentiellement de l’ère quaternaire, il convient de distinguer alluvions et colluvions :
    Les alluvions sont des déposes de type sablo-limoneux et cailloutis indifférenciés le long des ruisseaux et des cours d’eau qui ont façonné la région (Brestalou à Corconne, Rouviérette à Claret, Rieutort à Lauret, Terrieux à Valflaunés, Lirou au Triadou, etc.). Ces sols récents sont donc d’origine fluviale. Ils sont généralement riches, humides et peu adaptés à une culture qualitative de la vigne (il existe très peu de zones classées dans l’aire d’appellation sur ce type de formation)
    Les colluvions sont des éléments issus de l’érosion et du ravinement de versants composés de roche marno-calcaire tendre. Il en résulte une composition proche, dans sa forme lithologique, des sols d’éboulis calcaire et cône de déjection (la Combe de Mortiès en est le meilleur exemple). Ce sont des terroirs qualitatifs, profonds et bien drainants lorsqu’ils sont riches en cailloutis.
      
      
    Chronologie des formations :
       

    Ere

    Période

    Epoque

    Datation

    Formation dans la région du Pic Saint Loup

    QUATER-

    NAIRE

    Néogène

    Holocène

    0,01

    Formation d’éboulis d’éclats calcaires et de colluvions, alluvions et dépôts récents.

    Pléistocène

    1,80

    T

    E

    R

    T

    I

    A

    R

    E

    Pliocène

    5,33

    Erosion active, début des formations du quaternaire

    Miocène

    23,0

    Paléogène

    Oligocène

    33,9

    Oligocène inférieur, moyen et supérieur, formation des conglomérats, marnes conglomératiques et grès continentaux.

    Eocène

    55,8

    Eocène moyen et supérieur, formation de calcaires tendres lacustres.

    Paléocène

    65,5

    La mer se retire, laissant place à des lacs. Début des formations de l’ère tertiaire.

    S

    E

    C

    O

    N

    D

    A

    I

    R

    E

    Crétacé

    Supérieur

    99,6

    Inferieur

    145,5

    Berriasien, formation des calcaires durs de l’Hortus, puis des alternances de calcaires tendres et de marnes. Hauterivien, formation de calcaires tendres et marnes.

    Jurassique

    Supérieur (Malm)

    161,2

    Kimméridgien et Oxfordien, formation des calcaires durs du Pic Saint Loup et plateau de Cazevieille

    Moyen (Dogger)

    175,6

    Aalénien, formation des marnes noires puis bathonien, formation des dolomies – Combe de Mortiès

    Inferieur (Lias)

    199,6

    Fin du Toarcien, formation des marnes noires - Combe de Mortiès

     
     
    Le climat du Pic Saint Loup :
      
    Sans aucun doute, le climat du Pic Saint Loup est méditerranéen. Mais sa proximité avec le massif des Cévennes lui apporte une typicité continentale non négligeable qui influe sur le profil des vins et marque aussi sa singularité. Trois éléments climatiques sont à prendre en considération :
    La pluviométrie : Si le massif des Cévennes est connu pour la chasse, les champignons et les randonnées (chemin de Stevenson), il est aussi connu pour ses orages parfois dévastateurs (Vidourlades, Gardonnades) appelés « épisodes cévenols ». Ainsi la région du Pic se trouve dans une zone intermédiaire entre les Cévennes, particulièrement humides, et la plaine montpelliéraine plus sèche. En cumul, il tombe entre 700 mm (au sud) à plus de 950 mm (au Nord) par an. L’essentiel des pluies se concentre au moment des équinoxes de printemps et d’automne. Ces dernières peuvent être pénalisantes pour les cépages tardifs, mais elles permettent une recharge hydrique importante et limitent le stress de la vigne lors des périodes plus sèches. Le secteur de Pic Saint Loup reste le plus abondamment arrosé de tout le Languedoc-Roussillon avec les terrasses du Larzac.
    La température : La somme annuelle des températures sur l’appellation est de l’ordre de 1600° c’est l’une des plus basses du Languedoc-Roussillon. La température moyenne oscille autour des 12° soit environ 2° de moins que sur Montpellier. Mais ce qui influe particulièrement sur le cycle végétatif de la vigne, ce sont les amplitudes thermiques journalières circadiennes (> à 12°) en août et en septembre. C’est une des caractéristiques de l’appellation qui contribue à l’expression d’arômes fins et frais dans les vins.
    Le vent : Les vents dominants sont le mistral et la tramontane. Ce sont des vents s’établissant dans des secteurs Nord et Nord Ouest. Ils sont secs et froids. Avec ses reliefs environnants, l’appellation est plutôt préservée des forts coups de vent. Mais mistral et tramontane soufflent suffisamment régulièrement pour protéger la région du « marin », le vent de secteur Sud-Est, qui apporte humidité et entrées maritimes. Ainsi sur le Pic Saint Loup, les vents contribuent à la protection du vignoble face aux maladies liées à l’humidité de l’air (oïdium, pourriture grise). De plus, par l’apport d’air frais, ils favorisent à l’automne un bon indice de fraicheur des nuits.
     

