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Vingt ans de Côte du Py chez Jean-Marc Burgaud
 
  
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Ouverture des bouteilles par le maestro

Nous parlions de cette verticale avec Jean-Marc Burgaud depuis quelques années déjà. En effet, lors de nos nombreux passages à la propriété, nous avions la chance de goûter régulièrement de nombreux vieux millésimes de son climat fétiche, la Côte du Py, grand terroir du cru Morgon. Mais jamais nous n’avions eu l’occasion de pouvoir les confronter bout à bout, au cours d’une même dégustation. La cave de vieux millésimes du domaine étant bien fournie, et le vigneron étant bien décidé à se pencher sur son travail, rendez-vous avait été pris le jeudi 13 juin 2013. En plus de quelques amis, furent également conviés le père de Jean-Marc, Jean Burgaud (vigneron discret mais émérite du village de Lantignié), son importateur en Belgique, Fabien Duperray (domaine Jules Desjourneys) et enfin toute l’équipe Vin-terre-net. La dégustation commença à 17 heures, après un orage venu tempérer les chaleurs de la journée. Les vins ont été dégustés dans l’espace de stockage du domaine. Ils ont été redressés le jour même et débouchés juste avant service, sans aération particulière, puis servis à 16 degrés environ dans des verres Authentis Spiegelau.
 
Quelques mots ensuite, pour rappeler l’origine de la cuvée dégustée. Le simple Morgon « Côte du Py » du domaine est issu de plants de gamay cultivés sur une résurgence volcanique, la colline du Py, composée d'éléments minéraux en décomposition, avec présence notable d'oxyde de fer et de manganèse. Les vignes sont exposées au sud, tournant vers l’est. Plusieurs parcelles (le Bas, Plateau est, Milieu de la pente, la Gaine, etc.) sont vinifiées séparément et participent à l’assemblage final. On notera qu’avant 1995, celles de la Gaine et de la Croix n’entraient pas encore dans l’assemblage ; et que de 1995 à 1999, le terroir de la Croix entrait dans l’assemblage de la cuvée, avant de la quitter pour constituer dès 2000 la fameuse cuvée James. Les vignes ont en moyenne cinquante ans d’âge. Depuis 1995, les macérations semi-carboniques en cuves béton durent douze à quinze jours. On notera qu’avant cette date, elles duraient huit à neuf jours. Elles sont suivies d’un élevage en cuves béton principalement, mais aussi d’une petite partie en pièces bourguignonnes non neuves, durant six à neuf mois. Enfin, plusieurs mises - au moins deux - étaient traditionnellement faites, même si cette habitude tend à disparaître au profit d’une mise unique en fin de printemps qui suit la vendange.

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Discussion passionnée avec Fabien Duperray et Bernard Doisy

Voici désormais le détail des vins dégustés, dans leur ordre d’apparition, du plus vieux au plus jeune.
 
Côte du Py 1992 (en magnum) : année humide, gros rendements, mise en bouteilles avec un gaz carbonique assez important. Fumé, empyreumatique, avec un peu de cuir, d’agrumes, d’orange confite, de clou de girofle et un trait de vert qui signe un beau végétal : nez très fin, joli. Attaque tendre, mais saveur un peu savonneuse pour ce vin relativement gras, à la texture agréable et au goût un peu évolué, avec une sensation de liqueur. Finale limitée mais honorable, qui signe le millésime. Fond de verre abricoté. Bien
 
Côte du Py 1993 : évolué en couleur, un peu sur le céleri, la livèche et le vieux rhum au nez, peu intense, diffus, peu précis, en début d’oxydation. Bouche plus acide et moins mûre et ample que le 1992, elle finit sèche et dure et ne possède pas une grande maturité de tanins, allonge moyenne. Fond de verre sur la carotte, la tomate séchée. Petit vin conforme au (médiocre) millésime et qui arrive en bout de course.
 
