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Quelques vieux flacons...
 
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Quelques vieilles bouteilles dans une cave Bourguignonne...
 
Contexte : Dégustation Epicuvin au mas de Saporta. Ça aurait du être une dégustation comme une autre. Du moins, je m’attendais même à faire preuve d’un peu d’indulgence face au thème présenté ; une série de vieilles bouteilles de 20 à 59 ans dominée par la bourgogne. Et puis le monde du vin c’est ça, il y a des moments où la magie opère, là ou l’attend le moins. Cette dégustation restera comme la plus grande et la plus belle qui m’ai été donné de faire, le tout empreint d’une émotion qui me marquera pendant très longtemps.
 
Ces commentaires sont réalisés avec objectivité, même si les superlatifs sont nombreux. J’en ai fait le constat depuis quelques temps maintenant, il est difficile de commenter un vin exempt défauts sans être rébarbatif ou dithyrambique. Ce qui suit est à lire avec cette tolérance.
Les robes ne sont volontairement pas commentées, car faisant preuve d’une très grande hétérogénéité entre le début et la fin de bouteille, passant d’un cuivre, pelure d’oignon brillant à un marron marc de café trouble. Les bouteilles ont été ouvertes 1 h environ avant le service. Les vins ont été servis à 15/16° environ, dans des verres Spiegelau « Authentis », à découvert et dans l’ordre suivant.
 
 
Châteauneuf du Pape Blanc : CHATEAU DES FINES ROCHES 1987
Mise en bouche avec un blanc : Robe or. Nez sur le coing, les épices et la pomme blette. Beau volume en bouche, marqué par un début d’oxydation, avec des arômes de fruits sec et de noix, mais qui porte le vin dans une longue finale persistante et grasse. 15/20
 
Chinon : DOMAINE JOGUET « la dioterie » 1987
Le nez est très intense, complexe, on navigue déjà dans un large panel d’arômes tertiaires. Fumé, tabac, puis fruits, cerises et poivrons grillés en passant par des notes plus viandées. En bouche, le vin est gourmand, équilibré et grillé. L’ensemble est frais, serein et la finale se marque d’une petite chaleur alcoolique. 17/20
 
Saint Estephe : Château CALON SEGUR 1970
Moins intense, mais d’une belle complexité, le nez s’ouvre sur des notes cacaotées, puis de champignon, tabac blond et épices. Attaque puissante, bouche évoluée avec des tanins bien présents et faisant preuve d’un peu d’austérité. Longue finale, sur des notes empyreumatiques et de tabacs, rehaussés par cette acidité qui laisse encore présager d’un beau potentiel d’évolution. 16/20
 
Volnay-Cailleret 1er cru : Domaine de LA POUSSE D’OR « clos des 60 ouvrés » 1969
Et voilà comment on touche au sublime, un ange passe, un ange est dans le verre. Dans ce bouquet, il y a de tout, chaque dégustateur à son mot à dire ; cerise kirsch, pruneau, eau de vie, fleurs fanées, épices, champignons, café… on s’y promène avec ce que l’on à envie d’y découvrir. Et puis vient la bouche, que dire ? Ce vin est intemporel, merveilleux. Avec des mots simples je dirai, équilibre, finesse, dentelle, élégance, longueur, vie, intensité. Mélangez et saupoudrez le tout d’extraordinaire, la recette est simple, le vin sublime… cet ange a frappé en plein cœur... 20/20
 
Bonnes-Mares Grand cru Domaine ANDRE 1963
Nez plus boisé, avec des notes un peu oxydative. A l’aération le vin à tendance à présenter un coté vieux bois, liége sec. En bouche, la matière reste élégante, mais plus marquée par une trame tannique rustique, toujours dominée par ce vieux bois. L’ensemble évoque un style oxydatif de banyuls et le vin appel à se mettre à table. 15/20
 
Mercurey : POULET PERE ET FILS 1955
« Mercurey : Les vins sont en général légers et agréables » (Hachette des vins) Extraordinaire !!! 52 ans, c’est bien un Mercurey dans le verre! non, pas une Romanée Conti. Cette maison a aujourd’hui disparu ? Ses vins sont loin de l’être ! 1er nez très net de café puis de fruits cuits, à l’eau de vie. C’est encore intense et complexe. La bouche est tendue, droite, nette, pleine et riche avec des notes de sous bois et de tabac. En finale, on surfe sur une longue vague de plaisir et d’émotion. Superbe. 18.5/20
 
Pomerol : Château FERRAND 1955
Un petit tour en Bordelais sur le même millésime. Je fût servi en premier, la robe est d’une extrême brillance et couleur café comme aurait dit Gainsbourg. Encore un nez d’une grande complexité, avec des fruits confiturés, du grillé, du chocolat. Attaque ample, veloutée, avec des tannins fins, puis l’ensemble tend à manquer d’intensité et d’arômes. Contrairement à son approche, la finale laisse des tanins fatigués et marqués d’une légère amertume. Ce sera le moins meilleur. 14/20
 
Corton Grand Cru : POULET PERE ET FILS 1948
On a décollé avec le Volnay, on a virevolté avec le Mercurey, on va toucher les étoiles avec ce Corton. Encore un bouquet d’arômes ou chacun cherche ses repères. Je pars sur la viande mijotée, le fond de sauce, les champignons, c’est un peu en retenu mais d’une grande élégance. Et puis ça évolue sur un coté fruits très mûrs, pot pourris. La bouche… je ne sais plus quoi écrire, mais y a-t-il vraiment quelque chose à dire ? C’est magique, intense, droit, linéaire, d’une extrême finesse, d’une interminable longueur.10, 20, 30 secondes, ça semble vouloir s’évanouir et puis le paon déploie sa sublime queue majestueuse. Les yeux brillent, je frissonne… Immense... 20/20
 
Maury : MAS AMIEL 1978
Une mise spéciale pour ce millésime. Le vin a été prélevé de barrique le 04/07/93 pour une mise en 1994. On est sur les fruits secs, la noix, les raisins secs et le cacao. En bouche, c’est d’un très grand équilibre, avec une fine sucrositée, équilibré par une fraîcheur et une minéralité droite et intense. Encore une très longue finale, avec toujours ces notes de fruits secs. 19/20
 
Montilla Moriles: BODEGAS TORO ALBALA « Viejisimo » Solera 1922
Une solera est une cuvée particulière. En 1922 un demi Muid est isolé de la production. Le vin y séjourne pendant plusieurs décennies, puis selon les envies du maître de chais, une partie du contenant est prélevée et compose une cuvée. Depuis quand ? Combien ? Quel autre millésime ? Nous n’ont sauront rien, la seule chose qui est sure, c’est que dans cette bouteille vit avec un peu de vin vendangé il y a 85 ans… C’est marqué par l’eau de vie, avec un coté armagnac. La bouche est oxydative, style vin jaune. C’est très persistant. Non Noté
 
Un grand merci à Daniel Roche pour m'avoir permis de vivre ce moment.
 
 
 

Le 24/05/2012 à 05h06
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