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Beaujolais, terre de grands vins ?
 
 
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Le texte qui suit est une mise à jour complétée de l’article déjà publié par Nicolas Herbin dans la revue Vinifera N°43, oct. 2010, publication de CAVE SA. Il est repris en partie ici avec l'aimable autorisation de Jaques Perrin, Directeur de CAVE SA.
 
Apparent point de jonction géographique entre ce que l'on nomme la Grande Bourgogne et le début des Côtes-du-Rhône, le Beaujolais est mieux qu’un vignoble intermédiaire, c’est un pays de vin à lui seul. Une terre attachante et belle qu’il convient de redécouvrir, tant elle regorge de paysages, personnages, histoires et bouteilles mémorables. Nous nous sommes ici attachés à traiter le prisme civilisationnel du vin local à partir de différents axes que nous vous laissons découvrir. Évidemment nous n'aspirons pas à l'exhaustivité, mais nous nous sommes efforcés de vulgariser quelques bases nécessaires et importantes à nos yeux, afin de susciter chez le lecteur l'envie d'aller plus loin et de mieux connaître les vins de cette magnifique région.
 
 
Sommaire :
I – VIGNOBLE
II – CEPAGE(S)
III – VINIFICATIONS ET ELEVAGES
IV – CRUS, TERROIRS ET VIGNERONS

        1. Beaujolais
        2. Beaujolais-Villages
        3. Brouilly
        4. Côte-de-Brouilly
        5. Régnié
        6. Morgon
        7. Chiroubles
        8. Fleurie
        9. Moulin-à-vent
        10. Chénas
        11. Juliénas
        12. Saint-Amour
V – MILLESIMES
VI – COMMERCE
VII – A TABLE !
VIII – PERSONNAGES HISTORIQUES
IX – PERSPECTIVES D’AVENIR
 

I - VIGNOBLE
 
Origine et histoire de la vigne
A l’instar de nombreux vignobles européens historiques, la vigne est cultivée en Beaujolais depuis des temps reculés. Ce serait en effet à Jules César et à ses légions que l’on devrait le développement de la culture de la vitis vinifera dans la région. Ainsi, avant le passage à gué de la Mauvaise, sur la grande voie romaine stratégique reliant Lugdunum (Lyon, alors capitale des Gaules) à la mer du Nord, des essais de culture de la vigne furent entrepris autour des villas gallo-romaines édifiées à Romanesca (Romanèche-Thorins). Ces essais furent longs à s’étendre, mais au IIIe siècle, les vins déjà réputés s’en allaient à Lyon par des bateaux sur la Saône, logés dans des outres et amphores. Le flambeau romain est repris plus tard par des ordres religieux majeurs, telle l’abbaye de Cluny qui contribuera également à ce développement et rayonnement. A cette époque déjà, on remarque les prédispositions des meilleures zones granitiques locales pour produire des vins de qualité. Cette culture se maintient au fil des siècles avec plus ou moins de réussite, parfois freinée par des événements majeurs (guerres, épidémies, changements politiques). Mais c’est surtout le phylloxera à la fin du XIXe siècle qui marquera une rupture dans la façon de cultiver le gamay et de produire le vin de Beaujolais. Anecdote amusante, un autochtone, Victor Pulliat, fut un des premiers à expérimenter et faire connaître, en France, la solution des porte-greffes américains, pour lutter contre le parasite. On le sait, le phylloxera changera complètement la face du vignoble français, mais peut-être un peu moins ici qu’ailleurs, car il n’y a pas eu ensuite d’orientation vers une mécanisation avancée des vignes du Beaujolais, la culture en gobelet ne le permettant pas. Seul le matériel végétal a changé, l’âge moyen du vignoble également !
 
Paysages viticoles et sols
Le Beaujolais viticole occupe aujourd’hui environ 25 000 hectares, et représente à peu près 1 300 000 hl de vin par an. Le vignoble commence au nord avec le val d’Azergues et le village de Chasselas (lui-même situé à la frontière sud du Mâconnais, à deux pas de Mâcon), et descend jusqu’à la charmante commune de L’Arbresle, où l’atmosphère lyonnaise commence déjà à se faire sentir. Tout cela se matérialise par une bande de cinquante-cinq kilomètres de vignes en longueur, pour douze à quinze kilomètres de large. La limite ouest du vignoble n’est autre que le relief arrondi des monts, succession de collines et de coteaux qui plongent doucement et progressivement vers l’est jusqu’au lit de la Saône. A l’instar du vignoble bourguignon, de par la configuration décrite précédemment, nombreuses sont les expositions est, sud-est et sud, favorisant des maturations qualitatives, progressives et homogènes. Les meilleures parties du vignoble sont situées à des altitudes comprises entre deux-cents et cinq-cents mètres, avec, on s’en doute, des écarts de maturité parfois conséquents (plus de quinze jours) entre un Chiroubles d’altitude et un Fleurie de bas de coteau.
 
Climat
Grâce à sa situation géographique remarquable, le Beaujolais connaît une triple influence climatique qu’il convient d’expliciter. Avec une moyenne de températures annuelles comprises entre 11 et 12 degrés, le climat peut ici être qualifié de tempéré, mais il convient de nuancer cette affirmation par des précisions importantes : l’influence majeure est sans doute océanique (vents d’ouest fréquents et majoritaires), contrebalancée par des courants méditerranéens, notamment en période estivale ; les hivers et débuts de printemps sont quant à eux plutôt sous influence continentale, avec des courants venteux froids et secs. Comme on le verra plus tard, le gamay est un cépage qui débourre tôt, et peut donc être particulièrement sensible aux gelées de printemps, assez fréquentes dans la région. L’autre risque majeur - et qui a en 2003, 2005, 2008, 2009 et 2010 fait quelques gros dégâts - est celui de la grêle : durant l’été, les contreforts du Massif Central peuvent générer des courants d’air chaud ascensionnels provoquant des averses de grêlons parfois très spectaculaires. Les hauts de Fleurie et plus généralement les crus du nord (Juliénas, Chénas, Moulin-à-Vent, St-Amour) sont régulièrement touchés.

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Granit rose de Fleurie

II – CEPAGE(S)
 
Le gamay, un cépage non grata ?
Tout le monde connaît l’histoire de Philippe le Hardi, Duc de Bourgogne, qui – par un édit – bannit en 1395 des vignobles de son duché le « Gaamez (Gamay) déloyal », celui qui donnait en abondance un vin « de très grande et horrible âpreté, plein de très grande et horrible amertume ». Rien de moins ! Au-delà du visible désamour du Duc pour ce cépage (qui peut être certain que celui-ci ne parlait pas de sous-variétés moins fines et qualitatives que celles cultivées, par exemple, aujourd’hui en beaujolais ?), gageons qu’il n’avait sans doute pas tort, car l’adéquation du gamay avec les sols argilo-calcaires bourguignons n’est pas idéale, et les rendements qui en découlent également. Bien heureusement, le «banni» trouva terre d’élection plus au sud, sur les granits et schistes beaujolais, et là, le mariage fut heureux !
 
Portrait ampélographique
Au-delà des rares blancs de chardonnay de la région, nous nous concentrerons bien évidemment ici sur le cépage roi, le gamay dit noir à jus blanc. D'après les analyses génétiques, il provient d'un croisement entre le pinot noir et le gouais (vieux cépage blanc quasiment disparu, sauf encore quelques pieds en Valais, et qui est également le « père » de soixante-dix huit cépages en Europe !). Cette origine permet donc de valider son appartenance au groupe ampélographique des noiriens, constitué il y plus de mille ans en Bourgogne. On le trouve aussi dans diverses régions et pays sous les noms de gamay beaujolais, bourguignon, petit bourguignon, grosse dôle, lyonnaise (Allier), etc.
Visuellement, il se présente sous la forme de grappes petites à moyennes, cylindriques, compactes, un peu ailées. Les baies sont de taille moyenne, légèrement elliptiques, avec généralement une peau fine d'un beau noir-violet, une pruine bleu-blanchâtre, et un jus abondant à saveur plutôt simple. Le gamay débourre précocement et présente donc une sensibilité aux gelées de printemps. Il a cependant l'avantage de produire une petite récolte sur ses contre-bourgeons. Son port est demi-érigé à érigé. Il offre une vigueur moyenne et très fertile, et s'épuise rapidement en taille longue. Suivant les années, il peut être fortement sujet au millerandage, ce qui permet de produire alors des vins naturellement concentrés et aptes à la garde. C’est également une variété sensible aux risques de grillure, à la pourriture grise, à l'excoriose, aux maladies du bois et aux vers de la grappe. Il a aussi tendance à produire de nombreux raisins de seconde génération (appelés localement « grisemotte »), surtout si les écimages sont précoces et nombreux. Sa maturité est qualifiée de deuxième époque hâtive.
On dénombre pas moins de trente-cinq clones agréés (source E.N.T.A.V.), les plus réputés étant les 222, 282, 284, 356, 358, 509 et 565. Les sélections les plus fines cultivées aujourd’hui en Beaujolais répondent par exemple aux doux noms de petit gamay ou de gamay geoffray. Pour produire de bons vins, on doit le cultiver à haute densité (8 000 à 10 000 pieds par hectare, voire 12 000), en prenant soin de pratiquer des rendements modérés. En effet, si ce cépage n’est pas forcément vigoureux d’un point de vue végétatif, il est par contre particulièrement fructifère. La taille classique beaujolaise est celle du gobelet, même si aujourd’hui des essais de cordon de Royat et Guyot sont tentés et donnent d’assez bons résultats. Traditionnellement, le vrai gobelet était pratiqué par les vignerons locaux, avec liage des sarments à l’osier à la main afin de bien fermer le plant. Mais ces dernières années, notamment sur les millésimes les plus humides, une grande majorité de vignerons a abandonné cette pratique, préférant travailler des plants plus lâches, quitte à les maintenir avec des fils synthétiques. Les pieds sont relativement alignés dans les parcelles de plantation récente (moins de quarante ans), mais au-delà, c’est beaucoup plus rare (mosaïques désordonnées de vieux plants – sélections massales – totalement biscornus, aux bois souvent proches du sol). Il en résulte une quasi impossibilité de travailler les parcelles au tracteur, et donc une contrainte manuelle significative. La pénibilité est accentuée sur des sols pentus comme Chiroubles, les Garants et Poncié à Fleurie, Rochegrès à Chénas, etc.
 