    Environnement et réglementation :
      
    piccommune
      
    En forme de losange de 30 km de long sur 15 de large, l’AOC du Pic Saint-Loup est adossée aux premiers contreforts cévenols dans la zone des Garrigues nord de Montpellier, à 30 km du littoral méditerranéen. Hormis la vigne et l’olivier, la végétation se compose de différentes essences typiquement méditerranéennes : chêne vert, chêne kermès, pin d'Alep, arbousier, genévrier ainsi que thym, laurier, cade, romarin, ciste, etc. Si le Pic (658m) et l’Hortus (520m) dominent les reliefs, l’altitude moyenne se situe autour de 150 m.
    L’aire d’appellation recouvre aujourd’hui 13 communes du Languedoc reparties entre les départements de l’Hérault (12) et du Gard (1 seule). Sur les 5300 ha classés, seulement 1200 sont revendiqués en appellation « Pic Saint Loup ». Les principales zones d’appellations sont reparties comme suit :
     
  • de Corconne au Triadou en suivant l’axe de la D17 et passant par le village de Claret, Sauteyrargues, Lauret, Valflaunes, et Saint Mathieu de Treviers (c’est dans cette partie que ce concentre l’essentiel du zonage),
  • dans la combe séparant l’Hortus et le Pic,
  • dans la partie Nord-Ouest du village de Fontanes,
  • dans la partie Sud de Ste Croix de Quintillargues,
  • à l’est et au sud du village de Cazevieille ainsi que dans la combe de Mortiès,
  • autour du village de Les Matelles,
  • et sous le village de Saint Gély du Fesc pour la partie la plus au Sud.
  • pic_zonage 
     
     
    En 2008, 53 domaines adhéraient au syndicat des vignerons du Pic Saint Loup. La production totale de vins AOC Pic Saint Loup s’élève en moyenne à 25000 hl par an (85% de rouge et 15% de rosé) dont 11000 hl dépendent des trois caves coopératives de la région.
    Les principaux points réglementaires régissant la production de vin AOC Coteaux du Languedoc « Pic Saint Loup » sont les suivants :
    • Cépages principaux pour la production de vin rouge : Syrah noire, Grenache noir, Mourvèdre noir. Un assemblage d'au moins deux cépages principaux est obligatoire (Cépages complémentaires : Cinsault noir, Carignan noir, ces deux cépages devant représenter au maximum 10% de la surface revendiquée dans la dite appellation)
    • Cépages principaux pour la production de vin rosé : Syrah noire, Grenache noir, Mourvèdre noir. Un assemblage d'au moins deux cépages principaux est obligatoire (Cépages complémentaires : Cinsault noir, ce cépage devant représenter au maximum 30% de la surface revendiquée dans la dite appellation)
    • Titre alcoolique minimum fixé à 11,5°
    • Rendement maximum fixé à 50hl/ha
    • Densité minimale fixé à 4000 pied/hectare
    • Taille courte en gobelet ou en cordon de Royat avec 8 coursons maximum.
    • La production de blanc est régie par le décret afférent aux Coteaux du Languedoc.
    Selon les données de l’INAO, l’encépagement de l’aire d’appellation en rouge est représenté à 38% par la Syrah, 28% pour le Grenache, 16% pour le Cinsault, 14% pour le Carignan est seulement 4% par le Mourvèdre (données 1999-2003). Ces dernières années, ce dernier aurait vu sa part augmenter au détriment du Carignan et du Cinsault.
     

