Lundi 16 Mars 2015 vin-terre-net
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Vignoble de Barolo

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Nota : le présent texte concerne exclusivement le vignoble de Barolo et s’inscrit dans un article général consacré aux grands vins des Langhe. A lire également, la partie concernant le vignoble de Barbaresco.
 
Sommaire :
 
     1. Commune de Roddi
     2. Commune de Verduno
     3. Commune de La Morra
     4. Commune de Cherasco
     5. Commune de Barolo
     6. Commune de Novello
     7. Commune de Monforte d’Alba
     8. Commune de Serralunga d’Alba
     9. Commune de Castiglione Falletto
     10. Commune de Diano d’Alba
     11. Commune de Grinzane Cavour
     12. Commune de Dogliani
 
Les vins de Barolo sont strictement issus du cépage nebbiolo sur les communes de Barolo, Castiglione Faletto, Serralunga d’Alba, Monforte d’Alba, Novello, La Morra, Verduno, Grinzane Cavour, Diano d’Alba, Cherasco et Roddi. Le vignoble actuel couvre environ 1250 hectares pour 7.6 millions de bouteilles par an. Le rendement maximal toléré par hectare est de 8 tonnes de raisin, soit environ 56 hectolitres de vin. L’élevage doit légalement durer au minimum 36 mois dont 24 sous bois (et donc le solde en bouteille) et 60 mois pour les versions Riserva (dont 36 sous bois). La mise en vente du vin en bouteilles ne peut se faire qu’à partir du 1er janvier qui suit la quatrième année faisant suite à celle de la vendange, et le 1er janvier qui suit la cinquième année post-récolte pour la version Riserva. Le vin doit titrer au minimum 13° d’alcool. Bien que le vin de Barolo soit toujours relativement riche, avec des tannins marqués et de l'acidité, des différences considérables entre les différents vins de la zone existent et ont tendance à refléter les deux principaux types de sol que l’on trouve de chaque côté de la route Alba-Barolo longeant le fond de la vallée, en séparant Verduno, La Morra, Barolo et Novello à l'ouest de Castiglione Falletto, Monforte d'Alba, et Serralunga d'Alba à l'est. Le premier type de sol, des marnes calcaires de l'époque tortonienne (miocène, de -11.6 à -7.3 millions d’années) qui sont relativement compactes, plus fraîches et plus fertiles, caractérisent les vignobles des quatre premiers villages précités et donnent des vins relativement fins, fruités, aromatiques, se faisant plus rapidement que ceux de la partie voisine et opposée. Le deuxième type de sol, de l’époque Langhienne (miocène, de -15.9 à -13.6 millions d’années), avec une proportion plus élevée de grès et d’argile, est moins compact, plus pauvre et moins fertile : il en résulte que les finages de Monforte d'Alba et Serralunga d'Alba donnent des vins structurés, puissants, intenses qui vieillissent lentement. Le vignoble de Castiglione Falletto, situé sur un éperon qui sépare ces deux vallées, produit des vins que l’on peut dire androgynes, faisant pour les meilleurs d’entre eux la synthèse entre ces deux grandes entités.
 
Remarque quant aux styles des vins et vignerons mentionnés ci-après :
Contrairement à d'autres usages fréquents, les différenciations stylistiques que nous souhaitons mettre en avant ici concernent autant les choix réalisés par le vigneron lors de la vinification que lors de l'élevage. Voici donc notre classification simplifiée et non exhaustive, destinée à donner des points de référence basiques à l'amateur de grands vins de Barolo et Barbaresco en terme de façon de faire le vin et donc de goût :
– Style « Classique » (SC) : les vins sont issus de macérations longues où la température n’est pas contrôlée, ou alors vers le bas mais sans excès. Les élevages se font intégralement en grands foudres et ils durent deux à six années. Il en résulte des crus aux couleurs peu intenses, aux tanins abondants mais fins, de profil plutôt peu exubérant dans la jeunesse mais vieillissant plus longtemps en moyenne que les autres.
– Style « Intermédiaire » (SI) : sous cette épithète, nous rangerons les vignerons ayant recours à des cuvaisons moins longues que celles du style classique, mais qui ne sont pas inférieures à une semaine. L’usage de la température, notamment pour chauffer les moûts, est nul ou mesuré. Les élevages sont réalisés en foudres et/ou fûts de diverses tailles (du format barrique au format demi-muids - 500/600 litres), plus ou moins neufs. Il en résulte un type de vin moins retenu dans la jeunesse que le style classique pur, un peu plus facile et « accessible » pour le grand public.
– Style « Moderne » (SM) : les vins sont généralement issus de macérations courtes, les vinifications se font souvent en cuves auto-rotatives inox, les moûts sont parfois chauffés afin de favoriser l’extraction de couleur et généreusement pigés et remontés. Les élevages privilégient les petits contenants (barriques, demi-muids) et le bois neuf, présent au moins à 20% en général. Les vins sont vite ouverts, relativement boisés, plutôt opulents et « internationaux » de style, en tout cas dans la jeunesse ; ils peuvent bien se garder chez les vinificateurs les plus adroits et surtout sérieux à la vigne !