Spectre d’expressions
- En ce qui concerne la couleur, les vins issus du gamay sont souvent d'un beau rouge vif, intense, limpide et brillant. On peut aller vers des nuances de pourpre, carmin, cerise, vermillon, ou décliner toutes les variétés du rubis. Les vins les plus foncés tirent sur le grenat mais jamais de façon très poussée (sauf usage de surextraction ou de macérations préfermentaires à chaud, donnant des vins violet-noir).
- En terme d’arômes, on peut reconnaître pêle-mêle des notes fruitées (cassis, cerise, fraise, framboise, groseille, myrtille, mûre sauvage, pruneau), florales (iris, jasmin, pivoine, réséda, rose, rose fanée, violette). Mais également des nuances plus rares d’ambre et d’abricot (les années très mûres), de truffe (au vieillissement), de fumé (sur certains terroirs), ou d’épices (sur les vins les plus corsés). Tout cela modulé en fonction des terroirs et niveaux de maturité atteints, de la palette la plus végétale et crue à la palette la plus confite et exotique.
- En terme de sensations gusto-olfactives, les vins de gamay présentent – sauf millésime extrême – régulièrement des bouches fraîches, plutôt modérées en alcool, des tanins fins, plus ou moins denses et serrés. Les plus souples brillent par leur caractère croquant et leur glissant, et les plus sérieux, par leur charpente, la noblesse des saveurs en rétro-olfaction, et surtout leur allonge. Ce sont bien souvent des expressions plus en longueur qu’en largeur, sapides, et des vins très à l’aise à table.

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Gamay 2011
 
III – VINIFICATIONS ET ELEVAGES
 
On distingue actuellement trois techniques de vinification majeures :
 
1. La macération beaujolaise, ou macération semi-carbonique, est à distinguer très soigneusement de sa cousine, la macération carbonique, utilisée initialement dans des vignobles sudistes et développée dans les années 60 pour des cépages tels le carignan. La macération semi-carbonique se déroule de la façon suivante : on cueille le raisin à la main et on le livre à la cave, en prenant soin de ne pas altérer l’intégrité des grappes. On le met en cuve sans foulage ni égrappage. Le tassement des grappes dans le fond de la cuve libère naturellement du jus, soit 10 à 30% du volume de la cuve. Deux possibilités s’offrent alors au vinificateur : soit récupérer simplement ce jus pour arroser le marc ; soit enfoncer le marc dans la cuve à l’aide d’une grille, pomper le jus et arroser par dessus la grille, tout en conservant le chapeau immergé. Cette technique est assez fréquente dans le nord des crus (Fleurie, Chénas, Moulin-à-Vent et Juliénas). Pendant la macération, le volume de jus augmente progressivement pour atteindre 40 à 70% du volume total. Ainsi, trois parties distinctes sont observées : 1. Dans le fond de la cuve, le jus de raisin fermente et libère du gaz carbonique. 2. En zone intermédiaire, des grappes flottent dans le jus, elles macèrent. Les pellicules changent de consistance. Les constituants de la pellicule du raisin (anthocyanes, tanins, précurseurs d'arômes) sont libérés progressivement. 3. Dans la partie supérieure, des grappes entières sont en atmosphère anaérobie constituée de gaz carbonique. A l'intérieur des baies de raisin a lieu une fermentation intracellulaire, d’origine enzymatique. Cette fermentation intracellulaire se fait en l'absence de micro-organismes. L'acide malique contenu dans la baie est dégradé de 20 à 50% et transformé en éthanol (environ 2% volume). Il s'agit d'un métabolisme anaérobie qui favorise donc la production d'arômes spécifiques et diminue l'acidité du vin. La particularité de la vinification beaujolaise repose sur l'ensemble de ces phénomènes fermentaires complexes, qui contribuent à l'obtention d'un vin particulièrement fruité. Le métabolisme anaérobie est d'autant plus favorisé que la proportion de grappes entières est élevée. On obtient alors une extraction lente et progressive du fruit et du tanin, qui oriente le profil vers des modèles fins et complexes, déjà accessibles jeunes, mais pouvant vieillir admirablement si les matières permettent de prolonger les cuvaisons. C’est ce type de vin qui a fait la réputation de la région au fil des ans. Cette façon de faire est sans doute une des plus anciennes connues en Europe. Et c’est celle que nous estimons le plus, notamment pour la production de vins de garde et de vins dits de terroir, même si d’autres techniques donnent également de beaux résultats.
 
2. La macération carbonique diffère de la précédente en ce sens qu’elle prend en quelque sorte les devants de phénomènes fermentaires intracellulaires en les contrôlant davantage : en effet, on sature de gaz carbonique les cuves avant (nuance importante) l’arrivée du raisin entier et intact. Puis on s'assure de la couverture suffisante en gaz carbonique durant la macération (notamment les deux premiers jours). Pendant celle-ci, les contenants de cuvage et la vendange peuvent être plus ou moins tempérés afin de privilégier l'extraction de certains types d'arômes et tanins lors de l'anaérobiose. En Beaujolais précisément, Jules Chauvet fut un des premiers à étudier et préconiser ce type de processus, suivi plus tard par ceux qui se sont réclamés de lui et que l'on a qualifié de disciples. La définition et pureté aromatique est immédiate et nette si la technique est maîtrisée. Mais les vins peuvent, d'après notre expérience, présenter des profils plus stéréotypés que ceux issus de macérations semi-carboniques. Nous sommes à ce sujet souvent frappés par le nombre de cuvées issues de macérations carboniques ayant des tendances amyliques, ou des déviations sur l'acétate d'éthyle (notes de colle scotch, solvant) ou d'isoamyle (arômes de banane ou framboise « chimique »). Nous les trouvons de fait plus facilement identifiables et un peu plus techniques, y compris au vieillissement. Mais le glissant et la « floralité » des meilleures cuvées est difficile à bouder !

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Cuverie du Château du Moulin-à-Vent

3. La macération préfermentaire à chaud (MPC), surnommée localement thermo (ce qui n’est d’ailleurs pas exactement la même chose), a pris son essor dès le début des années 2000. D’après les vignerons locaux, le négoce beaujolais serait à l’origine de cet élan et aurait ensuite réclamé – et continuerait de le faire – des vins vinifiés de cette façon pour ses achats. En quoi consiste les MPC ? Le moût, ou plutôt le jus de fond de cuve (dû à l'écrasement des raisins), est chauffé, puis revient dans la cuve à l'aide d'une pompe. Au bout de deux heures, la cuve (raisins et jus) est à soixante-dix degrés environ, permettant une extraction éclair et intense d’arômes, de couleur et de fruit. Après douze heures, la cuve est refroidie, levurée et part en fermentation. Le résultat : des vins noirs, artificiellement concentrés, explosifs de fruit, mais aussi extrêmement stéréotypés au niveau aromatique (fruits cuits, caramel, bonbon anglais). Quels que soient les crus vinifiés ainsi, ils présentent peu ou prou les mêmes nez, et des bouches plus ou moins concentrées. Le temps ne respectant généralement pas ce qui se fait sans lui, cette technique contre nature ne permet pas de produire de grands beaujolais de garde. Jeunes, les vins font illusion auprès des dégustateurs impressionnables, pendant un temps plus ou moins long. Puis ils ont tendance à s’effondrer brutalement. Inutile de préciser que, pour nous, ces ersatz de beaujolais doivent être impérativement dénoncés. A signaler que ce que l’on nomme « thermo-vinification » est un peu différent des MPC : après égrappage, les raisins passent dans un circuit où ils sont chauffés quelques secondes, puis refroidis immédiatement avant d'être encuvés. Cette pratique n'existe – à notre connaissance – pas encore en Beaujolais, mais plutôt en Vallée du Rhône (partie méridionale surtout, mais depuis quelque temps également dans la partie septentrionale), donc étonnamment plus au sud.
 
Passé ces cas généraux, quelques évolutions dites modernes méritent aussi d’être évoquées. Ces dernières années (plus précisément à partir du millésime 2006), et sans doute parce que le difficile et végétal millésime 2004 était passé par là, nombre de vignerons locaux se sont équipés d’égrappoirs permettant d’enlever l’empreinte herbacée que la rafle pouvait laisser dans certaines cuvées. Les vinificateurs travaillant ainsi, et s'inspirant de modes de vinifications bourguignons modernes, affinent progressivement leur connaissance et usage de ces outils. Les meilleurs arrivent à produire des vins de belle pureté, avec un fruit avenant, rapidement évident. Nous verrons avec le temps si leur tenue égale celle des vins traditionnels, vinifiés à partir de raisins entiers et issus de fermentations semi-carboniques ; mais nous en doutons un petit peu, avouons le.
Il faut relever également le cas du Château des Jacques, dont la particularité est de vinifier ses meilleures parcelles après l’égrappage intégral mais sans foulage de la vendange, puis des macérations très longues (25 à 30 jours) avec remontages bi-quotidiens ; ensuite les cuvées de « Clos » sont élevées en fûts neufs pendant dix à douze mois. Un cas unique à notre connaissance.
Nous passerons sur les multiples dérives telles l’utilisation de levures aromatisées, soi-disant à la mode (laquelle ?), les excès de chaptalisation qui ont fait tant de tort à la région et qui n’arrivent même pas à masquer la pauvreté de raisins vendangés en quantités trop abondantes et donc en sous-maturité, les acidifications de millésimes pourtant mûrs, et les ajouts de tanins exogènes afin de « regonfler » des vins trop maigres, tant toutes ces pratiques – que l’on peut oser qualifier de barbares – feraient se retourner dans sa tombe Jules Chauvet ! Non, le beau vin de Beaujolais, ce n’est pas ça ; surtout, il mérite bien mieux que ces artifices maladroits, inopportuns et grossiers.