    Quelques domaines…
     
    Nous ne pourrions être complets sans vous lister quelques domaines dont nous apprécions la qualité des vins produits (liste non exhaustive, par ordre alphabétique)
     
    MAS BRUGUIERE – Xavier et Marjorie Bruguière – Valflaunès
    04 67 55 20 97 -
    Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. - http://www.mas-bruguiere.com/
    Cette belle propriété de Valflaunés possède sous le Pic l’un des patrimoines de vigne les plus remarquables de l’appellation. Le Mas Bruguière, c’est aussi un domaine familial dont Xavier et Marjorie représentent la 7éme génération. Au XVIIIème siècle le domaine appartenait à Jean-Jacques Louis Durand, le premier maire de Montpellier. Le malheureux fut guillotiné sous la Terreur et le domaine fut mis sous séquestre avant de trouver son nouveau propriétaire en 1801, Antoine Bruguière. Depuis la reprise en main par Xavier en 2003, le domaine a entamé sa reconversion en agriculture biologique. Il ne faut délaisser aucun vin de la gamme ici, de la gourmandise de la cuvée « l’Arbouse », en passant par la générosité de « La Grenadière » (dominante de syrah) et jusqu’à la dernière grande cuvée « La Septième », à dominante de mourvèdre sur terroir d’éboulis calcaires.
     
    CHATEAU DE CAZENEUVE - Anne et André Leenhardt – Lauret
    04 67 59 07 49 -
    Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. - http://www.cazeneuve.net/
    Depuis le début des années 90, le château de Cazeneuve est devenu un incontournable de l’appellation. Diplômé d’agronomie, André Leenhardt s’installe en 1988 à Cazeneuve après le rachat de la propriété alors à l’abandon. C’est un vigneron talentueux et travailleur dont nous apprécions la grande qualité des vins produits. La cuvée « Roc des mates » est la plus représentative de l’esprit du domaine : de l’équilibre, un élevage maitrisé et une capacité à bien vieillir comme en témoigne un 94 bu récemment. Depuis 98, la grande cuvée du domaine le « Sang du calvaire » est composé à 90% de mourvèdre planté sur un terroir d’éboulis calcaires. C’est certainement l’un des vins les plus aboutis de toute l’appellation. Incontournable.
     
    DOMAINE CHAZALON - Stéphane Chazalon - Saint Mathieu de Tréviers
    04 67 55 37 60 -
    Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. - http://www.domaine-chazalon.com/
    Stéphane Chazalon est un jeune vigneron qui est sorti de la coopérative en 2005. Si le domaine est situé à Saint Matthieu de Tréviers, l’essentiel des 4ha de la propriété est planté sur des sols de colluvions et de calcaires durs de la commune de Claret. Il élabore une belle gamme de vin à prix très doux et au style classique et franc, dans le respect de l’agriculture biologique. Un domaine à suivre.
     
    ERMITAGE DU PIC SAINT LOUP - Jean-Marc, Pierre et Xavier Ravaille- Saint Mathieu de Tréviers
    04 67 54 24 68 -
    Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. - http://www.ermitagepic.com/
    Les trois frères Ravaille (dont Jean-Marc est l’actuel président de l’AOC Pic Saint Loup) dirigent ce domaine traditionnel avec beaucoup d’intelligence. Ils possèdent un très beau patrimoine de vignes d’un âge moyen élevé sur les pentes du Pic. Ils sont aussi les précurseurs d’une agriculture exempte de produits chimiques, pratiquant la viticulture biologique (sans la revendiquer) quasiment depuis leurs débuts (milieu des années 80). La grande cuvée « Guilhem Gaucelm » à dominante de Grenache, exprime tout l’équilibre, la profondeur et la fraicheur de son terroir. « Saint Agnès » blanc et rouge sont deux belles cuvées présentant un bon rapport qualité/prix.
     
