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Grands vins du Languedoc chez "V" marchand de vin

En marge de Vinexpo 2008, nous avions decidé de reunir quelques amis amateurs de vins, pour une dégustations de quelqu'uns des meilleurs Languedoc. Les vins été servis par serie de deux et à l'aveugle.
 
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Coteaux du Languedoc: PRIEURÉ SAINT JEAN DE BEBIAN 2000: La robe est grenat. Le nez, assez intense, évoque des notes de fruits noirs, de poivré et de boisé assez marqué. Bonne attaque et bouche plutôt agréable dans un premiers temps. A l’aération, le vin semble se durcir, les tanins se marquent d’un grain gras et boisé sur une finale en recherche d’allonge. 13.5/20

Margaux: CHATEAU PRIEURE LICHINE 2000: 1er pirate pour un petit tour dans le Bordelais. La robe est pourpre, peu évoluée. Le nez est peu expressif, évoquant le café, le chocolaté et des notes grillées. En bouche le vin est franc, avec des tanins fermes et marqués. L’ensemble manque cruellement de fruits et d’harmonie. La finale reste sèche et relativement courte. 12/20
 
Deux premiers vins pour une mise en bouche. Bébian 2000, goûté récemment nous avait paru plus élégant mais également très évolué pour son âge. Nous pensons qu’il est aujourd’hui à boire. Le Margaux est typé Bordeaux. Sa sécheresse en fin de bouche ne nous laisse pas présager d’un très bon avenir. A revoir.
 

Minervois: BORIE DE MAUREL « Sylla » 2001 : La robe violacée brillante reste très jeune. Le nez est très intense. Il s’ouvre sur des arômes de fruits noirs confiturés, de myrtille et d’olive noire avec des notes iodés. La bouche fait preuve d’une grande franchise, avec une belle intensité aromatique. Les tanins sont gras et enrobés donnant une sensation de rondeur et d’équilibre. Bonne longueur avec une finale poivrée et fraîche. 16.5/20

Coteaux du Languedoc Montpeyroux: DOMAINE ALAIN CHABANON « L’esprit » 1998: Robe grenat, brillante. Le nez parait assez évolué, avec des notes de fruits cuits, de pruneaux, de réglisse et de cacaoté. L’attaque est franche et le vin développe des tanins présents, puissants et marqués par un boisé pas encore intégré. La finale est dure et se marque d’une chaleur alcoolique par ses notes d’eau de vie. 14/20

L’accord le plus délicat de la dégustation. Avec le recul, il aurait été plus judicieux de placer le Barral avec le Borie de Maurel, pour leurs franchises et leurs intensités aromatiques et le Chabanon avec le Moulinier, plus proche en style. Le problème, c'etait le nombre impair de 2001, et nous tenions à placer le Barral après la série Grange-Montcalmés. La « Sylla » est une cuvée 100% syrah, vinifiée en macération carbonique et élevée uniquement en cuve. Le vin est toujours très expressif, prenant parfois avec des accents truffés. Cette 2001 devra s’assagir pour faire preuve d’un peu plus de plénitude. Regouté le lendemain midi, borie de maurel garde cette trame initiale sans un poil d’évolution.


Coteaux du Languedoc: MAS JULLIEN 1999: La robe est violacée, peu évolué. Le 1er nez s’ouvre sur des notes animales, avec du cuir et du gibier. A l’aération, il gagne en complexité et en profondeur, évoluant sur les fruits, les épices aromatiques et la garrigue. La bouche fait preuve d’une grande jeunesse, avec des tanins aux grains soyeux, complets et mûrs. L’ensemble est puissant, complexe et sérieux. La finale est longue et profonde. 18/20