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Roddi

1. Commune de Roddi
 
Bourg médiéval connu pour son château et sa place principale, Roddi est un village magnifique perché au sommet d’une colline (ce n’est pas le seul de la région !), mais hélas pour lui, quasiment méconnu du point de vue de sa production de Barolo, tout comme son seul cru, le Bricco Ambroggio. Ceci s’explique sans doute par le fait qu’hormis Paolo Scavino, ce terroir est revendiqué principalement par des vignerons peu connus du public et des amateurs de vins piémontais. On notera néanmoins qu’une productrice de Serralunga, sise à l’autre bout du vignoble, semble produire dans les derniers millésimes de belles choses sur l’unique cru du village, dans un style fin qui rappelle les meilleurs crus de Verduno.
 
Le cru :
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Verduno

2. Commune de Verduno
 
Le nom Verduno est d’origine celtique et désigne une ville fertile à flanc de coteau. La proximité avec les cités de Pollenzo et d’Alba, ainsi que des découvertes archéologiques, ont permis de conclure que cette contrée était habitée déjà durant l'époque romaine. Au centre de Verduno se trouve le Château, le célèbre Castello di Verduno. Au cours des siècles, il a représenté un point de référence prépondérant pour les habitants. La version actuelle a été construite par Caissotti, d’après les plans de Juvarra, à la fin de la première moitié du XVIIIème siècle. Au cours du XIXème siècle, il est devenu la propriété du roi Carlo Alberto de Savoie, qui, en plus de l’utiliser pour ses vacances, y a créé une cave pour la production du vin de Barolo, dirigée par le célèbre oenologue Staglieno (cf. description du domaine Castello di Verduno ci-dessous). Perdu aux confins du Barolo, à l’extrême nord-ouest du vignoble, le village de 568 âmes est avec Serralunga d’Alba - situé à l’opposé du vignoble - celui qui a sans doute le plus conservé son âme d’antan, tant du point de vue de l’architecture générale que du style de ses meilleurs vins et producteurs. En effet, ici, il semble que la mondialisation peine à passer, et il suffit de prendre la petite route qui longe Roddi en contrebas pour serpenter entre les noisetiers et monter au village afin de s’en rendre compte. Le paysage ressemble à ces vieilles photos des Langhe que l’on peut apercevoir chez les vieux vignerons de la région. Ici donc, tout est « dans son jus », et l’on a l’impression en goûtant les meilleurs vins du village qu’ils sont à l’image de cela, c’est à dire authentiques, dotés d’un charme raffiné et fragile, d’un parfum délicieusement désuet mais vrai, sans effets de manche. Comme nous le verrons plus loin, trois producteurs locaux se partagent l’excellence, même si d’autres producteurs du village et d’ailleurs ne sont pas dénués d’intérêt.
 
Le cru le plus remarquable :
Les autres crus :
 
Domaines recommandés :
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Cappella della Madonna delle Grazie (La Morra)

