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Accueil Autour du vin 1907, l'histoire d'une revolte suite...
 
1907, l'histoire d'une révolte : quelques éléments supplémentaires (retour sur l'histoire)
 
 
revolte_1907_AlbertMarcelin Albert est né le 29 mars 1851 à Argeliers dans l’Aude. Fervent républicain, il s’engage très tôt dans la vie politique en devenant conseiller municipal de la commune en 1881. Mais cette première expérience est un échec et Marcelin abandonne la politique pour devenir cafetier et viticulteur. Une de ses passions est le théâtre qu’il pratique en amateur dans son  village d’Argeliers. Dés 1903, son café devient le lieu de réunion des viticulteurs touchés par la crise de la mévente. Son talent d’orateur et ses harangues en font le défenseur de la cause vigneronne méridionale. Cependant, il n’est pas pris au sérieux, Ernest Ferroul n’hésitant pas à le traiter à plusieurs reprises de « fou et de fumiste ». Son cheval de bataille est le rétablissement des bouilleurs de crus (permettant aux vignerons de distiller leurs excédents), l’abrogation de la loi sur le sucrage et l’interdiction de mise en vente de tout ce qui n’est pas vin naturel. Lors d’une manifestation à Narbonne en 1905, il promet à Ferroul de revenir avec 100 000 hommes, ce qu’il fera deux ans plus tard. L’année 1907 marque celle de son éphémère gloire lorsque le 09 juin plus de 600 000 personnes l’acclament à Montpellier. Et c’est aussi celle de sa chute, lorsqu’après sa libération le 02 août, il manque de se faire lyncher à Argeliers. Il meurt le 12 décembre 1921 dans la misère et le mépris. Il faudra attendre alors un demi-siècle pour qu’une stèle soit érigée à la mémoire de celui qui a « écrit une des plus belles pages de l’histoire populaire du midi » (Fréderic Mistral).
 
 
revolte_1907_FerroulErnest Ferroul est né le 13 décembre 1853 au Mas-Cabardés dans l’Aude. Issu d’une famille bourgeoise, il suit à Montpellier des études de médecine et ouvre en 1880 un cabinet à Narbonne. Il devient le « docteur des pauvres » car ne demande pas d’honoraires aux plus démunis. D’abord proche du socialisme et franc-maçon, il rejoint l’extrême gauche en 1888 après avoir été élu député de Narbonne la même année. Il est ensuite élu maire de Narbonne en 1891 aux dépends des radicaux, et se consacre uniquement à ce mandat à partir de 1902. Ce n’est seulement que le 05 mai 1907 que Ferroul, fin politicien, rejoint le mouvement dont il devient le co-leader avec Albert. Apposant la lutte contre la fraude comme une étape dans ses ambitions politiques, il oriente le mouvement vers un affrontement contre le gouvernement. Après avoir entrainé la démission de 442 municipalités du Midi et prôné la désobéissance civique il est arrêté le 19 juin à son domicile de manière théâtrale. Remis en liberté provisoire le 02 août sous de vives acclamations, il est ainsi érigé en héros de la lutte vigneronne au dépend de Marcelin Albert dont l’épopée parisienne lui fût préjudiciable. Il devient alors le premier président du CGV (Confédération Générale des Vignerons du Midi) et le restera jusqu'à sa mort. Il  meurt le 29 décembre 1921, soit quelques jours après Marcelin Albert. Ces obsèques furent suivies par plus d’un millier de personnes.
 