Cote Rôtie: DOMAINE JAMET 1999: Robe pourpre profonde, tirant sur le noir. Grande complexité aromatique avec un nez faisant preuve d’un fruit franc et pur, de violette, de lard fumé et de tabac avec une pointe mentholée. Grande plénitude en bouche, avec à la fois un toucher majestueux, des tanins soyeux et croquants, de la fraîcheur, du gras et une finale longue, pleine et fruitée. 18.5/20

Ouahh !!! Quel duo. Pas mécontent de l’effet obtenu pour ce face à face de deux grands vignerons. De plus, il est clair que les deux vins sont à l’aube de leurs vies et qu’on aura certainement encore beaucoup de plaisir à regouter ces deux crus dans quelques années. Notons que la Syrah qui compose la cuvée du Mas Jullien est parfois vinifiée non égrappée. Il sera intéressant de savoir si c’était le cas sur ce 1999 comme sur la cote rôtie dont une partie est vinifié en vendanges entières. Le lendemain midi le Jamet est toujours un pur plaisir.


Vin de Pays de l’Hérault: DOMAINE DE LA GRANGE DES PERES  2001: « La passion n’est pas raison, la passion est émotion ». Nous n’avons franchement pas grand chose de plus à dire que ce que nous avons déjà écrit sur ce vin. On retrouve une nouvelle fois cette vague marine, faite de notes salines et d’anchois à l’huile d’olive. Puis on creuse en profondeur pour dénicher du tabac, des épices, du poivre et des fruits rouges. La bouche est un tout. Un ensemble de génie, de finesse, d’équilibre, de soyeux, de franchise et de fraîcheur. Seule différence face à la précédente, un léger acidulé qui marque l’attaque. 18.5/20

Coteaux du Languedoc: DOMAINE DE MONTCALMES 2001: La robe est rubis brillante. Le nez s’ouvre sur d’élégantes notes de fruits sucrés et confiturés, de cerise burlat et d’épices douces. La bouche est harmonie, avec un toucher fin et soyeux. Les tanins ne sont que dentelle, la matière que velours et la finale que du bonheur. C’est simplement grand. 19/20

Depuis ce Montcalmés 2001 gouté en fin d’année dernière, nous ne rêvions que d’une chose, un face à face entre ces deux là. Et voilà, c’est fait et ici c’est Montcalmès qui domine la Grange. Notre avis est, qu’à ce stade, Montcalmès est complètement ouvert car une vraie plénitude règne sur ce vin. La GDP a encore du temps devant elle. A n’en pas douter, ces arômes assez particuliers aujourd’hui, gagneront avec l’évolution en charme et en élégance. Deux vins qui n’ont pas été regoutés, les deux bouteilles ayant été finies les premières. Il parait que c’est un signe…


Faugères: DOMAINE LEON BARRAL « Jadis » 1998: Robe rubis violacée peu évolué. A l’image de Borie de Maurel, le nez est très intense, avec des aromes de cuir, fourrure, réglissé, mentholé et fruits noirs confits. L’attaque est ronde, le vin souple mais puissant, avec des tanins présents et gras. Le tout fait preuve de beaucoup de maturité et d’une grande amplitude aromatique. Seule la finale se marque d’une petite chaleur alcoolique. Comme souvent chez Barral, c’est un peu fou fou, mais diablement charmeur. 17/20

Saint Chinan: DOMAINE MOULINIER « Terrasses Grillées » 1998: Malgré ses quatre heures de carafe, le vin à du mal à dévoiler tout son potentiel aromatique. Le nez s’ouvre sur des notes sanguines, puis évolue vers la figue, le poivré et le mentholé. La bouche reste également en retrait et décline une matière cacaotée et un peu austère avec des tanins mûrs en retenue et une finale moyennement longue et relativement fraiche. Ah !!! Il en a sous le pied, mais il ne veut pas tout montrer ! 15,5/20

Opposition de style nette, mais classicisme Languedocien évident. Et surtout deux 98 qui en gardent encore sous la pédale. Le choix de les gouter ensemble ne nous parait pas avoir été le plus judicieux.