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Tri de raisins chez Fabien Duperray

Suite logique des vinifications, abordons maintenant un sujet rarement traité, mais qui nous tient à cœur, car il n’est pas si simple et évident que l’on pourrait le croire : l’élevage des vins de gamay.

Historiquement, on peut distinguer trois grands courants : depuis toujours ou presque – nous vous épargnerons le chapitre sur les amphores des débuts de l’ère romaine – et jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, les vins locaux étaient traditionnellement élevés en fûts, unique contenant disponible et usité alors ; puis vint le temps à la fin des années quarante du foudre, qui connaîtra jusque dans les années quatre-vingts un grand succès ; mais durant les trente dernières années, ce dernier est supplanté par les cuves béton et inox. Depuis les années 2000, les trois contenants cohabitent, avec quelques nuances et particularités qu’il convient d’expliciter.
L’avantage de la cuve est de préserver bien évidemment le fruit et l’intégrité des jus les plus simples, et d’être d’entretien aisé et d’utilisation simple ; mais les risques de réduction ne sont bien sûr pas nuls, surtout en cuve inox. De ce point de vue, l’intérêt de la cuve béton est supérieur car la porosité est plus grande et permet une oxygénation ménagée. Les contraintes d’entretien ne sont bien évidemment pas les mêmes, le béton demande une hygiène irréprochable. Les Beaujolais, Beaujolais-Villages, Régnié, Chiroubles, Saint-Amour, Fleurie et Brouilly les plus souples nous semblent être les vins les plus indiqués pour ces types d’élevages, avec des résultats probants.
Pour des cuvées davantage structurées, il semble que le foudre réussisse très bien, permettant par son importante inertie et la présence ménagée de bois d’affiner très progressivement des tanins à la base plus épais, tout en évitant les problèmes de réduction. Arrivé dans la période après-guerre, et souvent produit sur place, il connut dans les années cinquante un grand succès, avant de s’éclipser progressivement au profit des cuves. Mais les grands domaines traditionnels en possèdent encore et continuent de les utiliser. L’entretien est un peu fastidieux car il faut veiller à la bonne herméticité du contenant, et surtout décaper plus ou moins régulièrement les dépôts de tartre. C’est un peu le mode d’élevage incontournable pour nombre de vins de la région, celui qui permet d’obtenir des beaujolais au profil classique et suffisamment net lorsqu’ils sont élevés assez longuement (six mois est un minimum). Très bons résultats sur les Beaujolais-Villages, Régnié, Chiroubles, Saint-Amour, Fleurie et Brouilly les plus charpentés, mais aussi sur les Côte-de-Brouilly, Morgon, Chénas, Juliénas et Moulin-à-Vent les plus élégants.
Enfin, sur les crus et climats les plus structurés (rares Fleurie corsés, Côte-de-Brouilly, Morgon, Chénas, Juliénas et Moulin-à-Vent les plus denses), on peut difficilement nier l’intérêt d’un élevage en fût bien conduit. De nombreux Cassandre sont convaincus de l’inverse, et crient qu’un Beaujolais ne doit et ne peut être qu’un vin d’évolution précoce, vinifié et élevé rapidement sur le fruit ; c’est tellement mal connaître le potentiel des meilleurs terroirs, et surtout cela relève d’une vision simpliste et réductrice du grand vin local. Nous pensons que les cuvées à fort potentiel méritent un élevage digne de ce nom ; c’est-à-dire suffisamment long, avec une proportion de jeunes fûts ménagée et surtout effectué dans des tonneaux de qualité, parfaitement entretenus s’ils sont réutilisés. Il faut goûter des cuvées de noble origine mais mal élevées, et de façon trop brève, pour s’en convaincre : tanins grossiers, astringents, manquant immédiatement de définition et de style. A leur meilleur, les vins élevés sous bois offrent tout l’inverse : raffinement de texture, précision, tenue, et surtout ne sont pas abîmés ni fatigués par le tonneau, bien au contraire. De nombreuses cuvées dégustées à ce jour prouvent qu’un élevage de qualité ajoute une dimension supérieure, et surtout permet un vieillissement idéal. Les antiquités inoxydables et grandioses de la première moitié du XXème siècle sont là pour le prouver ! Il faut rappeler enfin qu’au XIXème siècle déjà, le docteur Guyot mentionnait dans ses écrits que l’on pratiquait l’élevage en pièces beaujolaises (212 litres) des plus grands Moulin-à-Vent.

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Le caveau du domaine Chignard

IV – CRUS, TERROIRS ET VIGNERONS
  
Sans aspirer à une quelconque exhaustivité, nous nous sommes efforcés ici de présenter brièvement les appellations et crus, ainsi que quelques-uns des meilleurs vignerons de la région. Ce texte est basé sur une connaissance pratique de la région et de ses vins. Les vignerons et cuvées conseillés sont connus et dégustés régulièrement.
 
Remarque quant aux styles des vins et vignerons mentionnés ci-après :
Contrairement à d'autres usages fréquents, les différenciations stylistiques que nous souhaitons mettre en avant ici concernent davantage les choix réalisés par le vigneron lors de la vinification plutôt que lors de l'élevage. Nous pensons en effet qu'au delà de la présence de bois, plus ou moins neuf, la façon d'accoucher le vin marque son style de façon plus substantielle. Voici donc notre classification simplifiée et non exhaustive, destinée à donner des points de référence basiques à l'amateur de beaujolais en terme de goût et donc de façon de faire le vin :
– Style « Classique » (SC) : les vins sont généralement issus de macérations beaujolaises (ou semi-carboniques) donc de raisins non égrappés, pouvant parfois être cuvés assez longuement. Il en résulte des crus aux couleurs normales, aux tanins abondants, de profil plutôt retenu dans la jeunesse et mettant plus de temps - en moyenne - que les autres pour s'ouvrir et se faire. Ce sont donc de vrais coureurs de fond, rarement les plus éclatants dans les dégustations à l'aveugle de crus jeunes.
– Style « Intermédiaire » (SI) : sous cet épithète, nous rangerons les vignerons ayant depuis le début des années 2000, et plus généralement depuis 2006, expérimenté l'égrappage sur tout ou partie de leurs cuvées en fonction de la nature du millésime. Les raisins non égrappés ne sont donc pas macérés selon les modes carboniques ou semi-carboniques, mais plutôt de façon « bourguignonne ». Il en résulte un type de vin moins austère dans la jeunesse que le style classique pur.
– Ecole « Nature » (EN) : les vins sont généralement issus de macérations carboniques, donc de raisins non égrappés, les vinifications se font par infusion et apport du froid, le but étant d'aller chercher un maximum de parfum, de subtilité et de glissant dans la trame tannique, en respectant par là même les principes étudiés, définis et décrits par Jules Chauvet. De plus, ces vins sont souvent peu ou pas sulfités. Ils sont donc vite ouverts et peuvent bien se garder chez les vinificateurs les plus précis, et lorsqu'ils sont conservés dans des caves fraîches !
 
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[Copyright EDITIONS BENOIT FRANCE - Cliquez sur la carte pour l'agrandir]

1. Beaujolais
Cette AOC regroupe le plus gros – et de loin, 10 000 hectares – de la production beaujolaise. Les communes ayant droit à l'appellation se situent essentiellement sur trois cantons (Villefranche, Anse et le Bois d'Oingt), auxquels s'ajoutent des villages des cantons de l'Arbresle et Tarare, ainsi que des parcelles en limite des communes vouées à la production de Beaujolais-Villages ou de crus. Au total, 72 communes sont productrices de Beaujolais. Cet étalement favorise une grande diversité de sols : dans la partie sud, ce sont des sols argilo-calcaires datant de l'ère secondaire (grès, calcaires blancs, calcaires à gryphées, pierre dorée) ; plus au nord, des alluvions déposées au cours des ères tertiaires et quaternaires. La partie la plus connue et réputée pour ses vins est sans doute ce que l'on appelle le pays des Pierres Dorées, donc tout le sud viticole de la région. C’est le pays de Jean-Paul Brun, qui a baptisé ainsi son domaine (Terres Dorées). Le cépage est évidemment le gamay, mais le pinot noir est toléré jusqu’à 15% de l'encépagement jusqu’au millésime 2015. L’usage d’incorporer en mélange 15% de pieds de cépages blancs (chardonnay, aligoté, melon, pinot blanc ou pinot gris) reste autorisé mais doit être rare car on manque plus souvent de couleur et de tanins que l'inverse ! Un simple beaujolais réussi est le parfait vin quotidien, il va avec tout et ne fatigue pas le buveur.
Dans l'AOC Beaujolais, on trouve également des vins blancs. Le climat du nord beaujolais et les terroirs en bordure du Mâconnais nous semblent peut-être plus propices à produire de beaux beaujolais blancs (qui seront d’ailleurs plus des Mâcon dans l’esprit). Ceux du cœur et du sud de la région sont gourmands, ronds ; mais les versions septentrionales pourraient se démarquer par un supplément de finesse, de fraîcheur : ce n’est qu'une hypothèse à confirmer. Au-delà de cela, il est peu probable que ces vins deviennent un jour le point fort de la région, royaume historique du gamay. Signalons quand même que le beaujolais blanc demeure un vin rare : il représente 1% de la production. Rappelons enfin que le cépage reconnu est le chardonnay. Toutefois, les vignes d’aligoté en place avant 2004 peuvent produire jusqu’en 2024. Notons enfin qu'il n'est pas impossible que des essais soient réalisés prochainement par de grands vignerons locaux avec du melon de Bourgogne (cépage très à l’aise sur le schiste et le granit, voir les résultats en Muscadet) ou des cépages rhodaniens (viognier, roussanne). Enfin, produits sans prétention, mais avec soin chez les bons vignerons, les rosés sont régulièrement issus de pressurages et saignées. La qualité et le plaisir de bonnes cuvées locales plus ou moins sèches, et évidemment issues de gamay noir à jus blanc, peuvent parfois agréablement surprendre.
 
Domaine recommandé :
     • SI : Jean-Paul brun, Domaine des Terres Dorées, à Charnay.
 