3. Commune de La Morra
 
Village le plus vaste du Barolo en terme de surface cultivée (et de loin), reconnaissable entre mille avec ses antennes de radio-télévision que l’on aperçoit de très loin, La Morra est un peu l’alliance des extrêmes, à savoir un finage immense qui regroupe en son sein éclaté pratiquement les vignerons les plus modernes, mais également pour certains parmi les plus traditionnels. On notera qu’il compte des terroirs qui commencent à peine à 230 mètres d’altitude, pour culminer à 550 mètres au plus haut, soit près du double, dans le Serradenari par exemple. Ici les sols du Tortoniano, riches en calcaire et surtout en sable, expriment à plein leur personnalité et donnent sur la majorité des crus, même les plus puissants, des vins élégants, texturés, aux tanins fins et plutôt accessibles, sans dureté ni fermeté excessive de jeunesse. En somme, on pourrait pratiquement dire que c’est la commune rêvée pour commencer à se familiariser avec les tanins du nebbiolo de Barolo, du moins en vin jeune. D’un point de vue touristique, il faut savoir que La Morra, du fait de son étalement et de sa situation principale en coteau, est éclaté en quatre sous-secteurs, en plus du cœur historique : Annunziata, Santa Maria, Rivalta, Berri. A voir absolument sur place, mais il est difficile de la rater (sic !) bien qu’elle soit à l’écart du village, la colorée Cappella della Madonna delle Grazie, connue également sous le nom de Capella delle Brunate ou Capella del Barolo. Elle a été construite par un paysan en 1914 pour accueillir les gens qui travaillaient dans les champs en cas de mauvais temps. Puis elle fut consacrée et jamais abandonnée, mais commença progressivement à tomber en ruine. En 1972, la famille Ceretto achète le vignoble en face de la chapelle. En 1999, elle demande à deux artistes contemporains - David Tremlett pour l'intérieur et Sol LeWitt pour l'extérieur -, deux figures de l'art conceptuel, de redécorer l’endroit afin de lui donner une nouvelle vie, symbolisant l’alliance de modernité et tradition chère aux Langhe. Bien d’autres édifices religieux sont présents dans le village, parmi lesquels l’église Convento dell'Annunziata, l’église parrocchiale di San Martino, etc. On signalera enfin que le village est celui des Langhe qui, en dehors d’Alba, compte le plus de restaurants de qualité. On y croise bien évidemment et facilement les vignerons du cru. Bref, une commune incontournable et inratable, avec en guise de cerise sur le gâteau une vue imprenable sur tout le Barolo !
 
Les crus les plus remarquables :
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Brunate
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Deux vues et crus célèbres du vignoble de La Morra : Gattera (g.) et Arborina (dr.)

Les autres crus :

 
Domaines recommandés :

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Lorenzo Accomasso

Domaines à suivre :
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Sans doute la vue la plus connue de Cherasco, avec l’Arche du Belvédère
 

4. Commune de Cherasco
 
Situé à l’extrême ouest du vignoble, mais davantage connu pour ses vieilles pierres (château médiéval des Visconti et trois superbes églises construites entre le XIIème et XIVème) et son histoire que pour son vin, Cherasco compte tout de même parmi les villages qui ont le droit de revendiquer Barolo. Un seul cru y est connu et reconnu, Mantoetto, et ce dernier est revendiqué à ce jour par un seul vigneron, traditionnel, Umberto Fracassi. Mais l’histoire retient le nom de la commune pour le traité qui y est signé le 6 avril 1631 entre la France, l'Empereur Ferdinand II et la Savoie, en règlement du conflit de succession du Monferrato. On se souvient aussi de Cherasco car c’est ici qu’un armistice y est signé le 28 avril 1796. Le roi de Piémont-Sardaigne se retire en effet de la Première Coalition. Les places fortes d’Alessandria, de Cuneo et de Tortona sont livrées aux français après l’action rapide des armées de Napoléon Ier. Avec Bra, c’est peut-être la plus belle cité à visiter dans les environs immédiats du vignoble, encore plus jolie à notre sens que la ville d’Alba !
 