 
Le Tocsin, organe de la lutte viticole du comité d’Argeliers, symbolise le cœur des événements de 1907. Le premier numéro parait le 21 avril 1907 sous l’impulsion de Marius Cathala et Louis Blanc. Il se présente sous la forme d’un journal de 4 pages dont la dernière, écrite en gros caractère, est destinée à être affichée. Le Tocsin parait uniquement le dimanche et est vendu 10 centimes. Marcelin Albert en prend la direction jusqu’au numéro neuf daté du 16 juin, relayé par Jules Limouzy jusqu’au 22ème et dernier numéro paru le 15 septembre. La ligne éditoriale du journal a comme objectif de mobiliser et informer les viticulteurs (et la population) sur les événements en cours. Ainsi, on peut y lire des articles variés mêlant actualités politiques, notes historiques, informations pratiques (date et lieu des futurs rassemblements) et même la liste des communes nouvellement fédérées au mouvement. On y dénonce aussi les activités de fraude et les publicités vantant les vins artificiels et autres produits chimiques falsificateurs. Dans une autre série de chronique, les rédacteurs érigent Marcelin Albert comme « l’apôtre ». On vante son aura, son charisme, son courage et sa dévotion avec parfois une certaine démesure. Malgré la loi du 29 juin 1907, le journal continue de dénoncer la fraude, principale responsable selon lui de la crise. Pour les responsables du comité d’Argeliers, la solution passe par la création d’une véritable organisation de défense. C’est dans une édition datée du mois d’août que parait les statuts de la Confédération Générale des Vignerons du Midi. La CGV verra officiellement le jour le 22 septembre. Estimant leur travail terminé, les rédacteurs mettent fin à la parution du Tocsin le 15 septembre. Il sera remplacé par le Vendémiaire (le mois des vendanges), qui devient l’organe de presse de la CGV.
 
[Cliquez sur les images pour les agrandir – propriété des archives municipales de Narbonne]
revolte_1907_tocsin_A revolte_1907_tocsin_B
Premier et dernier numéro du Tocsin.
 
revolte_1907_tocsin_C revolte_1907_tocsin_D revolte_1907_Tocsin_E revolte_1907_tocsin_F
La quatrième page de quelques numéros. Parfois celles-ci revenaient une semaine sur l’autre.
 
revolte_1907_tocsin_G revolte_1907_tocsin_H
Pour faire un « bon » muscat et la vigneronne, le chant des gueux

Le 17ème Régiment d’Infanterie est basé au couvent de la nativité de Béziers. Il est composé de réservistes et d’appelés originaires de la région. Ce sont environ 500 hommes de la 6ème compagnie qui se mutinent au soir du 20 juin 1907. Cantonnés depuis la veille à la caserne Mirabel d’Agde (en vue d’un déplacement vers un camp du Larzac) les soldats inquiets de la tournure des événements, pillent l’armurerie et décident de revenir à Béziers dans la nuit « pour délivrer leurs familles ». Au cours de leur marche, ils croisent les compagnies du 81ème RI commandées par le Général La Croisade. Les mutins résolus leurs font face et pour éviter de graves incidents, le général décide de les laisser passer. Un peu dépassé par l’audace de leur propre mouvement, ils dressent un camp sur les allées Paul Riquet mais sans vraiment savoir que faire. Les civils leur apportent à manger et à boire ; certains s’endorment sur des bottes de paille. Malgré tout, la tension est palpable et les mutins semblent déterminés. C’est le Général d’armée Bailloud et l’équipe du comité de défense n°2 qui parviendront à leur faire entendre raison, munis d’un message leur promettant l’impunité (et qui se révélera être un faux). A 15h, sous bonne escorte, les mutins rejoignent leur quartier Biterrois. Le 22 juin, ils sont reconduits dans leur régiment à Agde, puis, en guise de – légère – sanction disciplinaire, on les embarquera pour Gafsa en Tunisie le 26 septembre 1907. Ils en reviendront en mai 1908. En 1910, le chansonnier Montéhus écrira une chanson à la gloire des mutins du 17ème qui devint célèbre :
[…] Salut, Salut à vous !
Braves soldats du 17è
Salut braves pioupious
Chacun vous admire
Et vous aime
Salut, Salut à vous !
A votre geste magnifique
Vous auriez en tirant sur nous
Assassiné la République […]
 
 
Et quelques images…

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Funérailles de Cécile Bourrel à Narbonne [Archives municipales de Narbonne]

revolte_1907_A2
Marcelin Albert, vigneron avant tout ! [Archives municipales de Narbonne]
 
revolte_1907_4
Dessin caricatural d’Albert et Ferroul s’en prenant à Joseph Caillaux, ministre des finances de Clémenceau. [Archives municipales de Narbonne]

revolte_1907_A6
Lettre ouverte au gouvernement, le Tocsin du 19 mai 1907 [Archives municipales de Narbonne]

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Parvis de l’hôtel de ville à Narbonne
 
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 Monument érigé en l'honneur d'Ernest Ferroul prés de la Bourse du Travail à Narbonne
 
 
 

Le 18/12/2017 à 20h35
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