 
2. Beaujolais-Villages
Les vins bénéficiant de l'appellation Beaujolais-Villages peuvent être dénommés « Beaujolais » suivi du nom de la commune s'ils en sont issus exclusivement. Cette possibilité n'est pas autorisée pour ceux des communes de Chénas, Chiroubles, Fleurie, Juliénas, Régnié-Durette et Villié-Morgon, afin de ne pas prêter à confusion avec le nom de ces crus. La surface cultivée sur cette aire représente plus de 6000 hectares. On a ici affaire à des sols diversifiés de granit et de sables, donc des terres légères et acides. Les communes ayant droit à l'appellation sont nombreuses : dans le département du Rhône, on trouve 31 villages, en Saône-et-Loire 7, situés dans trois zones produisant des vins à la typicité différente. La zone sud, adossée aux monts de la Haute-Azergue, donne des vins réputés fruités ; la zone Centrale, jouxtant les aires de Brouilly et Régnié, donne des vins réputés plus structurés mais demeurant souples, ronds ; dans le secteur des crus, la partie la plus septentrionale produit incontestablement les vins les plus charpentés, les meilleurs ne font pas pâle figure à côté de nombre de Régnié ou de Brouilly. C’est là qu’on trouvera peut-être les bouteilles les plus intéressantes, enfin pour nous.
 
Domaines recommandés :
     • SC : Jean-Marc Burgaud, à Morgon ;
     • SI : Janin Père et Fils, à Romanèche-Thorins.
 
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Georges Viornery, toujours aussi méticuleux

3. Brouilly
L’appellation est située au nord du département du Rhône, sur le plateau encerclant le Mont Brouilly, sur les communes d'Odenas, Saint-Lager, Quincié, Cercié, Charentay et Saint-Etienne la Varenne. Elle occupe plus de 1300 hectares, soit 20% de la surface des crus du Beaujolais, ce qui en fait le plus étendu et le plus méridional des crus. Mais c'est aussi le plus hétérogène, le plus mal vinifié et le plus gangrené par les MPC, qui produisent ici nombre de cuvées primairement fruitées et inintéressantes au possible. L’altitude varie de 250 à 400 mètres. Les sols sont maigres, acides, secs, peu fertiles et présentent diverses caractéristiques selon les secteurs de l'appellation, imprimant leur caractère aux vins : granit rose, diorite, substrats marno-calcaires, détritus cristallins et éléments fins argileux. Les meilleurs secteurs sont souvent proches du Mont Brouilly (qui lui est en AOC Côte-de-Brouilly). A Cercié, sur vingt-deux hectares, un coteau exposé plein sud produit un vin ayant droit à la dénomination Pisse-Vieille, seul climat reconnu officiellement par l’INAO. Le secteur de Combillaty (ou Combiaty) semble pouvoir donner de très bonnes choses aussi. Un beau Brouilly vinifié soigneusement est un concentré de fruit, gourmand, mais devient vraiment trop rare !
 
Domaines recommandés :
     • SC : Georges Viornery, à Odenas (en retraite) ;
     • SC : Domaine Coudert, à Fleurie ;
     • SC : Laurent Martray, à St-Etienne-la-Varenne (climat Combiaty) ;
     • EN : Domaine de la Grand'Cour, à Fleurie.
 
 
4. Côte-de-Brouilly
L’appellation – étrangement assez méconnue – est située sur les communes d'Odenas, Saint-Lager, Quincié et Cercié. Elle occupe environ 310 hectares, situés sur les meilleurs coteaux du Mont Brouilly. L’altitude varie de 250 à 450 mètres. Nous sommes sur des sols singuliers de métatufs et métadiorites (roche dure d'origine volcanique), la fameuse pierre bleue du Mont Brouilly. Le versant ouest de la colline comporte aussi du granit rose. Le cru est le seul à tirer parti des quatre points cardinaux, même si les expositions sud et est sont bien évidemment les meilleures. Un grand Côte-de-Brouilly est un vin assez secret dans la jeunesse, buriné par son terroir, construit sur des tanins droits et francs, masculins, qui réclament un minimum de trois-quatre ans de garde. On aime alors le fond et le côté sauvage de ces expressions fermes mais nobles. En fait, la Côte-de-Brouilly est un peu le pendant de la Côte-du-Py de Morgon : d'ailleurs, les deux monts se font face.
 
Domaines recommandés :
     • SC : Georges Viornery, à Odenas (en retraite) ;
     • SC : Daniel Bouland, à Corcelette ;
     • SC : Laurent Martray, à St-Etienne-la-Varenne ;
     • SI : Château Thivin, à Odenas (climats La Chapelle, Clos Bertrand, Godefroy, Les Griottes et autres lieux-dits).
 
 
5. Régnié
Le plus récent des crus. L’appellation est située sur la commune de Régnié-Durette, avec quelques parcelles sur Lantignié. Elle occupe environ 400 hectares. L’altitude varie de 250 à 500 mètres. Sols de granit rose riches en feldspath potassique. La roche, parfois porphyroïde, contient des éléments minéraux très diversifiés. Le sable (vecteur de souplesse) est très présent sur cette zone classée auparavant Beaujolais-villages, qui donnait régulièrement parmi les meilleurs d’entre eux. Nous ne sommes pas vraiment convaincus par l'intérêt du classement de Régnié parmi les crus, car l'appellation ne décolle pas en terme de notoriété et sa sortie des zones des Beaujolais-villages a sans doute privé ceux-ci de très bonnes cuvées précieuses, qui auraient fait du bien à l'appellation. Il est difficile de dégager un style commun pour le cru, car les bouteilles tendres côtoient d'autres plus en chair et en nerf. Mais on y goûte de bonnes choses, c’est un fait !
 
Domaines recommandés :
     • SC : Jean-Marc Burgaud, à Morgon (climat Vallières) ;
     • EN : Christian Ducroux, à Lantignié.

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Au sommet de la Côte du Py, la Croix de la Veuve Sauzet

6. Morgon
L’appellation est située intégralement sur la commune de Villié-Morgon, regroupant le village de Villié et le charmant hameau de Morgon. Elle occupe près de 1100 hectares, ce qui en fait le second plus vaste cru après Brouilly. Morgon comporte six vastes quartiers qui découpent l'aire d'appellation en trois bandes, orientées sud, sud-est et nord-ouest, et donnant des vins distincts quand le vigneron travaille sérieusement. D'est en ouest :
– Grand Cras longe l'aire de Brouilly et Régnié. Les vins semblent assez souples, mais pas aussi profonds que sur la Côte  du Py voisine. Attention, le secteur n’est pas homogène en qualité de terroir, certains secteurs humides et froids sont relativement gélifs et compliquent la bonne maturation des raisins.
– Les Charmes monte jusqu'au village de Saint-Joseph (500 mètres d'altitude), côtoyant Régnié. L'altitude relativement élevée implique que pour faire bon, il faut souvent ramasser les raisins tardivement, comparé au reste de l'appellation. Les vins semblent fins, élégants, assez précoces dans le développement.
– Au sud du village de Villié-Morgon, la Côte-du-Py est l'orgueil de l'appellation. Les vins sont sans doute les plus accomplis du cru, charpentés comme peu, sauvages dans les arômes, violemment originaux, surtout sur les meilleures expositions (est et sud). C'est un des plus grands terroirs du Beaujolais, qui permet - quand on le comprend et l'exploite au mieux - de produire des vins de très longue garde.
– A l'ouest, en montant vers Chiroubles, voici Corcelette. Les vins semblent se démarquer par un supplément de finesse, de fraîcheur et de croquant, certaines cuvées ambitieuses peuvent être surprenantes à la garde.
– Les Micouds et Douby donnent des vins généralement souples, fins, mais ils sont rarement mis en avant via des sélections parcellaires. De fait, on connaît mal leur personnalité. Pourtant, dans les classements historiques, Douby est très bien noté.
Il convient de noter aussi l'existence de deux sous lieux-dits remarquables :
– Javernière(s), en contrebas du Py, sur une exposition est, produisant - grâce à un supplément d'argile - des vins d'une chair et d'un équilibre ravissant, bourguignons dans le style.
– Et Roche Noire, éboulis volcanique de l'ancien volcan Py, tirant son nom de la couleur du sol et permettant de produire des vins puissants, au tempérament fougueux.
Sur l’AOC, on trouve des sols assez variés, qui vont de zones granitiques plus ou moins décomposées et mêlées à des éléments de manganèse et d’argile, à des zones de schistes pyriteux en décomposition, riches en oxyde de fer et manganèse, qui colorent le sol d’ocre rouge (Côte-du-Py) : c'est ce que l’on appelle la roche pourrie. Par leur personnalité si particulière et leur côté sauvage, les grands vins de Morgon peuvent laisser un grand souvenir à ceux qui ont la chance de les déguster, notamment après de longues années de garde. Victor Vermorel écrivait d'ailleurs : « Les vins de Morgon sont très réputés et de longue conserve, ils sont à boire entre cinq et dix ans ». De notre expérience, ils peuvent même être éblouissants après quarante ans et plus !
 
Domaines recommandés :
     • SC : Jean-Marc Burgaud, à Morgon (climats Grands Gras, Les Charmes, Javernières et Côte-du-Py) ;
     • SC : Daniel Bouland, à Corcelette (climats Corcelette, Douby et Côte-du-Py) ;
     • SC : Domaine de la Croix-de-Chèvre, à Régnié-Durette (climat Les Charmes) ;
     • SC : Domaine Joseph Chamonard, à Corcelette (climats Corcelette et Grands Cras) ;
     • SI : Louis-Claude Desvignes, à Villié-Morgon (climats Côte-du-Py, Roche Noire et Javernière) ;
     • EN : Jean Foillard, à Villié-Morgon (climats Côte-du-Py et Corcelette).
 