Le cru :
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Barolo

5. Commune de Barolo
 
Comme nous l’avons vu précédemment, le vin de Barolo est né ici. Village d´origine médiévale occupant une position relativement centrale au sein du vignoble auquel il a donné son nom, Barolo est littéralement enchâssé entre les collines environnantes, et se trouve situé au bout - pour ainsi dire - d’une très jolie route qui s’élève et longe la mythique colline de Cannubi. Le village abrite notamment l´oenothèque régionale et le Musée ethnographique et œnologique, tous deux situés dans le Château Falletti. Ce dernier date du XIème siècle et domine le centre historique du bourg. On notera que l’oenothèque peut être une bonne solution pour les visiteurs pressés qui souhaitent acquérir quelques belles bouteilles à prix domaine, mais on prendra soin de choisir attentivement, car le meilleur y côtoie le reste, sachant que les crus et cuvées les plus rares ne seront pas disponibles sur place. Seul en général le dernier millésime sorti d’une seule cuvée par producteur est disponible. Concernant le Musée, il vaut vraiment la peine d’être visité, y compris avec des enfants, et surprendra par sa modernité et interactivité, dans un cadre pourtant très ancien. Une belle métaphore d’ailleurs de ce que sont les Langhe aujourd’hui, à savoir un lieu de culture et plaisir, navigant avec brio entre tradition et modernité. Concernant le caractère des crus du village, il est difficile de dégager un canevas commun, car finalement, par rapport à leur très grand nombre, peu sont revendiqués seuls, sauf les cinq cités ci-après, complétés de quelques rares autres (Castellero, Coste di Rose, Fossati, Liste et Terlo). A quoi cela est-il dû ? Au fait tout simplement que nombre d’entre eux sont assemblés pour reprendre le vieux principe cher à l’histoire et aux us et coutumes locaux. Par ailleurs, même des experts tels Alessandro Masnaghetti admettent que le village, bien qu’étant le plus connu de tous, n’est sans doute pas le mieux loti en grands terroirs. Il est vrai que face à Serralunga ou Castiglione Falletto par exemple, la concurrence est rude. Quoi qu’il en soit, on peut dire que les vins des meilleurs crus de la commune brillent par leur relative sensualité et leur style aristocratique. S’ils ne sont généralement pas des monstres de puissance ou structure, il est difficile de « tordre le nez » devant une belle bouteille du village. Il suffit de goûter un grand Barolo de Bartolo Mascarello, Giuseppe Rinaldi, ou même une - très - vieille Riserva de Giacomo Borgogno pour s’en convaincre.

Les crus les plus remarquables :

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Cannubi (au premier plan)

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La plus vieille bouteille de Barolo Cannubi connue (caves Marchesi di Barolo)
Les autres crus :
 
Domaines recommandés :
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Beppe Rinaldi
Domaines à suivre :
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Novello

6. Commune de Novello
 
C’est un des villages du Barolo les plus méconnus, et pourtant... La route qui y mène, venant de la Morra, permet de jouir d’une vue d’une spectaculaire beauté, avec le village qui se découpe et en arrière plan, un panorama exceptionnel sur les Alpes qu’on dirait proches. En son centre trône une tour médiévale, qui seule a résisté à la destruction du château historique, remplacé au XIXème siècle par une construction de l’architecte Giovanni Schellino. Le nouveau et donc actuel château est un bâtiment « rococo » aux formes néogothiques, aujourd’hui transformé en hôtel et qui s’inspire des atmosphères romanes chères à son créateur. A l’instar du Pelaverga de Verduno, le vin le plus identitaire de la commune est le Nascetta, obtenu à partir d'un cépage autrefois célèbre, mais dont la production a progressivement baissé pour se cantonner désormais au seul village dont il est ici question. Quant au style des vins de la commune, nous l’envisagerons ci-après sous l’angle du meilleur des crus du finage, le célèbre Ravera, qui est celui que nous connaissons le mieux.
 
Le cru le plus remarquable :
Les autres crus :
 
Domaine recommandé :
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Monforte d’Alba

7. Commune de Monforte d’Alba
 
Imposant bourg du sud de la zone délimitée du Barolo, le village de Monforte est sans doute un des plus « traversés » par les touristes et autres aficionados du vin local, mais on s’y arrête étrangement peu, sauf pour aller chez les bons vignerons du crus disséminés ça et là, plus souvent « perdus » aux quatre coins du finage plutôt que dans le centre du village. Pourtant, la commune ne manque ni d’attrait, ni de patrimoine, avec notamment les nombreuses rues en pente qui montent à la place de la vieille église, l’oratoire baroque de Sant'Agostino et San Bonifacio, le campanile, le Palazzo dei Marchesi Scarampi daté du XVIIIème siècle et enfin le méconnu auditorium Horszowski. De l’histoire locale, on peut citer l'épisode dramatique de l'hérésie cathare qui se propage vers l'an 1000, sous couverture de la comtesse Berta, légende locale : emprisonnés à Milan par ordre de l'archevêque Ariberto d’Intimiano, les Cathares de Monforte sont brûlés sur le bûcher en 1028. Mais revenons-en au vin et à des choses plus heureuses, car le finage de Monforte, le plus vaste du Barolo avec celui de la Morra, a bien des secrets à livrer, tout comme ses paysages sauvages extrêmement bien préservés et moins marqués par la monoculture que d’autres communes voisines. Si l’on devait dégager une trame commune aux Barolo du finage, on ferait avant tout ressortir leur aspect méridional, du fait de leur position géographique, avec un alcool souvent présent mais qui, lorsqu’il ne déborde pas, donne à la fois aux vins de l’opulence dans le parfum et la texture, mais aussi de la puissance dans les finales et autres arrière-bouches. Des vins virils, solaires, qui à l’instar des grands Châteauneuf-du-Pape ont souvent besoin de quelques années avant de se calmer et de gagner en raffinement. Mais des exceptions existent bien sûr, comme dans certains sous-secteurs du vaste Bussia par exemple.
 