    MAS FOULAQUIER - Pierre Jéquier et Blandine Chauchat - Claret
    04 67 59 96 94 -
    Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.   - http://www.masfoulaquier.com/
    Pierre Jéquier assisté de Blandine Chauchat s’installent à Foulaquier en 1998. Lui est architecte suisse et elle, administratrice de l’Assemblée Nationale. Dés leurs débuts, ils convertissent le domaine en agriculture biologique. La grande majorité des vignes se situe autour du mas sur de beaux terroirs d’éboulis calcaires. Ils élaborent une gamme assez riche et classique, jouant tour à tour avec différents cépages dominants. Depuis quelques années, la qualité est régulièrement au rendez vous. De plus, les prix ont su rester sages. Une belle propriété.
     
    DOMAINE DE L'HORTUS - Jean Orliac - Valflaunès
    04 67 55 31 20 -
    Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. - http://www.vignobles-orliac.com/
    Dés le milieu des années 80, Jean Orliac a grandement contribué à la reconnaissance des vins du Pic Saint Loup. Situé dans la combe séparant le Pic Saint Loup et L’Orthus (l’autre orthographe de ce massif calcaire) les vins du domaine naissent sur des terroirs d’éboulis calcaires suivant de très belles expositions. Née en 1978 avec seulement 5 ha en fermage, la propriété compte aujourd’hui prés de 80 ha dont une bonne partie est en négoce. De ce fait le domaine est largement distribué en France et à l’export, dans la restauration, les cavistes et la grande distribution. Sur les derniers millésimes, si les vins sont plutôt bien faits, ils manquent peut être un peu de personnalité.
     
    CHATEAU LASCAUX - Jean-Benoît Cavalier - Vacquières
    04 67 59 00 08 -
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    C’est un vieux domaine historique du Pic Saint Loup que dirige Jean-Benoit Cavalier, vigneron de génération en génération et actuel président du syndicat des Coteaux du Languedoc. C’est également une des grosses propriétés de la région, qui couvre aujourd’hui prés de 80 ha en production, après être progressivement sortie de la coopérative. En rouge, la cuvée phare « Nobles Pierres » à dominante de Syrah nait sur l’un des meilleurs lieux dit du terroir de Corconne. C’est un vin franc et ferme qu’il faut savoir attendre quelques années. Il faut également découvrir le blanc « Pierre d’Argent » (assemblage Marsanne, Roussanne et Rolle) pour sa belle fraicheur atypique. Le domaine est conduit en agriculture biologique.
     
    CLOS MARIE – Françoise Julien et Christophe Peyrus – Lauret
    04 67 59 06 96 -
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    Situé au cœur du village de Lauret, Clos Marie figure parmi les plus connus et reconnus des crus du Pic Saint Loup. Précurseurs sur la conduite de la vigne en biodynamie, Françoise et Christophe ont contribué dés leur premier millésime en 1995 à donner un élan qualitatif à l’appellation. Au chai, les vinifications et élevages donnent des vins généreux, puissants et souvent un peu austères dans leur jeunesse. La cuvée « Simon » en rouge est un bel exemple de l’esprit du domaine. La grande cuvée « les Glorieuses » (vieilles vignes de grenache) est actuellement l’une des plus chères (autour de 45€) de l’appellation.
     
    DOMAINE MIRABEL – Samuel et Vincent Feuillade – Brouzet les Quissac
    04 66 77 48 88 -
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    Sortis de la coopérative en 2002, les frères Feuillade représentent la génération montante des grands vignerons de l’appellation. Dés leurs débuts, Ils ont parfaitement su mettre en valeur la grande qualité du terroir d’éboulis calcaire de Corconne avec leurs deux cuvées « le Chant du Sorbier » et « les Eclats ». Leurs vins sont bien typés, fruités, soyeux et gourmands et ne font preuve d’aucun des excès que l’on trouve encore ici ou là. De plus, depuis 2007, le domaine est en cours de certification « agriculture biologique ». Samuel et Vincent sont d’une gentillesse, d’une humilité et d’un enthousiasme rare. Ne passez pas dans la région sans leur rendre une petite visite, vous ne serez pas déçus.
     