A suivre : 
     • Clos de Mez, à Fleurie (climat Château Gaillard) ;
     • Damien Coquelet, à Villié-Morgon (climat Côte-du-Py)
  
 
7. Chiroubles
Les vins de Chiroubles sont issus des terroirs les plus hauts perchés de la région, avec des altitudes culminant de 400 à 550 m, sur une surface de 360 hectares. C'est sans doute l’un des plus beaux endroits du Beaujolais, avec ses petits cols aux noms pittoresques (les Truges, Durbize). Les sols sont ici granitiques, avec quelques filons de granulite et de porphyrites micacés et amphibolitiques, et un filon de microgranulite au nord de la commune, vers Fleurie. Le climat y est plus frais qu'en bas, exposé aux courants venteux. Les terroirs chiroublons sont donc réputés tardifs, avec parfois des écarts de maturité de plus de quinze jours comparé à des zones plus précoces comme Morgon. Les meilleurs terroirs, les plus réputés, sont les mieux exposés (sud/sud-est, coteaux pentus) et situés (altitude raisonnable). Parmi les plus en vue historiquement, on trouve Bel-Air, La Côte Rôtie, Le Moulin, Poulet et Propière. Puis viennent Le Bourg, Chatenay, Les Genets, Javernand, Le Pont, Tempéré. Nous les mentionnons à titre informatif et pour la culture, car ils ne sont à notre connaissance plus revendiqués. Le plus souvent, les vignerons proposent une ou deux cuvées : une cuvée de vignes plus ou moins jeunes, ainsi qu’une autre, issue de vignes plus anciennes et élevée sous bois. Dans tous les cas, les terroirs sont souvent assemblés pour leur complémentarité. Concernant le profil des vins, généralement un bon Chiroubles glisse, s'étire sur un tanin fin mais nerveux. Le fruit fait son charme, mais ce n'est pas pour autant que certains ne vieillissent pas, comme le prouvent les superbes 89, 90, 91 et 95 que nous avons déjà dégustés au domaine Cheysson. Un bon Chiroubles est rare, et il convient de goûter avant d'acheter, en privilégiant peut-être encore davantage les belles années que sur d'autres crus. Un cru ingrat, mais attachant !
 
Domaine recommandé :
     • SC : Daniel Bouland, à Corcelette.

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Au loin la Madone, à Fleurie

8. Fleurie
L'appellation est sise intégralement sur la commune de Fleurie, et représente pas moins de 880 hectares. Treize climats sont répertoriés par l'INAO : les Côtes, le Bon Cru, la Roilette, les Moriers, les Roches, les Garants, Poncié, Montgenas, la Chapelle-des-Bois, la Madone, Grille-Midi, Champagne et la Joie du Palais. Mais davantage de lieux-dits sont connus et reconnus localement. L’altitude varie de 250 à 400 mètres. Les sols sont constitués de façon assez homogène d'un granit rosé typique, à faible granulométrie, qui semble donner aux vins leur fameuse pureté et élégance.
Schématiquement, le cru Fleurie peut être découpé en quatre zones qui correspondent aussi à des styles de vins :
– La première, la partie la plus haute en altitude et occidentale du cru, regardant Chiroubles et située tout autour de la chapelle de la Madone, qui domine Fleurie, offre un panorama exceptionnel : les sols sont maigres, acides et arides. Les cuvées produites ici sont fines, aériennes, glissantes, pauvres en alcool, proches de l'image que l'on a du cru. Le climat le plus représentatif est bien entendu celui de la Madone, mais on peut lui ajouter les Labourons, Rochegrès, Prion ou Rémont.
– La seconde est la bande latérale qui traverse le village et le centre du cru, à mi-pente mais avec plus de sol : on produit là des Fleurie plus en chair, avec un corps supérieur, complets et pouvant très bien se garder les belles années. C’est ici que l’on trouve les grands Chapelle-des-Bois, Les Quatre Vents (superbe terroir que l'on rêve de voir mieux mis en valeur !), Les Rochaux et Grille-Midi, entre autres.
– Une troisième, partie la plus basse en altitude et orientale du cru, se caractérise par des terrains plus limoneux, précoces et solaires, et des vins de profil idoine. Les grands terroirs sont Champagne, Grand Cour, Les Déduits, Le Brie et Chaffengeons. Attention, ces terrains craignent le chaud et le sec et n'aiment pas les millésimes trop chauds.
– Et une quatrième, tirant vers le Moulin-à-Vent, donc la bande septentrionale, est dotée de grands terroirs bien exposés, les fameux Garants, Poncié, Moriers, Vivier, Point du Jour ou encore l'immense Roilette. Ces climats donnent parmi les Fleurie les plus charpentés et solides, des bouteilles de grand caractère, épicées et vieillissant longtemps (dix ans et plus).
Un grand Fleurie est peut-être le cru rêvé pour s'initier aux charmes des vins du beaujolais. Il est difficile de mieux en parler que Victor Vermorel qui disait dans son ouvrage Les Vins du Beaujolais (1894), « Fleurie fournit de très bons vins ; ils sont légers, fins, délicats, ont du bouquet, de la sève et un des goûts les plus agréables ». Nous ajouterons seulement qu'il est sans doute le cru le mieux doté en très bons producteurs. Et comme en plus il occupe également une position géographique centrale dans la zone des crus, que le village est des plus charmants et dynamiques avec sa place du village, son restaurant le Cep, son marché hebdomadaire, son caveau de vignerons situé à deux pas et ses terrasses de troquets parfaites pour boire le coup, disons que cette commune est riche de nombreux atouts et s'avère donc incontournable.
 
Domaines recommandés :
     • SC : Domaine Chignard Père et fils, à Fleurie (climat Clos des Moriers) ;
     • SC : Domaine Coudert, à Fleurie (climat La Roilette) ;
     • SC : Domaine Joseph Chamonard, à Corcelette (climat La Madone) ;
     • SC : Domaine Jules Desjourneys, à La-Chapelle-de-Guinchay (climats Moriers et Chapelle-des-Bois) ;
     • EN : Domaine de Prion, à Fleurie (climat La Madone) ;
     • EN : Domaine de la Grand'Cour, à Fleurie (climats Champagne, Chapelle-des-Bois et Grand'Cour) ;
     • EN : Domaine Julie Balagny, à Fleurie (climat En Rémont et autres lieux-dits).
 
A suivre :
     • Clos de Mez, à Fleurie ;

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Une longue et vieille histoire...
 
9. Moulin-à-Vent
Les vins de Moulin-à-Vent ont une réputation multiséculaire qui dépasse nos frontières. Le fameux et véritable moulin du hameau des Thorins sert de point de repère au cru. L’appellation est située tout autour de ce dernier, à cheval sur les communes de Romanèche-Thorins en Saône-et-Loire, et Chénas dans le Rhône (secteur sujet à la grêle, notamment en années caniculaires). L’altitude du cru varie de 250 à 400 mètres, sur une surface totale de près de 660 hectares. Nous sommes sur des sols d’arènes granitiques roses friables qu'on appelle gore, infiltrées ici et là de filons de manganèse, auxquels on a prêté des propriétés miraculeuses, sans preuves concrètes.
De nombreux climats sont répertoriés, voici un résumé de leur articulation dans la matrice du cru :
– Le piémont de l'appellation, tournant autour du village de Romanèche-Thorins est peu réputé. Pourtant, des domaines appliqués (Duperray, Janin) peuvent tirer de belles choses sur les bonnes parties (Burdelines, Grenairiers, Les Maisons-Neuves). La bande extrême-orientale et méridionale du cru est la moins estimée, à raison : les sols ont tendance à stresser la plante en année sèche, ou à favoriser la pourriture en année humide, rappelant la différence entre moyen et grand terroir.
– Plus haut, en se dirigeant vers le moulin et donc le centre du cru, on gagne le secteur le plus riche en grands terroirs, celui qui donne peut-être les vins les plus complets, complexes (notes de fleurs, d'abricot, d'épices, d'ambre) et profonds de tout le beaujolais. Les meilleurs climats sont le Carquelin, Thorins, Moulin-à-Vent, Champ-de-Cour et la Roche ; suivent Grande Charrière, Les Hantes, Maisons Neuves, etc.
– Un peu plus en altitude, en se dirigeant vers Fleurie mais dépendant du finage de Chénas, on rejoint un secteur de vins de style proche, mais peut-être un peu plus tendus, aériens, nerveux. Les meilleurs climats sont unanimement Rochegrès, la Rochelle, les Caves, suivis par le méconnu Les Brasses.
– De l'autre côté, le grand terroir de Vérillats fait, enfin, la transition vers les Moulin-à-Vent regardant pleinement le village de Chénas, et formant donc la partie nord et ouest du cru. Les vins ici produits sont bouquetés et plus précoces, mais n’ont généralement pas la profondeur et complexité des deux secteurs précités. Climats les plus réputés : Les Michelons, Les Michauds, La Bruyère, Les Dîmes, La Tour du Bief. Viennent ensuite : Le Bief, Les Pinchons, Les Seignaux et Deschamps.
Un grand Moulin-à-Vent – notamment dans la zone centrale du cru – est certainement le Beaujolais qui ressemble, avec l’âge, le plus à un grand pinot noir de Bourgogne. Avec Morgon, il est sans doute celui qui traverse le mieux les âges. Qui n'a pas dégusté une fois dans sa vie une grande bouteille d'une vingtaine d'années passe à côté d'un moment qui compte dans une vie de dégustateur. Ces vins en étonneront plus d'un, même des œnophiles blasés ou feignant de l'être.
 
Domaines recommandés :
     • SC : Domaine Diochon, à Romanèche-Thorins (climat Champ-de-Cour) ;
     • SC : Domaine Jules Desjourneys, à La Chapelle-de-Guinchay (climats Burdelines, Grande Charrière, Maisons Neuves, Chassignols, Michelons et Vérillats) ;
     • SC : Domaine Janin Père et Fils, à Romanèche-Thorins (climats Greneriers, Burdelines, Champ-de-Cour et autres lieux-dits) ;
     • SI : Château du Moulin-à-Vent, à Romanèche-Thorins (climats Vérillats, Champ-de-Cour et autres lieux-dits).
 
A suivre : 
     • Domaine de Prion, à Fleurie (climat Rochegrès) ;
     • Alain Margerand, à Chénas (climat Rochegrès) ;
     • Domaine Richard Rottiers, à Romanèche-Thorins (climat Champ-de-Cour et autres lieux-dits) ;
     • Thibault Liger-Belair, à Chénas (climats La Roche, Les Rouchaux et autres lieux-dits).