Les crus les plus remarquables :
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Poderi Aldo Conterno en plein cœur du Bussia, une vue « culte »
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La Cascina Gramolere
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Gavarini
Les autres crus :
 
Domaines recommandés :
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Mauro et Giovanni Manzone
Domaines à suivre :
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Castello di Serralunga

8. Commune de Serralunga d’Alba
 
Le château, de forme saillante mais massive à la base, surplombe le village de Serralunga qui s’étale à ses pieds en un réseau de rues formant des cercles concentriques. Le lieu est très ancien et remonterait au XIème siècle après J-C., quand sur cette colline fut construite la fameuse tour carrée, symbole de défense et de possession. Elle est démolie en 1340, au moment de la succession et reprise par les Falletti, importante famille noble des Langhe à l’origine du vin de Barolo, faut-il le rappeler. Pietrino Falletti commence alors immédiatement la construction de la forteresse, achevée plus tard par son fils Gioffredo II. Depuis l'époque de sa construction, très peu de modifications ont été apportées et le château n’a heureusement pas subi de grands faits d'armes. Il a néanmoins été restauré en 1950 à la demande du Président Luigi Einaudi. On notera également la présence dans le village de l'église paroissiale de San Sebastiano, construite entre 1886 et 1888 sur le site de l'ancienne église San Benigno, en dehors des murs du village. La décoration picturale de l'intérieur est due presque entièrement au peintre albese Fedele Finati. Pour en venir aux vins du village, louons d’abord le découpage fin et précis qui a été opéré ici (ce qui est tout l’inverse de Monforte d’Alba !), mettant en avant une collection unique de grands terroirs. En effet, le nombre de grands crus est ici impressionnant et fait de la commune la mieux garnie de l’appellation Barolo. Par ailleurs, elle a la chance d’être mise en valeur par un nombre tout aussi impressionnant de grands vignerons, comme nous le verrons un peu plus loin, avec également quelques célèbres monopoles ou quasi-monopoles (voir les terroirs de Francia et Giacomo Conterno, Falletto et Bruno Giacosa, Marenca et Pira Luigi, Arione et Gigi Rosso et enfin Brea et la famille Brovia). Pour toutes ces raisons, Serralunga est incontournable et fait penser, de par son prestige et sa nature propre, à Vosne-Romanée (Bourgogne), même si la personnalité et l’expression des vins de la commune rappelle plutôt Gevrey-Chambertin. On est ici au cœur des formations du Langhien (ou Elveziano), avec des sols riches en argile et grès qui, au delà de la position méridionale de ces formations par rapport à la carte du Barolo, et des altitudes élevées qui favorisent des peaux épaisses, semblent privilégier des vins sérieux, séveux, tanniques, droits et corsés, bâtis avant tout pour la garde et capables au vieillissement d’offrir une véritable finesse et surtout beaucoup de personnalité.
 
Les crus les plus remarquables :
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'Feu' Tomasso Canale, la légende de la Vigna Rionda
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Quelques grands crus de Serralunga
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Cerretta
Les autres crus :
 
Domaines recommandés :
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Roberto Conterno
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Augusto Cappellano
Domaines à suivre :
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Castiglione Falletto