Côte du Py 1994 : robe jeune et brillante. Nez très « Côte du Py » de caramel brulé, berlingot, confiture d’orange, peau d’orange grillée, évolution ascendante dans le verre, qui part sur le café froid. Attaque grasse et dense, saveur généreuse, enveloppée, trame de tanins jeune, grain assez fin et bien uni, très enveloppé, sensation de gourmandise, Vin rond et plaisant à boire aujourd’hui. Bien+
 
Côte du Py 1995 : nez dissocié de la bouche depuis quelques années d’après JMB. Très beau millésime, superbe maturité, rendement important. Nez évolué avec un côté céleri, un peu diffus, pas hyper net, mais il reprend étonnamment de la jeunesse à l’air, il évolue bien. Bouche enrobée, assez jeune et puissante, trame masculine, tannique, plutôt vigoureuse, sensiblement plus vineuse que les autres. Il s’harmonise dans le parfum. Bien+
 
Côte du Py 1996 : jolies maturités alcooliques mais maturités phénoliques moyennes typiques de l’année. Robe jeune et brillante. Nez hyper fumé caractéristique de ce millésime, truffé, sur l’ambre, la mangue, le toasté (NB : pas de bois). Attaque enrobée mais nerveuse, avec de l’amertume dans la saveur ; ceci dit le vin se goûte relativement jeune, avec une acidité vive fondue dans un corps qui n’est pas maigre. Pas si mal pour l’année. Assez bien+
 
Côte du Py 1997 : nez un peu fauve, épicé, assez typé « sud », qui précède une belle trame délicate et élégante, charnue, aux tanins veloutés, à la saveur épicée aussi, tendre. La plus belle texture à ce stade de la verticale. A point, sans être usé. Un côté sudiste. Bien
 
Côte du Py 1998 : nez jeune, et un peu acescent, presque piémontais dans les sensations, tirant sur la fraise épicée. La bouche se goûte jeune et assez juteuse, avec une acidité plutôt élevée, dynamique. Vin encore frais dans les arômes et le tanin, beaucoup plus jeune que tous ceux que nous venons de goûter. Une très bonne surprise, dans une année de pluies durant les vendanges ! Très bien
 
Côte du Py 1999 : premier nez kirsché, d’abricot mûr avec un peu de cassis, archétypique du Py ! Attaque enrobée, souple, vin plus en largeur qu’en verticalité, tout en texture, confortable, plaisant au palais, s’allongeant tranquillement. Sa maturité lui donne un côté sexy. Fraicheur finale et belle vivacité, qui donne envie d’en reboire. C’est très bon. Très bien+
 
Côte du Py 2000 (en magnum) : beau nez de cerise confite, d’agrumes, d’orange séchée, assez jeune (effet magnum ?), pour ce vin droit, précis, à l’attaque élégante, à l’acidité ciselée fondue dans le corps. Cru profond, juteux, avec des tanins racés et serrés, sans dureté, très long, extra. Excellent Mais à noter que d’autres membres de l’équipe VTN ont émis des réserves quant à l’amertume de la finale.
 
Côte du Py 2001 : premier nez réglissé, tirant sur l’encens, le graphite, poivré. Attaque vive et nerveuse, vin énergique sans être maigre, assez juteux pour l’année, ferme, tannique, très rafraichissant, assez long. Il claque en finale et finit salivant. Très belle bouteille dans le contexte d’un millésime compliqué. Bien+
 
Côte du Py 2002 : fruité mûr mais assez fragile, goudronné, qui précède une attaque possédant à la fois une acidité vive et un côté cuit, allonge aigüe, un peu frêle. Vin à l’image du millésime, mais il tient la route. Sans doute idéal à boire aujourd’hui, à ne pas attendre dix ans. Assez bien+
 
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C'était la dernière bouteille de James 2000 (1er millésime produit) de la cave de Jean-Marc

Côte du Py 2003 : grand nez de pêche rôtie, de kirsch, de cassis, tirant sur la réglisse, le réséda, on est dans le hors-norme. Sensation de liqueur mais avec une grande fraîcheur sur l’attaque, vin structuré, corsé, dense, avec un équilibre très particulier où toutes les composantes - même les plus éloignées - arrivent à se rejoindre. Il est jeune, éternel, une leçon. Grand vin, au sommet du millésime dans la région.
 