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Un domaine historique et référent

10. Chénas
L’histoire raconte que le nom Chénas proviendrait des chênes autrefois plantés à l’emplacement du cru. L’appellation est située sur les communes de Chénas dans le Rhône et La-Chapelle-de-Guinchay en Saône-et-Loire. En superficie, il est le plus petit des crus du Beaujolais (266 hectares). L’altitude varie de 250 à 400 mètres. Depuis les parties hautes de l'appellation, dont le Pic Rémont qui la surplombe, les sols d'origine granitique se prolongent très en avant en direction de la plaine de la Saône, pour évoluer vers des terrains silico-argileux, caillouteux en surface. Le vignoble qui jouxte Moulin-à-Vent est très semblable et donne des vins forts proches au niveau de l'expression, pour des prix souvent moindres ! Un regret : que l'appellation Moulin-à-Vent ait « subtilisé » les plus beaux terroirs de Chénas pour se les accaparer, mais il reste quand même nombre de belles parcelles. Parmi les lieux-dits les plus réputés pour leur potentiel, on trouve : Gandelins, Broyers, Deschamps, et Darroux. Un grand chénas possède donc des accointances d'expression évidentes avec son voisin ailé célèbre, avec néanmoins plus de précocité dans l'évolution, de légèreté, de souplesse. Ce village et ses terroirs méritent un réel intérêt, mais il manque selon nous de locomotives. Peut-être que la jeune génération pourra combler ce manque ?
 
Domaine recommandé :
     • SI : Domaine Paul-Henri Thillardon, à Chénas.
 
 
11. Juliénas
Le nom de Juliénas serait impérial et ferait référence à Jules César. Les vignes se développent dès la période gallo-romaine et Juliénas serait vraisemblablement, l'un des tout premiers foyers de culture de la vigne en Beaujolais, avec Moulin-à-Vent. L’appellation est située sur les communes de Juliénas, Jullié et Emeringes dans le Rhône et Pruzilly en Saône-et-Loire. L’altitude varie de 250 à 470 mètres, sur une surface totale de près de 580 hectares. Les coteaux orientés plein sud reçoivent un ensoleillement optimal. A l'ouest, les terrains sont granitiques, maigres et arides, infiltrés de veines de manganèse et de porphyres ; à l'est, il s’agit de formations de l'ère secondaire, des alluvions anciennes, avec des sols plus profonds et plus argileux. Parmi les climats les plus réputés pour leur potentiel on trouve : Les Capitans, Les Mouilles, La Côte de Bessay, En Fouillouse, Les Paquelets, et Gonnards. Victor Vermorel disait d'eux, dans son ouvrage Les Vins du Beaujolais (1894), « Cette commune fait des vins colorés, corsés, un peu durs en primeur mais qui finissent bien. Il faut les garder au moins quatre ans en tonneau avant de les mettre en bouteilles ; ils gagnent beaucoup en vieillissant ». Nous ne pouvons qu'abonder dans ce sens, si ce n'est sur les durées d'élevage qui ont bien évolué depuis ! L’appellation souffre d’un déficit de reconnaissance et est sans doute - avec Chénas - la plus sous-estimée du Beaujolais : son potentiel et ses meilleurs climats méritent beaucoup mieux que le discret succès qu’ils remportent.
 
Domaines recommandés :
     • SC : Pascal Granger, à Juliénas (climats En Fouillouse, Croix Rouge, Gonnards, Les Mouilles, En Chanoriers, En Citadelle) ;
     • SC : Clos-de-Haute-Combe, à Juliénas.
 
A suivre :
     • Michel Tête, à Juliénas.
 
 
12. Saint-Amour
D’après la légende, Saint-Amour devrait son nom à un soldat romain. L’appellation est située sur la commune de Saint-Amour Bellevue exclusivement, à l'extrême nord des crus. Plusieurs climats sont répertoriés : les Capitans, les Mouilles, Les Chamonards, le Clos de la Brosse, la Côte de Besset, les Champs grillés, le Clos des Guillons, le Mas des Tines, Vers l'Église, le Chatelet, Le Clos des Billards, les Bonnetes, en Paradis, la Folie et Clos du Chapitre. L’altitude varie de 250 à 470 mètres, sur les 320 hectares de vignes cultivés. Les sols sont granitiques et surtout argilo-siliceux : les argiles enrobent des éléments rocheux, caillouteux, issus de granits et d'arkoses. A vrai dire, nous connaissons mal ce cru pour la simple et bonne raison que pratiquement rien de ce que nous avons goûté à ce jour ne nous a donné envie d’approfondir, si ce n’est une ou deux cuvées de bons viticulteurs du mâconnais voisin. Mais nul doute que nous nous trompons, du moins nous l’espérons !
 
A suivre :
    • Château des Rontets, à Fuissé.
 
 
V – MILLESIMES
 
2011 : ***** Parfaite synthèse entre la fraîcheur et subtilité des 2010 (sans la maigreur), et l’aromatique mûre et les textures généreuses des 2009 (sans la lourdeur et les déséquilibres), 2011 est sur le papier un très grand millésime. Et les meilleurs vins sont parmi les plus grands beaujolais que nous ayons vu naître car ils ont tout. Toutefois, il semble que tous les bons vignerons du secteur des crus n’aient pas réussi de façon égale. En effet, certains vins peuvent paraître un peu fluides ou issus de tanins insuffisamment mûrs, la faute à des rendements un peu élevés ou des dates de vendanges un peu trop précoces. En résumé, les grands 2011 seront peut-être supérieurs dans l’équilibre aux grands 2009, mais les entrées de gammes sont moins homogènes et moins impressionnantes. Un millésime de vigneron, en somme !
2010 : **** Millésime étonnant, se caractérisant par des vins aromatiques (particulièrement floraux), frais, dynamiques, mais relativement mûrs (plus que 2007 ou 2008 par exemple), chez les vignerons sérieux. Les vins les moins équilibrés (trop acides et minces) sont le reflet de leur viticulture moyenne. L'année se prêtait bien aux écarts importants entre maturités alcooliques et phénoliques. Pour faire bon, il fallait que la vigne porte peu et surtout il fallait ramasser mûr. Il faudra se méfier également des goûts de grêle potentiels, car cette dernière a touché de nombreuses zones à différentes époques du cycle de maturation des fruits. Il est difficile pour le moment de comparer cette année avec d'autres.
2009 : ***** Avant vendanges, les vignes de la région étaient dans l’ensemble très belles ; les différentes dégustations en cours d’élevage ont souvent impressionné. Depuis les vins embouteillés enfoncent encore le clou de la qualité, confinant parfois au grandiose. Il se pourrait bien que ce soit le plus grand millésime vu depuis 1991. Quelques écueils, toutefois : les blocages de maturité, a contrario la surmaturité et les problèmes de vinification liés à la chaleur de la vendange, notamment chez nombre de vignerons « nature », hélas.
2008 : **(*) Année délicate, mais qui pourra surprendre chez les vignerons studieux et chanceux aussi, notamment ceux ayant bien trié leurs raisins et n’ayant pas pris la grêle ! A leur meilleur, les crus seront à boire sur leur fruit, avant 5-6 années de garde.
2007 : *** Année plutôt difficile à faire mûrir, mais qui étonnera sur les grands terroirs et chez les meilleurs qui ont attendu et bien trié, car ils ont produit de très jolis vins. Mais ce n'est pas le cas général. Finir de les boire avant 2012-14.
2006 : *** Millésime plaisant dans la jeunesse (vins faciles, fruités et flatteurs), puis étonnant aujourd'hui avec des évolutions relativement rapides, sans doute dues à certaines précipitations en fin de maturation qui ont peut-être un peu dilué voire même déclenché du botrytis. En règle générale on peut boire. Les plus corsés ne seront pas à attendre plus de 5-6 ans.
2005 : **** Grande année de garde, corsée. Un seuil écueil : le stress hydrique sur certains terroirs et quelques cuvées issues de raisins trop mûrs, ou, au contraire, insuffisamment mûrs.
2004 : * Année faible, manque de maturité, avec nombre de vignes atteintes de maladies et des vins touchés par des goûts moisis et terreux. Les rares bonnes bouteilles sont à boire sans attendre.
2003 : ***(*) Année hétérogène s'il en est, beaucoup ont complètement subi la canicule, mais les vins réussis touchent au génie, dans un style bien à eux. Les plus grands (notamment à Morgon) défieront le temps, toutefois ils sont peu nombreux.
2002 : ** Année compliquée, mais qui a parfois donné des vins agréables, à boire sans plus tarder.
2001 : ** Même conseil que pour le millésime 2002.
2000 : ***** Très beau millésime délaissé par les amateurs, car la réussite moyenne de la Bourgogne cette même année a un peu terni l'image de la production régionale. Les vins se goûtent très bien en ce moment et les plus beaux se garderont encore.
1999 : **** Très belle année, généreuse dans tous les sens du terme, un peu à la manière des 1999 bourguignons. Les meilleurs vins affichent un moelleux jouissif, ils se goûtent très bien actuellement, et se garderont encore un peu. Attention aux rendements généreux qui ont donné des vins parfois déséquilibrés, sur l’alcool, ayant vieilli un peu trop vite.
1998 : ** Année difficile, souvent gâchée par les pluies, les meilleurs sont à boire sans tarder.
1997 : *** Assez bonne année avec des réussites quelquefois surprenantes (voir Pascal Granger), à boire en ce moment.
1996 : ** Année difficile de vins globalement acides, mais des exceptions chez ceux qui ont pris des risques.
1995 : **** Trés belle année méconnue, les meilleurs vins sont à boire mais peuvent encore vieillier 4-5 ans.
1994 : ** Millésime moyen, largement à boire, si ce n’est pas déjà trop tard.
1993 : ** Même remarque que 1994.
1992 : * Petite année à boire sans plus tarder, nombre de vins auraient même déjà dû être bus.
1991 : ****** Trés grand millésime grâce au gel tardif qui a réduit localement la récolte dans le nord des crus et à une maturation parfaite. Les meilleurs vins affichent encore une jeunesse hallucinante. Les nez sont parfois plus évolués que les bouches, elles-mêmes quasi inoxydables et ébouriffantes de tenue. A boire ou collectionner pour les amateurs de bouteilles historiques (mais il faudra les ouvrir et les boire !).
1990 : **** Très belle année généreuse dans le style et les quantités ; elle offre beaucoup de plaisir aujourd'hui sur les bouteilles les mieux réussies. Attention parfois aux rendements hauts, qui n’équilibrent pas toujours les vins, à terme.
1989 : ***** Très belle année de soleil, qui a produit des vins opulents et de caractère, corsés. Les meilleurs sont à leur apogée aujourd'hui, et devraient même encore pouvoir se garder...
 