9. Commune de Castiglione Falletto
 
D'origine ancienne, peut-être romaine comme en témoigne la pierre tombale du « sutor » (cordonnier) trouvée dans les murs du château, Castiglione Falletto est connu au Moyen-Âge comme Castrum et villa et il appartient au marquis de Saluzzo. La petite ville, dominée par l’imposante forteresse quadrangulaire, a ensuite appartenu à plusieurs familles nobles. A la chute du Marquis, Castiglione est transmis au Dauphiné, puis à la Savoie avec le traité de Lyon en 1601. Il rejoindra plus tard le Duché d’Alba, après bien des péripéties, à la manière du village de Neive pour Barbaresco. Le village possède en son sein deux monuments remarquables : la magnifique église paroissiale de San Lorenzo, et bien évidemment le château, que l’on aperçoit d’assez loin aux alentours. Cette église, construite dans le style roman, a été rénovée en 1893 et décorée avec des lignes intérieures néo-gothiques par les frères peintres Finati d’Alba. Le château a quant à lui été reconstruit par Bertoldo Falletti di Alba qui l’avait reçu en 1225 du marquis de Saluzzo en échange de services rendus. Les Falletti, qui en étaient propriétaires depuis la fin du XVIIème siècle, voulaient ajouter leur nom à celui du village, ce qui fut fait plus tard, comme peut en attester l’actuel nom de la localité. Aujourd'hui, il continue d'être une propriété privée et, en dépit des travaux effectués, conserve, avec ses tours latérales et son centre érigé, sa structure médiévale historique. Au delà de sa magnificence et silhouette inratable, ce village est à considérer avec grande attention par l’amateur de (grands) Barolo car on trouve en son sein quelques unes des plus incroyables cuvées actuellement produites. Situé à peine au nord-est du village de Barolo, le finage présente la particularité de son emplacement plutôt central dans l’aire d’appellation, qui fait fort heureusement la jointure entre les formations du Langhien (Elveziano) et du Tortonien, alliant sols lourds et compacts et sols plus légers et souples, avec des vins idoines qui en résultent, donc très complets. Même si au final, selon les microclimats, expositions et sensibilités vigneronnes, des différences existent et préexistent. On notera enfin que la cité de Castiglione abrite quelques-uns des plus vieux domaines de la région, ce qui prouve à qui pouvait en douter sa réelle antériorité et renforce son caractère important dans le cadre de son appellation.
 
Les crus les plus remarquables :
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Encépagement du domaine Cavalotto
Les autres crus :
 
Domaines recommandés :
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La famille Mascarello au complet
Domaines à suivre :
 
10. Commune de Diano d’Alba
 
Rattaché à la commune d’Alba, Diano est un très joli village pittoresque situé au sommet d’une colline assez élevée (quasiment 500 mètres d’altitude) qui permet de jouir en son sommet d’un panorama magnifique sur la partie nord du vignoble de Barolo, entre autres. Il abrite en son sein, au point le plus haut, une superbe église couleur brique, encerclée par la place du Belvédère qui, dans sa configuration, rappelle étrangement le proche village de Treiso. Mais ce dernier produit non pas du Barolo mais du Barbaresco, faut-il le rappeler ! Diano d’Alba peut revendiquer trois crus, mais c’est surtout Sorano qui est mis en avant par les vignerons (Le Cecche, Claudio Alario, Ascheri, Gerlotto Fratelli, San Biagio).
 
Les crus :

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Castello di Grinzane

11. Commune de Grinzane Cavour
 
Le nom du village rend bien évidemment hommage depuis 1916 à l'homme d’état à l’origine entre autres de ce que l’on nomme Risorgimento, Camillo Benso Comte de Cavour, qui fut par ailleurs maire de la commune de Grinzane durant dix-sept ans, de 1832 à 1849. Le village est dominé par l'imposant château médiéval, siège d’un musée ethnographique, d’une Enoteca régionale et d’un restaurant bien connus, appartenant encore aujourd’hui à la famille Cavour. On notera que l’on décerne ici aussi un célèbre prix littéraire. A l’instar de Diano d’Alba, les crus du village sont peu revendiqués. Garretti - et dans une moindre mesure Castello - sont de loin ceux que l’on peut lire le plus souvent sur les étiquettes. Il est de ce fait très difficile de dégager une trame commune aux Barolo du village et l’on s’en gardera bien.
 
Les crus :

12. Commune de Dogliani
 
Village ne pouvant revendiquer de production de Barolo sur son territoire, Dogliani n’en n’abrite pas moins quelques-uns des meilleurs domaines producteurs de Dolcetto di Dogliani (spécialité locale), mais également de superbes Barolo des communes avoisinantes. Au delà des deux cités ci-après, on ne négligera pas non plus la production de la cave Abbona.
 
Domaines à suivre :
  

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