Coteaux du Languedoc: DOMAINE DE PEYRE ROSE « Clos des Cistes » 1998: La robe est grenat profonde et plutôt trouble. Le nez s’ouvre sur des notes de mine de crayon, de thym (ou de cèdre) et de cassis. Belle attaque fraîche et mentholé. Le vin développe des tanins puissants, marqués par des notes de garrigues et d’herbes aromatiques. La finale est très longue, sereine et racée. 16,5/20

Vin de Pays de l’Hérault: MAS DE DAUMAS GASSAC 1990: 18 ans pour un des vins du Languedoc qui vieillit le mieux. Mais celui-ci, ouvert un peu avant le service, reste aromatiquement cadenassé. D’ailleurs, la seule chose que j’ai trouvé sur mes notes c’est des aromes de poivrons rouges grillés. En bouche, l’attaque est ronde, les tanins marqués, mûrs et évolués et la finale présente une longueur moyenne et un ensemble peu expressif et assez rustique. 15/20

Les deux derniers vins ont été servis ensemble mais dégustés et commentés, l’un après l’autre car très différent. Peyre Rose est un grand classique, mais pas forcement dans le style que nous aimons le plus dans le Languedoc. Pour Daumas, nous tenions à faire gouter un vieux millésime pour montrer le réel potentiel de ce vin. Pas vraiment convaincu le samedi soir, il faudra attendre le troisième jour après ouverture pour découvrir enfin un vin complètement ouvert, intense, présentant des aromes de cerise Kirsch, d’épices, de sous bois, puis une bouche harmonieuse, épanouie et profonde. Du grand Daumas quoi !!!

Classement de la dégustation : chacun des participants devaient donner ses quatre vins préférés.
1 - MONTCALMES (29 pts)
2 - MAS JULLIEN (17 pts)
3 - GRANGE DES PERES (12 pts)

4 - JAMET (12 pts)
5 - PRIEURE LICHINE (8 pts)
6 - MOULINIER (7 pts)
7 - PEYRE ROSE (5 pts)
8 - BARRAL (4 pts)
9 - DAUMAS GASSAC (2 pts)
10 - BORIE DE MAUREL (2 pts)
11 - CHABANON (0 pts)
12 - SAINT JEAN BEBIAN (0 pts)
 
Conclusion : Montcalmés domine largement les débats. Il est cité 8 fois (dont 7 fois premier). Petite anecdote : il a remplacé au pied levée un « Sang du calvaire » 2001 de Cazeneuve qui aurait du faire le Pic Saint Loup de la dégustation. Même si nous aimons beaucoup Cazeneuve, nous ne sommes pas certains qu’il aurait fait la même unanimité. Les trois autres vins ont été cités 5 fois. Le Mas Jullien, classé 3 fois premier, remporte plus de point. Dans ce classement, nous avons placé la GDP troisième (à même nombre de point que Jamet) car elle à été cité une fois en premier. C’est vrai que le Jamet dénote un peu au milieu de Languedoc, toutefois, il n’a pas « écrasé » la dégustation comme on aurait pu le prévoir. Le Bordeaux en cinquième reste une surprise. Il a été cité 4 fois, dont 3 fois par les femmes. Honnêtement, nous pensions que l’on en entendrai même pas parler lors du classement, il s’en sort plutôt bien. Inversement, Borie de Maurel, qui semble avoir été apprécié lors du tour de table, n’est cité que 2 fois (en quatrième).
Une très belle dégustation donc, mais avec une sélection drastique. Soyons clair, on est là dans ce qui ce fait de mieux dans la région et aucun vin n’est réellement passé à coté (faisons abstraction de Bébian). De plus à dix ans d’âge, pour la plupart, les vins ne semblent pas du tout usés ou fatigués. Cela prouve aussi la qualité des beaux millésimes Languedocien dans le temps.
 
 
 
 

Le 22/05/2013 à 04h27
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