Et bien sûr les grandes années du passé, souvent encore bien vaillantes (voire davantage !) : 1985, 1983, 1978, 1976, 1969, 1964, 1961, 1959, 1949, 1947, 1945, 1937, 1929, 1928, 1921.
 
Concernant le potentiel de vieillissement, et afin de donner au lecteur quelques points de repères, voici – d’après notre propre expérience – quelques conseils d’ouverture et de garde des meilleurs vins de chacun des crus. Dans l’année qui suit le millésime, après que les vins aient « fait leurs Pâques » comme on dit là-bas, on peut commencer à ouvrir les Beaujolais et Beaujolais-Villages les plus glissants et gouleyants. Puis le temps des nouvelles vendanges venu, on peut alors apprécier les Beaujolais-Villages plus corsés, mais également les Régnié, Chiroubles, Brouilly et Saint-Amour qui en général tiennent plus ou moins bien un ou deux ans supplémentaires, voire davantage (en fonction du terroir, du millésime et du vigneron). La troisième année est celle des Morgon, Fleurie, Chénas et Juliénas les plus tendres. Dès la quatrième année, on peut commencer à ouvrir tout le reste, à savoir les crus les plus denses et structurés (Morgon Côte-du-Py et Javernière, Fleurie La Roilette et autres grands Moriers, mais également les meilleurs Chénas, Juliénas, Moulin-à-Vent et Côte-de-Brouilly). On notera au passage que les plus beaux vins des meilleures années peuvent parfois atteindre leur optimum d’expression à dix ans, et tenir alors des années et des années.
 
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De jeunes producteurs continuent de s'installer 
 
VI – COMMERCE
 
La production et la commercialisation
Quelques mots maintenant sur les différentes filières beaujolaises de production et commercialisation contemporaines.
On peut tout d’abord noter que la coopération à la beaujolaise ne brille ni par son originalité, ni par son exigence qualitative, quand bien même elle représente plus du tiers de la production régionale vinifiée : les vins et moûts sont principalement vendus au négoce. A part la cave coopérative de Fleurie qui fait parfois preuve d’un certain dynamisme, le reste demeure bien discret, et surtout est par trop gangrené par le style MPC.
Quant au négoce local, qui commercialise tout de même la majorité des volumes beaujolais, les dernières années ont été très difficiles. Nombre de maisons ont été rachetées (dernièrement Henry Fessy par le beaunois Louis Latour). Ces mêmes beaunois qui investissent à tour de bras dans la région : Bouchard, Jadot, Drouhin, Chanson, etc. Pour en revenir aux négociants beaujolais « purs », la situation est de plus en plus critique, car il faut gérer le désamour du grand public pour le gamay et en même temps arriver à vendre des volumes toujours conséquents. Même le grand Georges Duboeuf n’a plus le rayonnement qu’il avait auparavant. Il faut dire aussi que ces marchés « de gros » sont de plus en plus prisonniers de demandes de prix ridiculement bas, ce qui n’est jamais un signal fort pour aller vers la qualité (de production et promotion). On notera tout de même que de rares petites firmes, tel Potel-Aviron, arrivent encore à sélectionner de très belles cuvées chez des vignerons sérieux, et peuvent se targuer de mettre en marché des vins – sans MPC – conformes à ce que l’on se doit d’attendre de vrais crus de Beaujolais. Mais cela demeure marginal et devient rare. Dernier point, on attribue souvent aux grandes maisons beaujolaises la paternité du style MPC. Gardons-nous tout de même de céder à ce cliché « chez les négociants, rien n’est bon », car ce serait alors parler sans avoir goûté les plus beaux vins produits par ces mêmes maisons.
Enfin, partie la plus connue de l’iceberg, les caves particulières peuvent recéler le pire et le meilleur du vin local. Parmi les petites propriétés familiales, nombreuses sont celles qui sont métayères et n’embouteillent qu’une partie de leur production, avec plus ou moins de régularité et de savoir-faire. Les choix sont souvent assez aléatoires, et l’idéal est de goûter chaque année avant d’acheter. C’est là que l’on trouve les vins les moins chers, vendus quasiment exclusivement à la clientèle de passage. Une autre catégorie de vignerons existe aussi, et c’est chez celle-ci que nous trouvons le plus de bons vins, à savoir les indépendants qui continuent à vendre un peu au négoce pour des raisons de trésorerie, et mettent en bouteille sous leur étiquette leurs meilleurs vins issus de leurs meilleurs terroirs.
Enfin, certaines grandes maisons de négoce possèdent également quelques vignes ça et là, parfois sur des terroirs magnifiques (Jadot et le Château des Jacques, récemment Bouchard et le Château de Poncié, Boisset et le Château de Pierreux), et peuvent s’offrir le luxe de mettre tous les moyens en œuvre pour produire des vins soignés et ambitieux. C’est ici qu’on trouve les cuvées les plus onéreuses de la région.
 
Les prix
Compte tenu d’une fourchette de prix – pour les crus et chez les vignerons les plus sérieux – fluctuant entre moins de cinq euros (Régnié, Brouilly) et sept/huit euros en moyenne (pour les vins de garde), et de la qualité incontestable des plus beaux vins de la région, le dégustateur ouvert comprendra que ces vins peuvent aisément prétendre au titre de l’un des meilleurs rapports qualité/prix/plaisir de France en rouge, et de loin ! Les cuvées onéreuses peuvent coûter en moyenne douze à quinze euros. Vingt/vingt-deux euros est le prix plafond actuel : c’est par exemple le tarif des Clos du Château des Jacques, ou encore celui des cuvées de terroirs du Château du Moulin-à-Vent. Ces derniers vins sont en fait des sélections parcellaires, issues le plus souvent de vieilles vignes, sur les plus grands terroirs de la région. Elles sont vinifiées avec soin et élevées longuement en fûts, pour affiner des tanins déjà très stylés au départ. Des prix à comparer avec ceux de vins de qualité similaire mais issus de vignobles plus prestigieux. On méditera enfin sur le fait qu’il y a moins d’une centaine d’années, l’on pouvait trouver sur les catalogues des marchands de vins des Moulin-à-Vent proposés au même prix qu’un Chambertin ou un Lafite. On mesurera la chute vertigineuse de valeur marchande – mais également d’image et de qualité aux yeux du grand public – que le Beaujolais a connue au profit de la Côte d’Or durant le siècle dernier. Et l’on en tirera les conclusions qui s’imposent, quant à ce qu’il peut advenir d’un vignoble de grand potentiel quand il est mal dirigé, exploité et promu !
 
 
VII – A TABLE !
 
Le beaujolais à table
Depuis des lustres, le beaujolais entretient une image de vin de sauciflard et de cochonnaille. C'est en partie justifié pour les vins les plus simples à boire frais et vite, sur des mets un peu gras, car la fraîcheur et le profil gouleyant donnent du liant aux accords. Mais sur les crus de potentiel et lors des meilleures années, le vin de beaujolais peut largement dépasser ce cadre et surtout accompagner une diversité de mets infinie. On peut alors tout imaginer : un beau chiroubles accompagnant un poisson délicat et une sauce au vin, un fleurie entre deux âges avec un salmis de pintade, un côte de brouilly fringuant et des cailles au raisin, un chénas mûr sur un poulet rôti. Un grand moulin-à-vent avec une poularde truffée, un vieux morgon sur un gibier à plume ou encore un juliénas structuré et une côte de bœuf. Pas de soucis non plus sur des fromages se prêtant aux accords avec des vins rouges. On notera que les fromages de chèvres et de vaches locaux (Charolais, Mâconnais) se laissent accompagner sans histoire pas les vins les plus simples et fins. Finalement, les possibilités sont quasi inépuisables, les seules précautions étant d'éviter les cuisines trop épicées, exotiques ou salées-sucrées, qui par leur puissance de saveurs écraseraient la finesse et subtilité du gamay local. Force est de le reconnaître, finalement : dans ses accointances, le beaujolais reste un vin bien français !
 
Service du vin
Les vins les plus simples et jeunes se servent entre 12 et 14 degrés, les autres entre 15 et 18 degrés, en fonction de leur charge tannique et de leur âge ; les modèles les plus charpentés et anciens méritant les températures les moins fraîches. Et surtout prenez soin de servir les vénérables délicatement, sans carafer, en vous assurant de relever les bouteilles la veille du repas ou de la dégustation.

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Accueil à la beaujolaise, chez Dutraive

VIII – PERSONNAGES HISTORIQUES
 
Benoît Raclet (1780-1844). Il a découvert le remède contre la pyrale de la vigne. Une fête organisée chaque année à Romanèche-Thorins lui rend hommage.
Victor Pulliat (1827-1896). Né à Chiroubles, il est devenu ampélographe puis il a constitué une collection de plus de 1000 cépages. Il a créé le journal spécialisé Le vignoble. En Beaujolais, il est considéré comme le sauveteur du vignoble par son travail au moment de l'invasion du phylloxera : c'est lui qui préconisa le greffage du gamay sur vigne américaine.
Victor Vermorel (1848-1927). Il est notamment l'inventeur du pulvérisateur à dos. Fortune faite, il a financé des recherches et publications sur la vigne. Il est notamment l'auteur de deux ouvrages de référence (Cf. supra) sur le classement des terroirs beaujolais et mâconnais.
Léon Foillard (1880-1964). Il était négociant en vin et fut maire de la commune de Saint-Georges de Reneins pendant plus de trente ans. Fervent défenseur de sa région, il a laissé une importante littérature. Il fut fondateur et Grand Maître des Compagnons du Beaujolais
Jules Chauvet (1907-1989). Négociant-vigneron, homme de science et gastronome, il a étudié la chimie du vin, l'influence des levures, les types fermentaires et macérations carboniques en beaujolais plus et mieux que quiconque. Il est considéré comme le père spirituel du mouvement des vins dits « naturels ». Il a notamment collaboré à la création du verre INAO.
  