    MAS MORTIES - Sylvie Guiraudon et Pascale Moustiés – Cazeveille
    04 67 55 11 12 -
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    Certainement le domaine le plus singulier de toute l’appellation de par son emplacement géographique au creux de la combe de Mortiès. D’ailleurs, ses vins sont un peu l’image de son terroir, souvent noirs et profonds. Le domaine ayant été récemment racheté (en 2008), les prochains millésimes pourraient voir le style des vins évoluer. A noter qu’il est l’un des seuls de l’appellation à pratiquer la macération carbonique de la syrah dans la cuvée « que sera sera ». La propriété est en cours de reconversion en agriculture biologique.
     
    CHATEAU LA ROQUE - Jacques Figuette – Fontanés
    04 67 55 34 47 -
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    Ce grand domaine de Fontanés existe depuis le XIIIème siècle et a la particularité de posséder l’intégralité de son vignoble d’un seul tenant tout autour de la propriété. Récemment acquise par Jacques Figuette, c’est le régisseur Cyriaque Rozier qui s’occupe aujourd’hui de la partie culture et vinification. En agriculture biologique, la Roque est un domaine qui présente une gamme de vins classiques dont le mourvèdre prend une part non négligeable (prés de 25% de l’encépagement). La cuvée phare « Cupa Numismae » (Syrah, Mourvèdre) est un vin soyeux, ciselé et frais. En 2007, une grande cuvée à dominante de mourvèdre « La Garde » est venue enrichir la gamme.
     
    DOMAINE ZELIGE CARAVENT - Luc Michel - Corconne
    04 66 77 10 98 -
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    Débutant en 2005 après être sorti de la coopérative, Luc Michel est un drôle de vigneron qui cultive un flegme quasi british. Lorsque l’on passe un moment avec lui, surgit l’impression que tout est simple et facile. Mais sous ses airs rassurants, c’est un véritable travailleur qui ne compte pas son temps et ses heures passées à la vigne (et dans ses oliveraies). C’est aussi un vigneron aimant se singulariser au sein de l’appellation, jugez plutôt : il n’élève aucun vin en fut, cultive et vinifie des cépages rares tel que l’Alicante (dont il produit une cuvée) et le Chasan, et plante sa syrah à des densités de 10 000 pieds hectare. Inutile de préciser qu’il travaille en agriculture bio et biodynamique. Un homme original et attachant, à rencontrer…

    picsaintloup23
    Quelques vignerons du Pic Saint loup lors d’une dégustation. Au micro, Samuel Feuillade (Mirabel). De gauche à droite, André Leenhart (Cazeneuve), Xavier Bruguière (Bruguière), Gérard Jeanjean (Fournel) et Pierre Ravaille (Ermitage).
     
    Pour conclure, un petit mot sur l’agriculture biologique : Il est important de souligner la démarche entreprise par la très grande majorité des vignerons du Pic Saint Loup en terme d’agriculture biologique et biodynamique. Sur l’appellation, la proportion de domaines convertis (et en cours) dépasse très largement les statistiques régionales et nationales. Certes, le climat est favorable à ces pratiques, mais il faut surtout féliciter les plus ardents défenseurs de cette agriculture pour avoir ainsi motivé et entrainé grand nombre de vignerons dans cette démarche. La coopération, qui représente encore une grosse partie de la production (44% du volume déclaré) reste encore à l’écart, mais les choses changent et avancent dans le bon sens. Il faut aussi souligner l’esprit de camaraderie qui règne entre grand nombre de vignerons. Même si, par la force des choses, la concurrence est présente, il n’existe pas vraiment entre eux de compétition et, en dehors des réunions officielles, ils se côtoient régulièrement, organisent des repas où ils confrontent leurs vins et n’hésitent pas à se donner la main lorsque cela est nécessaire. Un très bel esprit que beaucoup d’AOC, dans le Languedoc et ailleurs, devraient prendre en exemple.
     
     
    Références :
    Géologie du Languedoc Roussillon – Jean Claude Bousquet – édition du BRGM
    Le Pic Saint Loup, balades et découvertes – Christian Cayssols – E&C éditions
    La revue des vins de France N°497
    Dégustation « Pic Saint loup » dirigée et organisée en novembre 2009 par Nicolas Bon : ICI
    http://www.loupic.com/
    http://www.pic-saint-loup.com/
    + Les sites web des vignerons repris dans la présentation des domaines
     
     

    Le 01/11/2014 à 10h00
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