Côte du Py 2004 : on repart sur des témoins végétaux sans être trop prononcés, et il prend même du fruit à l’aération, mais il n’est pas complexe pour autant. Bouche assez juteuse et pleine, pas décharnée, avec une saveur poivrée et de lard séché qui rappelle 1996, la texture est des plus honorables. La finale est la seule limite de ce vin. Vraiment bien pour le millésime, et comme pour le 2003, un sommet de la région. A noter que la même année, la cuvée Réserve de Jean-Marc (pas de James produit) est encore un cran au dessus !
 
Côte du Py 2005 : nez toasté, profond, avec beaucoup d’épices, de fruits noirs, très réglissé. Grosse acidité pour ce vin « masculin », concentré, tannique, sérieux et ferme, encore peu juteux, qui se goûte sur les tanins. Paraissant armé pour la longue garde, il se goûte séveux, mais on ne peut ignorer la finale un peu sèche et dure typique de l’année en ce moment. Grand potentiel ?
 
Côte du Py 2006 : nez plein, fruité, avec des notes de cerise confite et une impression de maturité et de chaleur. Attaque charnue, à l’acidité vive pour ce vin néanmoins enveloppé, avec étrangement une sensation de chair mais sans grande plénitude (apport gustatif de l’alcool ?). Un Py facile, tendre, avec un équilibre fragile, à la saveur rappelant un peu l’algue en milieu de bouche. Il finit correctement, mais sans plus. Assez bien+
 
Côte du Py 2007 : fond de réduction cassis/romarin pour ce nez typique du millésime, évoluant sur la menthe poivrée, avec des nuances de végétal de rafle : il s’ouvre lentement et progressivement. Attaque vive avec une acidité haute et un tanin frais, assez juteux pour l’année en milieu de bouche, et une finale bonne sans être longue. Equilibre classique et frais, un bon vin ! Bien+
 
Côte du Py 2008 : nez très abricoté, tendre et gourmand, sur la fraise épicée - le vin a beaucoup changé depuis sa jeunesse. Bouche vive, à l’acidité haute, moins mûre et charnue que le 2007, un peu rébarbative dans l’acidité sur la finale. Mais c’est bon à boire aujourd’hui, sur un plat un peu gras. Assez bien+ pour le millésime.
 
Côte du Py 2009 : nez hyper profond alliant floral, fruit, épices, réglisse, avec un léger côté exotique propre à l’année, mais aussi des nuances balsamiques et de pastèque évoquant le Piémont italien (ce n’est pas la première fois avec les vins du domaine !). Attaque étoffée et pleine de chair, grande salinité et acidité fondue dans le vin, allonge sans à coup, avec beaucoup de jus et d’intensité aromatique. Vin assez remarquable sur tous les plans, on cherche les défauts. Excellent
 
Côte du Py 2010 : premier nez faussement toasté, profond, réglissé, poivré, floral, avec de la cerise : grand raffinement de parfum avec une évolution sur la violette. Attaque saline avec une jeunesse et plénitude de saveur des plus appréciable, grande nervosité mais jutosité derrière, bouche pleine, avec des sensations qui rappellent une syrah sur granit. C’est profond, long, et apparemment prêt pour la garde. Très bien+
 
Côte du Py 2011 : et voilà la puissance aromatique du 2009 avec la délicatesse de parfum du 2010 ! Vin très ouvert, impressionnant de charme aromatique, tirant sur l’oxyde de fer comme un grand Gattinara ou un grand Collioure. Bouche impressionnante de chair et d’acidité, saline et juteuse, avec un équilibre parfait, de beaux tanins marqués mais nets, une pointe de réduction de jeunesse bienvenue. Rien à redire, c’est juste extra. Grand Vin.
 