 
IX – PERSPECTIVES D’AVENIR
 
Aujourd'hui plus que jamais depuis l'après-guerre, s'il veut survivre, le Beaujolais ne peut plus se laisser aller à la facilité, aux logiques de court terme et aux mirages technologiques éphémères. Pourquoi ? Parce qu'il va globalement mal, et surtout s'est largement mutilé depuis quarante ans. On le sait, et c'est valable dans tout l'Hexagone, les années 70, 80 et même 90 se sont inscrites dans des logiques productivistes qui n'allaient pas (et de loin !) dans un sens de qualité. Le puissant soutien de la consommation de l'époque invitait peut-être les producteurs et négociants à cela, en tout cas pouvait les y inciter indirectement. La faute à qui ? C'est un peu la question de la poule et de l'œuf, et finalement peu importe la réponse.
Aujourd'hui les gens boivent beaucoup moins et le statut du vin a changé, d'abord. De même, le beaujolais traîne derrière lui une réputation calamiteuse de vignoble à bibine, connu pour ses mauvais primeurs vite bus et pissés, sans compter les procès condamnant les abus en matière de chaptalisation, tartricage et autres tentatives de maquillage. Bref, la région accumule les casseroles et se paie même le luxe d'avoir également façonné une image vieillotte et ringarde. D'où notre assertion : le Beaujolais ne peut plus se laisser aller à la facilité. S'il continue en ce sens, il creuse sa tombe. Alors que faire ?
Au départ minoritaires, les résistants de la qualité* ont pourtant montré la voie en tachant de s'appliquer durant leurs carrières respectives, œuvrant avec le goût des vignes et des vins bien faits. Aujourd'hui à la retraite ou en passe de l'être, leurs exploitations ont été reprises par leurs enfants ou des jeunes gens qu'ils ont formés. En parallèle, de jeunes producteurs idéalistes et passionnés, influencés lors de leurs cursus et stages, se sont sentis pousser des envies de s'installer afin de produire des vins de terroirs, ici où la terre est encore abordable et les beaux terroirs approchables (il faut bien que les contextes de crises génèrent des aspects positifs !). Au sein de la nouvelle génération donc, il reste encore des producteurs désireux d'œuvrer sérieusement et avec l'amour du travail bien fait. Ces derniers vendent leurs vins plutôt bien, voire très bien. Certains mettent aujourd'hui la totalité de leur production en bouteilles, et arrivent même à la commercialiser à des prix qui leurs permettent de bien vivre et d'investir pour améliorer leur viticulture et leurs équipements. Sont-ils des exceptions ? Ce modèle n'est-il pas suffisamment viable pour intéresser davantage de producteurs, sur le long terme ?
On est en droit de se poser des questions, à voir la frange encore trop marginale qui peut s'enorgueillir de faire des efforts en ce sens. Ceci dit, il nous semble également qu'il y a plus de vignerons de qualité aujourd'hui qu'il y a cinq ans. Et plus qu'il y a dix ans. Ce nombre commence même à croître de façon rapide ces toutes dernières années. Tant mieux. Mais il faut que ce mouvement aille plus loin, quantitativement et qualitativement : il faut que les meilleurs et plus expérimentés s'efforcent de repousser les frontières de la qualité ; non pas pour se lancer dans une course effrénée et infantile afin de battre on ne sait qui, mais simplement pour explorer davantage le potentiel du gamay, des terroirs locaux et des meilleures années. Car il n'y aura pas trop de grandes bouteilles pour (se) convaincre, pour (se) décomplexer, faire changer les mentalités, des producteurs aux consommateurs. Souhaitons juste que les œnophiles et buveurs comprennent rapidement, si ce n'est déjà fait, que les meilleurs beaujolais sont, et pour on ne sait combien de temps encore, les meilleurs rapports qualité/prix/plaisir/potentiel en rouge de France, avec quelques un de leurs collègues de Loire et du Grand Sud. Il serait donc vraiment dommage de ne pas en remplir nos caves, notamment avec la triade 2009-10-11 qui sera intéressante à comparer avec son aînée de vingt ans, 1989-90-91 : on mesurera le chemin parcouru, et surtout, on aura bien du plaisir à boire !
 
* nous parlons ici de personnages tels Bernard Diochon, Jean Georges, Paul Janin, Jean Dutraive, Michel Chignard, Fernand Coudert, Etienne Jambon, Louis Desvignes, Marcel Lapierre, Georges Viornery, et d'autres.
  
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Remerciements :
Nous tenons à adresser de chaleureux remerciements à tous les vignerons qui nous ont consacré́ un temps important depuis que nous les côtoyons, toujours prompts à ouvrir de vieilles bouteilles et à nous apprendre le vignoble et l’histoire beaujolaise in situ. Plus spécialement Franck Georges, Paul-Henri Thillardon, Fabien Duperray, Eric et Paul Janin, Guillaume Berthier et Jean-Jacques Parinet, Alain Coudert, Michel et Cédric Chignard, Jean-Louis Dutraive, Daniel Bouland, Jean-Marc Burgaud, Louis Desvignes, Claude Geoffray, Georges Viornery et Jean-Paul Brun. Nous adressons également de chaleureux remerciements à Michel Bettane, à l'origine de notre passion pour la région et qui connait les terroirs et les vignerons du Beaujolais comme personne, ou presque ! A Jacques Perrin pour sa bienveillance et sa permission de reprendre et compléter ici un travail déjà entamé sous son œil exigeant et sa direction. A Ghislain Tournier, professeur au lycée viticole de Bel-Air, amoureux des vins de sa région et partenaire régulier de nos dégustations sur place. A Olivier et Alexandra Muguet enfin, du restaurant La Poularde, à la Chapelle de Guinchay : leur accueil et cuisine est à chaque fois un plaisir incommensurable, ils sont de grands et précieux ambassadeurs pour le beaujolais.
 
Bonnes adresses :
Du sud au nord de la région, voici quelques bonnes tables que nous recommandons :
– Auberge la Broc'Assiette, lieu-dit Bourg 69380 Charnay, 0033 4 78 43 93 51
Emile Job, 12 rue du Pont 01090 Montmerle, 0033 4 74 69 33 92
L'Atelier du Cuisinier, 17 rue Baudelaire 69910 Villié-Morgon, 0033 4 74 62 20 76
La Poularde, Place de la Gare 71570 La Chapelle-de-Guinchay, 0033 3 85 36 72 41, 1*Guide Michelin  (COUP DE CŒUR !)
La Table de Chaintré, Le Bourg 71570 Chaintré, 0033 3 85 32 90 95, 1*Guide Michelin
 
Lectures et références bibliographiques :
Il faut bien le dire, les publications et ouvrages intéressants sur le vin en Beaujolais sont finalement assez rares, trop à notre goût. Ceci dit, en fouillant du côté des vieux livres, de la production des très rares journalistes compétents en la matière et des éditeurs passionnés, on parvient tout de même à trouver quelques perles incontournables, qu'il convient d'avoir dans sa bibliothèque lorsque l'on désire aller plus loin sur le sujet. Voici celles qui composent la nôtre :
– Vinifera N°43, oct. 2010, publication de CAVE SA - 1196 Gland - Suisse
– Michel Bettane, A la recherche de l'âme du Beaujolais, La Revue du Vin de France N°481, mai 2004.
– Michel Bettane, Moulin à vent, un roi sans couronne, Le Rouge et le Blanc N°49, décembre 1996.
– Jules Chauvet, Le vin en question – entretien avec Hans Ulrich Kesselring,
Jean-Paul Rocher éditeur.
– Evelyne Léard-Viboux, Jules Chauvet, naturellement, Jean-Paul Rocher éditeur.
– Jacques Néauport, Jules Chauvet ou le Talent du vin, Jean-Paul Rocher éditeur.
– Jules Chauvet, L'esthétique du vin, Jean-Paul Rocher éditeur.
– Victor Vermorel, Les Vins Du Beaujolais - Étude et classement par ordre de mérite, Nomenclature des clos et des propriétaires, à l'Enseigne du Porte-Pot.
– Léon Foillard et Tony David, Le pays et le vin beaujolais, suivi d'une anthologie bachique, Jean-Guillermet Libraire-Editeur.
– Claude Flanzy, Michel Flanzy, Pierre Bénard, La vinification par macération carbonique, INRA Editeur.
– Vermorel et Danguy, Les vins du Beaujolais, du Mâconnais et Chalonnais, Editions Jeanne Laffite.
– Gilbert Garrier, Vignerons du beaujolais, Editions Horvath.
– Gabriel Chevallier, Clochemerle, Le Livre de Poche.
 
Et pour approfondir, sur le net :
-
http://www.romaneche-thorins.com/index.php
- http://www.jprocher-editeur.com/pages/chauvet.htm
- http://stephane-guillard.suite101.fr/victor-pulliat--sauveur-du-beaujolais-14-a16528
- http://stephane-guillard.suite101.fr/victor-pulliat--sauveur-du-beaujolais-24-a16529
- http://stephane-guillard.suite101.fr/victor-pulliat--sauveur-du-beaujolais-34-a16530
- http://stephane-guillard.suite101.fr/victor-pulliat--sauveur-du-beaujolais-46-a16532
- http://stephane-guillard.suite101.fr/victor-pullia--sauveur-du-beaujolais-56-a16533
- http://stephane-guillard.suite101.fr/victor-pulliat--sauveur-du-beaujolais-66-a16534
- http://stephane-guillard.suite101.fr/les-syndicats-anti-phylloxerique-du-canton-de-beaujeu-a13961
- http://stephane-guillard.suite101.fr/la-propriete-fonciere-dans-le-beaujolais-de-1870-a-1900-a14076
- http://www.culture-beaujolais.fr/ 
Mise à jour le Lundi 16 Septembre 2013  

Le 27/11/2014 à 08h28
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