Côte du Py 2012 (brut de cuve, soutiré semaine d'avant, non réajusté en so2) : un peu d’évent au nez, du gaz, mais des tanins subtils, très délicats, souplesse de grain avec une acidité fondue, pas de dureté, vin fin, très prometteur. A suivre.
 
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De l'amitié et une passion commune, les grands vins du beaujolais !

Au cours de cette verticale, nous avons eu l’impression de distinguer trois époques qui, au delà des évolutions normales dues à l’âge des bouteilles, peuvent correspondre aussi à des étapes qualitatives et des changements dans le travail du domaine.
 
De 1992 à 1997, les vins se goûtent plutôt bien pour leur âge, même si les effets millésimes sont marqués et les structures parfois fragiles. Mais les vignes étaient plus jeunes et les extractions moins longues et douces qu’aujourd’hui. Tous ces vins, mêmes les meilleurs, sont à boire, sur une cuisine adaptée au registre tertiaire. 1993 est bien en dessous de ses congénères. Dans les meilleurs, le seul capable d’évoluer encore positivement durant quatre à cinq années semble être le 1995. De 1998 à 2006, les vins prennent un sérieux coup de jeune (notamment 1998, sensiblement moins évolué que 1997 et 1996) et semblent gagner en plénitude, puissance et vinosité, avec de tanins plus fermes, plus « Py », et donc une expression du terroir qui semble s’accentuer. Incontestablement Jean-Marc maîtrise mieux son sujet, notamment en vinification, mais les tanins restent tout de même relativement appuyés et la finesse tannique de jeunesse (qui n’occulte pas force et le caractère du terroir) n’est pas encore au goût du jour. Enfin, de 2007 à aujourd’hui, la précision, pureté et surtout le raffinement de tanins font un bond, on entre dans l’époque de l’élégance et des textures. Les vins ne perdent pas en caractère et potentiel de garde, mais s’affinent et donnent la sensation de pouvoir être bus avec plus de plaisir jeunes que leurs prédécesseurs. A partir de 2009, qualité de millésime aidant, le niveau explose même et l’on bascule vers l’excellence, retrouvée en 2010 et surtout en 2011, qui est la nouvelle référence de la propriété. L’histoire est donc en marche et nous ne manquerons pas de suivre le 2012 sous verre. Nous en profitons pour dire toute notre incompréhension face aux commentaires de la Revue du Vin de France qui semble, dans les derniers millésimes, avoir des impressions inverses. Une participation à une telle verticale ne laisse pourtant aucun doute sur la progression qualitative continue du domaine.
 
Aujourd’hui et plus que jamais, avec ses confrères Bouland et Desvignes, Jean-Marc Burgaud fait donc figure de référence pour nous dans la commune. Il est par ailleurs le seul à maîtriser à ce point l’élevage du morgon sous bois, même si la cuvée dégustée ce jour là n’est pas concernée par cette remarque. Quoi que. En effet, il l’a déjà fait et il sait que nous rêverions qu’il adjoigne chaque année une petite part de fût à l’assemblage du Py classique, car nous pensons que cet apport peut accentuer l’accessibilité du tanin naturellement ferme du morgon, surtout issu du Py. Par ailleurs, nous rêverions qu’il allonge quelque peu les élevages, même sur cette cuvée de base, car le terroir du Py - par son intransigeance et sa nature - semble avoir besoin de temps et donc de patine pour se présenter au mieux.
 
Nous remercions enfin infiniment Christine et Jean-Marc Burgaud pour cette verticale magnifique, et nous en profitons pour les féliciter pour tout ce travail et leur dire notre admiration, car être capable d’aligner pareillement vingt années de dur labeur avec un tel niveau qualitatif n’est pas chose commune. Cette remarque dépasse d’ailleurs bien largement le cadre et les frontières du Beaujolais !
 
 
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Le 02/10/2014 à 02h19
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